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Feuille de prière 2018-2019 - FP 2018-19, 15+16

UNION DE PRIERE

     Maison de Boissier, 19 r. de la Calade, 07800 CHARMES SUR RHONE

              tél. + télécopie 04 75 60 85 51, uniondepriere@gmail.com

                 CCP : France : 6 649 68 P Lyon ; Suisse : 14-761280-9

Dates des retraites en 2019 :

Suisse romande :   du vendredi 26 au dimanche 28 avril à la HET (Haute Ecole de Théologie, St-Légier)

Charmes :             du mardi 20 août à 16h au dimanche 25 août à midi, (préretraite dès le mardi 13 août à 9h ; possibilité d’arriver la veille)

 

Ces notes sont tirées de deux prédications apportées à la paroisse réformée de Corsier-Corsaux (Vaud).

 « Crois au Seigneur Jésus-(Christ), et tu seras sauvé toi et toute ta famille » Actes 16.31

Lundi 17 décembre (livret de prière p. 95)             U3ème semaine de l’Avent                  Proverbes 21.1-14 | Ps 112

Ce verset des Actes est peint sur l’ogive qui sépare la nef du chœur de notre temple (voir photo en p. 5). Remarquons que ce qui est peint n’est pas tout à fait ce qui figure dans nos Bibles actuelles : le mot « Christ » a été ajouté (car il figure dans certains manuscrits grecs). Observons aussi que, dans une ogive, une pierre en particulier joue un rôle essentiel : il s’agit de la clé de voûte. Une définition précise : « une clé de voûte est un élément unique qui permet de maintenir la cohésion des multiples éléments l'entourant et ce, par sa seule présence, ses seules caractéristiques intrinsèques ». Et que voyons-nous sur l’ogive de notre église ? C’est le nom de Jésus qui est peint au niveau même de la clé de voûte ! Ce constat suffirait pour que j’arrête ici ma médiation car cette affirmation devrait nous suffire : C’est Jésus qui, par sa seule présence, maintient la cohésion.

Mardi 18                                                                                                                     Proverbes 21.15-31 | Ps 113

Malheureusement la clé de voûte de notre société, et même la clé de voûte de notre Eglise, ce n’est pas Jésus. Pour être plus juste, je devrais dire : ce n’est PLUS Jésus, ou ce n’est PAS SEULEMENT Jésus ! Il me faut donc vous le démontrer.

Je partirai du premier mot de notre verset : « Crois ». Toutes nos existences sont fondées sur un certain nombre de croyances. Pour certains, la croyance principale c’est le travail. Pour d’autres c’est l’anarchie. Pour les scientifiques ce peut être le progrès, pour une entreprise le profit, pour des politiques la croissance. Pour certains théologiens protestants, c’est la démarche critique appliquée à la Bible et à la foi qui constitue l’axiome décisif de leur démarche. Pour notre protestantisme réformé, ce sera encore l’affirmation du pluralisme considéré comme seule manière de rendre possible la cohabitation de nos spiritualités si diverses. Le danger, c’est que chacun de ces « croire » va tôt ou tard s’ériger en clé de voûte de nos manières de voir le monde ou de résoudre certains problèmes.

Mercredi 19                                                                                                                                   Ruth 1 | Ps 114

Si nous revenons à notre texte du livre des Actes, nous voyons aussi certaines de ces « croyances » diriger la vie de celles et ceux qui s’en réclament. Dans la ville de Philippe, des personnes ont entière confiance dans le don de divination de leur servante ; ils croient que le don de cette femme c’est pour eux la poule aux œufs d’or. Les habitants de la même ville ont aussi foi en leurs coutumes, et c’est pour cela qu’ils rejettent les Juifs Paul et Silas (l’antisémitisme qui se développe fortement aujourd’hui est donc bien plus qu’une opinion ; c’est une croyance meurtrière). Le geôlier, aussi, a son système de croyances : il doit répondre sur sa vie des évasions de prisonnier et notre texte montre que cette croyance est suffisamment forte pour le pousser à passer à l’acte !

Mais de même que la prison s’effondre suite au tremblement de terre, nos voûtes dont la clé est constituée de nos croyances ou de nos idéologies, ne peuvent tenir bon face aux grands bouleversements qui traversent tôt ou tard nos vies.

