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Ecrits de Louis Dallière - Bibliographie & résumés

Bibliographie des écrits de Louis Dallière

Avec résumés

 

 

Pour cette bibliographie, nous nous sommes basés sur les deux travaux suivants :

-          Bundy David, « L’émergence d’un théologien pentecôtisant : les écrits de Louis Dallière de 1922 à 1932 », Hokhma, 1988, 38, p. 23-51.

-          Bundy David, « Louis Dallière : Apologist for Pentecostalism in France and Belgium, 1932-1939 », Pneuma, 1988,10, p. 85-115. [Il y a parfois de petites erreurs dans les références].

 

Cette bibliographie a été complétée à partir des documents conservés dans les archives de l’Union de prière au siège de cette communauté à Charmes-sur-Rhône (Ardèche). Un certain nombre de documents manuscrits (sermons, correspondance, enseignements donnés dans des rencontres locales…) ne sont pas ici pris en compte. Pour les études présentées lors des Retraites annuelles, nous donnons simplement le sommaire.

 

La plupart des textes cités dans notre bibliographie figurent sur le CD-Rom qui est joint à ce document. Ils sont indiqués par un * avant le titre.

Le CD-Rom contient aussi plusieurs correspondances entre le pasteur Dallière et diverses personnes proches. Ces correspondances ne figurent pas dans la bibliographie.

Plusieurs textes sont mis en ligne sur le site de l’Union de prière : www.uniondepriere.fr

 

_________________________________________

 

1922

« Peut-on démontrer que l’Apôtre Pierre est mort à Rome ? Sujet d’un livre récent de H. Lietzmann », Mémoire de Licence, Faculté Libre de Théologie Protestante, Paris, 1922, 118 p.

[Ce texte ne figure pas dans les archives de l’Union de prière]

 

1923

*« La mort de l’Apôtre Pierre et les récentes fouilles de Rome. À propos de l’ouvrage de Hans Lietzmann », Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuse, 1923, 3, p. 145-155.

Article très fouillé dont le contenu et les conclusions sont inspirés par la thèse de 1922. Lietzmann cherche à attester la tradition de la mort de l’apôtre Pierre à Rome en se basant sur l’étude des anciennes liturgies et sur l’archéologie. Bon résumé des premières pages à la fin de la p. 151 et début p. 152. L.D. émet de sérieuses réserves sur l’hypothèse d’une translation de la dépouille de Pierre entre une première église située dans les catacombes et le site du Vatican.

*« Lettre d’Amérique. Réflexions sur l’unité de l’Église et les missions en Chine », Foi et Vie, 1923, XXVI / 7, p. 357-367.

Le protestant français est frappé par la diversité des dénominations en Amérique. Comment concevoir l’unité ? C’est le témoignage de l’évêque anglican Roots, responsable de cette église en Chine, qui ouvre des pistes de réponses. L’a. rappelle quelques chiffres sur l’implantation du christianisme en Chine et évoque la difficulté à établir des responsables autochtones (rapport faussé entre missionnaires étrangers qui agissent comme des chefs d’entreprise et chrétiens locaux qui sont réduits au rôle d’exécutants). Le défi tient aussi au fait que la Chine n’est ni une colonie, ni un protectorat, mais une nation souveraine qui devra décider si le christianisme peut y avoir sa place. Ce qui pourra faciliter cette acculturation, c’est le rôle social du christianisme qui serait aussi une force morale et spirituelle pour la nation. Mais cela soulève des questions importantes : le christianisme est aussi le fruit d’une histoire et d’une culture et trouver un commun dénominateur de l’Évangile pour toutes les cultures n’est pas forcément souhaitable. Peut-on envisager un christianisme chinois ou adapter au contexte chinois les différentes Églises ?

Conclusion : « La distinction effectuée grâce à l’exemple de la Chine permet de poser cette question : Faut-il travailler à une Fédération du protestantisme dont le premier degré sera la solidarité internationale des groupes ayant entre eux des affinités doctrinales et liturgiques, ou bien à une catholicité dont la base serait la nation, ce qui suppose tout d’abord que dans chaque nation on aura su aplanir les divisions confessionnelles et évangéliser les masses ? Dans le premier cas, les différences théologiques subsisteraient, mais groupées comme les épis dans la gerbe ; dans le second cas on aurait une unité en mosaïque où la variété des génies nationaux passerait en pleine lumière. »

 

*« M. George Santayana et la tradition philosophique d’Harvard », Foi et Vie, 1923, XXVI / 20, cahier B, p. 373-388.

Un ouvrage récent du philosophe G. Santayana, permet à L.D. de présenter un bref panorama de la philosophie aux États-Unis. Il commence par une présentation de la pensée de G. S. Son anthropologie oppose en l’homme passion et raison, religion et philosophie. Mais il ne cherche pas à dissocier les deux et à ne garder que la raison (critique de Kant) ou l’intuition (critique de Bergson)

Rappel historique sur les origines de l’université de Harvard. Présentation des philosophes J. Royce (sa philosophie est essentiellement une théodicée) et W. James (connu pour sa philosophie pragmatiste). Une nouvelle génération, celle du réalisme, rompt avec cet héritage et avec le conservatisme calviniste.

