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UNION DE PRIERE

Maison de Boissier, 19 r. de la Calade, 07800 CHARMES SUR RHONE

Tél : 04 75 60 85 51, uniondepriere@gmail.com

CCP France : 6 649 68 P Lyon ; Suisse : 14-761280-9

Dimanche 22 mars                                           Jour du Seigneur                                                   Psaume 122 / Ps 22

Ce matin, le chant des montées de David renouvelle notre désir d’aller au culte : Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Éternel. Demandez la paix de Jérusalem ! Que ceux qui t’aiment jouissent du repos ! (v. 1, 6)

Nous aimons Jérusalem et nous aimons l’Église car nous sommes devenus citoyens de la Jérusalem céleste par la foi en Christ. « Par l’Évangile et dans l’Église, le monde peut voir des nations différentes former « un ensemble parfait » (v. 3), des étrangers s’aimer dans l’Église. La Bible ignore tout de la foi pratiquée en solitaire. ». T. Keller.

Prière : Seigneur, je Te loue de ce que l’Église révèle Ta Gloire au monde et Ta sagesse infiniment variée aux puissances célestes (Ep 3.10). Accorde à l’Union de prière de favoriser avec amour cette révélation afin que « tous les peuples de la terre se souviennent de l’Éternel, se tournent vers Lui et que toutes les familles des nations se prosternent devant Toi (Ps 22.28).

Lundi 23 Mars (Livret de prière p. 75)                       1er sujet : le Réveil des Églises                              Marc 12.1-12 / Ps 49

Cette parabole des vignerons nous montre de façon voilée le mystère de l’attitude du Père devant la croix. Le chant de la vigne (Es 5) est le seul texte du Premier Testament où il est dit que Dieu espère (v. 2, 4, 7). Dieu est confiant, sa vigne est entre de bonnes mains. « Le maître avait un « fils bien aimé » » (v. 6 comme au baptême et à la transfiguration) et Jésus ajoute « il l’envoya » avec, en Luc (20.13) un verbe signifiant « Il accompagne son fils qu’il envoie ». Jésus a dit en Jn 8, 16, 29 : Le Père qui m’a envoyé est avec moi (et en Mt 28.19-20 : Allez … Je suis avec vous). Le Père envoie son Fils avec cette pensée silencieuse et bouleversante : Ils respecteront mon fils. Le Père s’est tu devant toute la Passion mais avec cette pensée dans le cœur qui nous fait pleurer car nous savons ce que nous avons fait de Jésus. « Ils respecteront mon Fils » : Dieu espère en nous et nous fait confiance en se disant que nous allons nous ressaisir. Mais le meurtre était prémédité « Venez, tuons-le » disent les vignerons comme les frères de Joseph (Gn 37.20). Pourtant le verbe « respecter » que Jésus utilise signifie le changement intérieur du repentir « leur cœur incirconcis se retournera » (Lv 26.41).

En Luc toujours, le Père ajoute un mot unique dans le Nouveau Testament : « Peut-être ». Peut-être respecteront ils mon Fils(Lc 20.13). Ce « peut-être » va conduire Jésus jusqu’au bout de son espérance dans les hommes à travers les trahisons, revirements et abandons de la cruelle vérité de la Passion – Pauvres de nous ! Qui donc sur le chemin de la croix va saisir ce « peut-être » de Dieu (Jr 26.25 et 36.3), et demander pardon à Dieu ?

Seul le crucifié s’écriera : Père, pardonne-leur ils ne savent pas ce qu’ils font ! Aucun homme, même disciple, n’a respecté le Fils. Et le Père que fera-t-il ? A Gethsémané Jésus tombe à genoux devant le seul qui le respecte et qui fait silence pour écouter sa prière. Sachant qu’il n’est pas seul car le Père est avec lui (Jn 16.32), Jésus prie ainsi : « Père ! » (Mc 14.36), comme s’il disait « Toi, au moins, tu vas me respecter ! En toi vraiment je peux espérer et avoir confiance ! »[1]

Prière : Abba, Père, réveille l’Église en lui donnant la même confiance que son chef : Toi tu respecteras le Corps du Christ. Donne-nous cette intelligence, plutôt que de chercher à être honorés.

