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Enseignements - Jacquemus - La Croix et l'Avènement en gloire

 

Union de Prière

19 Rue de la Calade

07800 Charmes sur Rhône

 

 

LA CROIX

ET

L'AVENEMENT EN GLOIRE

(Matthieu 16, 21-28)

Serge Jacquemus

(Oct-Nov 2020)


 

Cette brochure est la compilation d’études données au cours de trois réunions de continuation de l’Union de prière de Charmes

Zone Drôme-Ardèche

10-10-2020

Zone Nord - Normandie - Paris

01-11-2020

Zone sud-ouest

07-11-20

Table des matières

I-     INTRODUCTION

II-    CONTEXTE

A-    Première Partie : La Croix de Jésus

I-     Etude Biblique

a)       L’épître aux Hébreux :

b)       Les épîtres de Paul

II-    Méditation sur le Mystère de la Présence du Père dans la Passion

III-      La Croix de Jésus :

B-     Deuxième partie : La Croix des disciples

I-     Penchons-nous sur ce que Jésus dit à la foule :

II-    Suite de Mathieu 16, 24

C-     Troisième Partie : L'AVENEMENT EN GLOIRE

I-     Nous demeurons en Celui qui habite en nous

II-    Parce que le Christ est ressuscité des morts.

III-      Cette parole " Jésus est le Seigneur " devient " vivante et efficace "

IV-      C’est probablement une expérience de ce genre

V-       La Saint Cène, avant-goût du Banquet du Royaume à venir

D-    Conclusion

E-     Méditations et Prières

 


 

Ce thème s’est imposé à moi, vers la fin de six mois d’hospitalisation où j’ai frôlé la mort en 2015, comme la seule façon possible de donner sens (à la fois signification et direction) à l’expérience douloureuse et incompréhensible que je vivais. Je m’en suis sorti mais j’ai mis du temps (5 ans) pour commencer à écrire quelque chose sur le texte par lequel Dieu m’a rendu la vie. Il s’agit de ces paroles reçues du Seigneur Jésus-Christ : "Celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera … Car le Fils de l’homme vient dans la gloire de son Père avec ses anges" (Mt. 16,24-28).

J’exprime toute ma reconnaissance aux nombreux médecins et infirmières qui m’ont soigné à l'APHP de la Pitié Salpêtrière, aux frères et sœurs de l’Eglise de Belleville qui m’ont fidèlement visité et aux membres de l’Union de prière qui ont prié pour que je ne reste pas sur le carreau.

I-                     INTRODUCTION

Comme les retraites et les prédications, cette étude laisse de côté les références bibliographiques afin que les lecteurs puissent méditer ces textes sans distractions. Je me suis laissé inspirer par divers auteurs : J. Chrysostome, Philarète de Moscou, N. Velimirovitch, P. Deseille, R. Cantalamessa, J. Jeremias, T. Keller, J. Piper et D. Bourguet. 

Au-delà de leurs théologies respectives, ces spirituels catholiques, orthodoxes et protestants sont avant tout des chrétiens d'Orient et d'Occident, disciples du Christ, notre Dieu. Ils m'ont aidé à mieux Le connaître et L'adorer. L'unité des Chrétiens est le fruit de notre communion d'amour avec le Christ (Demeurez en moi et moi en vous Jn. 5, 4) laquelle prend sa source dans le mystère de l'unité du Père et du Fils (Le Père est en moi et je suis dans le Père Jn. 10, 38); Jésus exprime le but ultime de notre vie par cette prière où notre communion d'amour avec Lui s'intègre dans celle du Père et du Fils: "Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin que tous soient un en nous" (Jn. 17, 21).

 

Prions : Ô Père tout-puissant, Seigneur du Ciel et de la Terre, et de toute la création visible et invisible, dans Ta bonté ineffable, regarde-nous, Ton peuple réuni en ton saint Nom. Sois notre aide et notre défenseur en ces jours d’affliction. Tu connais notre faiblesse. Tu entends notre cri de repentance et la contrition de notre cœur. Ô Seigneur ami de l’homme, délivre-nous de la menace persistante du coronavirus. Envoie ton ange pour veiller sur nous et nous protéger. Accorde la santé et le rétablissement à ceux qui souffrent de ce virus. Guide les mains des médecins et des infirmières, et préserve ceux qui sont en bonne santé afin que nous puissions continuer dans la paix à servir nos frères et sœurs qui souffrent. 

Nous Te prions pour les familles et amis des personnes décédées à cause du Coronavirus : plus de 60 000 en France et plus de 1,7 millions dans le monde. Seigneur aie pitié de notre humanité meurtrie.

Nous te prions aussi pour les familles et les amis des victimes des attentats islamistes en France (262 personnes depuis janvier 2015). Soutiens et console tous ceux qui ont vu partir l’un des leurs. Préserve-les de toute amertume. Aide le gouvernement et les autorités à porter leurs lourdes responsabilités, garde les clairvoyants, justes et humains. Nous t’apportons aussi les chrétiens arméniens persécutés par les Turcs. 

Seigneur miséricordieux écoute notre prière : fais que tous les peuples de la terre Te connaissent par le Saint-Esprit. Père, nous Te supplions qu’il n’y ait aucune vie perdue, gaspillée, inutile. Nous Te demandons aussi qu’il n’y ait aucune mort perdue non plus. Que ta Parole soit annoncée par les Eglises et qu’Elle apporte un sens et une puissance à la vie des hommes. Nous Te remettons cette réunion de zone par Zoom afin qu’elle donne un sens et une signification à chaque vie et à chaque mort pour Ta gloire, maintenant ou dans des années. Je te prie Seigneur que si nous ne pouvons pas éviter la peine, la honte ou la souffrance dans ce monde, nous ne reportions pas à plus tard la joie de Ta Présence, que ce soit dans la peine, la honte ou la souffrance.

Alors, Seigneur, aide-moi à rendre Ta Parole claire. Saisis les cœurs de tous ceux qui L’écoutent et ne permets pas qu’ils gâchent leur vie mais qu’ensemble nous puissions glorifier Ton très honorable et majestueux Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Au nom de Jésus, Amen.

II-                  CONTEXTE

Il y a quelque chose d’apocalyptique dans la période que nous vivons. Nous avons subi trois attentats en un mois : Conflans-Sainte-Honorine, Nice et Vienne, en plus de cette épidémie qui revient en force. Je me demande ce que Jésus dirait de ce qui se passe. Lui qui pleurait sur les cœurs brisés, il savait faire face à la réalité. Il a dit un jour : "Pensez-vous que les Galiléens massacrés par Hérode ou les 18 habitants de Jérusalem qui ont été tués par l’effondrement de la tour de Siloé étaient de plus grands pécheurs que les autres ? Non, vous dis-je. Mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même" (Luc 13, 1-5).

Si Jésus était ici cet après-midi, je pense qu’Il dirait : "Vous êtes étonnés du Coronavirus et du terrorisme ? Je vais vous dire, moi, de quoi vous devriez être étonnés : Soyez étonnés que ce virus et ces attentats ne vous aient pas atteints. Car si vous ne vous repentez pas vous périrez tous de même." Cela signifie que, comme Adam, nous méritons tous de mourir contrairement à la promesse mensongère du serpent.

Une telle radicalité est nécessaire pour que nous comprenions concrètement que nos vies sont entre les mains de Dieu. Dieu possède chaque âme. Il nous a faits et nous Lui appartenons du fait qu’Il nous a créés et nous a donné la vie. Je remercie le Seigneur de pouvoir me laver les dents tout seul chaque matin.

Ecoutons le livre de Job : "Job déchira son manteau, se rasa la tête puis, se jetant par terre, il se prosterna et dit : … L’Eternel a donné, et l’Eternel a ôté ; que le nom de l’Eternel soit béni !" (1, 20) Job dit un peu plus loin : "L’Eternel tient dans Sa main l’âme de tout ce qui vit, le souffle de toute l’humanité." (12, 10)

Notre vie n’est pas à nous. Elle appartient à Dieu et Il décide quel en est le but. Il y avait en Jésus une jalousie à l’idée que les hommes gâchent leur vie. Il disait : "La vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède" (Luc 12, 15). Puis il raconte l’histoire d’un homme qui engrange sa récolte et se dit : "Mon âme réjouis toi. Mais Dieu lui dit : Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée" (Luc 12, 16-21). Jésus est jaloux de la façon dont vous utilisez le don de votre vie. Le but de la vie ne consiste pas à accumuler des choses matérielles. Sur son lit de mort, personne n’est consolé par les biens qu’il possède.

"Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a trouvé le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ. Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de belles perles. Il a trouvé une perle de grand prix ; et il est allé vendre tout ce qu’il avait, et l’a achetée." (Mat. 13, 44-46).

Sachez, frères et sœurs qui doutez peut-être d’avoir trouvé ce trésor et cette perle, que si "le Christ demeure dans vos cœurs par la foi" (Ep. 3, 17), étant donné que "tous les trésors de la sagesse, et de la connaissance sont cachés en Lui" (Col.2, v.3), c’est donc que tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont cachés dans vos cœurs. Mais ils se révèlent au fur et à mesure de votre progrès dans la foi. Le trésor est caché dans le champ de votre cœur, ne le cherchez pas ailleurs, là où il n’y a, en définitive, que des épines et des ronces. Vous trouvez d’autant plus le trésor qui est en vous que "vous travaillez avec crainte et tremblement à votre salut, en sachant que c’est Dieu qui crée en vous le vouloir et le faire" (Phil.2, 12-13). "Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? … Votre Père sait … Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu et tout cela vous sera donné par surcroît" (Mt.6, 25, 32-33). Celui qui trouve le trésor ou la perle vend tout ce qu’il a pour les acheter. Jésus est-il le trésor qui vous a donné la foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ? Qui vous a donné de croire que la 2ème personne de la Trinité s’est incarnée, est morte pour vos péchés et ressuscitée pour votre justification ? La Grâce du Christ ne demeure-t-elle pas en vous ? Qui vous a assuré que "Vous connaissez le Saint-Esprit, qu’il demeure auprès de vous et qu’Il est en vous ?" (Jn14, 17). Le Saint- Esprit est en vous. Le trésor est en vous. MERVEILLE ! JOIE !

"Votre corps est le Temple du Saint-Esprit qui est en vous et qui vous vient de Dieu, et vous ne vous appartenez pas. Quelqu’un a payé le prix de votre rachat. Glorifiez donc Dieu dans votre corps". (1Co 6, 19-20). Louons le Seigneur, glorifions-Le par notre corps. "Unissons-nous au Seigneur pour être un seul Esprit avec lui" (1 Co. 6, 17)

La miséricorde infinie du Père appelle en réponse une attitude d’offrande de nous-mêmes, d’offrande dans la vie de notre communauté de prière. 

"Je vous exhorte, frères et sœurs au nom de la miséricorde de Dieu, d’offrir vos corps, votre personne tout entière qui appartient à Dieu, en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu ; ce sera là le culte spirituel et véritable qui engage toute votre vie et qui convient à Dieu" (Rom. 12, 1). Gardons-nous de nier la Présence du Saint-Esprit en nous. Confions-nous nous-mêmes, confions-nous les uns les autres, confions toute notre vie au Christ notre Dieu. 

Seigneur, nous T’offrons ce qui est à Toi, de ce qui est à Toi, en toutes choses et pour tout.

LOUANGE

L’équipe de préparation dirige maintenant la louange que nous voulons offrir au Seigneur. (Je ferme vos micros car autrement c’est la cacophonie).


 

A-      Première Partie : La Croix de Jésus

 

Ecoute d’un extrait de la prédication de Pierre le jour de la Pentecôte (Actes 2, 22-24 ; 3233 40-41)

C’est la première prédication de l’histoire de l’Eglise. Quand on participe à la 1ère réunion d’une nouvelle organisation, on reçoit des informations sur le but principal de cette organisation. Pierre exprime donc l’essentiel de la foi chrétienne, l’essentiel de la vie de l’Eglise : "Christ est mort pour nos péchés et Il est ressuscité des morts pour que nous recevions la repentance, le baptême, le pardon des péchés, le don du St Esprit et que nous nous sauvions de cette génération perverse." C’est un message clair, fort, radical, agressif même. Ou on y croit ou on n’y croit pas. Ce n’est pas une philosophie. C’est un fait : Christ est ressuscité.

Le message de la mort sacrificielle de Jésus-Christ est au cœur du Nouveau Testament, avec la paternité de Dieu, la justification par la foi et la désignation de Jésus comme Parole de Dieu.

Les textes qui ont le plus clairement dévoilé le sens de la mort du Seigneur sont l’Epître aux Hébreux et les épîtres de Paul. Nous voyons cela puis nous méditerons les Evangiles eux-mêmes.

 

I-                     Etude Biblique

a)  L’épître aux Hébreux :

L’épître aux Hébreux fait la distinction entre le lait d’un enseignement élémentaire sur le Christ (5, 11 à 6, 3) et la nourriture solide de la signification de la Croix, comme offrande du Christ, grand prêtre céleste. En effet, les chapitres 7 à 10 de l’épître aux Hébreux montrent que dans le nouvel ordre des choses que Dieu a voulu, le Christ est le grand prêtre qui a offert son propre sang dans le sanctuaire céleste et qui est ainsi à la fois prêtre et victime.