L.D. décrit le fonctionnement efficace des universités américaines ; la recherche de la nouveauté qui ose s’affranchir des traditions passées. Mais tout n’est pas à rejeter dans la « tradition policée » des philosophes d’antan. Hocking en est un bel exemple présent.

(p. 387) « Cette attitude sauvegarde à merveille l’individualisme de la volonté, et pour ainsi dire l’individualisme de l’énergie : si l’on n’y prenait garde cependant, elle aurait pour contre-partie une menace pour tout ce qui fait l’individualisme de l’esprit. Aux États-Unis, dit M. Santayana, la servitude sociale est réduite au minimum. D’accord. Mais la pression de la conscience sociale risque d’y être portée au maximum : tout se fait en public, tout est contrôlé, mesuré, étiqueté. Voilà pourquoi on est porté à redouter que l’irruption dans la tradition philosophique de cette conscience sociale, des exigences de l’homme de sens commun, n’ait pour résultat la consécration dogmatique de la suprématie de la quantité sur la qualité. »

« Ce qu’il faut à notre génération, ce n’est pas un programme éclatant de liberté, mais une philosophie de la libération, une religion du salut : car la servitude est toujours là, que l’on lance ou non le cri de : liberté ! »

À noter : L.D. souligne la convergence entre Santayana et Maurras (p. 375). Allusions à la monarchie et aux régimes autoritaires. Le nom de Kant apparaît pour la 1ère fois. Il reviendra très souvent par la suite.

 

1925

*« Réponse à l’enquête : la jeunesse protestante et l’avenir du protestantisme en France », Foi et Vie, 1925, XXVIII / 4, p. 197-200.[1]

Texte bref mais riche d’enseignements. L.D., en quelques lignes aborde des questions qui deviendront centrales : rapport de la théologie à la philosophie (critique du libéralisme), compréhension du catholicisme ; question de l’Église et de son unité (l’unité entre protestants comme exemple et étape pour l’unité de tous les chrétiens). Le protestantisme aura tout intérêt à se ressourcer dans ses racines religieuses plutôt que de chercher un souffle nouveau auprès des idées du moment.

(p. 199) « Notre tâche n’est pas de chercher à la foi une place ou un "rôle" dans la civilisation. Il s’agit au contraire de faire rentrer la civilisation dans la religion, c’est-à-dire d’annoncer le salut aux pécheurs, civilisés ou soi-disant tels. »

(p. 200) « L’absence d’un idéal organisateur, d’une vision du "Corps de Christ", plongeant ses racines dans la réalité métaphysique et dogmatique, risque d’imprimer à tout ce que nous entreprenons, un caractère d’empirisme, généreux mais infécond. Il n’y aurait pas d’avenir spirituel pour des croyants qui méconnaîtraient définitivement la valeur de la liturgie et du dogme. »

 

*« Le mysticisme de St Jean de la Croix d’après M. Jean Baruzi », Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuse, 1925, 5, p. 478-485.

L’œuvre de St Jean de la Croix étudiée du point de vue philosophique. J. B. a pu étayer son travail par une édition critique des textes et une minutieuse recherche biographique. Un point essentiel de ce travail porte sur la relation entre expérience et doctrine. Les différents traités de J. de la Croix sont les différentes facettes d’une expérience totale dont la finalité est l’union avec Dieu, ou plus exactement « la vie métaphysique en Dieu » (p. 483). Pour L.D. la démarche du mystique espagnol est une « fondamentale aspiration au salut » (p. 485). J. B. y a vu surtout une possible ascèse de la pensée. Mais demande L.D., peut-il y avoir purification de la pensée en-dehors de l’Église de J-C ?

(p. 481) « Il faut savoir gré aujourd’hui à tous ceux qui nous aident à concevoir comment nos pères spirituels ont compris la Bible, car s’il est vrai que notre raison ne peut se passer des analyses de la critique, notre pensée profonde n’en a pas moins besoin d’un contact vivant avec un livre qui reste pour nous la Parole de Dieu. »

 

*« Recension de L. Dugas, Le philosophe Théodule Ribot, [Les grands hommes de France, Paris : Fayot, 1925, 158 p.] », Foi et Vie, 1925, 13, cahier B, p. 203-204.

Rien de particulier dans ce très bref article.

 

*« Les opinions de M. A.-F. Hérold sur la Bible », La Vie Nouvelle, vendredi 25 septembre 1925, p. 170-171.

Texte polémique et ironique contre un article paru dans l’Ancien combattant de l’Ardèche où M. Hérold dénonçait le fanatisme religieux (à l’occasion du procès contre le darwinisme) et le caractère non-raisonnable des textes bibliques. Les lecteurs de ce journal, essentiellement des protestants de gauche (la majorité des protestants en Ardèche), ont-ils oublié que leurs ancêtres sont morts pour la Bible ? L.D. ironise sur le combat anti-jésuite de l’auteur d’autant plus qu’il est vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme.