Mardi 24 Mars                               2ème sujet : le salut du peuple juif                                                 Marc 12.13-17 / Ps 50

Ce passage contient un sens au-delà du paiement de l’impôt. De même qu’une pièce de monnaie a deux faces, l’homme est l’image de Dieu (Gn 1.27) et l’image de l’homme terrestre (1 Co 15.49). Jésus ordonne de rendre cette deuxième image en l’arrachant de notre visage et de prendre l’image de Dieu. Voilà ce que c’est que de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

« En effet « rendez à César ce qui est à César » signifie : défaites vous de l’homme terrestre, rejetez l’image terrestre, ainsi pourrez-vous revêtir l’homme céleste et rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Comme nous avons porté l’image de l’homme terrestre, portons aussi l’image de l’homme céleste (1 Co 15.49). »[2]

Prière : C’est vrai Seigneur que je paie mes impôts et que « j’ai ton alliance à la bouche mais je livre ma bouche au mal et je parle contre mon frère » (Ps 50.16-20). Je te demande pardon de ce que les grandes vérités de l’Évangile que j’affirme croire de tout mon cœur ne m’ont pas encore suffisamment transformé. Donne-moi la force de combler les écarts entre ma foi et mes pratiques (D’après T. Keller, Psaumes de Jésus p.121). Qu’Israël entende ta voix lui dire « Écoute mon peuple et je t’avertirai. Offre en sacrifice ta reconnaissance et je te délivrerai et tu me glorifieras. »

 

 

 

Mercredi 25 mars                       3ème sujet L’unité visible du Corps de Christ                                Marc 12.18-27 / Ps 51

Jésus n’a parlé qu’une ou deux fois du célibat pour le Royaume qu’Il vivait : Mt 19.3-12 et notre texte. Les Sadducéens qui ne croyaient pas à la résurrection tendaient un piège à Jésus qui répond : Vous ne comprenez ni les Écritures ni la puissance de Dieu. En effet, quand on ressuscite d’entre les morts on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux (v. 25). Le mariage est aboli dans le monde à venir. Les ressuscités ne meurent plus, donc n’engendrent plus, ils participent, comme les anges, à la vie divine. Le corps retrouve sa parfaite intégrité, analogue à celle du Fils de Dieu ressuscité. Cette résurrection étant à venir, les traducteurs n’ont pas toujours vu que les verbes du v. 25 ne sont pas au futur mais au présent. Certains qui désirent le monde à venir ne se marient pas parce qu’ils ont revêtu Christ dans le Baptême en sa mort et sa résurrection. « Ce que nous serons un jour, vous avez commencé à l’être » (Cyprien). « La virginité est un art de vie divine pour apprendre à ceux qui vivent dans la chair à devenir semblable à la nature incorporelle » (Grégoire de Nysse).

« Le célibataire pour plaire à Christ ne joue pas à être un ange mais il est serviteur comme eux, « liturge » et « diacre » (Grec Hb 1.14) c'est-à-dire consacré à la prière et au service des hommes. Jésus n’a pas prêché le célibat. Il l’a vécu. Ceux qui le désirent peuvent le suivre de cette façon dans sa mort et sa résurrection, en vue de son Retour. »[3]

Prière : Ô Dieu, crée dans les Églises un cœur pur et unis les en une Épouse sans tâche ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable.

Jeudi 26 Mars                                      4ème sujet : l’avènement de Jésus                                         Marc 12.28-34 / Ps 52

Ces deux commandements de l’amour pour Dieu et pour le prochain ne figurent pas dans les Dix commandements car avant d’entrer dans une grande école, il faut être passé par une petite.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu : L’enfant aime sa mère parce qu’il ressent l’amour de sa mère pour lui. Mais il a fallu que le Christ vienne sur terre pour que le feu éteint de notre amour pour Dieu soit rallumé. Nous, nous aimons parce que lui, le premier, nous a aimé(1 Jn 4.19). Rien ne pourra vous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ (Ro 8.39). Ces deux paroles témoignent, plus encore que tout l’univers visible et invisible, de l’amour de Dieu pour nous avec Ro 5.8 : En ceci Dieu prouve son amour envers nous : « Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. Cet amour de Dieu nous pousse à l’aimer « de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre pensée et de toute notre force (v. 30).