De même que le grand jour de pénitence et d’expiation du Yom Kippour, le grand prêtre faisait par deux foisl’aspersion expiatrice du sang dans le Saint des Saints, de même Jésus a fait l’expiation par Son sang dans un double but : "il est mort pour nouset "Il est entré pour nous dans le sanctuaire céleste". Le Vendredi Saint est le jour du Grand Pardon de la Nouvelle Alliance et cela a une double conséquence, un double "pour nous" : 

Ø  D’abord, la mort de Jésus, par sa valeur de suppléance, a obtenu une fois pour toutes le pardon total et a rétabli notre communion avec Dieu de façon définitive et non réitérable. "Une fois pour toutes"

Ø  Ensuite, le Christ victime d’expiation est en même temps le grand prêtre éternel et sans péché. Après avoir accompli une fois pour toutes (Héb. 7, 27 ; 9, 12 ; 10, 10) l’expiation par sa mort innocente au Golgotha, le Christ se tient toujours devant Dieu afin d’intercéder en faveur des siens, pour lesquels Il est plein de compassion et de miséricorde (7, 25 ; 9, 24 ; cf 2, 18 ; 4, 14-16) : "L’Eternel l’a juré, et il ne se rétractera pas : Tu es prêtre pour toujours, à la manière de Melchisédek" (Ps. 110, 4 ; Héb. 7, 11, 17, 21).

b)  Les épîtres de Paul

Avant que l’épître aux Hébreux n’élabore cette réflexion profonde sur le mystère de la Passion en interprétant le Premier Testament et Lévitique 16 de façon typologique, l’apôtre Paul révèle le sens de la mort de Jésus d’une façon brûlante et combative en utilisant cette fois les traditions orales sur la Passion. Son message sur la Croix étant durement attaqué, Paul a dû le défendre de haute lutte de deux façons :

Ø  Dans le N.T., les mots "croix" et "crucifier" ne se rencontrent presque que chez Paul et dans les Evangiles. En 1 Co. 1, 18 Paul évoque "le langage de la croix" pour parler de la prédication chrétienne car il utilise les railleries et les sarcasmes des adversaires de la communauté chrétienne qu’il avait lui-même proférés. Au lieu d’adoucir l’aspect choquant de "l’histoire du suspendu à la Croix" (comme les gnostiques en parlaient), Paul a annoncé ce message irritant dans toute sa dureté, sans rabais ni concession. En effet, le Christ crucifié qui est le seul contenu de sa prédication (Gal. 3, 1 ; 1 Co. 1, 23 ; 2, 3) et sa seule gloire (Gal. 6,14) est scandale pour les Juifs et folie pour les païens (1 Co. 1, 23)

Ø  Saul de Tarse persécutait Jésus de Nazareth à travers ses disciples car il le considérait comme maudit puisque "pendu au bois" selon Dt. 21, 23. Il utilisait la violence et le meurtre pour forcer ses disciples à blasphémer (Act. 26, 11) en criant : "Jésus est maudit" (1 Co. 12, 3). C’est alors que sur le chemin de Damas, le maudit lui apparut dans l’éclat même de Dieu. La phrase "Dieu l’a maudit" demeura mais il la compléta par ces deux mots : "pour nous", "pour moi" (Gal. 2, 20). C’est ainsi qu’il dit en Gal. 3, 13 : "Le Christ est devenu malédiction pour nous afin que nous devenions bénédiction de Dieu". Le passif "est devenu" est ce qu’on appelle ‘’un passif divin’’ comme le confirme 2 Co. 5, 21 : "Dieu l’a fait péché pour nous". Donc "Dieu a fait Jésus malédiction pour nous". Ces phrases nous sont devenues tellement familières que nous ne sentons plus ce qu’elles ont de monstrueux. Aucun autre auteur du N.T. n’a osé dire quelque chose qui s'en approche même de loin. On ne peut expliquer l’audace de cette phrase qu’en la faisant remonter, en effet, au temps qui a précédé l’épisode du chemin de Damas.

Une lumière venue du ciel le fit tomber à terre et il entendit une voix qui lui disait : "Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes tu ? Il demanda : Qui es-tu Seigneur ? JE SUIS JESUS QUE TU PERSECUTES" (Act. 9, 3-5). C’est à ce moment-là que Saul a compris que Christ a été maudit pour nous afin que nous soyons libérés de la malédiction de la loi, que la bénédiction d’Abraham parvienne aux païens en Jésus-Christ et que nous recevions par la foi, l’Esprit objet de la promesse (Gal. 3, 13-14). Toutes les épîtres de Paul sont centrées sur cet effort pour rendre compréhensible à tous ce "pour nous", cette suppléance du Christ pour nous qui change tout.

(J'ai fait, il y a 40 ans, mon mémoire de théologie sur ce "pour nous" de Paul)

Lorsqu’on lit les Evangiles, on constate que c’est bien le sens que Jésus donnait à Sa mort, Il s’appuyait sur Esaïe 53. La mort suppléante du Serviteur de Dieu a une puissance expiatrice sans limite pour quatre raisons ; c’est une souffrance volontaire motivée par l’Amour (v. 10), supportée dans la patience (v. 7), voulue par Dieu (v. 6, 10) et innocente (v.9). Et dans cette mort, ce qui est accordé au Serviteur, c’est la vie de Dieu pour Lui et pour ceux qui croient en Lui.

 

II-                  Méditation sur le Mystère de la Présence du Père dans la Passion

Afin d’exprimer le cœur de la foi chrétienne, Jésus a dit à ses disciples : "Je vais mourir pour les péchés de mon peuple" puis Il s’est retrouvé en agonie dans le jardin de Gethsémané. Dieu lui a donné à ce moment-là un avant-goût de l’agonie qu’il allait vivre le lendemain sur la croix ;il a senti qu’Il sera "abandonné, dédaigné, frappé de Dieu, humilié, enlevé par l’angoisse et le châtiment, retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de Son peuple." (Es. 53,3-8)

Là, à Gethsémané, il a éprouvé de la frayeur et des angoisses au point que l’évangéliste Luc dit : "Etant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang qui tombaient à terre" (Luc 22, 44). Ce phénomène extrêmement rare de suer du sang, que les médecins appellent l’hématidrose, est dû au stress violent du combat de Jésus contre la mort et le péché. Jésus vit un état de choc proche de la mort, submergé par le péché et la malédiction de l’humanité. Dieu commence à se retirer et à Lui donner un avant-goût de l’agonie qu’Il va vivre à la Croix, "livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, Jésus est crucifié et mis à mort par la main des impies" (Act. 2 ,23). Dieu n’a pas attendu la Croix, les clous et la foule vociférante. Il n’y a personne au Mont des Oliviers. Tout le monde dort et le Père s’assied et dit à Jésus quelque chose qu’Il n’a jamais dit à personne dans l’histoire. En effet, quand Dieu nous dit : "Obéis-moi" Il ajoute : "Si tu m’obéis, Je te bénirai. Si tu viens à Moi, Je ne te mettrai pas dehors.". Mais à Jésus, Dieu Lui dit : "Mon Fils, si Tu viens à Moi, Je te maudirai à la place des hommes. Je te ferai péché à leur place, Je te briserai par la souffrance. Si Tu viens à Moi, Je Te chasserai et Je T’enverrai en enfer. Es-Tu prêt ?" Personne n’a jamais reçu une telle parole. C’est terrible ! Il n’a jamais été demandé à personne d’obéir à Dieu afin d’avoir un avant-goût de l’abandon et de l’agonie, alors qu’il pouvait s’enfuir librement.

Jésus a demandé de l’aide à Ses disciples : "Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici, et veillez" et ils se sont endormis trois fois. Il avait un besoin désespéré de leur soutien et ils dorment.

Vous savez à quoi cela ressemble ? Imaginez qu’une nuit vous vous sentiez mal au point de penser que vous allez mourir. Vous appelez un ami et vous lui dites : "Ça ne va pas. Je ne vais pas m’en sortir. Je ne vois que des ténèbres autour de moi. C’est le pire moment de ma vie. Je sens que la vie est train de me quitter. Je m’éteins comme une bougie. Je n’en peux plus. S’il te plait, peux-tu venir m’aider ?". La personne vous dit : "D’accord" et ne vient jamais. Vous rencontrez cette personne plus tard et vous lui dites : "Qu’est ce qui s’est passé ?" "Oh, j’ai oublié, je me suis endormi". "Tu as oublié ? Comment as-tu pu oublier ?  Tu ne m’as pas entendu ? Je ne me suis jamais senti trahi à ce point de toute ma vie !"

Jésus Christ dit : "Je vais mourir. Mon âme est aux portes de la mort. Je ne vous demande qu’une chose : Pourriez-vous, s’il vous plait, rester éveillés et prier avec moi ?"

Il le leur demande trois fois. Et ils s’endorment trois fois. Puis Dieu met une coupe devant Jésus et lui dit : "Tu vas mourir pour eux". Dieu montre à Jésus la coupe, tout ce qu’Il va subir et Il Lui montre aussi Ses disciples bien-aimés en train de dormir ; (vous et moi), sans aucune gratitude, sans aucun sens de qui est Jésus et de ce qu’Il fait pour nous.

Jésus nous regarde, vous et moi en train de dormir, recroquevillés sur nous-mêmes au moment où Il a le plus besoin de nous. Il regarde ensuite la coupe et que dit-Il ? "Non pas ma volonté, mais que Ta volonté soit faite. Je fais ça POUR EUX".

Il n’y a jamais eu un acte d’amour pour Dieu, pour vous et pour moi, comme celui-là.

Savez-vous pourquoi Act. 2, 24, lu en introduction de cette première partie, dit "il n’était pas possible que la mort retienne Jésus". "Dieu l’a ressuscité en le délivrant des liens de la mort" ? Parce qu’à ce moment-là la mort a englouti quelque chose qu’elle n’avait jamais vu : L’AMOUR PARFAIT ET TOTALEMENT PUR. En effet la mort étant le salaire du péché (Rom. 6, 23) et le péché étant la transgression de la loi (1 Jn. 3, 4) la mort avait le droit de tuer tous ceux qui désobéissent à la Loi. Mais face à cet acte unique et incroyable d’amour la mort n’a rien pu faire. Elle était vaincue. Echec et mat !

Jésus a aimé le Seigneur Son Dieu de tout son cœur, son âme, sa force et son intelligence et Il a aimé son prochain comme lui-même. Puis, acte ultime d’amour, Il est allé à la mort pour nous tous. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jn 15, 13). (AIMER C’EST TOUT DONNER Chant de Natasha St Pierre). Aimer c’est tout donner et se donner soi-même.

Jésus va exposer, déposer son âme, pour ses amis (Jn 15, 13) et pour ses brebis (Jn 10, 11, 15). C’est à la croix que Jésus pense quand il dit que le plus grand amour est de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Jésus dit humblement qu’il donne sa vie pour ses amis mais cela signifie, comme le dit 1 Tim. 2, 6, qu’il se donne "POUR TOUS" y compris pour ses ennemis, pour Pilate, pour le Sanhédrin, les soldats, la foule, les criminels et même Judas. En effet, ses "amis" étant ceux qu’il aime, il inclut aussi ses ennemis. Il aime tellement ses ennemis, qu’il les considère comme ses amis et qu’il donne sa vie pour eux aussi. Jésus a donné sa vie pour tous les hommes, car il aime tous les hommes. Il a dit à Judas qui le trahissait par un baiser : Mon ami ! Contrairement à ce que beaucoup pensent, la mort de Jésus n’est pas le signe de son échec, ni de la victoire du prince de ce monde, mais le signe d’un acte libre, imposé par personne, humble et plein d’un amour infini. Il donne sa vie, "personne ne la lui prend" (Jn 10, 18). 

La croix n’est pas l’échec mais la pleine réussite de sa mission.

Pour laver les pieds de ses disciples, Jésus a déposé (tithemi) son vêtement (Jn 13, 4) puis il l’a repris (lambanô, 13, 12). De même sur la croix, il dépose son âme pour la reprendre en ressuscitant, avec la même liberté, avec le même amour. C’est ce qu’il dit : "Le Père m'aime, parce que je dépose (tithemi) ma vie, afin de la reprendre (lambanô). Personne ne me l'ôte, mais je la dépose (tithemi) de moi-même ; j'ai le pouvoir de la déposer (tithemi), et j'ai le pouvoir de la reprendre (lambanô) : tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père." (Jn 10,17-18) Dans cette parole, Jésus révèle combien il vit la croix et la résurrection dans l’obéissance à Celui dont il se sait pleinement aimé, son Père.

Aimer c’est donner sa vie. Quand la mort a avalé cet amour parfait, elle a explosé. Jésus est sorti du tombeau. Il avait accompli, par sa mort, la punition du péché. Il avait accompli la Loi. Il avait accompli tout ce que nous aurions dû faire pour être accepté par le Père. Résultat : la mort ne pouvait plus le retenir. Cela signifie que Jésus vous aime au point d’être allé jusque-là. C’est pour cela que vous serez ressuscité si vous croyez en Lui. Il ne va pas au ciel en vous laissant derrière. Après ce qu’Il a fait pour vous Il n’entre pas dans la gloire en vous abandonnant à votre sort. C’est là l’amour que vous avez toujours rêvé connaître. C’est un amour indestructible, un amour que la mort ne peut pas engloutir, un amour qui a vaincu la mort. Cet amour vous appartient et rien ne peut vous en séparer ! "Ni la mort, ni la vie, ni la détresse, ni l’angoisse, ni la persécution, ni la faim, ni le dénuement, ni le danger, ni le glaive, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs, ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur" (Rom 8, 35-39) Quoi qu’il se passe, les épidémies, la maladie, le deuil, la dépression, les injures, les accusations, la prison, la solitude, le désespoir, la croix, le tombeau, l’enfer, le ciel, le péché, la haine, le diable, rien de pourra nous séparer de Dieu.

Tout est à vous. Le tout et chaque partie. Le tout et le détail. Tout est à vous

Le pire qui puisse vous arriver c’est de mourir et ce sera le meilleur pour vous. Cela vous rendra glorieux. Cela vous rendra comme le Seigneur si vous être chrétien.

Tout et chaque chose, tout fait partie de Son plan d’amour pour vous. Il ne laissera rien vous détruire parce que Jésus-Christ est ressuscité des morts. C’est l’évènement le plus important de l’histoire. C’est le cœur de votre vie. C’est le centre de l’Eglise. C’est le cœur de la foi chrétienne. C’est de cela qu’il est question avec notre vie. Vous comprenez ? Avez-vous intégré ces choses ? 

Dieu S'est fait homme et S'est identifié à notre nature et à notre péché, depuis la naissance jusqu'à la mort pour nous sauver par sa résurrection. "Si l’Infini ne peut pas devenir fini, il n’est pas vraiment infini" a écrit quelqu’un.