(p. 170b-171a) « C’est avec des articles comme celui de M. Hérold que l’on vide les temples et que l’on remplit les cafés. C’est aussi par cette propagande que l’on travaille le plus efficacement à vider les campagnes et à remplir les taudis des villes. Elle fait luire aux regards éblouis des jeunes gens une idéologie primaire qu’ils ne comprennent qu’à moitié, mais qui, en tous cas, les pousse à mépriser tout le genre de vie de leurs parents, croyants huguenots qui vont au temple et lisent la Bible. »

 

*« Soyons une Église », La Vie Nouvelle, vendredi 2 octobre 1925, p. 178-179.

Partant du constat que le protestantisme français est une réalité trop disparate, et sans unité doctrinale, L.D. prône de poursuivre le travail inauguré par la Réforme pour qu’enfin soit édifiée l’Église chrétienne réformée de France. Il réfute l’idée selon laquelle le protestantisme devrait se poser en s’opposant (soit contre la libre pensée, soit contre le catholicisme). Il se méfie aussi de la notion de protestantisme qui n’est qu’un fourre-tout de théologie et de pratiques, alors qu’il s’agit de faire advenir et exister l’Église réformée.

 

*« Pour la métaphysique », La Vie Nouvelle, vendredi 16 octobre 1925, p. 194-195.

Le coup de force de la critique kantienne fut de ramener les réalités propres à la métaphysique dans le domaine de l’expérience réputée seule apte à être fondée en vérité. Certains voulurent sauver la métaphysique en parlant d’expérience religieuse. C’est une voie sans issue. L’expérience intersubjective montre l’existence d’une démarche métaphysique innée. Cette démarche métaphysique n’est pas forcément chrétienne. Dans ce cas elle sera comme un exercice préparatoire. Mais la métaphysique devra aussi se fonder sur la Révélation et ainsi sera possible, dans la lignée des grands penseurs chrétiens, l’émergence d’une pensée capable d’engendrer une nouvelle créature.

(p. 195a) « Ayons le courage de définir franchement les positions en présence. Ou bien il n’y a que des faits naturels, expérimentaux, tombant sous les sens, liés par des rapports constants : alors il n’y a ni métaphysique ni religion, ni Dieu ni âmes. Ou bien Dieu, le Christ, le salut, les âmes sont des réalités, et alors il y a de la métaphysique jusque dans les démarches les plus banales de la vie courante. »

 

*« L’Église et les chrétiens », La Vie Nouvelle, vendredi 20 novembre 1925, p. 234-235.

L’opposition devenue classique entre l’Église à qui tout devrait être reproché et les chrétiens qui, eux, chercheraient à vivre l’Évangile, est pernicieuse. Poussée à l’extrême, cette opposition pourrait signifier que le salut serait d’abord en dehors de l’Église. (p. 234b] « L’Église est-elle une collectivité formée après coup, pour ainsi dire, par des individus croyants, ou bien est-elle présente antérieurement à notre foi et dans sa genèse même ? […] Il s’agit de savoir s’il y a, s’il peut y avoir une relation immédiate de l’âme avec Jésus-Christ sans le ministère de l’église, sans sa présence spirituelle. » Le bons sens montre que la foi chrétienne n’aurait pas pu exister jusqu’à aujourd’hui sans l’Église : sans elle pas d’évangélisation, pas de transmission de la Bible. Mais ne pourrait-on pas alors reprocher aux protestants d’avoir détruit l’Église ? Au contraire, ils l’ont restaurée. (p. 235a) « Le gouvernement de l’Église par le Saint-Esprit devrait nous apparaître comme une des doctrines essentielles de la Réforme. Pour le catholique l’Église est gouvernée par le pape : en la personne du pape se condense le Saint-Esprit retiré du corps chrétien. » Mais il ne s’agit pas non plus d’« Opposer le chrétien, divinement inspiré, à l’Église, faire du Saint-Esprit une source d’illumination de l’individu et non du corps chrétien, cela n’est possible que par une confusion doctrinale avec les courants issus de Descartes et de Rousseau. » La tâche présente est donc de reconstruire l’Église.

 


1926

*« Le Réveil. I. – La Brigade de la Drôme », La Vie Nouvelle, vendredi 1er janvier 1926, p. 3-4.

L’article commence par une brève présentation des origines et du fonctionnement de ce mouvement. L.D. a cependant quelques réserves : (p. 3b) « Nous ne sommes pas de ceux pour qui toute la religion se réduit à la conversion brusque et au Réveil méthodiste. Les méthodes traditionnelles de l’Église chrétienne et ses dogmes nous sont trop chers pour en rien sacrifier. » Le point d’accord avec les Brigadiers, c’est leur constat de l’état pitoyable de l’Église protestante, notamment la faible participation à la Cène. « Pour être [4a] protestant il suffirait d’appartenir à une famille ou à un milieu, et non d’appartenir au Christ. » Le travail du Réveil est donc une étape préparatoire à « la reconstruction de l’Église Réformée au pays de France ».