Le Dieu entier, Père, Fils et Saint Esprit, aime l’homme et l’homme entier, corps, âme et esprit aime Dieu.

Tu aimeras ton prochain : Celui qui aime Dieu aimera facilement son prochain, quel qu’il soit. Je vous donne un commandement nouveau : Vous aimez les uns les autres, comme je vous ai aimé (Jn 13.34). Aimez vos ennemis… Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? (Mt 5.44, 46). Notre amour pour Dieu est visible par notre amour pour les hommes. Si quelqu’un dit : J’aime Dieu et qu’il déteste son frère, c’est un menteur (1 Jn 4.20).

Étant membre du Christ (Ep  4 et 5 ; 1 Co 6.15), l’amour pour nos frères contribue à leur santé et à la nôtre. Le ciel angélique et la terre matérielle sont suspendus à ces deux commandements d’amour et tous les péchés en sont des transgressions. L’amour est le plein accomplissement de la Loi (Ro 13.10). C’est ainsi que le scribe qui avait interrogé le Seigneur fut quasiment converti en disciple enthousiaste du Christ, qui lui dit : Tu n’est pas loin du Royaume de Dieu (Mc 12.34). »[4]

Prière : Abba, Père que Ton amour réveille, éclaire, sauve et unisse Israël et l’Église afin que ton Règne vienne. Je veux espérer en ton nom car tu es bon envers tes fidèles

Vendredi 27 Mars                                               La croix                                                            Marc 12.35-44 / Ps 53

« Tout homme tergiverse et renâcle devant le chemin de l’abaissement où Jésus nous a précédés et qu’il a résumé ainsi : Celui qui s’élève sera abaissé ; celui qui s’abaisse sera élevé. Dernière apostrophe aux scribes et aux pharisiens, c’est le petit poison de l’orgueil qui est visé chez les membres de la première Église qui recréent une classe de notables reconnaissables à leurs habits et réclament la première place. Le seul remède contre l’orgueil est l’humilité du Christ (par la nôtre qui est souvent de l’orgueil déguisé). « Extirper l’orgueil est aussi impossible que peler un oignon » disait Jean Cassien, il y a toujours une nouvelle peau. On ne peut pas devenir humble. Il faut écouter Celui qui nous l’enseigne en disant : « Apprenez de moi car je suis doux et humble de cœur ». Seul Jésus sait l’humilité qui convient à chacun. St Bernard a dit « Il n’y a jamais d’humilité sans humiliation ». C’est la force secrète et cachée de la Pâque vers laquelle nous marchons. « Il s’est abaissé … Dieu l’a élevé » (Phil 2.6) »[5]

 

Prière : Abba, Père, aucun de nous le fait le bien, pas même un seul ; alors bénis la prédication de la croix et uni-nous au Sauveur par la foi ; qu’ainsi nous recevions son humilité et que nous mourrions et ressuscitions avec lui en une vie renouvelée. Nous te demandons pour l’amour de son nom. Amen.

Samedi 28 Mars                                            Le Baptême et la Sainte Cène                                       Marc 13.1-13 Ps 54

Pour Jésus, le royaume de Dieu est déjà présent (Mt 11.25 ; 12.28) mais il continue d’attendre encore son accomplissement. En Marc 13, Jésus parle de son Retour avant la Croix et pas après comme on l’attendrait « car seule l’Église sous la Croix est l’Église du Retour car c’est la nécessité que la Croix ne soit pas dépassée avant le Retour du Christ » (R. de Pury). O. Cullmann insistait sur la tension entre le « déjà réalisé » et le « pas encore accompli » dans le Nouveau Testament. Il donnait, en 1914, cette image d’actualité : la bataille décisive a été remportée mais la Victoire finale n’est pas encore là. Lorsque Rome a détruit Jérusalem en 70, il y a eu un million de morts selon Flavius Josèphe. Nous vivons aussi des catastrophes personnelles ou cosmiques (pollution, guerres, virus) Jésus annonce la venue de faux prophètes, la persécution des chrétiens, et les guerres mais la croix nous dit que c’est souvent dans l’écrasement que se féconde l’avenir. L’Évangile nous dit que nous serons livrés (v. 9, 11-13) mais de ne pas nous inquiéter car l’Esprit viendra à notre aide. C’est le « déjà et pas encore » de la Sainte Cène : Toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (1 Co 11.26).