 

III-              La Croix de Jésus :

Prions : 

Fais briller dans nos cœurs, Maître qui aime les hommes, la pure lumière de Ta divine connaissance, et ouvre les yeux de notre esprit pour que nous comprenions Ton message évangélique. Mets aussi en nous la crainte de Tes bienheureux commandements, afin que, foulant aux pieds tous les désirs de la chair, nous menions une vie selon l’Esprit, ne pensant et n’agissant que d’une façon qui Te plaise. Car Tu es l’illumination de nos âmes et de nos corps, Christ Dieu, et nous Te rendons gloire avec Ton Père sans commencement et Ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles Amen. (Prière orthodoxe avant la lecture de l’Evangile)

"A partir de ce moment, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter."(Mat.16,21)

Nous connaissons la fin de l’Evangile mais nous ne savons pas ce qu’il en sera demain du terrorisme, de la laïcité, de la liberté religieuse, du Coronavirus et des évènements mondiaux.

Pourtant en préparant ses disciples à la nécessité du dénouement final, Jésus nous adresse aussi un message aujourd’hui, "Dès lors, Jésus commença à montrer à Ses disciples qu’Il fallait qu’Il souffre à Jérusalem" (Mat. 16, 21). Comment se fait-il que Matthieu nous dise que Jésus "commence", alors qu’il a déjà beaucoup enseigné depuis le chap.5 du sermon sur la montagne ? C’est que Jésus dit ici quelque chose de si fondamental qu’on peut y voir le commencement du chapitre le plus important de la théologie chrétienne. Ce mot "commencement" rejoint le 1er mot de toute la Bible. La croix que Jésus annonce ici est le commencement d’une nouvelle création.

Jésus "commence à enseigner" Ses disciples car les autres fois où il est dit qu’il "commença à enseigner" ses auditeurs étaient la foule ou la synagogue. Ici, Jésus ne parle qu’à Ses disciples et c’est la 1ère fois qu’il aborde le sujet de Sa mort et Sa résurrection.

Dire que Jésus "commença à montrer à ses disciples qu’Il allait mourir et ressusciter" sous-entend que son enseignement n’est pas terminé et qu’il devra être repris plus tard. C’est ce qu’il fera au moins 3 fois devant les douze apôtres. Nous devrons, avec les disciples, l’écouter à nouveau, parce que c’est difficile à entendre. Jésus tient compte de ces difficultés qui ne viennent pas de mots trop compliqués qu’IL emploie, mais la difficulté tient au fait que ce sujet touche le cœur.

Parler de la mort d’un inconnu c’est relativement facile, mais parler de sa propre mort à ceux qu’on aime, c’est autre chose. C’est parce qu’il y a de l’amour entre Jésus et les disciples, que Jésus a du mal à parler, car ce qu’il dit fait mal. C’est seulement au chap. 16 qu’Il commença à montrer à Ses disciples ces choses (v.21). C’est seulement en novembre 2020 qu’il commence à nous parler de ce genre de choses. Un chemin magnifique a déjà été accompli : Pierre croit en la divinité de Jésus et nous aussi. Mais il y a un autre chemin à parcourir maintenant : les disciples doivent pouvoir comprendre l’œuvre de rédemption que Jésus va accomplir par Sa mort et Sa résurrection. Pendant 2 ans il a suggéré délicatement ces choses, maintenant il en parle ouvertement. Pendant des années le Seigneur nous a parlé de "porter la croix", des milliers de chrétiens tués chaque année en Corée du Nord, Afghanistan, Somalie, Lybie, Pakistan… etc…. Maintenant il "commence" ou recommence à nous parler de Vincent le sacristain, de Simone et de Nadine qui sont simplement allés prier dans la cathédrale de Nice… pas seulement tués d’un coup de revolver ou d’un coup de couteau mais égorgés, avec ce que cela représente de cruauté déterminée, décapités près du bénitier, 15 jours après la décapitation du professeur Samuel Paty. 

Prière : "Seigneur, Toi qui as dit : "Invoque- Moi au jour de la détresse, Je te délivrerai", nous T’invoquons pour les familles et les amis de ces victimes du terrorisme : Sauve-les de leur détresse, envoie-leur Tes anges. Que Ta présence toute proche allège leur chagrin et adoucisse l’épreuve amère. Console-les comme une mère sait consoler, dans cette heure sombre de leur détresse. Père, nous avons confiance en Toi. Veilles comme un père sur tous leurs besoins et rassasie leur âme de Ta présence." AMEN.

Nous ne connaissions pas ces personnes mais ce sont des frères et sœurs dans la foi, des martyrs de la foi chrétienne. C’est difficile d’en parler. Ça fait mal. Avec Jésus nous vivons. Avec Jésus nous mourons. Avec Jésus nous ressuscitons. Avec Jésus nous sommes unis dans les lieux célestes. "Le serviteur n’est pas plus grand que son maître s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi" (Jn.15, 20). Nous comprenons que Jésus ait attendu autant d’en parler et qu’Il s’y reprenne à plusieurs fois afin de laisser aux disciples le temps d’assimiler quelque chose d’aussi inconcevable. Maintenant il ne s’agit plus de parler d’évènements lointains. C’est ici et maintenant. C’est inévitable, inadmissible, lamentable. C’est ce qui est arrivé à Jésus Christ. C’est ce qui arrive à Ses disciples. C’est un scandale. Pierre ne supporte pas (Mat.16,22). Moi non plus Seigneur Jésus ! Comment le Fils du Dieu vivant, comment des gens venus simplement prier, peuvent-ils finir de cette façon ? C’est facile pour nous qui connaissons la fin de l’Evangile et qui croyons que Jésus est ressuscité, de juger les disciples endurcis. Ils n’y comprennent rien. Ne sachant pas ce que c’était que de ressusciter ; ils croyaient qu’il valait mieux ne pas mourir que de ressusciter après être mort. Pierre venait de recevoir la révélation de la divinité de JESUS-CHRIST. Son refus de la Passion montre qu’il n’avait pas parlé de lui-même et que le mystère de la croix et de la résurrection lui était entièrement inconnu. Si Jésus appelle Pierre "satan" alors qu’il n’a pas reçu la révélation de la croix, comment seront appelés ceux qui négligent la Croix alors que son signe a rempli la terre ? Alors que Jésus nous a averti encore et encore ! Pierre pense que les souffrances et la mort sont indignes de la grandeur du Seigneur mais ce ne sont que des pensées humaines. Jésus sait, dans l’Esprit, quelle gloire il tirera de cette ignominie. C’est le diable qui s’oppose à ses souffrances. C’est pourquoi Jésus appelle Pierre, le premier des disciples, "satan" et Judas, celui qui le trahit, "ami". Jésus nous a prévenus en disant cela à Ses disciples ; que personne donc ne rougisse de la Croix de JESUS-CHRIST. C’est la source de tous nos biens. C’est par elle que nous vivons et que nous sommes sauvés. Elle est présente dans le baptême, la Sainte Cène et la prière. La croix est à la fois la cause et la marque de notre victoire. Nous l’avons dans nos Eglises, dans nos maisons, autour du cou et surtout dans nos cœurs. Elle est le signe par excellence de l’Amour de Dieu manifesté en Jésus Christ mort et ressuscité pour nous sauver. En nous souvenant de la croix nous crucifions notre orgueil, notre colère et nos autres passions. Elle terrasse les démons. Paul dit : "Vous avez été rachetés à un grand prix" (1Co. 6, 20) Ce prix c’est la Croix.

Tel est l’amour fou de Dieu : la vie accepte d’être dissoute, la lumière accepte d’être éteinte, l’éternité accepte de mourir de la mort du monde déchu. Le Christ incarne par sa vie, ses paroles, ses actes et sa mort cet amour parfait, offert, donné. Telle est la merveille que nous expérimentons en contemplant la Croix : Le puissant fit pour moi des merveilles, Saint est Son Nom. (Luc 1, 49)

Ne rougissez pas de la Croix afin que Jésus Christ ne rougisse pas de vous, lorsqu’il viendra dans la majesté de sa gloire (Mc 8,38) et qu’il fera briller ce signe d’une lumière plus éclatante que les rayons du soleil. Jésus paraîtra alors aux yeux de tous les hommes qui auront été dans le monde. Mais, Pierre ne veut pas que Jésus souffre et il veut qu’Il ait pitié de Lui-même. Alors Jésus lui répond qu’il n’est pas indigne de lui de souffrir et mourir pour le salut des hommes (Mat.16,23) ; il avait dit en Jn 12, 24 : "Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt il porte beaucoup de fruit.".

Jésus montre que, non seulement, Il faut qu’Il meure Lui-même, mais que tous Ses véritables disciples doivent aussi s’y préparer. Ce qu’Il nous dit cet après-midi c’est aussi pour nous préparer. Nos souffrances passagères renferment tellement de biens éternels que ce serait un immense malheur de les refuser. Mais Jésus Christ ne force personne ; Il ne dit pas : "Que vous le vouliez ou pas vous devrez subir de telles souffrances". Il dit seulement : "Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa crois et qu’il me suive." (Mat. 16, 24). C’est comme s’Il disait "Si quelqu’un veut ; Je n’oblige personne. Je vous laisse libre de faire ce que vous voulez. C’est pourquoi, je dis : Si quelqu’un veut. Je ne vous appelle pas au malheur mais au bonheur. Je ne contrains personne. Un bien imposé devient un mal. Les biens que Je vous propose sont assez grands pour vous attirer d’eux-mêmes, sans que J’ai besoin de vous forcer. Vous êtes libres d’écouter ou pas ce que Je vous dis. Les biens que Je vous offre sont tellement grands qu’ils méritent que vous désiriez les acquérir de vous-mêmes. La seule grandeur des biens inestimables de Mon retour en gloire suffit pour vous attirer et vous entraîner à tout faire pour l’acquérir". Jésus Christ ne contraint personne. Il se contente de nous inviter à recevoir Sa Gloire. Cette liberté et cette douceur ont plus d’effet sur nous que la force et la contrainte. Nous réalisons alors que nous ne pouvons que désirer une telle merveille. Jésus n’appelle à Lui que celui qui veut Le suivre, c’est-à-dire connaître des travaux et des afflictions plutôt que des couronnes, réservées pour plus tard. Quelqu’un qui aime un athlète, ne veut pas qu’il remporte le trophée, seulement parce qu’il est son ami. Parce qu’il l’aime, il désire qu’il travaille et combatte pour remporter le trophée. C’est ainsi que JESUS-CHRIST nous traite. Plus Il nous aime plus Il veut que nous contribuions pour notre part à notre bonheur et à notre gloire. Il ne veut pas que Sa Grâce fasse tout en nous. Il veut que nous y répondions par nos travaux. La vie de Paul illustre cela dans les textes des Actes que nous lisons en ce moment : Il accepte d’être persécuté et après la Promesse de Dieu, Il agit pour l’accomplir (Actes 23, 11ss). Il ne reste pas inactif en attendant que Dieu agisse, Lui qui a fait la promesse.

Comme nous le verrons, Jésus commande 3 choses aux hommes : "Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il Me suive." (v.24).

  1.  D’abord "qu’il renonce à lui-même", c’est-à-dire qu’il ne se soucie pas de lui-même, qu’il s’oublie, qu’il se perde, c’est ce qu’on peut appeler : "La bénédiction de l’oubli de soi-même".
  2.  Ensuite, "qu’il porte sa croix", c’est la suite du renoncement qui consiste à mourir à soi-même chaque jour. "Portez, dit-il, continuellement votre croix, ayez la mort toujours présente devant les yeux, soyez prêts aux injures, aux outrages et à la mort."
  3.  Enfin "qu’il Me suive". Il ne s’agit pas simplement de souffrir mais de suivre le Seigneur. Il s’agit de souffrir pour Lui, pas parce qu’on est voleur ou meurtrier. C’est le courage de souffrir avec humilité, douceur et foi ; en vrai chrétien.

Suivre Jésus-Christ c’est souffrir seulement pour Jésus-Christ et pas pour le diable. On peut souffrir pour se perdre en enfer ou pour être avec Jésus-Christ qui nous assiste maintenant et nous glorifiera à Son Retour. Le Seigneur avait déjà dit : "Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups" (Mat. 10, 5). Maintenant il nous commande quelque chose de plus difficile : "Porter notre croix en tout temps et en tous lieux". Il nous amène petit à petit, insensiblement, à supporter davantage par amour pour Lui. "Celui qui voudra sauver son âme, la perdra, et celui qui la perdra pour l’amour de Moi la sauvera." (v.25). C’est comme s’Il leur disait : "Il semble que je ne vous épargne rien en vous ordonnant de souffrir ces maux. En réalité, je ne le fais que pour vous épargner, justement. Un père qui aime son fils cherche à le corriger. Si tu frappes ton fils du bâton il ne mourra pas et tu préserveras sa vie du séjour des morts (Prov.13, 24 ; 23,13-14). Mes disciples, pour que vous ne tombiez pas dans ce malheur, Je vous commande de vous tenir toujours préparés à la mort. Vous allez être en lutte dans une guerre cruelle. Ne vous tenez donc pas enfermés dans la peur. N’ayez pas une vie lâche et molle, mais sortez du camp et témoignez de votre courage en combattant vos ennemis. Si vous mourrez dans cette guerre, c’est alors que vous trouverez la vie tandis que dans les guerres humaines le chef d’armée ne peut pas redonner la vie à ses soldats."