(Note : une petite pointe d’anti-britanisme dans la critique du mot Convention utilisé par les Brigadiers).

 

*« Le Réveil. II. – Sa place dans le travail de l’heure actuelle », La Vie Nouvelle, vendredi 8 janvier 1926, p. 10-11.

L’irruption d’un Réveil est due à certaines causes précises et notamment l’existence d’une population déjà imprégnée de connaissances bibliques mais qui a été gagnée par une langueur spirituelle. Mais que faire face à une population déchristianisée ? Il faut une Église forte et spirituellement vigoureuse, force qui s’exprimera dans le culte et dans une pensée chrétienne solide.

(mots-clés : T. Fallot ; réveil du Pays de Galles, métaphysique chrétienne)

 

*« Le Réveil. III. – Une vérité nécessaire », La Vie Nouvelle, vendredi 15 janvier 1926, p. 18-19.

Le renouveau de l’Église appelle un retour à la vérité révélée. Une doctrine faussée du salut nous en a détournés. Pour certains protestants, croire au salut est la seule exigence qui n’a pas besoin d’autre expression concrète. C’est oublier l’œuvre de l’Esprit-Saint qui travaille chacun pour, avec tous, édifier l’Église. Cette dimension d’engagement de la foi sous la conduite de l’Esprit est bien présente dans le Réveil.

 

*« Le Réveil. IV. – Un écueil à éviter », La Vie Nouvelle, vendredi 22 janvier 1926, p. 26-27.

On pourrait reprocher au Réveil certaines dérives. Mais celles-ci sont marginales. Le vrai danger est celui de la secte. Le théologien Troeltsch a distingué l’Église et la secte et définissait la seconde comme une manière radicale d’appliquer l’Évangile à la vie. Pour l’a., « il y a secte lorsque le Saint-Esprit est considéré non comme la puissance qui forme l’Église, mais comme une lumière qui est donnée à l’individu isolé, séparé du corps ». L’individualisme ambiant peut conduire à rejeter, au nom du Saint-Esprit, la réalité de l’Église accusée de formalisme (c’est l’attitude du darbysme). Eviter aussi le piège catholique qui a « concentré l’Église dans le clergé ». La vocation de l’Église Réformée de France est de tenir l’équilibre entre des personnalités ayant une foi forte tout en prenant place dans une réalité ecclésiale digne de ce nom.

 

*« L’antijudaïsme dans la pensée paulinienne », Revue de l’Histoire des Religions, 1926, 93, p. 264-278.

Pour l’a., c’est le choc de la conversion à J-C qui explique que Paul ait pris de manière si vive le contrepied de la Loi juive dans laquelle il avait pourtant été élevé (contre les thèses de Reitzenstein qui expliquait le revirement de Paul par l’influence de l’hellénisme). I. La lettre aux Galates montre de manière claire l’enjeu décisif pour Paul de cette question de l’obéissance à la Loi. II. En va-t-il de même dans la lettre aux Romains ? La réponse est oui. Avant sa rencontre avec le Christ, Paul s’appuyait avec confiance sur la Loi pour recevoir l’assurance du salut, il n’en va plus de même par la suite : la Loi ne peut rien contre la juste colère de Dieu. III. Pourtant, la Loi est un don de Dieu. Pour répondre à cela, Paul développe d’abord une argumentation visant à prouver le caractère transitoire de la Loi. Il souligne la priorité d’Abraham sur Moïse. Ensuite, il fait de la Loi le moyen par lequel toute la puissance de mort du péché est rendue manifeste. Au lieu de nous libérer du péché, la Loi nous y enfonce tant, qu’il faudra dès lors un autre moyen donné par Dieu pour nous arracher à la mort. IV. Ce sera la croix où le mal et la mort sont pris à leur propre piège. V. Finalement, il semble que l’expérience de la conversion de Paul fut décisive sur deux points : Si le Christ est vivant, la Loi n’a plus de raison d’être ; si l’amour de Dieu pour l’humanité est universel, la distinction qu’opère la Loi entre le Juif et le non-Juif n’a plus lieu d’être.

 

*Recension de : Gaston Etchegoyen, L'Amour divin. Essai sur les sources de sainte Thérèse. Bordeaux-Paris, 1923, Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuse, 1926, p. 497-500.

G. E. aborde l’œuvre de Ste Thérèse en la replaçant dans le contexte spirituel et littéraire de son temps. Sa lecture ne se limite pas à une approche psychologisante. L’originalité de Ste Thérèse est sans doute plus du côté de sa capacité de synthèse que dans des notions personnelles nouvelles.

 

*« La fonction spirituelle du culte », Foi et Vie, 1926, XXIX / 5, p. 230-237.

Partant d’une remarque du philosophe W.E. Hocking, l’a. souligne qu’il « n’y a pas d’unité spirituelle spontanée entre les êtres… Seul le culte fournit cette synthèse originale de la personne libre et de la société fraternelle, que postule une culture spirituelle authentique ». La vie spirituelle n’est pas d’abord liée au loisir, ni à la vie esthétique, ni à une discipline de vie. La vie spirituelle est celle qui nous rend vraiment capable de dire « Je », et c’est ce que le culte rend possible.