Prière : Ô Christ Jésus, Toi qui as souffert ta passion rédemptrice, mets à mort mes passions. Toi qui, par ton ensevelissement, as dépouillé l’enfer, ensevelis mes pensées mauvaises. Toi qui t’es relevé d’entre les morts le troisième jour, relève-moi de mon péché. Toi qui t’es assis à la droite du Père, rends moi digne, par la communion à ton corps et à ton sang, de prendre place à ta droite parmi les sauvés. Toi qui, par la descente de l’Esprit consolateur est venu habiter le cœur de tes disciples, faire de moi un réceptacle digne de sa venue. Toi qui viens à nouveau pour juger l’univers avec justice, permets que je vienne, moi aussi, au-devant de toi, sur les nuées avec tous les saints, pour te louer et te chanter sans fin… (Prière de St Syméon le Métaphraste).

Dimanche 29 mars                                  Jour du Seigneur                                                           Psaume 102 / Ps 130

« Ce malheureux du Ps 102 oublie même de manger son pain (v. 5) pour entrer en relation avec Dieu ; non pas pour apaiser Dieu mais pour recevoir son amour. Son jeûne et sa privation de sommeil (v. 8) expriment sa repentance. Se repentir veut dire changer d’esprit, penser à Dieu (non à soi) et chercher à s’unir à Lui. L’homme qui se repent exprime la maladie de son âme qui éprouve la douleur du péché. Il ne souffre pas pour racheter son péché car il sait que Dieu ne revendique aucune rétribution. Il demande sa guérison, c'est-à-dire l’effacement de ses péchés. Au début, il est tourné vers sa propre douleur puis (v. 13), de la souffrance il s’élève vers Dieu. Notre union avec Dieu doit passer par le refus de notre égo, de sorte que Dieu seul demeure en face de nous. Alors nous pouvons nous familiariser avec la souffrance des autres et prier pour eux (v. 13s). C’est le cri de l’Église et pas simplement celui d’une personne. C’est le Corps du Christ qui souffre avec le Christ. Nous faisons nôtre cette souffrance toutefois dans la joie et l’allégresse. Nous sommes dans la gloire et en même temps nous nous sentons « comme le chat-huant des ruines » (v. 7) et « comme l’oiseau solitaire sur un toit » (v. 8). Ces gémissements (v. 6) ne viennent pas d’une douleur psychologique mais de l’éloignement de Dieu. Nous devons vivre cet exil, cet enfer et ensuite notre restauration et notre union à Dieu dans le Royaume des Cieux. Notre âme doit crier et alors nous arriverons à la délivrance. C’est à ce moment que notre douleur sera « ce qui manque au Corps du Christ » (Col 1.24) et que nous recevrons la sagesse de l’Esprit pour parvenir à Dieu. Il dépend de nous d’être un corps à jamais assoiffé, ou de devenir une brebis souffrant avec le Christ et criant vers lui (v. 2-3). »[6]

Lundi 30 mars (lecture de la Charte ou Livret de prière p. 121)         1er sujet : le Réveil des Églises          Marc 13.14-23 / Ps 55

« Dans l’Église de la fin des temps, il y a un réveil de l’espérance. Mais cette espérance est très menacée. Par une sorte de séduction, la grande masse des chrétiens portent leur attente sur des buts naturels, un progrès terrestre, une sorte de christianisation, si l’on peut dire, de l’antichrist. Une attente terrestre est le contraire de l’espérance, vertu surnaturelle qui dépasse toujours le corps mortel pour atteindre la présence dans la résurrection de l’être aimé.