Jeudi 20                                                                                                                                        Ruth 2 | Ps 115

Supposons maintenant que, conformément à ce que je viens de développer, vous choisissiez de placer Jésus comme clé de voûte de votre projet de vie, est-ce que cela suffit à nous prémunir de la ruine ? La réponse est sous vos yeux. En effet, bien que le nom de Jésus soit accompagné d’une grande puissance (voyez que c’est par ce nom que la servante exerçant la voyance a été délivrée, v. 17), il convient de préciser les choses. Ce Jésus que Paul annonce au gardien de la prison, il le qualifie de « Seigneur » et de « Christ » (si nous acceptons la version peinte dans cette église). Ces deux qualificatifs ont toute leur importance. Dans le langage de la théologie, le débat sera qualifié de christologique. Ce débat n’a pas concerné que les premiers siècles chrétiens et les premiers conciles. Ce débat est d’une grande actualité. N’avez-vous pas parfois entendu Jésus désigné par l’expression « l’homme de Nazareth » ? Derrière cette expression très juste en elle-même, se cache souvent le malaise de nombreux chrétiens actuels à confesser pleinement la divinité de Jésus. En raison de l’esprit critique qui se veut un rempart contre l’obscurantisme et le fondamentalisme, on privilégie une christologie « basse », c’est-à-dire acceptable car dépouillée de toute vision mythique de Jésus. Le Jésus-Seigneur (en grec : kurios) n’a pas la cote car il serait trop lié à la notion de toute-puissance divine et que c’est ce qui pose problème dans une époque où Dieu semble avoir oublié d’intervenir pour empêcher les pires génocides de l’histoire.

Vendredi 21                                                                                                                                   Ruth 3 | Ps 116

Jésus est aussi confessé devant vous sur cette ogive par le titre de « Christ » (= Messie). Pour le judaïsme, le messie n’a rien d’un personnage de fiction. Au contraire, il est celui qui est attendu dans la trame des jours et de l’histoire pour renverser tout ce que la méchanceté humaine a instauré comme injustice. Pour le geôlier tout acquis à la cause de Rome, empire dont la puissance ne pouvait être contestée par personne, accepter Jésus comme Messie, c’est découvrir au travers des Ecritures que cet empire n’est qu’une illusion et que la crainte qu’il inspire (voyez dans ce chapitre comment tout est dirigé à coups de triques) va laisser place à la joie, cadeau de Dieu, le vrai maître de l’histoire. Ainsi, nous découvrons que Jésus n’est pas seulement le Seigneur, au sens d’un absolu, d’un principe philosophique, il est aussi celui qui bouleverse l’histoire et la conduit à son terme. C’est d’ailleurs pour cela que toutes les idéologies ont toujours cherché à supplanter Jésus et à s’ériger en clé de voûte à sa place.

En agissant ainsi, ces idéologies s’arrogeaient ce qui est pourtant le privilège de Dieu et de son Fils : le salut. Mais le salut que Paul proclame ne consiste pas à se prémunir de telle ou telle réalité qui nous menacerait. Ce qui doit être sauvé c’est TOI ! Car le problème c’est d’abord TOI et il est d’abord en TOI ! Dans cette perspective, le geôlier est au même plan que la servante exerçant la voyance. Et il en va de même pour chacun d’entre nous. Confesser Jésus, le reconnaître comme Seigneur et l’accueillir comme Messie, c’est la seule manière de vivre réellement libéré. Comme le soulignait le pasteur Chautems dimanche dernier en commentant la parabole de la brebis perdue : ce qui est au centre de l’annonce de l’Evangile et ce qui mobilise toute l’énergie de Dieu, c’est de retrouver ceux qui sont perdus et qui donc sont privés du salut.

Samedi 22                                                                                                                                     Ruth 4 | Ps 117

Mais pour conclure il me reste encore à commenter la fin de notre verset : « et toute ta famille ». A un premier niveau qui est celui de notre texte, cela signifie que le salut attaché à l’Evangile n’a rien à voir avec ces démarches individualistes d’épanouissement personnel dont notre société est friande. Le salut que Dieu manifeste en Jésus vise toujours une communauté. Mais ici aussi une remarque sur le texte biblique s’impose : le terme grec traduit par « famille » signifie littéralement « la maison ». Pour vous et moi, cela ne fait pas grande différence, mais dans le langage de la Bible, il en va un peu différemment. La « maison » est d’abord l’affaire de Dieu : Si le Seigneur ne bâtit la maison (Ps 127.1) C’est aussi ce que Nathan annonce à David de la part de Dieu : C’est le Seigneur qui fera une maison pour toi ! (2 Samuel 7.11). C’est aussi avec ce terme que Pierre s’adresse à la foule juive le jour de la Pentecôte : Que toute la maison d’Israël le sache donc bien : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié ! (Ac 2.36)

Ainsi, le salut manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur, a pour visée le projet de Dieu de manière globale. Trop souvent nous limitons le salut de Dieu à l’horizon de notre préoccupation immédiate : « tu seras sauvé, toi, ta femme et tes enfants », ou « tu seras sauvé, toi et tes voisins de quartier », ou (pour parler à la manière suisse) « tu seras sauvé, toi et ton canton ! », ou « toi et ta nation ».