 

*« La prière et le culte », Foi et Vie, 1926, XXIX / 6, p. 295-304.

La prière se vit aussi bien dans le culte public que dans le culte privé. Certains estiment que c’est ce dernier qui est le plus noble. En fait, c’est le même culte sous deux formes. Le lieu n’est pas en soi important s’il est habité par la même démarche de recueillement. Les deux doivent aussi se pratiquer à des horaires réguliers. Cette identité n’est-elle pas remise en question par le fait que la prière authentique serait surtout la prière personnelle ? C’est oublier que la prière chrétienne ne cherche pas à plier Dieu à nous-même mais à plier notre volonté à la sienne. Quand cela se réalise, nous découvrons que la prière qui nous a tournés vers Dieu nous tourne aussi vers les autres. Elle crée une communion des âmes : l’Église.

« Au Culte public, je me retrouve avec ces frères que j’ai aimés dans le secret devant Dieu. Je m’associe à leurs prières : ou plutôt nous sommes une seule prière, un seul sacrifice, un seul amour qui adore Dieu. […] Quand nous bâtirons l’Église de la prière et de l’amour, le problème de la culture spirituelle aura fait un grand pas. »

 

*« La fonction spirituelle du culte. III – La loi des intermédiaires », Foi et Vie, 1926, XXIX / 7, p. 351-360.

Le thème de cet article se base sur une notion développée par T. Fallot. Cette « loi des intermédiaires » servit à expliquer la part humaine et la part inspirée en ce qui concerne le texte biblique et à tracer une voie originale entre le littéralisme et le rationalisme. L’approche critique des textes quand elle n’est pas motivée par une volonté polémique contre le christianisme peut devenir une « auxiliaire de la piété ».

Mais pourquoi n’applique-t-on pas cette loi des intermédiaires au NT ? Chez beaucoup d’auteurs actuels, ce qu’on cherche c’est l’essence du message évangélique et pas le riche contexte humain du NT. Dès qu’il s’agit de l’Évangile, nous aurions un rapport immédiat, d’âme à âme, avec Jésus.

Pourtant, les disciples et les apôtres, malgré leur contact direct avec Jésus, ont eu besoin d’une révélation de l’Esprit pour comprendre qui était leur maître. Leur témoignage devient pour nous un intermédiaire nécessaire. Notre foi en Jésus passe aussi par l’intermédiaire du processus canonique attestant un accord ecclésial. La lecture de la Bible et sa compréhension ne peuvent rester solitaires : c’est par mon lien au corps du Christ, un autre intermédiaire, que la Bible m’interpelle. L’objectif est aussi de développer une lecture priante, personnelle et communautaire, mais aussi concertée (développer l’usage des listes de lecture).

*« La fonction spirituelle du culte. IV – La Cène et l’unité de l’homme », Foi et Vie, 1926, XXIX / 8, p. 408-414.

Pour différentes raisons (légalisme, conflits théologiques,…) la célébration de la Cène n’a pas une grande place dans la piété protestante. C’est négliger l’importance d’insérer notre vie spirituelle dans le concret de l’existence. Il faut en finir avec cette dissociation stérile entre visible et invisible, entre vie active et vie spirituelle.

La Cène par son double aspect concret et spirituel, par sa capacité à rassembler des êtres que tout pourrait séparer, rend possible cette culture spirituelle qui donne corps à la réalité de l’Église.

*« À propos du néo-thomisme », La Vie Nouvelle, vendredi 2 juillet 1926, p. 208-209.

À l’occasion d’un article qui s’en prenait à Maritain et au néo-thomisme, L.D. explique pourquoi cette polémique est stérile. L’ennemi n’est pas le catholicisme, et certainement pas celui qui en France fait preuve d’un renouveau spirituel, mais tous ces autres courants intellectuels qui sapent la vie protestante. Certes Maritain dans ses reproches aux protestants n’est pas très juste. La vraie question est ailleurs : le protestantisme doit rompre avec le fidéisme qui réduit la foi à l’expérience religieuse et renouer avec une métaphysique chrétienne seule capable de répondre et aux catholiques et aux athées.

*« Pour avoir les hommes », La Vie Nouvelle, vendredi 16 juillet 1926, p. 224-225.

D’où vient la désaffection des hommes pour la vie paroissiale protestante ? Pour L.D., ils sont simplement passés des temples aux « églises de l’anticléricalisme athée ». L’État moderne a su leur proposer une religion laïque à laquelle, de manière diverse, beaucoup se sont ralliés. Tant que le protestantisme ne le reconnaîtra pas, tant qu’il ne combattra pas cette idéologie par une annonce forte de l’Évangile, il ne gagnera pas les hommes.

 

*« L’unité nécessaire », La Vie Nouvelle, vendredi 15 octobre 1926, p. 327p-328.