Là même où l’espérance vit, elle est menacée d’une autre manière par la puissance du système anti christique et par les catastrophes que ce système provoque. A quoi bon lutter pour l’immortalité quand la mort paraît triompher ? Le monde de l’antichrist met sans cesse les morts de côté sans aucune repentance, la fête continue : le bonheur est toujours pour tout de suite tant qu’on n’est pas mort soi-même. La parole : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons (1 Co 15.32, Es 22.13) n’a jamais eu autant de tragique plénitude, autant de plénitude désespérante. L’espéran-ce des derniers temps est la même vertu qu’au début. Seulement au lieu d’être répandue au sein d’une Église jeune, vigoureuse et croissante, elle est tremblante dans une Église étendue et diluée au sein d’un monde de la désespérance : non pas des païens ou des barbares qui n’ont pas encore épelé le nom de Jésus, mais désespérance des peuples qui ont perdu la foi en Lui. »[7]

« Ne pleure pas, mon enfant, le Seigneur viendra bientôt et il mettra tout en ordre ».[8]

Mardi 31                                   2ème sujet : le salut du peuple juif d’Israël                                           Marc 13.24-37 / Ps 56

« Que signifie l’enseignement de Jésus sur la vigilance ? Il faut veiller en luttant contre les tentations morales de Satan. Il faut aussi veiller car nul ne connaît le jour ni l’heure du Retour de Jésus. Le Seigneur a dit tout cela mais il a dit plus : la vigilance s’accompagne de l’indication d’une tâche précise à accomplir (v. 34)

Les serviteurs vigilants sont semblables au portier qui ouvre au Maître, dès que celui-ci frappe à la porte. Ouvrir la porte, ce n’est pas grand-chose, mais c’est bien une tâche précise cependant, une coopération de l’homme à l’œuvre de Dieu : le serviteur fidèle et prudent, c’est celui qui donne à toute la maison du SEIGNEUR, la nourriture au temps convenable. La tâche du portier s’élargit singulièrement ! S’il ouvre la porte, c’est qu’il présentera aussi une maison bien en ordre ; et, en elle, un peuple de serviteurs qui auront, eux aussi, accompli chacun sa tâche, parce qu’ils auront reçu la nourriture dans la paix, non pas celle que l’on prend avec les ivrognes et dans les querelles, mais, je pense le pain de vie, et toute parole qui sort, de la bouche Dieu. Tout ne se passe-t-il pas comme si Jésus avait parlé, en cachant dans l’Évangile un message particulièrement direct pour la génération du temps de la fin ? Ainsi l’exhortation à la vigilance, loin de spéculer sur l’incertitude du Retour de JESUS, et de diluer l’espérance, s’adresserait d’une manière toute spéciale à ceux qui peuvent avoir, par les signes des temps, la certitude que JESUS revient bientôt. A ceux-là incombe une tâche très précise pour que tout soit prêt quand le Maître reviendra. »[9]

Prière : Viens, Seigneur Jésus (Ap 22.20)

Mercredi 1 Avril                       3ème sujet : L’unité visible du Corps du Christ                                        Marc 14.1-11 / PS 57

« Ô Marie Madeleine, tu as délaissé les désirs de ce monde et tu t’es avancée vers le Christ, guidée par le désir ardent de ton amour. Toi que le Christ a délivrée de sept démons, tu n’es pas demeurée captive du péché ; par ton repentir, tu as fait déborder au ciel la joie des anges. Celui que tu as aimé sans mesure, ô Marie Madeleine, celui que ton cœur a désiré et dont tu as suivi les pas, le Dieu de tendresse a regardé ton repentir et l’a fait naître lui-même en ton cœur. Pour éteindre la flamme du péché, le Christ a fait couler de tes yeux les larmes de la pénitence. Et comme un fleuve, elles ont rafraîchi la fièvre de ton âme.