Placer Jésus comme clé de voûte de notre projet d’Eglise (locale ou nationale) ; inviter nos contemporains à se détourner de leurs croyances illusoires pour mettre leur foi en Jésus ; confesser droitement qu’il est Seigneur et Messie ; cela est très nécessaire. Mais nous ne verrons des fruits durables que si l’horizon de notre culte et de notre engagement est aussi large que le regard de Dieu : toutes les familles de la terre ! Sans cela, nous ne chercherons souvent qu’à faire perdurer nos paroisses, à maintenir à flots nos dénominations, à perpétuer nos traditions aussi nobles et spirituelles soient-elles.

Puisse cette parole peinte sous nos yeux depuis tant d’années renouveler la vocation de notre communauté et ouvrir notre cœur et notre espérance aux dimensions incommensurables des promesses du Seigneur. Car comme le disait Jésus à Marthe devant le tombeau de Lazare, et comme il nous le dit face à notre christianisme européen moribond : « Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » ! (Jean 11.40)

Une autre méditation inspirée par le temple de Corsier, en particulier son chœur médiéval orné d’anges peints sur les murs et éclairé par un vitrail où est représenté l’agneau immolé triomphant du dragon, vitrail surmonté d’un Christ siégeant en gloire (voir photo en p. 5).

Lundi 24 décembre (livret de prière p. 101 ou p. 111)                Matthieu 1.1-17 | Ps 118 + Ps 119.1-32

En entrant pour la première fois dans ce temple de Corsier en septembre 2017, j’ai immédiatement ressenti la force de ce lieu. Encore aujourd’hui je suis souvent ému aux larmes en raison d’un fort sentiment de la présence de Dieu. Comme je suis professeur de théologie pratique, le réflexe est de m’interroger sur les raisons de cet état de fait. Est-ce le style du culte qui en serait la cause ? Est-ce la place donnée à la louange, à la spontanéité, à la participation… Je crois qu’une des explications qui doit être donnée tient au lieu même où nous rendons un culte au Seigneur.

 

 

En effet, l’architecture de ce temple n’a rien de très protestant. C’est normal, cette église fut construite bien avant la Réforme, et en dehors de la sono et du vidéo-projecteur, elle n’a rien de vraiment moderne. N’être ni protestant, ni moderne, c’est plutôt frustrant pour une Eglise Réformée qui se veut toujours à l’avant-garde de la foi. Certes nous cultivons aussi une forme de nostalgie du passé qui, bien qu’il ait pu être glorieux, n’en est pas moins passé. Ainsi, ici à Corsier, nous rendons un culte dans un lieu qui n’est ni franchement protestant ni résolument moderne ! Et nous le faisons aussi d’une manière qui n’est pas rigoureusement calviniste. Et pourtant, nous y ressentons la présence agissante du Seigneur !

Mardi 25                                                                   U Noël                                              Matthieu 1.18-25 | Ps 98

Essayons d’imaginer à quoi ressemblerait une église – un temple – qui satisferait aux critères d’une foi protestante d’avant-garde. D’abord, en vertu du principe du « sacerdoce universel des croyants », il n’y aurait plus ce chœur. Car pour le christianisme d’avant la Réforme, le chœur était l’équivalent du lieu très saint dans le temple : un espace interdit au commun des fidèles et réservé au seul clergé. Mais supposons que malgré tout nous décidions de garder le chœur – ce que les protestants de Corsier ont décidé – il faudrait alors apporter un certain nombre de mises en garde. La première porterait sur la vision du monde qu’il représente : les anges, le Christ en gloire, le triomphe de l’Agneau, l’unité des quatre Evangiles… Tout cela, pour le protestant qui se veut de son temps serait à grandement expliciter. Certains utiliseraient même le mot savant de « démythologisation ». En effet, comment peut-on croire en notre époque héritière des Lumières, qu’il existerait cette sorte de monde invisible dont les représentations de ce chœur sont le signe ? La science se limite à l’étude rationnelle des phénomènes et anges, Agneau, dragon ne franchiront jamais le seuil de nos laboratoires ni ne se plieront à la mise en éprouvette. Le protestant éclairé et qui ne veut pas basculer dans l’agnosticisme dira donc que tout cela n’est que symbole. Et comme le grand philosophe protestant Paul Ricœur l’a écrit : « le symbole donne à penser ». Mais donne-t-il à croire ? Le résultat est que si nous devions construire un temple à Corsier selon cette logique moderne, nous risquerions de bâtir un lieu sans y inclure un chœur tel que vous l’avez devant vous. On garderait peut-être quelques photos à titre de souvenir d’une époque révolue, ou alors par souci du patrimoine on maintiendrait les lieux en l’état mais comme une sorte de musée des croyances révolues. Les plus iconoclastes (ce qui est assez protestant) raserait cet espace en le justifiant de nombreux arguments théologico-philosophiques.