Laissant de côté la question de l’unité protestante au niveau mondial, L.D. se limite à la situation française. Les divisions protestantes actuelles ont leur origine au 19e s. Ce qui s’est cristallisé, c’est la rupture entre un protestantisme de terroir qui maintient la piété mais sans trop bien la comprendre et l’expliquer, et un protestantisme des élites intellectuelles qui a ouvert la foi calviniste à toutes les influences intellectuelles. Mais la Réforme à la française si elle se ré-enracinait dans son terroir, permettrait de sortir de ces divisions.

*« Culture et unité », La Vie Nouvelle, vendredi 22 octobre 1926, p. 335-336.

À ceux qui pourraient penser que le ré-enracinement du protestantisme dans la tradition huguenote correspondrait à un retour à une foi naïve, L.D. répond que son intention est surtout de retisser le lien entre la foi vécue et la pensée. Depuis Kant, un protestantisme a couru le risque non seulement de s’intellectualiser mais de réduire l’Évangile à un moralisme. Ce que la tradition huguenote a gardé c’est un sens du dogme sans lequel tout se délite. « Pour rejoindre la pensée des plus grands docteurs il faut passer par la foi simple et l’amour ardent des plus humbles croyants ».

*« Unité et tolérance », La Vie Nouvelle, vendredi 29 octobre 1926, p. 343-344.

Le peu d’intérêt des protestants pour l’unité de l’Église, tient en partie à l’influence de la mentalité moderne qui a su convaincre de nombreuses personnes d’un lien étroit entre dogme et intolérance, entre vérité religieuse et fanatisme. « Un humanisme policé remplace suffisamment la culture chrétienne ». Mais si le christianisme a pu être intolérant et fanatique c’est quand il s’est coupé de sa sève évangélique. On pourrait aussi montrer que l’esprit moderne sait faire preuve d’intolérance, notamment vis-à-vis du christianisme. En renouant avec les 19 siècles d’histoire chrétienne, nous retrouverons la vraie source des idéaux humains les plus nobles.

*« Enracinés et fondés dans l’amour », La Vie Nouvelle, vendredi 12 novembre 1926, p. 359-360.

De la même manière que Barrès dénonce les risques du déracinement (Paris et ses manigances politiques opposées aux valeurs de la province), L.D. plaide à nouveau pour un ré-enracinement du protestantisme dans sa tradition huguenote. Mais là où Barrès glorifiait la terre, il s’agit de renouer avec une tradition spirituelle vivante et centrée sur le Christ. De même, il faut renoncer à une spiritualité centrée sur l’émotion, l’expérience pour retrouver une foi argumentée et qui pose les bases de l’Église. Contrairement au nationalisme de Barrès, « le développement de la vie et de la culture protestante en France ne comporte aucune intention hostile contre les étrangers. À plus forte raison, il n’attaque pas l’Église catholique ». Comme l’écrivait déjà Paul, cet enracinement est enracinement dans l’amour, amour qui devra s’exprimer d’abord dans la vie paroissiale, et à partir de là pour l’Église et la patrie.

*« Révolution, réaction, réforme », La Vie Nouvelle, vendredi 3 décembre 1926, p. 384-385.

On se trompe à relier Réforme et Révolution française. Les valeurs de la Révolution sont celles des libres-penseurs du 18e s, pas celle de la Réforme. S’il y a une rupture avec la Réforme, c’est celle qui fait passer l’homme de l’obéissance au clergé à celle de la soumission à Dieu. La Réforme peut donc aussi apparaître comme un mouvement réactionnaire. Mais gardons-nous d’appliquer un langage politique à une réalité spirituelle ! La Réforme a su être autre chose : « ranger toutes les personnes visibles à leur place sous la majesté suprême de Dieu ». Révolution et réaction, gauche et droite, n’amèneront finalement que la division, alors que la Réforme porte un principe d’union spirituelle. On peut en donner pour exemple l’attitude de Duplessis-Mornay (conseiller protestant de Henri IV). Avec lui, comme avec Calvin, « nous sommes sur le plan supérieur où l’homme s’efforce de résoudre les problèmes de la vie non pour lui-même, ni pour son parti, ni pour le triomphe de son idéologie, mais pour Dieu. Et devant Dieu, on trouve l’union, l’ordre et l’amour, au lieu de la division, de la tyrannie et de la haine auxquelles aboutissent les révolutions et les réactions ».

*« Une question surprenante », La Vie Nouvelle, vendredi 31 décembre 1926, p. 416-417.

À un lecteur qui lui a demandé de quel bord politique il était, L.D. répond ici : « On n’est pas sauvé par ses opinions politiques ». Pourtant même s’il s’agit d’être d’abord chrétien, on ne peut se détourner ensuite d’un engagement politique. En tant que protestant, cet engagement se voudra d’abord libre et pas dicté par un parti ou une idéologie. La foi donne des grands principes et on cherche ensuite à les appliquer au mieux, tout en sachant qu’il faut le faire avec humilité. Le journal La Vie Nouvelle, cherche non pas à appliquer la politique d’un parti, mais à favoriser la prise en compte de ces grands principes. Certes une résistance aux politiques anticléricales et anti-chrétiennes s’y exprime. Ce qui est combattu, ce sont ces idéologies qui divisent la France et dressent les Français les uns contre les autres.