Recueilles-toi ô mon âme, médite sur tout ce que tu as fait ; laisse couler les larmes sur tes faiblesses et tes crimes cachés ; confesse au Seigneur ton infidélité et tu seras justifiée. A tes pieds, Seigneur, je me prosterne comme la pécheresse ; je t’offre mes paroles mêlées de larmes. Relève-moi, ô Christ, et restaure ma vie. Le temps de ma pénitence est arrivé. Je viens à toi, mon créateur, décharge-moi du fardeau pesant de mes péchés, et donne-moi, ô Miséricordieux, les larmes du repentir ; J’ai péché et, comme la sainte pécheresse, je t’invoque ; agrée mes pleurs comme le parfum de myrrhe qu’elle répandit sur toi. Par mes larmes, attendris mon cœur et purifie-moi, ô Sauveur. Tu lui as pardonné ses nombreux péchés parce qu’elle a beaucoup aimé ; accueille, ô mon Sauveur, la sincérité de mon cœur, prends pitié de ce que tes mains ont créé, ô toi qui fait sans fin miséricorde. Bienheureuse et éternelle Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit, adorés dans le mystère de l’amour qui vous unit, Dieu de miséricorde, donne-moi les larmes et la joie du retour. »[10]

Jeudi 2 Avril                                      4ème sujet : l’avènement de Jésus                                           Marc 14.12-25 / Ps 58

« L’homme nouveau, né d’en haut, d’eau et d’esprit créé selon Dieu dans la sainteté et la justice de la vérité, a une nourriture spirituelle qui le fait vivre éternellement, contrairement au vieil homme qui consomme la nourriture matérielle puis meurt. Le Christ précise clairement que cette nourriture spirituelle de l’Homme Nouveau est son propre corps « donné pour la vie du monde » (Jn 6.51). Afin que ce sacrifice vivant et saint offert sur la croix donne à l’homme le salut et le pardon il devra en manger dans la foi. C’est pour cela qu’au soir du Jeudi Saint, au cours du repas pascal, Jésus institua le rite d’immolation de son propre corps, rompu sur la croix le lendemain, Vendredi. Il le désigna par ces paroles mystérieuses et bouleversantes : Ceci est mon corps rompu pour vous (sur la croix). Mangez-en tous. Il mit ensuite, après le repas, la quatrième coupe du rite pascal, et dit Ceci est mon sang versé pour vous (sur la croix). Buvez-en tous. En actualisant le sacrifice pascal de son corps par le moyen du pain et du vin, le croyant mange mystiquement le Christ lui-même à l’état de sacrifice pascal offert au Père pour le pardon des péchés et la vie éternelle de quiconque le reçoit. Jn 6.54-57 parlent de vraie nourriture et de vraie boisson pour vivre éternellement. Celui qui croit mange et boit la Vérité qui ne change pas et ne passe pas de sorte qu’il vit par le Christ et expérimente une interpénétration mutuelle avec Lui.  Le Fils  s’est inséré  dans les profondeurs  de nôtre être  et nous même,  nous

 

nous trouvons profondément inclus en Lui. Unis à Lui, nous apparaissons devant le Père digne d’être ses fils et de partager l’héritage du Fils unique ».[11]

Toutes les fois que mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne(1 Co 11.26).

Vendredi 3 Avril                                                   La Croix                                                          Marc 14.26-42 / Ps 59

« Gethsémané est le lieu de la grande rencontre, entre l’humanité et Dieu ; grande, car elle s’opère dans le partage de la souffrance. Jésus a sondé notre souffrance jusqu’au fond : « Mon âme est triste jusqu’à la mort ». Seule la tristesse de la honte et du péché peut amener l’âme à la mort.

C’est à Gethsémané que Jésus a pris la décision irrévocable d’accepter la honte, le blasphème (Marc. 14, 64) et les méfaits (Jn 18.30) de l’humanité, lesquels constituent la racine du péché.