Dans la guerre du Seigneur, nous sommes animés d’une espérance si ferme de la résurrection, que nous sommes prêts à donner une vie que nous retrouverons un jour. Sacrifier sa vie est parfois le plus sûr moyen de la sauver. On ne garde que ce qu’on donne. Si nous la perdons, nous en retrouverons une autre infiniment plus heureuse. Jésus-Christ nous explique le sens du mot "sauver" : "Celui qui veut sauver sa vie la perdra mais celui qui la perdra à cause de Moi la sauvera. Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ? et que donnerait un homme en échange de son âme ?" (Mat.16, 25-26). Sauver sa vie c’est la perdre car c’est un faux salut. Celui qui, par lâcheté, évite les combats et les épreuves, ne sauve pas son âme, mais il la perd, irrémédiablement. Quand on perd quelque chose on peut le remplacer ou le racheter. Mais si vous perdez votre âme vous n’en avez pas d’autre pour la remplacer. Vous auriez tout l’argent de Bill Gate, vous ne pourriez pas la racheter. Déjà toutes les richesses ne parviennent pas à guérir certains de la Covid ! Veillons donc sur notre âme sans nous embarrasser des choses de la vie. C’est un peu comme les mineurs au siècle dernier : ils extrayaient du charbon ou d’autres ressources qu’ils côtoyaient chaque jour mais leur vie était misérable. Toutes ces ressources les ont menés à leur perte et ont enrichi les autres. Notre âme est ce que nous avons de plus précieux. (Même si, lorsque je pense au bonheur je me surprends souvent à n’avoir que des pensés terrestres !) Plus précieux encore que la santé ou la vie qu’aujourd’hui on veut, à juste titre, sauver A TOUT PRIX ! Il y a notre âme. A quoi sert d’avoir la santé, la vie, les richesses matérielles si notre âme périt ou dépérit dans la dépression ou le désespoir ? "Que donnerait l’homme en échange de son âme ?" Jésus avertit ses disciples et nous avertit de prendre soin de notre âme

« Dès 1947, Georges Bernanos (La France contre les robots) avait parfaitement saisi la dynamique égoïste qu'implique une société matérialiste : "On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure". Nous vivons dans un monde nihiliste où le cynisme passe pour de la sagesse et qui est radicalement hostile à la vie spirituelle à côté de laquelle il apparaît tel qu'il est réellement : un endroit où plus rien n'a de valeur mais où tout a un prix (S. Haverwas, Etrangers dans la cité, Cerf, p.15)

Si nous ne voulons pas que le monde nous vole la foi nous devons nous accrocher au verset 21 qui nous rapporte la Passion de Jésus, sa mort et sa résurrection, c’est-à-dire ce qui est au cœur de Sa vie. Non seulement c’est le cœur de la vie de Jésus, mais c’est aussi le cœur du Nouveau Testament et je crois même le cœur de toute la Bible. Une seule parole, non pas de l’évangéliste mais de Jésus Lui-même, brève, dense, profonde. Les mots même de Jésus : une profondeur insondable, insondable comme la vie divine de Jésus ! Nous ne serons jamais capables de connaître par l’expérience ce que signifiait pour le Christ mourir sur la Croix, et même notre propre mort ne nous aidera pas à comprendre ce qu’a été la mort pour lui : COMMENT L’IMMORTALITE PEUT-ELLE MOURIR ? Pourtant, il nous est paradoxalement possible, par le Saint-Esprit, DE COMMUNIER profondément à la vie, à la mort et à la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, si nous écoutons Son enseignement en Mt 16, 24-28. Jésus l’a répété trois fois (à sa suite je l’ai dit moi aussi trois fois aux zones Drôme-Ardèche, Nord-Paris, puis Sud-Ouest).


 

B-      Deuxième partie : La Croix des disciples

L’essentiel de l’enseignement de Jésus, celui qui est le plus important, celui que seul le Saint Esprit peut faire entrer dans nos cœurs endurcis, le voici dans son intégralité :

 

CROIX DE JESUS

« A partir de ce moment-là, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il LUI fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter. »

(Mt 16, 21)

Refus de Pierre et réprimande par Jésus (Mt. 16, 22-23)

CROIX DES DISCIPLES

« Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauvegarder sa vie, la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi, l’assurera. Et quel avantage l’homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il le paie de sa vie ? Ou bien que donnera l’homme qui ait la valeur de sa vie ? » …

(Mt. 16, 24-26)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

AVENEMENT EN GLOIRE

« Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. En vérité, je vous le déclare, parmi ceux qui sont ici, certains ne mourront pas avant de voir le Fils de l’homme venir comme roi » (Mt. 16, 27-28)

 

Tel Il est dans le monde, tels nous sommes et serons. Christ est au milieu de nous. Il l’est et Il le sera ! Comme nous l’avons médité dans les chapitres précédents, Jésus a mené un combat énergique contre les ténèbres. Il est maintenant de notre responsabilité de chercher une vie plénière en Christ, dans l’Esprit Saint, afin de pouvoir, à notre tour, mener ce combat contre les forces du mal à l’œuvre aujourd’hui, dans le monde et en nous.

C’est à propos de cet enseignement de la Croix, que tout de suite après, à la Transfiguration, il nous est dit : "De la nuée, une voix disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir. ECOUTEZ-LE ! En entendant cela, les disciples tombèrent la face contre la terre, saisis d’une grande crainte". (Mt. 17, 5-6)

Si du haut du ciel, le Père dit aux disciples "Ecoutez-Le". C’est que c’est important

Alors écoutons, avec crainte nous aussi, cet enseignement qui nous conduit de la croix à la couronne, de la croix à la résurrection, à la Transfiguration et au second et glorieux AVENEMENT.

C’est donc à nous que l’Evangile adresse ces paroles de la part de Jésus-Christ : "Si quelqu’un veut Me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il Me suive" (Mt. 16, 24).

 

Pour aimer Jésus-Christ et être en communion intime avec Lui, il faut Le suivre. Pour Le suivre, il faut renoncer à soi-même, c'est-à-dire renoncer à tout attachement passionné à notre volonté, à notre sagesse, à nos idées et à nos passions. Pourquoi ? Dans quel but ? Pour que cela nous rende capable de suivre Jésus-Christ que nous aimons. Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même. Sans ce renoncement, le désir de suivre Jésus-Christ reste sans résultat. Celui qui est attaché aux idées de sa propre sagesse ou aux désirs de sa propre volonté n’est pas capable de suivre le Christ. Car suivre quelqu’un c’est ne pas choisir le chemin à son gré mais au gré de celui qui marche devant. Jésus a souvent dit : "Celui qui s’attache à mes commandements et qui les observe CELUI-LA M’AIME" (Jn 14, 21, 15, 23). Celui qui ne veut pas sacrifier sa volonté à l’obéissance à la volonté de Dieu n’aime pas Jésus et ne le suit pas en vérité même s’il se veut spirituel. Celui qui est attaché aux biens de la vie terrestre n’est pas capable de suivre Jésus Christ même s’il le désire. La croix est le seul vaccin qui peut guérir les hommes du péché, de la mort, de la haine et du diable. Notre maladie nous fait croire qu’il nous est impossible de prendre un médicament aussi amer. C’est pour cela que Dieu notre Médecin a pris ce médicament alors qu’Il n’était pas malade. Il ne pousse pas ses disciples en avant, devant Lui, sur la croix. Il porte d’abord Sa propre croix, qui est la plus lourde, car elle contient tous les péchés du monde. Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours ressusciter(Mt. 16, 21).

Il nous montre qu’il est possible de le suivre, de renoncer à soi-même, de porter sa croix et de le suivre (Mt. 16, 24) C’est possible parce qu’il ne s’agit pas de renoncer au bien mais au mal. Il ne s’agit pas de renoncer à notre être véritable mais à notre être mensonger. Il le dit : "Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ?" (Mt. 16, 26) Il s’agit au fond de renoncer au vieil homme. Un écrivain contemporain (Philippe Jaccottet) a dit : "L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie".

En effet se charger de sa croix c’est assumer la fragilité de sa vie pour laisser de la place à Dieu et au prochain. Il ne s’agit pas de perdre sa vie en soi mais à cause de l’Evangile. Pas seulement souffrir mais aller jusqu’au bout de l’obéissance à Jésus.

Alors, mon frère, ma sœur, je te le dis : Renonce aux préoccupations terrestres qui ont refoulé ta vie spirituelle, renonce aux passions qui ont refoulé les bonnes actions. OUI, renonce aux mauvaises pensées, aux mauvaises aspirations et aux mauvaises œuvres. Renonce, en un mot, à tout ce que tu considères être toi, mais qui est en fait le diable, le péché, la corruption, la tromperie, et la mort. Renonce aux mauvaises habitudes qui te sont devenues une seconde nature ; renonce à cette seconde nature ; car ce n’est pas une nature créée par Dieu. La meilleure image que je connaisse d’un homme qui, à force de vouloir sauver sa vie, la perd irrémédiablement, c’est Gollum dans le Seigneur des anneaux : Il a tué son ami afin de s’emparer de l’Anneau unique qui prolonge sa vie de plusieurs siècles. Mais il est obsédé par l’anneau au point d’en devenir l’esclave et de se rapetisser jusqu’à se transformer en une créature monstrueuse avec 6 dents aigües, un corps gluant et des pagaies comme pieds. Il est à mi-chemin entre une araignée et une grenouille décharnée. Il perd son état de nature crée par Dieu. Il devient incapable de dire "Je" et parle tout le temps à son anneau d’or en utilisant la 3ème personne pour lui-même. Et il meurt englouti dans un étang de feu

 

I-            Penchons-nous sur ce que Jésus dit à la foule :

  1. "Si quelqu’un veut venir à ma suite qu’il renonce à lui-même" (Marc 8, 34)

C’est à tout chrétien que s’adresse cet appel. C’est à tout chrétien que le Seigneur demande non pas nécessairement de quitter effectivement ses biens, mais d’en être détaché, d’être prêt à les abandonner si les circonstances le demandent, afin de suivre le Seigneur sans partage.

Les deux expressions "venir à ma suite" et "me suive" au début et à la fin, disent l’attachement à Jésus.

Nous devons être véritablement détachés de tous les biens terrestres pour nous attacher essentiellement, exclusivement au Christ. Cela est essentiel à notre vie chrétienne. Être chrétien, être disciple du Christ, ce n’est pas simplement pratiquer un certain nombre de commandements, observer un certain nombre de préceptes moraux comme l’opinion générale le pense C’est avant tout s’attacher à la personne du Christ, c’est avoir pour lui un amour exclusif, qui nous rend prêt à tout quitter, à tout abandonner pour lui. La suivance est une intimité. Si nous sommes chrétiens c’est uniquement à cause du Christ. (Syméon le Nouveau Théologien)

"Si quelqu’un M’aime, il observera Ma Parole et mon Père l’aimera" (Jn. 14, 20). "Le Père lui-même vous aime car vous m’avez aimé" (Jn. 16, 27)

Nous ne sommes vraiment chrétiens que si nous avons en nous cet amour personnel ardent pour le Christ ; c’est cela le critère fondamental de la vie chrétienne. Il n’y a pas d’autre voie pour être sauvé que le Christ, et c’est à lui que doit aller véritablement tout notre amour, tout notre attachement. Comme Jésus le disait aux apôtres : c’est impossible aux hommes mais la grâce de Dieu est là. En Dieu, avec Dieu, tout est possible, et si nous comptons sur sa grâce, nous pouvons être prêts à renoncer à tout, soit simplement dans notre cœur, soit effectivement, en marchant à sa suite dans une vie qui lui soit entièrement consacrée.

 

Le Seigneur n’adresse pas un appel contraignant, il dit "si quelqu’un veut" c'est à dire ‘’s’il est conscient que la grâce de Dieu est là ‘’. La grâce de Dieu ne nous est jamais refusée, mais ce que Dieu attend de nous c’est que nous voulions vraiment accomplir sa volonté. Tous nos échecs dans notre vie spirituelle viennent de ce que nous ne voulons pas véritablement, profondément, la Grâce. Le Seigneur nous a donné cette faculté qu’est la volonté libre, qui nous permet, justement, d’aimer. Si nous n’étions pas libres, nous ne pourrions pas aimer véritablement. Beaucoup dépend de notre volonté. L'amour imposé n'est plus de l'amour.

Est-ce que je choisis ma volonté ou la volonté de Dieu ? Qui règne dans ma vie ? Moi ou Dieu ? Est-ce que je sers Dieu dans Ses projets ou est-ce que je me sers de Dieu pour réaliser mes projets ? Ce choix détermine toute notre vie. Alors pour faire le bon choix, étudions l’enseignement de Jésus et mettons-le en pratique dans notre vie quotidienne dans le monde. Celui qui est attaché à la convoitise de la chair, à la convoitise des yeux et à l’orgueil de la vie (1 Jn 2, 16) est un disciple amolli, fatigué et affaibli qui n’ira pas loin à la suite du Seigneur.

 

Celui qui veut être un disciple vrai et sincère du Christ, doit renoncer à tout ce qu’il s’approprie et qu’il aime, NON SOUS LE RAPPORT DE L’USAGE, MAIS SOUS LE RAPPORT DE LA CONVOITISE ET DE LA PASSION. C’est cela que le Seigneur dit par ces mots : "Qu’il renonce à lui-même"

 

  1. La seconde chose que le Seigneur exige de Son disciple c’est : qu’il prenne sa croix

La croix du disciple présuppose la croix du Christ ; elle évoque toutes les afflictions dont Dieu peut permettre que nous soyons atteints, les privations, les humiliations, les souffrances et la mort, même la plus douloureuse ou la plus méprisable. Mais, attention, ce n’est pas à nous de fixer d’avance notre destinée. Notre devoir est simplement de savoir accepter celle que Dieu nous a préparée.

Jésus-Christ lui-même n’a ni choisi, ni augmenté Ses souffrances ; Il a accepté celles que Son Père avait déterminées dans Sa sagesse et Sa justice et de la façon dont les hommes les lui ont imposées sans savoir ce qu’ils faisaient. A strictement parler, si les souffrances et la mort lui avaient été imposées de force, sans qu’Il les accepte par amour, elles ne nous auraient pas sauvés. Aucune souffrance n’est rédemptrice en elle-même y compris les souffrances du Christ. Seul l’amour sauve et les souffrances l’accompagnent souvent. Pas de dolorisme donc. 

Le Seigneur n’ordonne pas à Son disciple de se crucifier lui-même mais de prendre sa croix c'est-à-dire de ne pas fuir l’affliction, de ne pas lui résister mais de l’accepter avec soumission quand elle frappe.

Se charger de sa croix c’est recevoir volontairement des mains de Dieu le médicament amer qui est proposé, en sachant que Jésus l’a pris avant. La croix la plus légère est trop lourde sans l’aide du Seigneur, sans marcher à sa suite. C’est seulement en Christ que nous trouverons force, courage et réconfort. Celui qui marche avec sa croix à la suite du Christ trouve la lumière, l’ami, la joie, la bénédiction qui lui manquent car il est délivré de tout orgueil, de toute volonté de dominer les autres et de tout désir de gloire ou de profit.