Conclusion : le protestant éclairé n’a pas besoin d’espace sacré, n’a pas besoin d’une vision mythique de l’univers, n’a pas besoin d’un Dieu trônant dans le ciel et jugeant la création (même si le juge est aussi doux qu’un agneau), refuse de réduire l’abyssale question du mal à l’image naïve d’un dragon piétiné par l’Eglise !

Mercredi 26                                                                                                             Matthieu 2.1-12 | Ps 119.33-64

Malheureusement le protestant éclairé risque aussi de ne pas prendre la parole de Dieu au sérieux, ce qui pour un adepte du « sola scriptura » est pour le moins étonnant. Au travers de nos trois lectures, je voudrais dire pourquoi, le chœur de Corsier est un témoignage puissant en faveur d’une vision des choses qui, si elle n’est pas moderne, n’en demeure pas moins profondément biblique et fidèle à la Bonne Nouvelle.

Le temple (que ce soit celui de la Bible ou celui où nous sommes) est un lieu de victoire. Dire cela c’est aussi en même temps souligner que pour les croyants de tous les temps, la fidélité au Seigneur suppose un combat et une résistance. Il y a des adversaires et il y a surtout UN adversaire, le malin. Ce dragon représenté vaincu sur le vitrail du chœur.

Jeudi 27                                                                                                                Matthieu 2.13-23 | Ps 119.65-96

Le lieu du temple, l’édifice en lui-même n’a rien de sacré. Cela évidemment plait au protestant que je suis. Pour la Bible, Dieu ne sacralise pas les pierres et peu importe que le temple d’Esdras soit moins splendide que celui de Salomon. Jésus aussi ne se laissera pas impressionner par le « bling bling » du temple d’Hérode. Ce qui importe c’est la rencontre avec le Seigneur, c’est d’être édifié sur la « pierre de fondation » qu’est Jésus. Le chœur du temple, même si en français on l’écrit avec un H, nous rappelle que le Seigneur ne veut pas que nous restions sur le seuil, ni même assis dans les bancs de la nef, mais que nous le rencontrions dans le cœur à cœur du chœur ! Et quel message puissant que la table de la Cène soit placée au cœur du chœur.

Vendredi 29                                                                                                           Matthieu 3.1-12 | Ps 119.97-144

Ce cœur à cœur n’a rien d’une religion sentimentale. Ce qui est représenté dans ce chœur (ange, évangélistes, Agneau vainqueur) n’est pas uniquement symbolique, même si ce ne sont encore que des images. Paul nous proposerait de voir tout cela comme un reflet des réalités éternelles. Mais nous le savons, un reflet n’est pas une fiction, sinon nous renoncerions à nous faire beau devant le miroir. Ce que ce chœur rappelle à notre génération désenchantée, incrédule, soumise au mal et à la mort, c’est qu’il existe un royaume de Dieu, c’est que Dieu est Seigneur, que Jésus est vainqueur, que l’Esprit est le Consolateur. Ceux qui ont construit cette église et décoré ce chœur croyaient réellement à cela. Cette foi enracinée en Dieu et dans sa Parole, n’est pas une foi révolue, celle du Moyen Age que la Réforme et la Modernité seraient venues corriger. Au contraire, c’est plutôt notre relativisme protestant, notre agnosticisme intellectuel se prétendant rationnel qu’il s’agit de questionner.


 

 

Samedi 29                                                                                                          Matthieu 3.13-17 | Ps 119.145-176

Petite conclusion très pratique : nous allons prendre un chant de louange (JEM 519 A l’Agneau de Dieu soit la gloire). Je vous invite à deux choses…

1.   Pendant le chant, venez déambuler dans le chœur. Approchez de ces réalités éternelles auxquelles nous serons bientôt associés quand le Royaume de Dieu viendra dans toute sa plénitude.

2.   Et si vous restez à votre place, levez les mains en chantant. Ce geste n’est pas réservé à ceux que l’on qualifie de charismatique, mais exprime qu’au-dessus de nous mais aussi tout autour de nous, Dieu est présent et règne. Lever les mains est aussi un geste lourd de sens dans notre monde et dans nos églises qui ne croient plus au ciel.

 


Date de création : 07/01/2019 @ 08:54
Dernière modification : 07/01/2019 @ 08:54
Catégorie : Feuille de prière 2018-2019
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