L.D. ajoute : « La vie politique est un si petit moment de la vie ! Il y a une autre vie, la vraie, qui est humaine, au sens plein du mot, une vie qui s’épanouit dans l’art, dans la pensée, dans la religion, dans la mystique. C’est celle-là surtout que nous voulons répandre. C’est pour celle-là que nous nous unissons dans l’Église ».

1927

*« Vers l’union des Églises », La Vie Nouvelle, vendredi 21 janvier 1927, p. 21-22.

À l’occasion de la parution d’un livre du professeur H. Monnier sur la Conférence œcuménique de Stockholm, L.D. revient sur le thème de l’unité et de la réalité de l’Église. On aurait pu craindre que cette conférence ne se focalise trop sur des résultats pratiques au détriment d’une réelle recherche de l’unité spirituelle. Mais en se plaçant « sous le signe de la croix », les délégués à la conférence ont montré leur souci d’une unité d’abord spirituelle. Les questions doctrinales étant encore trop sensibles, l’unité s’est manifestée dans des questions pratiques. Il y a là un exemple pour les Églises de France : l’unité ne se fait pas sur des idées, mais autour des réalités spirituelles fondamentales. « Stockholm devient bien plutôt un signe de pérennité du dogme chrétien, qui n’est pas une théologie, mais la saisie la plus directe de la réalité religieuse par la pensée humaine. Nous sommes donc ici aussi, et cela est très encourageant, sur la voie droite du réalisme mystique où s’engagera de plus en plus résolument, si elle veut vivre et triompher dans le monde de l’après-guerre, l’Église réformée de France ».

 

*« Notes sur une lecture de Saint Augustin », Foi et Vie, 1927, XXX / 6, p. 312-322.

Dans ce texte au ton très personnel, L.D. indique comment la lecture de Saint Augustin l’a sorti d’un trouble intellectuel. Dans la période d’après-guerre, la confusion était grande dans les milieux intellectuels. Le catholicisme était traversé par un renouveau de la pensée et de la foi. Le protestantisme, lui, restait morcelé. Pour L.D., c’est par un retour à la pensée de Calvin qu’une issue sera possible. Mais Calvin lui-même est l’héritier d’Augustin, et par l’évêque d’Hippone, il se rattache aux apôtres.

Au fil de la lecture du traité d’Augustin « De l’utilité de croire », traité où il examine les doctrines manichéennes au miroir de l’Évangile, L.D. revient sur son parcours intellectuel et spirituel. Les Manichéens sont un peu les rationalistes d’aujourd’hui. Eux aussi rejettent les textes bibliques (surtout l’A.T.) qui semblent si contraire à la raison. Pourtant des générations de croyants ont donné leur vie pour ces livres, se seraient-ils à ce point trompés ? La vraie foi serait celle tracée par les esprits critiques ? Mais Saint Augustin a été disciple des Manichéens : qu’est-ce qui l’a amené à rompre avec eux et à devenir chrétien ? Il cherchait la vérité et il l’a trouvée en lisant, dans la prière, la Bible. « La prière place une âme, même simple, dans la vérité éternelle. Il y a une con­naissance mystique des choses. Ce n’est pas le sentiment. C’est la pointe la plus fine de l’intelligence, pointe que l’érudition risque d’émousser peut-être ». D’ailleurs le libre-examen des Réformateurs prend pour règle non pas la raison mais l’Écriture.

S’il faut choisir entre Augustin et Honorat, l’ami Manichéen, L.D. choisit Augustin. Mais n’est-ce pas alors décider de devenir catholique ? Quelle Église peut prétendre avoir gardé le dépôt de la vérité Évangélique ? « Ou bien l’une est hérétique et non l’autre. Ou bien il y a continuité chrétienne et œuvre du Saint-Esprit dans les deux ». L.D. se rallie à la 2e hypothèse. « Ne sommes-nous pas en réalité entraînés par le Saint-Esprit vers la formation d’une chrétienté dont l’unité ne serait fondée ni sur le gouvernement visible de Rome, ni sur les théories passagères des théologiens, mais sur la vérité immuable du Christ ? Catholicisme véritable, dont Augustin vit l’ébauche, et qui ne sera ni de Rome ni de Genève, mais de Jésus-Christ ? » Calvin et la Réforme en redonnant à la divinité de J-C toute sa place à contribué à l’avènement de cette catholicité. Quand les Églises font passer au premier plan leurs intérêts et placent ainsi Jésus au second plan, elles s’écartent de leur mission.

 

*« La réalité de l’Église », Études Théologiques et Religieuses, 1927, p. 395-441.

(Résumé du pasteur J. Serr) Cet article est le texte de la conférence faite à la pastorale de Mulhouse en avril 1927. Dès l’introduction L.D. précise qu’aujourd’hui le pasteur ne sait pas ce qu’est l’Église et que la théologie répugne à lui en donner une définition. Or « la foi chrétienne exige que soit réalisée l’unité de l’Église visible ». Face à cette exigence, nous avons le morcellement protestant. Pourtant, pour la majorité des fidèles, l’Église demeure une « réalité ». C’est de cette réalité qu’il faut parler et non de la doctrine de l’Église, car sur ce terrain on risque de se perdre dans l’idéologie.