 

II-                  Suite de Mathieu 16, 24

Jésus prononce encore des paroles très fortes : "Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera" (Mat. 16, 25). Voilà un feu qui veut consumer le vieil homme jusqu’à la racine et, même avec la racine ! Le Christ n’est pas venu améliorer le monde mais le recréer, en forger un nouveau. Celui qui veut améliorer son vieux moi mortel, n'y parviendra jamais (autant vouloir laver un morceau de charbon). Mais celui qui perdra son vieux moi mortel et terrestre deviendra une nouvelle créature née de l’Esprit et éternelle. Le feu purifie le morceau de charbon et le rend incandescent. Par la foi et le baptême nous sommes morts avec Christ, mort au péché et nous vivons avec Christ, pour Dieu, en Christ.

Celui aime le Seigneur et qui donne tout au Christ, son cœur, son âme et toutes ses forces, recevra le trésor incorruptible du Christ, de l’Evangile, de la vie éternelle et du Royaume de Dieu. Pour le Seigneur, notre âme est la réalité de l’univers qui est la plus précieuse : "Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme" (Mt. 16, 26)

Le monde passe mais nous sommes destinés à l’immortalité. Le Seigneur nous a donné ce monde mais le don le plus précieux qu’Il nous a fait est de nous avoir tous créés à Son Image et d’être mort pour nous sur la Croix. "Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges." (Mc 8, 38). 

AVOIR HONTE DU SEIGNEUR ? Après tout ce qu’Il a fait pour nous ? Est-ce qu’un fils a honte de son père devant un ours prêt à le dévorer ?

Comment pourrions-nous avoir honte de Celui qui est amour ? Pour le moment, nous ne voyons pas le Seigneur et nous ne voyons que le genre humain en train de s’agiter et de s’égorger. Mais dans peu de temps le Seigneur va apparaître en gloire, sur des nuées d’anges innombrables. Alors souvenons-nous dès maintenant du Dieu vivant invisible tant que nous vivons dans ce monde visible. Ne suivons personne d’autre que le Christ.

Il s’agit de nous laisser conduire doucement par l'Esprit, comme la brebis, comme l’Agneau et Pasteur Jésus-Christ, s’il est nécessaire de souffrir pour la vérité. Porter sans résistance le bois du sacrifice, comme Isaac, si telle est la volonté du Père céleste, en vue de notre purification et de notre introduction dans la nouvelle existence promise. Oui, il faut vouloir, en nous appuyant sur la grâce de Dieu. Notre volonté humaine seule est incapable de marcher à la suite du Christ, incapable de tout quitter pour le suivre, mais si nous comptons véritablement sur la grâce, si, dans le besoin, nous la demandons instamment, elle nous sera accordée.

La grâce de Dieu est toujours là, toujours prête, si nous la demandons et si nous l’accueillons de tout notre cœur. Mais trop souvent nous laissons passer la grâce de Dieu. Et c’est pourquoi nous sommes tristes, c’est pourquoi, dans notre cœur, nous sentons un vide, nous ressentons comme une souffrance secrète parce que nous sommes faits pour plus que les biens terrestres. Il n’y a que le don total de nous-mêmes qui peut combler notre cœur, qui peut nous rendre véritablement heureux, nous apporter la véritable paix, la véritable joie. 

"Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? Ou, que donnerait un homme en échange de son âme ?" Il est possible de gâcher votre vie. Il n’y a rien qui me fasse plus peur que de gâcher ce don unique et précieux ! Nous n’avons qu’une vie qui sera bientôt passée. Seul ce qui a été fait pour Christ restera.

J’ai 68 ans et j’arrive à la fin de ma vie à grande vitesse. L’éternité approche. Alors je veux faire un bon usage de ma vie. Elle est si courte, si fragile, si définitive, si unique ! Vous avez une chance de vivre votre vie, puis c’est le jugement, la rencontre avec Jésus-Christ, le face à face. Pourra-t-il vous dire : "C’est bien, bon et fidèle serviteur" (Luc 19, 17) ou bien ces mots terribles : "Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi" ? (Mat.7, 23). Ne pas gâcher sa vie c’est être connu par le Seigneur, jouir de Sa Présence et le préférer à tout, même à votre famille. Il s'agit de renoncer à tout, non sous le rapport de l'usage mais sous le rapport de la convoitise et des passions. La vie et les biens nous sont donnés afin que nous montrions qu’ils ne sont pas notre trésor mais que Christ est notre trésor (Voir sur ce sujet le commentaire de Martin Luther sur le Magnificat, p.53ss ; Œuvres tome III). C’est ce que Jésus dit après avoir parlé de Sa Croix et de celle de Ses disciples, comme la conséquence et la raison, de tout cela : "Car le fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. En vérité, je vous le déclare, parmi ceux qui sont ici, certains ne mourront pas avant de voir le Fils de l’homme venir comme roi" (Mat.16,27-28). C’est le même mystère que les Béatitudes : "Bienheureux les pauvres en esprit CAR le Royaume des Cieux est à eux" (Mt. 5,3)

"Quiconque perd sa vie à cause de Moi la trouvera CAR le Fils de l’homme vient dans la Gloire de Son Père." (Mt. 16, 25b, 27)

L’important pour nous est de bien choisir, de donner la priorité au Royaume de Dieu, de donner la priorité à l’accueil du Seigneur dans nos vies, et nous risquons toujours d’en être détournés par des soucis, par des préoccupations qui, sans être mauvaises en elles-mêmes, nous détournent de cette attention unique, nous détournent de donner à notre vie son sens, essentiellement par rapport au Christ, par rapport à sa venue dans nos cœurs et dans le monde.

Tout l’enjeu de notre vie ici-bas est de savoir vers quoi tend notre cœur. Est-ce que ce qui donne sens à notre vie, ce sont véritablement ces valeurs du royaume de Dieu ? Est-ce que c’est vraiment l’union profonde avec Dieu, que le Christ vient nous apporter ? Ou bien est-ce que nous sommes davantage préoccupés par des réalités terrestres, qui ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais qui le deviennent dès lors qu’elles sont notre principale raison de vivre, dès lors qu’elles deviennent notre souci primordial et que le souci du royaume se trouve comme refoulé à la périphérie de notre cœur ? Nous voulons bien accomplir certains rites, certaines obligations religieuses, mais, finalement, l’essentiel pour nous n’est-il pas la réussite de notre vie terrestre ?  L'essentiel n’est-il pas notre métier, notre travail, notre vie familiale ? Est-ce que tout cela, finalement dans notre cœur, ne prend pas le pas sur le souci du royaume éternel, de la vie éternelle que Christ est venu nous donner et qu’il vient établir définitivement à Son retour ?

Ce ne sont pas seulement les grands pécheurs qui se sont écartés du royaume. Ce sont tous ceux qui ont estimé que, au fond, la vie présente est l’essentiel, et que le reste, ce souci d’accomplir la volonté de Dieu, de préférer la volonté de Dieu à toute choses, ce souci avant tout, de vivre dans la prière, dans l’union au Christ, avait moins d’importance que de s’assurer une vie professionnelle réussie ou une bonne retraite. Dans la mesure où ces soucis terrestres prennent le pas en nous, d’une manière ou d’une autre, sur le souci du royaume, nous ne marchons pas à la suite de Jésus qui vient. Nous ne répondons pas à son appel à Le suivre.

Quel est vraiment le sens réel de notre vie ? Qu’est ce qui pour nous est vraiment essentiel ? C’est cela qui est capital. Et c’est cela qui va décider de notre avenir éternel. Car le Fils de l’homme va venir(Mt16, 27). Est-ce l’invitation à suivre Jésus qui, désormais, va être pour nous l’essentiel, ce qui donne son sens à toute notre vie ? Bien sûr, cela doit se traduire dans le concret de nos existences, et, de ce point de vue, notre vie quotidienne dans le monde, qu’elle soit familiale ou professionnelle, est importante et demande que nous en prenions soin. Mais elle nous est donnée afin que nous montrions que Christ est notre unique trésor comme je le disais. La seule chose nécessaire (Luc 10, 42). Toute l’orientation de notre vie doit être dominée par cette préférence pour la venue du Seigneur :"Si Quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il Me suive" (Mt.16,24).

Suivons Jésus partout où Il va, de la Croix à la Résurrection. "Souvenez-vous de Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts issus de David" (2 Tim.2,8). C’est la Croix qui nous a ouvert les portes du paradis et qui a fermé les portes de l’enfer. Par elle Jésus a terrassé toutes les forces du démon, détruit son venin et son empire, dissipé l’air pestilentiel et exterminé les bêtes féroces. Gravez ce signe dans vos cœurs. Toute notre gloire est dans la Croix du Christ. Elle est toute notre espérance. Essayons de dire avec S. Paul : "Je ne me glorifierai de rien d’autre que de la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi et que je suis crucifié pour le monde." (Gal. 6,14). Encore une fois la Croix n’est pas du dolorisme. Ce ne sont pas la souffrance et la mort de Jésus en elles-mêmes qui nous sauvent c’est l’Amour qui l’y a poussé. S’il avait été arrêté, torturé, crucifié et tué contre son gré, il ne nous aurait pas sauvés et nous serions toujours dans nos péchés. Mais dans son grand amour il nous a donné sa vie, personne ne la lui a prise.

Alors soyons crucifiés au monde et n’ayons plus rien de commun avec la Terre. N’aimez que le ciel, qui est la véritable patrie. N’aimez que la Gloire de Dieu qui nous y est réservée. Car nous sommes les soldats du Roi des cieux ; Il nous a revêtus d’armes toutes spirituelles. Pourquoi donc nous rabaisserions nous à vivre comme les bêtes ? Le soldat doit être là où est son chef. Nous sommes à un Roi qui ne nous tient pas éloignés de Lui. Il veut que nous soyons toujours proches de Lui alors que les rois de la terre n’accordent que de rares audiences à leurs sujets. En lisant les Actes en ce moment, nous voyons que S. Paul vivait sur terre comme nous, mais il était toujours en esprit avec Jésus-Christ, les chérubins et les séraphins. Nous pouvons faire de même.

David disait : "Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi" (Ps.23, 4) et Dieu, en Jérémie 23, 23 : "Je suis un Dieu proche et non pas un Dieu éloigné" ; ou en Es. 28, 9 "Tu appelleras et l’Eternel te répondra, tu crieras, et Il dira : Me voici !". Rien sur terre ne ressemble à un tel amour, même celui d’un père ou d’une mère. Il est continuellement attentif pour nous écouter et nous exaucer : "Tu crieras et Il dira : Me voici !» (Es. 28,9)

Par la Croix de Jésus le ciel est ouvert sur nos vies, les chaînes tombent, la douleur et la tristesse s’enfuient, les tourments et les ténèbres cessent. La joie et la paix règnent sans fin sur nous. "Nous croyons que c’est dur et pénible de suivre Jésus et de renoncer à soi-même" disait Saint Augustin, "mais ce n’est pas vrai ! Car Dieu donne ce qu’Il ordonne. Il a dit : mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger (Mt. 11, 30). Que chacun, à sa place, suive le Christ, renonce à lui-même, c’est-à-dire ne s’appuie pas sur lui-même et supporte pour le Christ tout ce que le monde lui infligera. Aimez le Christ, le seul qui ne trompe pas, le seul qui ne se trompe pas. Aimez Le parce que ce qu’Il promet est vrai : Il vient avec les anges dans la Gloire de son Père. Que votre foi ne chancelle pas parce que cela ne se produit pas maintenant. Continuez, persévérez, supportez, acceptez ce retard, vous aurez ainsi porté votre croix et ce sera une occasion de témoignage."

Il s’agit simplement d’aimer Dieu et le prochain avec l’amour dont Dieu nous a aimés. "Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C'est lui, Jésus Christ, qui est venu avec de l'eau et du sang ; non avec l'eau seulement, mais avec l'eau et avec le sang ; et c'est l'Esprit qui rend témoignage, parce que l'Esprit est la vérité" (1 Jean 5, 3-6). Si nous gardons purs et sans tâche les habits que nous avons reçu par la foi nous entrerons dans la chambre nuptiale où demeure l’Epoux céleste avec ses biens infinis et ses richesses inépuisables. Comment pourrions-nous différer de désirer de tels trésors ? Comment aurions-nous de l’indifférence et de la paresse à obéir au commandement d’aimer Dieu et le prochain ? Le Père dit à chacun : "Mon Fils" et le Fils dit à chacun : "Tu M’as aimé". Merveille : "Le Père Lui-même nous aime parce que nous avons aimé Jésus." (Jn 16, 27). Quand nous devrions tout perdre, quand il faudrait renoncer à tout, souffrons tout avec courage, suivons Jésus, prenons notre croix. Si nous risquons notre vie pour le Seigneur nous la retrouverons "car le Fils de l’homme va venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors Il rendra à chacun selon sa manière d’agir. En vérité, je vous le dis, quelques-uns de ceux qui sont ici ne goûteront point la mort, qu’ils n’aient vu venir le Fils de l’homme venir dans son règne." (Mt16, 24-28)

Alors si on vous maudit, Bénissez. Si on vous méprise ou vous insulte ne vous laissez pas offenser intérieurement ; ne laissez pas la colère vous dominer, ne ripostez pas, ne vous vengez pas. Aimez vos ennemis. Reinhard Bonnke, récemment décédé, a été trainé dans la boue par des journalistes. Ses collaborateurs lui ont dit de faire un procès. Il a dit : "Non ; avec tout le fumier qu’ils ont jeté dans mon jardin, j’aurai des fleurs magnifiques !". Telle est l’actualité de la Croix aujourd’hui non seulement au loin mais ici en France où, je le disais, 3 chrétiens cette semaine ont été attaqués, assassinés et égorgés devant leur Eglise. Jésus a préparé ses disciples et Il nous prépare aussi, disciples du 21ème siècle en disant : "Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il Me suive. Qui voudra sauver sa vie la perdra mais quiconque perdra sa vie à cause de Moi la sauvera" (Mt 16, 24-25). Après ces paroles un peu terrifiantes, Jésus console Ses disciples en leur disant : "Le Fils de l’homme doit venir dans la Gloire de Son Père avec ses anges, et alors Il rendra à chacun selon ses œuvres" (v.27)

Nous y reviendrons dans la 2ème partie. Pour terminer cette 1ère partie, je voudrais ajouter aux avertissements extérieurs des événements actuels (que je ne rappelle pas), cet avertissement intérieur du Saint Esprit contenu dans ce qu’écrivait Mère Basilea Schlink en 1979 : "Le temps où il importe de se préparer est déjà là, car la persécution des chrétiens a déjà insidieusement commencé en Occident. Jésus aime profondément les siens et c’est pourquoi Il les a toujours préparés, à l’approche de temps difficiles. A trois reprises Il a annoncé à ses disciples et leur a fait comprendre qu’Il allait au-devant d’une terrible crucifixion. De même, quand Il nous parle aujourd’hui du temps de la fin qui amènera une persécution mondiale des chrétiens, Il veut nous préparer : "Vous serez haïs. C’est comme les feuilles du figuier qui annonce l’été, quand vous verrez cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte." (Mt. 24, 9, 32-33). Il nous met en garde de ne pas agir comme ceux du temps de Noé (Mt. 24,37-39).  Seul parmi eux Noé écouta l’avertissement et se prépara pour l’heure H. Que faire donc pour être prêt ? 