En subissant la souffrance la plus épouvantable sans avoir mérité la moindre souffrance, le Christ a transformé le sens de la souffrance injuste, il a payé le prix du péché (Es 53.4-12). Auparavant, un homme qui souffrait injustement blâmait Dieu ou lui demandait pitié mais ne recevait ni réponse ni consolation car le péché le séparait de Dieu. Il avait, en effet fait souffrir les autres par son péché. Maintenant, en Christ, l’homme qui souffre sent que sa souffrance n’a plus rien à voir avec une dette à payer, avec l’expiation d’un crime. D’ailleurs toutes les souffrances de l’humanité toute entière ne pourraient expier un seul péché. Voilà que le Christ a rompu le lien terrifiant qui rattachait la souffrance au péché. La souffrance n’est plus désormais participation au péché d’Adam mais participation à l’amour du Christ. Le péché qui faisait que la souffrance était une forme de châtiment, a été anéanti par le Christ qui en a payé le prix, qui l’a expié et en a subi le châtiment. Vous tous qui êtes en Christ et qui souffrez, prenez courage, car votre souffrance n’est plus la conséquence du péché, mais une communion d’amour à la souffrance de Gethsémané (Ro  8.17 ; Ph 1.29 ; Lc 1.2). Vous tous qui êtes affligés et qui pleurez, réjouissez-vous, car votre tristesse ne va pas à la mort, dans la tristesse du Christ, elle est destinée à la résurrection (2 Co 1.5 ; Col 1.24 ; Ph 3.10 ; Ro 8.2 ; 1 P 2.19 ; Ps 107.8) »[12]

Samedi 4 Avril                                        Baptême et Cène                                                           Marc 14.43-52 / Ps 60

« Dans cet Évangile, le complot de Judas de trahir Jésus se déroule sous nos yeux. Nous voyons le dessein de Dieu s’entrelacer avec l’action de l’homme dans la providence divine. Depuis Gethsémané Jésus sait qu’il n’y a pas d’alternative à la croix et il y est prêt. Des soldats envoyés par les chefs des prêtres et guidés par Judas arrivent au jardin que Judas connaît bien et leur a indiqué. Il a convenu, avec les soldats, du signe par lequel, ils reconnaîtraient Jésus : un baiser. La seule protestation de Jésus est qu’il ne conduit pas une rébellion et qu’il a enseigné chaque jour dans le Temple où ils auraient pu l’arrêter. « Mais, ajoute-t-il, c’est afin que les Écritures soient accomplies ». Il est très impressionnant de voir comment Jésus se place, résolument sous l’autorité du Premier Testament. Il sera trahi, arrêté, rejeté, condamné et enfin tué. Pourquoi ? Parce que les Écritures l’ont annoncé. »[13]

Prière : Seigneur Jésus Christ, pour racheter l’humanité perdue, tu as accepté d’être trahi par l’un de tes disciples et livré entre les mains de tes ennemis. Ne permets pas que l’amour de ce monde, la convoitise, la crainte des hommes ou la recherche de leurs louanges nous incitent, nous aussi, à te trahir. Que ton Église se soumette à Ta Parole, connaisse la puissance de la Croix et ne se conforme pas à ce monde. (Liturgie des Église réformées de la Suisse Romande)

« A ta Cène mystique, fais-moi communier aujourd’hui, ô Fils de Dieu, car je ne dirai pas le secret à tes ennemis, ni ne te donnerai le baiser de Judas. Mais comme le larron, je te crie : « Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume » (Siméon le Métaphraste).



[1] D’après Daniel BOURGUET, « Le silence de Dieu pendant la Passion » p. 25.

[2] Origène S.C. 87 p.457.

[3] Le célibat en vue du Retour de Jésus, Jacques Serre, 1993

[4] St Nicolas Vélimirovitch, Homélie p. 501ss

[5] André Louf « S’abandonner à l’amour » p. 245ss)

[6] Archimandrite Aimilianos, Exultons pour le Seigneur p 140s

[7] Louis Dallière, Communauté de l’Espérance 1953, II, §6

[8] Nicolas Velimirovitch, Prières sur le lac, 97s

[9] Louis Dallière le Retour de Jésus, 1947, II, §1

[10] Canon / Hymne de Saint André de Crête (660-740), liturgie orthodoxe du Carême ; cité par D. Bourguet, Marc p.135

[11] Malta El-Maskîne, la nouvelle création de l’homme p. 95s

[12]  Malta El-Maskîne, La communion d’amour, p. 145ss

[13] John Stott, auteur anglais

 


Date de création : 16/03/2020 @ 11:37
Dernière modification : 16/03/2020 @ 11:37
Catégorie : FP 2019-2020
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