Pour Méditer Fadiey Lovsky : notule 35 du volume 2 : L’ASCENSION. Lire Nombres 21/4-9 ; Matthieu 16 et 27 ; Actes 1/1-11 ; Marc 16/19. La foi lève les yeux sur la promesse
Quelle angoisse quand les serpents mordaient les Hébreux ! Quel sentiment d’abandon dans le désert… Et quel secours quand Moïse a levé sur sa perche l’image du serpent d’airain…
Le jour de l’Ascension, ne pensez-vous pas que les apôtres ont fugitivement éprouvé un sentiment d’abandon quand le Fils de l’homme les quittait pour s’asseoir à la droite de Dieu ? Lui qui a connu l’abandon le plus cruel de tous les abandons : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
L’Ascension est la réponse de Dieu au cri du Christ crucifié. Puisque le péché et la mort sont séparateurs, les uns des autres et nous séparant de Dieu, Jésus s’est trouvé réellement, affreusement séparé de son Père. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’était pire que la souffrance physique de la Croix.
Loin de nous pourtant d’y voir je ne sais quelle dureté de Dieu ! Loin de nous de nous indigner avec Vigny, qui conseille de répondre par un froid silence au « silence éternel de la divinité ». Car, le troisième jour, Dieu a ressuscité des morts son Fils ; et quarante jours après, Dieu l’a fait asseoir à sa droite.
Ce jour là, les disciples lèvent la tête vers la Croix, où le ciel n’est plus obscur, où les anges font une promesse.
Salvador Dali s’est inspiré d’un dessin crayonné par Saint Jean de la Croix. Tout au contraire des Hébreux levant les yeux vers le serpent d’airain, et des disciples au bas de la Croix levant le regard vers Jésus, c’est la terre que voit le Crucifié, et que nous voyons avec lui, de haut en bas, regardant les épaules et les chevelures des témoins, comme si on voyait la Croix du haut du ciel, ainsi que Dieu voyait le supplice de Jésus.
Dieu nous regarde, mais entre Lui et nous, Il voit la Croix. Quand nous crions : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’abandonnes-tu ? » Dieu nous voit au pied de la Croix, même si les ténèbres nous enveloppent.
Alors, nous comprenons l’Ascension de Jésus. En faisant asseoir Jésus à sa droite, Dieu a dissipé les ténèbres du Vendredi Saint. Dieu a si peu abandonné Jésus en Croix que c’est la Croix qu’Il a placée le jour de l’Ascension à sa droite. Et l’Église du Ciel contemple la Croix.
Dieu écoute l’intercession de Jésus en notre faveur, qui prolonge le Vendredi saint dans la lumière des Pâques éternelles, depuis la grâce de l’Ascension, jusqu’au jour où le Christ se lèvera pour juger les vivants et les morts, sans que les ténèbres couvrent la transfiguration du monde.