D’abord regardons résolument ce moment imminent en face. Une fois cette réalité franchement envisagée, nous nous préparerons, avant tout, par la prière. A l’heure de l’épreuve je ne pourrai tenir ferme que si je consacre dès à présent beaucoup de temps à la prière, que si je me laisse mobiliser par cet appel de la parole : "En tout premier lieu, que l’on prie !" (1 Tim. 2, 1). Cela signifie qu’aujourd’hui, comme jamais encore, la prière est de première importance ; il s’agit donc de lui donner la priorité, le meilleur de notre temps, en lui sacrifiant sommeil, intérêts et distractions préférées. 

A Ses disciples Jésus disait à Gethsémané : "Veillez et priez !" et de Lui-même on peut lire que "sa prière se fit de plus en plus pressante" (Luc 22, 44). C’est seulement dans la prière que nous pouvons présenter à Dieu notre disponibilité à souffrir, c’est seulement en priant que nous pouvons Lui livrer totalement notre volonté avec cette certitude : Il n’admettra pas que l’épreuve dépasse nos forces."

C’est la vocation de l’Union de Prière. Notre prière des 4 sujets est toute entière consacrée à cette préparation. Nous avons besoin de nous ressaisir dans notre vocation de prière. C’est urgent. Le temps presse. Ne soyons pas des membres endormis et amollis de l’Union de prière. Le Seigneur l’a suscitée pour un temps tel que celui-ci. L’actualité n’est pas à l’ordre du jour de nos réunions de zone. Mais, en relisant la pensée de L. Dalliere (notamment son exposé de 1941 à St Laurent-du-Pape), à l’occasion de notre méditation d’octobre- novembre sur les Actes des apôtres, j’ai pensé que l’Union de prière renonçait aussi bien à la christianisation du monde qu’à sa laïcisation, dans le débat qui anime actuellement les réseaux soi-disant sociaux. Du coup, que faire ? Voici ce que disait M. Dallière, en substance :

« Pour nous, l’essentiel est la Résurrection du Christ, fruit de la Croix et le surnaturel chrétien qui inspirent une prière persévérante pour l’Eglise du Retour, composée de Juifs et de Païens, en vue de la résurrection générale des morts. C’est cela notre vocation. C’est cela l’espérance révélée par Jésus-Christ. » 

Je ne vous dis rien de nouveau mais, je ressens le besoin, en ce moment, de nous encourager mutuellement à nous enraciner dans cette "plénitude de foi surnaturelle" pour résister à l’air du temps et pour ne pas nous tromper de combat. J’avoue avoir été bousculé à salut par ce texte de M. Dallière de 1941. 

(Nous avons mis en ligne la lecture d’un résumé que j’en ai fait pour la prédication du vendredi 23 octobre. Cela renouvellera votre vocation de membre de l’UP comme je l’ai aussi vécu. Ce texte de M. Dallière peut être lu sur notre site.)


 

C-       Troisième Partie : L'AVENEMENT EN GLOIRE

Prions :

Seigneur Jésus, ta vie, ta mort, ta résurrection et ta venue en gloire, tout en toi est un si grand mystère qu’il ne m’est pas possible d’en parler sans le secours de l’Esprit saint. Qu’il vienne maintenant et que, dans sa grâce, il éclaire pour moi ce qui me dépasse infiniment, et qu’il m’aide à en parler avec justesse.

Les propos de Mère Basiléa Schlink que nous venons d’écouter actualisent les paroles de Jésus préparant Ses disciples à la Croix et les invitant à renoncer à eux-mêmes afin de préparer l’Eglise du Retour. Qui perd sa vie la trouvera. On ne possède vraiment que ce qu’on donne. "Qui perd, gagne".

Bien que l’Esprit Saint nous fasse comprendre toujours davantage la parole du Seigneur, il faut qu’il nous aide, avec tout ce que cela implique de notre part, à la mettre véritablement en œuvre. La Grâce du Saint Esprit nous donne l’audace de communier à la vie, à l’enseignement et aux voies du Christ, à aimer d’un amour qui se rapproche de plus en plus de l’amour divin et, à travers lui, à connaître la façon par laquelle la mort en tant qu’oubli de soi, total et parfait, s’unit avec la victoire de l’amour, avec la résurrection et la vie éternelle en Celui qui vient.

I-                     Nous demeurons en Celui qui habite en nous

Avec le Christ, je suis crucifié. Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi (Gal 2,20) : Telles sont les conditions par lesquelles l’homme peut, sans s’égarer, suivre Jésus-Christ, s’approcher de Lui non extérieurement mais intérieurement, non physiquement, mais spirituellement ; c’est ce que nous vivons à la Sainte Cène ; nous devenons participants, par la foi et l’amour, des souffrances et de la mort rédemptrices du Christ afin d’avoir part en Esprit et en Vérité à Sa résurrection et à Sa Gloire. Oui, c’est ce que nous vivons en mangeant la chair et en buvant le sang du Christ.

Renonçons donc à tout ce qui nous lie et nous asservit par les liens des passions, à nous-mêmes, à la chair, au monde et suivons Jésus-Christ, libres et légers, car Il vient.

Qui perd sa vie à cause de moi, la trouvera … car le Fils de l’homme vient dans la Gloire de son Père avec ses anges (Mat 16, 25, 27).

Recevons avec soumission et sans amertume, notre croix, nos chagrins, nos souffrances pour notre purification et notre perfectionnement. L’épreuve rend plus fort. Suivons fidèlement Jésus Christ sur le chemin de l’abnégation et de la croix et nous découvrirons la bénédiction de l’oubli de soi-même, nous entrerons dans la joie du Seigneur qui vient.

C’est ce que dit la fin de l’Evangile que nous avons médité : Mat. 16, 26-28 " Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perdait son âme ? ou, que donnerait un homme en échange de son âme ? Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venir dans son règne. " (Mat. 17, 1-2). Six jours après " Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière ". C’est l’arc-en-ciel après la tempête ! La récompense de ceux qui le suivent en portant leur croix.

Il y a eu des menaces et des épines mais au bout du chemin étroit il y a la joie, le réconfort et le vrai bonheur, pour tous ceux qui ont vraiment suivi Jésus en renonçant à eux-mêmes. Qui perd sa vie à cause de Moi, la trouvera … car le Fils de l’homme vient bientôt.

Au retour de Jésus, on marchera. On mangera. On s’embrassera. On chantera parce qu’on aura des cordes vocales. Vous aurez le corps que vous avez toujours voulu avoir ! Vous aurez la famille que vous avez toujours voulu avoir ! Ce n’est pas une vague utopie mais la certitude joyeuse qu’il en sera bien ainsi. Exactement comme Jésus ressuscité. Nous aurons en effet un corps ressuscité comme Jésus en a un. Il a mangé avec Ses disciples qui ont pu le toucher. Touche-moi. Mets ta main dans mon côté " (Jn 20, 17). Dieu nous a préparé un festin avec de très grands vins. Nous mangerons et nous boirons avec le Fils de l’homme. La mort sera vraiment vaincue et détruite pour toujours. Dieu est contre la pauvreté, contre la mort, contre la dépression. Et nous aussi. Nous combattons ces choses. Pour le moment nous souffrons, mais ces pleurs de deuil et de tristesse nous les entourons d’espérance.

En effet, Jésus a pleuré puis Il a ressuscité Lazare. Alors nous réalisons que si la mort est une ennemie, elle est une ennemie vaincue. Elle se moque de nous et se vante de nous tuer et d’avoir tué Jésus à la Croix. Mais, par Sa mort, Jésus a mis à mort la mort. Alors c’est nous qui pouvons nous moquer d’elle et dire, comme l’apôtre Paul : " Mort où est ta victoire ? Mort où est ton pouvoir de tuer ? " (1 Co. 15, 55). CHRIST EST RESSUSCITE. IL NE MEURT PLUS, IL EST VIVANT. PAR SA MORT IL A VAINCU LA MORT. A CEUX QUI SONT MORTS, IL A DONNE LA VIE. Si le Seigneur ouvrait nos yeux spirituels nous verrions que la victoire est complète et que la mort est effectivement vaincue. Alors nous dirions nous aussi à la mort, avec toute l’Eglise du ciel : " O Mort où est ta victoire ?"

 

« La mort de Jésus ne fut pas une plaisanterie. Celui qui découvre Dieu dans le cri de l'abandonné abandonne lui-même les jeux religieux naïfs. Mais par sa mort, en raison de sa Résurrection, "la mort est devenue dérision", comme pouvait le dire Luther – bien qu'elle soit encore là, bien entendu. La reconnaissance de la Résurrection du Christ suscite chez les croyants la raillerie sur "le monde avec sa grande colère" (Paul Gerhardt). Les cantiques de Pâques ont de tout temps célébré la victoire de la vie, en raillant la mort par leurs paroles et leurs mélodies, en se moquant de l'enfer et en provoquant les seigneurs de ce monde. L'hymne pascale de 1 Co 15, 55-57 le dit déjà : 

"La mort a été engloutie dans la victoire. 

Mort, où est ton aiguillon ?

Enfer, où est ta victoire ? …

Mais grâces soient à Dieu qui nous donne la victoire par Notre Seigneur Jésus-Christ !".

Depuis le VIème siècle environ, on trouve dans l'art chrétien la scène de la danse de la résurrection. Le Christ glorifié, dont le manteau flotte, entraîne derrière lui, en une danse en spirale, les rachetés vers le Père. C'est l'exact opposé des figures de la danse macabre de la fin du Moyen-Age. Le Ressuscité, qui inaugure cette eschatologie de la liberté est lui-même, comme disait Hippolyte, "le coryphée de la danse mystique", et l'Eglise est son "Epouse qui danse avec lui".

" L'homme, disait Luther, jouera alors avec le ciel, la terre, le soleil et toutes les créatures. Toutes les créatures auront du plaisir, de l'amour et de la joie, et riront avec Toi, et Toi de ton côté avec elles, même selon le corps. (WA36, 600, 45, 356) » J. Moltmann "Le Seigneur de la danse" LE Cerf-Mane, 1977, p. 62, 73, 75

De tels propos ne sont-ils pas présomptueux ? Seuls des illuminés ou des "excités de la foi" peuvent avoir l’orgueil de ne pas vouloir être soumis à la puissance victorieuse de la mort. Non, Il n’en est rien. Pourquoi ?

 

II-                  Parce que le Christ est ressuscité des morts.

Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix. Voilà pourquoi Dieu L’a souverainement élevé et Lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom (Phil. 2, 8-9). Ce Nom, Paul le dévoile dans la suite de ce texte (V11) : JESUS-CHRIST EST LE SEIGNEUR, c'est-à-dire le Dieu vivant, " CELUI QUI EST ", Celui qui domine l’Univers visible et invisible. TOUT GENOU ET TOUTE LANGUE – la mienne en ce moment- PROCLAME QUE JESUS-CHRIST EST LE SEIGNEUR, A LA GLOIRE DE DIEU LE PERE (Phil. 2, 8-11). OUI LE CHRIST EST MORT ET IL VIT POUR ETRE LE SEIGNEUR DES MORTS ET DES VIVANTS (Rom 14, 9). La Parole de Dieu nous a été rendue à la Réforme mais il faut sans cesse la retrouver pour en vivre et l'annoncer. Le Seigneur ne nous a pas envoyés dans le monde pour argumenter mais pour proclamer l’Evangile.

La Parole de Dieu montre à tous les hommes le chemin vers Dieu et vers la victoire sur la mort en disant : " Si tu confesses de ta bouche que Jésus-Christ est le Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé " (Rom 10,9), tu seras vivant, tu seras guéri !

Aujourd’hui, Nous ne prendrons pas la Sainte Cène mais le Verbe fait chair et sang nous est donné dans la Parole.

Pour cela il vous suffit d’écouter Dieu vous dire par ma bouche : " JESUS-CHRIST EST MORT ! JESUS-CHRIST EST RESSUSCITE ! JESUS-CHRIST EST SEIGNEUR "

Qui perd sa vie à cause de Lui, la trouvera … car Il vient bientôt dans la Gloire de Son Père avec les anges.

C'est aussi ce que dit Colossiens 3, 1-4 : " Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d'en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez vous aussi avec lui dans la gloire "

Vous ferez alors l’expérience d’entrer en communion avec les réalités célestes et invisibles. Ce sentiment de la présence du Seigneur ressuscité est une sorte d’illumination intérieure, qui, parfois tout de suite, parfois plus tard, change entièrement l’état d’âme de la personne qui en bénéficie. C’est ce qui s’est passé après la Résurrection de Jésus : Les apôtres étaient en train de pêcher sur le lac de Tibériade quand apparut sur le rivage un homme qui se mit à leur parler à distance. ALORS, dans le cœur de l’un d’eux s’alluma soudain une lumière ; il Le reconnut et s’écria : "C’EST LE SEIGNEUR" (Jn 21, 7). Conséquence, d’un seul coup, tout change dans la barque. En ce moment, pourrait se produire pour quelqu’un ici ou devant son écran, ce qui s’est produit dans le cœur du disciple bien-aimé sur le lac de Tibériade : la "reconnaissance" du Seigneur. Alors cette parole "Jésus est le Seigneur", sommet de toutes les paroles, "tombe" sur 1, 2, 3 personnes, elle vient, à travers nos écrans, sur cette assemblée, qui devient alors réellement vivante. Reconnaître que Jésus est le Seigneur implique la décision personnelle de se soumettre à Sa Seigneurie. "Personne ne peut dire : "Jésus est le Seigneur !" si ce n’est dans l’Esprit Saint" (1 Co. 12, 3).

 

III-              Cette parole " Jésus est le Seigneur " devient " vivante et efficace "

La puissance de l’Esprit Saint agit en elle ; la personne qui l’a reçue est capable de dire, parfois bien après l’avoir entendue : Jésus-Christ est "mon" Seigneur ; il est la raison d’être de ma vie ; je vis "pour Lui", je ne vis plus "pour moi-même". C’est une véritable révolution copernicienne ; ce n’est plus la terre qui est au centre et le soleil qui tourne autour, c’est la terre qui tourne autour du soleil. Je ne suis plus au centre. JESUS EST LE CENTRE et je tourne autour de Lui comme l’univers tout entier. Paul écrivait aux Romains : "Aucun de nous ne vit pour lui-même ni ne meurt pour lui-même, car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur et si nous mourrons nous mourrons pour le Seigneur. Ainsi, soit que nous vivions, soit que nous mourrions nous sommes au Seigneur" (Rom. 14, 7-8).

Dorénavant la contradiction la plus radicale n’est plus entre la vie et la mort, mais entre la vie "pour le Seigneur" et la vie "pour nous même". Antoine Bloom disait : "Ce qui compte ce n’est pas de vivre ou de mourir. Ce qui compte c’est de savoir pourquoi on vit et pourquoi on meurt." Vivre pour nous-mêmes, tel est le nouveau nom de la mort. Tout dans notre monde est langueur, confusion et violence parce que, même dans les Eglises, cette parole n’est plus présente " dans l’Esprit" : "JESUS EST LE SEIGNEUR".

Celui qui proclame "Jésus Seigneur" doit le faire en fléchissant le genou, c'est-à-dire en soumettant avec amour son intelligence, sa sagesse, ses argumentations au Christ crucifié, ressuscité et Seigneur.

Notre Seigneur Jésus-Christ vit à la droite du Père et Il est présent, dans l’Esprit, au milieu de nous. ALORS, que Ses yeux voient tout genou se prosterner et qu’il en soit de même de l’esprit, du cœur, de la volonté, de tout. Si Jésus n’est pas Seigneur de tout, Il n’est pas Seigneur du tout. Oui, que Ses oreilles entendent le cri de joie qui jaillit du cœur des rachetés.


 

IV-               C’est probablement une expérience de ce genre

Que faisaient les premiers chrétiens lorsque dans le culte ils s’écriaient : "MARANATHA !" (1 Co. 16,22)

Ils entraient en communion avec Jésus le Seigneur, assis à la droite du Père et ils voyaient les cieux ouverts en proclamant tout simplement la Parole de Dieu. Leur spiritualité était simple, sans fioritures.

L’exclamation "Maranatha" signifiait deux choses selon la manière dont elle était prononcée 

Ø  Marana tha c’était " Viens Seigneur "

Ø  Maran atha c’était "Le Seigneur est là", "le Seigneur est venu"

Dans la liturgie orthodoxe le célébrant proclame : "Le Seigneur est au milieu de nous" et l’assemblée répond : "Il l’est et Il le sera !"

 

"Le Seigneur est là !" "Il l’est et Il le sera !"

En disant Maranatha, l’Eglise du Nouveau Testament exprimait son désir ardent que le Christ revienne mais elle exprimait aussi sa réponse enthousiaste à la manifestation du Seigneur par l’Esprit au sein de l’Eglise, au sein de l’assemblée en prière. Ce verbe "se manifester" a un double sens, comme l’exclamation "Maranatha". Avant de mourir Jésus dit à Ses disciples : Celui qui m’aime, je l’aimerai et je me manifesterai à lui (Jn 14, 21) mais d’un autre côté, le verbe "se manifester" décrit les apparitions du Ressuscité aux disciples. (Mc 16, 9)

En Jn 14, 21, Jésus utilise le verbe emphanizö. Le préfixe "em" donne à ce verbe le sens de "apparaître à l’intérieur". Il ne s’agit pas alors de la manifestation extérieure à la Résurrection ou au Retour de Jésus demandé par Marana tha ! VIENS SEIGNEUR ! Il s’agit d’une manifestation intérieure au plus profond du cœur, invisible aux yeux de la chair, mais visible aux yeux du cœur et proclamée par Maran atha. LE SEIGNEUR EST LÀ, AU MILIEU DE NOUS !

La manifestation extérieure est collective mais la manifestation intérieure est personnelle, donnée par Jésus, par amour, librement, quand Il veut. C’est personnel, intime et indicible et ce n’est jamais la même chose. Mais c’est toujours une magnifique réalisation de la promesse. C’est le secret du Seigneur avec chacun de nous auquel l’Eglise répond : Maranatha : Le Seigneur est là. Viens Seigneur.

C’est pour cela qu’à la Sainte Cène où nous vivons la réalité de la présence du Seigneur ressuscité, notre liturgie proclame : "Toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, VOUS ANNONCEZ LA MORT DU SEIGNEUR, JUSQU'A CE QU’IL VIENNE" (1Co. 11,26)


 

V-                  La Saint Cène, avant-goût du Banquet du Royaume à venir

La Sainte Cène est le prolongement sacramentel du dernier Repas du Seigneur. Ce n’est pas sa répétition formelle mais il s’agit du même Repas du Seigneur, car c’est le même Christ qui le préside au-delà de l'Eglise qui célèbre.

Plusieurs citations de Jean Chrysostome le disent : "Croyez que même maintenant, c’est la Cène à laquelle Christ était présent… Celle-ci n’est en rien différente de ce Mystère sacré… Car c’est Lui qui offre l’un et l’autre." (Sur St Mathieu L, 3 PG58, 507) Et il insiste plus loin : "Celui qui a accompli le Mystère lors de la Cène, c’est Lui qui accomplit maintenant le mystère de la divine liturgie… Cette sainte Table est la même que celle de la Cène mystique et ne lui est inférieure en rien. (Sur St Mathieu LXXXII, 5, PG58, 744). La présence du Christ et la lumière qui brilla lors dernier repas brillent aussi à chaque Cène eucharistique. " Le Christ est présent maintenant également ; Lui qui a dressé cette Table, c’est Lui qui la dresse maintenant. " (Trahison de Judas I, 6, PG 49, 380)

Ayant offert en sacrifice Sa propre Personne, le Christ " n’a pas cessé son sacerdoce, mais Il célèbre perpétuellement pour nous cette liturgie " Nicolas Cabasilas (Explication de la Divine Liturgie XXVIII, SC 4 bis, 178)

La liturgie des Eglises réformées suit l’ordre suivant pour la célébration de la Sainte Cène : 

Ø  Dialogue entre le Pasteur et l’Assemblée : 

o   Elevons nos cœurs – Nous les tournons vers le Seigneur.

o   Rendons grâces au Seigneur notre Dieu : Cela est juste et bon.

Ø  Puis c’est la Préface, le Sanctus, l’Institution et la Prière d’Anamnèse (Mémorial) et l’Epiclèse (Invocation du Saint Esprit).

Ce qui différencie cette liturgie de celle du rite latin est l’invocation du Saint-Esprit après et non avant le rappel de l’Institution de la Cène par le Seigneur. C’est donc la Parole du Seigneur qui est première. Ensuite le Saint-Esprit confirme et atteste les paroles du Christ qui ont précédé : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang". Autrement dit, C’est le Seigneur Jésus Lui-même, au ciel à la droite du Père, qui célèbre la Saint Cène et non l'officiant par l'invocation du Saint Esprit.

Les liturgies réformées gardent toutes cette même structure qui était celle de l’Eglise ancienne, sémitique, au plus proche du Jésus des Evangiles (voir les anaphores syriaques de Jacques, frère du Seigneur, de Jean, évangéliste, des douze apôtres, de Marc, Eustache, Basile, Cyrille, Chrysostome)

Le trésor des liturgies orientales a, certes, été réduit à sa plus simple expression par le protestantisme mais l’esprit en a été maintenu par son déroulement.

La présence réelle et spirituelle du Christ se manifeste tout au long de l’enchainement des séquences de la Sainte Cène : Institution – Anamnèse (Mémorial) et Epiclèse (Invocation du Saint Esprit). Déjà le Seigneur avait dit à Moïse : En tout lieu où Je ferai mémoire (Zah’-char) de mon Nom, je viendrai vers toi pour te bénir. (Ex. 20, 24)

La mémoire de Christ : Après avoir offert à Ses disciples Son Saint Corps et Son précieux Sang, le Christ leur donna le commandement : Faites ceci en mémoire de moi (Lc 22, 19).

C’est ce que toutes les liturgies chrétiennes appellent l’Anamnèse (faire mémoire). Voici la prière d’Anamnèse, mémorial, que nous utilisons dans l’Union de prière (Liturgie de l’Eglise réformée de France – Editons Berger Levrault 1963)

"Prions Dieu :

Père Saint et juste, en commémorant ici le sacrifice unique et parfait, offert une fois pour toutes sur la croix par notre Seigneur Jésus-Christ, dans la joie de sa résurrection et l’attente de sa venue, nous nous offrons nous-même à Toi en sacrifice vivant et saint. "

D’autres liturgies ont une anamnèse plus proche des liturgies orientales ou latine. Voici, par exemple la liturgie des temps de fête à l’usage des Eglise réformées de la Suisse Romande :

Nous faisons mémoire,

Père saint et juste,

De la vie et de l’œuvre de ton Fils,

De sa passion et de sa mort en croix,

De sa résurrection d’entre les morts

Et de son ascension à ta droite

Et nous attendons le jour

Où il viendra dans sa gloire.

 

Nous concluons ce chapitre V, consacré à la sainte Cène, avant-goût du Royaume à venir, par le commentaire de la Liturgie de Chrysostome écrit par le Hiéromoine Grégoire du Mont Athos à propos de l’Anamnèse (Mémorial) : 

« En disant : Faites ceci en mémoire de moi, le Seigneur nous a ainsi enseigné que faire Sa mémoire n’est pas procéder à une simple pensée, mais est un acte : la célébration du mystère de Sa Cène. Toutefois, afin que nous ne considérions pas Sa mémoire comme un simple symbole, Il dit clairement : Prenez, mangez mon corps … Buvez mon Sang.

Ces paroles du Christ et le souvenir de toute la divine économie nous mènent à l’offrande eucharistique (" Faisant mémoire de cet ordre du Sauveur et de tout ce qui a été fait pour nous … Nous T’offrons ce qui est à Toi, de ce qui est à Toi. ") Dans la divine liturgie, la mémoire des œuvres sacrées du Christ est renouvelée sans cesse par les paroles et les actions. Par la divine Eucharistie nous accomplissons exactement ce qu’accomplit le Christ. Nous offrons la sainte anaphore en commémoration de Sa mort. Nous ne pensons pas simplement au sacrifice du Christ, mais nous le vivons : "Le sacrifice qui fut offert alors [par le Christ], nous l’offrons aussi maintenant, le sacrifice n’est jamais épuisé … Nous accomplissons toujours le même sacrifice." (J. Chrysostome, Epître aux Hébreux XVIII, 3, PG63, 131)

L’une des raisons pour lesquelles le Seigneur a institué la divine Eucharistie est que nous vivions Sa mémoire, parce que cela nous mène à l’action de grâces : "Le Christ a dit Faites ceci en mémoire de moi (Lc 22,19), nous révélant la cause en vertu de laquelle Il nous a transmis ce mystère … nous montrant que rien que cette cause suffisait pour nous mouvoir à la piété. Car la pensée que ton Maître a souffert pour toi te rendra plus spirituel". (J. Chrysostome, 1 Corinthiens, XXVII, 4, PG61, 230). C’est du souvenir des bienfaits que jaillit l’Eucharistie et c’est l’Eucharistie qui nous rend encore plus amis du Christ, lequel est la Sagesse de Dieu (1 Co. 1, 24)

Le Christ, par les lèvres de Saint Jean Chrysostome, explique le sens de cette mémoire : "De même que vous célébriez la Pâque juive pour vous rappeler les merveilles qui eurent lieu en Egypte, célébrez de même celle-ci [Ma Pâque] pour vous souvenir de moi." "Comme Moïse avait dit : Ceci vous servira d’une mémoire éternelle (Ex. 12, 14) ; de même Jésus-Christ dit à ses disciples : Faites ceci en mémoire de moi, jusqu’à ce que je vienne (1 Co 11, 26). " (J. Chrysostome, St Mathieu, LXXXII, 1, PG58, 739)

Etant donné que nous vivons dans l’attente du Christ, la divine liturgie, le Mystère de Sa mémoire, est l’avant-goût du Royaume à venir. Le Christ a dit lors de la Sainte Cène : Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le Royaume de mon Père (Mt 26, 29). En conséquence, la divine liturgie, qui est l’avant-goût du Banquet du Royaume, unit la dernière Cène au Banquet du Royaume de Dieu. Dans l’espace de temps compris entre la dernière Cène et le Royaume à venir, la divine liturgie est célébrée, c’est-à-dire la mémoire vivifiante de la Cène, de tout ce qui a été fait pour nous, et du Royaume lui-même.

*******

Dans la divine liturgie, nous vivons les choses à venir comme étant déjà présentes. Nous nous souvenons de façon sacramentelle de tout ce qui a eu lieu et de tout ce qui n'a pas encore été accompli, et nous qualifions tout cela par les mots "ce qui a été fait" : "Faisant mémoire (…) de tout ce qui a été fait pour nous, de la Croix, du tombeau, de la résurrection au troisième jour, de l’ascension aux Cieux, de la session à la droite, du second et glorieux avènement".

Par la divine liturgie, nous pénétrons dans un autre temps qui n’est pas mesuré par les divisions : du passé, du présent et de l’avenir. Le futur (c’est-à-dire le Royaume à venir) jette de la lumière sur le passé, et est offert à nous comme un présent lumineux. Ainsi, dans la divine liturgie, les choses premières et dernières, le commencement et la fin, l’Alpha et l’Oméga sont présents simultanément. "Cette vie à venir a été comme déversée dans la présente et mêlée à elle" (Nicolas Cabasilas, La Vie en Christ, 1, 1, SC355, 79)

*******

Nous attendons la résurrection des morts et nous vivons déjà au Ciel : "Ce Mystère transforme la Terre en Ciel" (Chrysostome, 1 Cor XXIV, 5, PG61, 205)

Dans la grâce de la divine liturgie, les choses à venir ont été accomplies, car le Christ est "au-dessus de l’espace et du temps et des propriétés des évènements". (Clément d’Alexandrie, les Stromates ; II, 6, 1, SC38,37). Dans la divine liturgie, nous vivons le mystère du Christ, qui est venu, viendra et est maintenant (Jn 14, 23) » (Hiéromoine Grégoire du Mont Athos : La divine liturgie de Saint Jean Chrysostome, Editions des Syrtes 2015, p.199 à 201)


 

D-     Conclusion

 

Pour tous ceux qui auront obéi aux commandements du Christ de porter la croix et de faire don de soi, il y aura la force du Royaume de Dieu. La puissance du Saint Esprit les purifiera, les éclairera et leur ouvrira les portes des mystères célestes même avant leur mort.

Celui qui perd sa vie à cause de moi, la trouvera … car le Fils de l’homme vient.

C’est ce qu’ont vu les apôtres à la Pentecôte, Jean dans l’Apocalypse et Paul au 3ème ciel. Etienne a vu la gloire de Dieu (Act. 7, 55) et aussi Pierre, Jacques et Jean juste après les paroles de Jésus que nous avons méditées. 

Ils ont vu au Mont Thabor, la transfiguration du Seigneur aux côtés de Moïse et d’Elie. Plusieurs disciples, dans l’histoire, ont fait la même expérience que les apôtres : Ils ne sont pas morts avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans Son règne (Mat. 16, 28)

 

Ce verset est-il la parole exaltée d’un fanatique ?

Rangeons-nous Jésus parmi les visionnaires exaltés de son temps dont les paroles ne signifient plus rien pour nous ? Ou bien voyons-nous dans ces mots la clé même de l’Evangile ? La proximité du Retour de Jésus nous montre qu’il ne s’agit pas de l’apogée de la religion du progrès ni du terme d’un avenir que l’humanité doit construire. C’est une rupture, un changement, la fin de toutes choses et le commencement de la nouvelle création de Dieu. Jésus ne recule pas son Retour dans le futur lointain du progrès de l’esprit humain mais fait descendre l’homme dans l’imminence de la venue de Dieu. A chaque instant le présent ordinaire n’est jamais sacrifié. Le retour de Jésus ne sublimera pas le monde des hommes mais l’abolira dans ce qu’il a de bon et de grand, aussi bien que dans ses méchancetés et ses petitesses, pour créer un monde nouveau. Le retour de Jésus n’est pas en retard comme un point de vue historico-psychologique pourrait nous le faire penser. Du point de vue de Dieu nous sommes dans la même situation que les disciples. C’est ce que dit notre Charte : "La deuxième venue du CHRIST a sans cesse été toute proche depuis la Pentecôte … ceux qui ont vécu intensément l’œuvre de Dieu ont perçu la proximité de la Parousie" (§51). St Bernard a parlé de trois avènements du Seigneur à propos de ce que les théologiens appellent l'eschatologie à venir et l'eschatologie réalisée (5°, 6°et 7° sermons de l'Avent, Sources Chrétiennes 480 p.168 à 198 Œuvres complètes XV.1).

Jésus redit donc à l’Union de Prière : "Quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Royaume des Cieux venir avec puissance" (Mt 16,28)

Si nous le voulons, dans cette vie nous aussi, nous pouvons voir le Royaume de Dieu venir dans sa puissance. L’Evangile de ce jour nous a dit clairement à quelles conditions la Royauté glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ peut nous être révélée avant de goûter à la mort. Prenons de notre plein gré notre croix et partons à la suite du Seigneur ressuscité qui vient. Nous sommes ressuscités avec Lui.

Celui qui perdra Sa vie à cause de Moi, la trouvera car le Fils de l’homme vient bientôt dans la Gloire de Son Père avec les anges.

 

« L'Evangile présente l'identité de Jésus comme l'objet d'une bonne nouvelle. Jésus est le Christ, le Messie attendu par Israël, le peuple élu. Il est le Fils de Dieu, égal au Père et aussi universel que Lui. Il est le Dieu devenu homme dont la venue dans le monde concerne l'humanité entière. Selon Jean-Baptiste, Jésus est le Fort (Mc. 1, 7). Il est le Saint Fort de l'hymne du Trisagion. Il est le Crucifié-Ressuscité à qui tout pouvoir à été donné au ciel et sur la terre.

Enfin, toujours selon Jean-Baptiste, Jésus est Celui qui baptise dans l'Esprit Saint (Mc. 1, 8). Il est le Premier Né d'une humanité transfigurée. Jésus a le pouvoir de transformer ceux qui Le suivent en ce qu'Il est Lui-Même, Oints et Enfants de Dieu, sur lesquels l'Esprit Saint repose et par lesquels Il agit.

Frères et Sœurs, dans cette vallée des larmes, au milieu des souffrances, de la mort et de la corruption, nous croyons donc, avec Jean-Baptiste, que la conversion et le pardon des péchés sont possibles.

Que, malgré nos faiblesses, nous pouvons être animés et transformés par l'Esprit de Dieu. Que cette Grâce nous soit faite par Celui qui est bien plus fort que nous et qui s'est abaissé jusqu'à notre faiblesse et notre bassesse. Il l'a fait pour nous faire participer à Sa vie éternelle. Désormais le ministère qui était celui de Jean-Baptiste est le nôtre. Nous sommes dans le monde pour préparer les chemins du Retour du Crucifié ; pour aplanir les sentiers de Celui qui doit revenir, depuis les Cieux, avec l'humanité qu'Il a assumée, transfigurée et rendue participante de la nature et de la vie éternelle de Dieu ».

(Sermon d'Alexandre Siniakov, recteur du Séminaire orthodoxe russe en France, le 03.01.2021).

 

Je le répète : Prenons bien soin de perdre notre âme ancienne, notre vieil homme, notre vie pécheresse et comprenons qu’il est plus important pour l’homme de sauver son âme que de conquérir le monde entier. Ainsi, nous aussi, nous nous rendons dignes, avec la miséricorde de Dieu, de voir le Royaume de Dieu, grand en force et incomparable en gloire, où les anges avec les saints glorifient nuit et jour, le Dieu vivant, Père et Fils et Saint Esprit, Trinité unique et indivisible, maintenant et toujours de tout temps et de toute éternité. Amen

 

Prière :

Père, nous avons vu tellement de vies changées parce que Ton Fils est ressuscité des morts. Nous savons qu’Il est ressuscité des morts parce qu’Il était Ton Fils et parce qu’Il nous a aimés jusqu’au bout. 

Nous Le connaissons Lui, la puissance de sa résurrection, la communion à Ses souffrances, la conformité à Sa mort, pour parvenir, si possible à la résurrection des morts.

Père, donne-nous ce sens de la puissance de la résurrection que Son Esprit apporte dans nos vies.

Donne-nous la compréhension de tout ce que la puissance de la résurrection nous enseigne et nous montre, afin que nous vivions comme des chrétiens pouvant dire : " NOUS EN SOMMES TEMOINS ". Nous Te le demandons au nom de Jésus. Amen !


 

E-      Méditations et Prières

Terminons avec deux méditations, une prière, le bilan et la prière finale :

 

1- « Aujourd’hui, décide-le, tu es mort, aujourd’hui tu as renoncé,

Aujourd’hui, sois-en convaincu, tu as abandonné le monde entier.

Aujourd’hui, après avoir renvoyé amis, parents et toute vaine gloire,

Renonce en même temps à te préoccuper des soucis d’ici-bas.

Sur tes épaules porte la croix, étreins-la vigoureusement et jusqu’à ta mort supporte les peines des épreuves, les douleurs des tribulations, les clous des afflictions, reçois-les avec joie, comme une couronne de gloire. Si tu te manifestes comme le dernier de tous, leur esclave et leur serviteur, plus tard Je te manifesterai comme le premier de tous, selon ma promesse. Si tu aimes tes ennemis et tous ceux qui te haïssent et si tu pries du fond du cœur pour ceux qui te calomnient et si tu leur fais du bien selon ton pouvoir, vraiment tu es devenu semblable au Très-Haut ton Père, et, ayant acquis pas ces actions un cœur pur, tu verras en ton cœur le Dieu que jamais personne n’a vu. Et s’il t’arrive aussi d’être persécuté pour la justice, alors bondis de joie car le Royaume des cieux t’appartient – et qu’y a-t-il de plus grand que cela ? 

 

"Ces souffrances, Moi Je les ai subies volontiers à cause de vous, J’ai été crucifié, Je suis mort de la mort des scélérats ; les outrages qui m’ont été faits sont devenus pour le monde gloire, vie et splendeur, pour les morts résurrection, et un objet de fierté pour tous ceux qui ont cru en moi ; et ma mort ignominieuse a été un vêtement d’immortalité et de vraie divinisation pour tous les croyants. C’est pourquoi ceux qui imitent mes souffrances adorables participeront aussi à ma divinité" » Syméon le Nouveau Théologien (949-1022)

2- Lorsque Péguy disait " Qui perd gagne" il visait le jeu de la Grâce où le perdant gagne et où celui qui était perdu se trouve sauvé, où les pauvres sont rassasiés et où les riches s'en vont les mains vides ; Le jeu comme symbole cosmique sert à accéder à l'eschatologie de l'être et dépasse le monde comme histoire. Ce jeu de la surprise eschatologique où "les derniers seront les premiers et les premiers les derniers", fait passer des catégories du faire, de l'avoir et de l'œuvre, aux catégories de l'être, de l'existence humaine authentique et de la joie. Comprendre ce jeu de la Grâce qui retourne tout, signifierait sans doute abandonner le dernier reste de fierté pour ses œuvres personnelles et se libérer de l'égoïsme et de l'apitoiement sur soi-même pour s'accorder, plein d'émerveillement, au "OUI" de la Grâce ». J Moltmann " Le Seigneur de la danse" Le Cerf-Mame (1977, p. 52 à 54)

3-Prière avant la Communion (Syméon le Métaphraste 900-987) 

"…Ô Christ Jésus, Sagesse, Paix et Puissance de Dieu, toi qui, ayant ainsi assumé notre humanité, as daigné souffrir ta passion vivifiante et salutaire, la croix, les clous, la lance et la mort, mets à mort les passions de ma chair qui tuent mon âme. Toi qui, par ton ensevelissement, as dépouillé l’enfer de sa domination, ensevelis mes pensées mauvaises par tes bonnes aspirations et disperse les esprits du mal. Toi qui, par ta résurrection vivifiante au troisième jour, as relevé notre premier père qui était tombé, relève-moi aussi, enfoncé que je suis dans le péché, en me suggérant les voies du repentir. Toi qui, par ta glorieuse ascension, as déifié la chair assumée par toi et l’as comblée d’honneur en la faisant siéger à la droite du Père, rends-moi digne, par la communion à tes saints mystères, de prendre place à ta droite parmi les sauvés. Toi qui, par la descente de l’Esprit consolateur, as fait de tes saints disciples des vases d’honneur, fais de moi un réceptacle digne de sa venue. Toi qui dois venir à nouveau pour juger l’univers avec justice, permets que je vienne, moi aussi, au-devant de toi, sur les nuées avec tous les saints, ô mon Juge et mon Créateur, pour te louer et chanter sans fin, ainsi que ton Père éternel et ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen"

4-Bilan :

Cette étude nous a entraînés à la suite du Christ dans une marche exigeante vers Son Retour (Mt 16, 24-28). En cours de route nous avons découvert, entre la Croix et l’Avènement en Gloire, le mystère de la communion où nous sommes en Jésus et où Jésus demeure en nous. Cette communion du Père, du Fils et du Saint Esprit nous dépasse infiniment car elle nous entraîne à soupirer, avec toute la création, vers l’Accomplissement ultime des nouveaux Cieux et de la nouvelle Terre. Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre. (Apoc 22, 12)

En recevant son corps et son sang nous assimilons au-dedans de nous le Christ qui vient et nous sommes à notre tour assimilés à Lui.

Cette attraction irrésistible de Sa venue nous dépouille et nous remplit à la fois. Elle nous crucifie et nous ressuscite, nous fait perdre notre vie pour la retrouver. CAR IL VIENT DANS LA GLOIRE DE SON PERE AVEC LES SAINTS ANGES (Marc 8, 38).

« L'effroyable poussée vers le haut, qui t'unifie et te disloque à la fois… Cet inlassable étirement de ton être à la démesure du Royaume de Dieu » (Pierre Emmanuel, 1916-1984)

5-Prière anonyme après la communion :

"Que ton saint corps, Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, me donne la vie éternelle, et ton sang précieux la rémission des péchés. Que cette Eucharistie me donne la joie, la santé et le bonheur. Et lors de ton second et redoutable avènement, rends-moi digne, pécheur que je suis, de me tenir à la droite de ta gloire Amen"

Parole d’envoi

Et maintenant, petits-enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui (1 Jean 2, 28)

 

 

                                                                MARANATHA

 


Date de création : 17/02/2021 @ 19:03
Dernière modification : 17/02/2021 @ 19:03
Catégorie : Enseignements
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