Pour prendre conscience de la réalité de l’Église, on partira tout d’abord d’une situation négative dans laquelle cette réalité est absente mais où pourtant on en ressent l’aspiration. C’est « l’absence de l’Église dans l’Antiquité » (I.). Platon (I.A), dans la République, aspire à l’unité de la famille humaine dans un état modèle, mais c’est au prix de la suppression de la famille et de l’individu. Aristote (I.B) rétablit les droits de la cité, de la famille, de l’individu, mais n’obtient qu’une unité politique sans l’élan mystique vers l’Un, le Beau, le Bien qui caractérise l’idéal de Platon. Ce que cherchent et veulent l’un et l’autre, c’est au fond, l’Église qui réalisera pleinement la communion humaine tout en établissant la vie parfaite de chaque individu.

Avec Paul et Jean nous sommes en présence de « l’apparition de l’Église dans le monde » (II.). Mais ici nous n’avons pas à faire avec des philosophes mais à des témoins qui vivent et rendent témoignage d’une « réalité ». Leur témoignage et « leur prédication consiste, peut-on dire, en une transfusion de réalité ». Le réalisme paulinien et johannique. Pour Paul (II.A), la réalité c’est la communauté dans laquelle on entre par la foi et le baptême, qui s’assemble dans le culte et vit de la communion au Christ dans un même esprit. « Individualité et communion, voilà les deux termes unis sur le plan de la paroisse ». Jean (II.B) se situe plutôt au plan de l’Unité universelle de l’Église, mais il est clair que cette Unité est celle qui se vit dans les Églises locales par la communion au Christ venu en chair. Paul serait ainsi plus proche du réalisme aristotélicien, Jean se rapprocherait de Platon. Mais tous deux, Paul et Jean, vivent et expriment une même réalité (II.C). La réalité de l’Église dont vivent Paul et Jean se trouve maintenue et continuée chez Augustin (II.D). La cité de Dieu nous met en présence de cette réalité fondée dans l’Amour, lui-même fondé dans la Trinité.

Avec Luther et Calvin, c’est le « retour à la réalité de l’Église dans la Réforme » (III). Car c’est une erreur et une fausse interprétation de voir en Luther (III.A) le promoteur d’une Église invisible et d’un individualisme chrétien. Certes Luther a insisté sur le fait que la réalité de l’Église était un objet de foi, donc invisible – mais c’est le souci de rétablir la réalité de l’Église qui l’a amené à rompre avec Rome. Pour Luther il s’agit de dégager la réalité de l’Église d’un pouvoir temporel ecclésiastique et juridique qui a usurpé les fonctions du pouvoir spirituel véritable. De même chez Calvin (III.B), ce qui prime, c’est l’établissement de la paroisse, réalité de l’Église, dans laquelle sont assurées la Parole de Dieu et l’administration des sacrements. « La Réforme nous montre la réapparition de la réalité de l’Église que le catholicisme avait opprimée sous un gouvernement politique ».

Enfin on arrive au chapitre intitulé : « la dissolution de l’Église : Kant » (IV). Ici s’exprime, pour la première fois, en termes sévères, une critique de ce qui, pour L.D., est la cause principale de tout le mal qui règne dans la théologie protestante, et des malaises qui troublent la vie de l’Église. Kant et après lui Hegel, a porté à son plus haut point le rationalisme inauguré par Descartes et ses successeurs. Mais chez lui, la raison « ne juge pas la révélation historique. Elle la remplace ». Tout se développe en dehors de l’Église réelle et de la Révélation dans le seul sanctuaire de  « la raison abstraite et de l’individualisme strict ». Sur ce terrain, la foi religieuse et morale se développe sans aucun recours à la révélation historique, elle consiste uniquement dans l’intention pure et l’effort personnel. Le Christ n’est qu’un modèle abstrait sans aucun rapport avec une Église réelle, des sacrements réels, une communion réelle dans un seul Corps. Mais ce qui est grave, c’est la pénétration des idées de Kant et de l’esprit kantien dans le protestantisme, la théologie protestante, et même la mentalité protestante.

Alors qu’en est-il de la « réalité de l’Église dans le protestantisme français d’aujourd’hui ? » (V) « Dans le protestantisme français d’aujourd’hui il y a un divorce mortel entre les paroisses qui vivent la réalité de l’Église, conformément à la tradition des Apôtres, de Saint Augustin et des Réformateurs, et l’idéologie qui s’inspire de la dissolution kantienne de l’Église ». Parmi ceux qui s’inspirent de cette idéologie (V.A) il faut mettre la majeure partie des théologiens protestants du XIXe siècle, dont l’un des plus fameux : Auguste Sabatier. Seuls quelques-uns y échappent comme A. Vinet et T. Fallot. Désormais, la pensée se tient en dehors de l’Église et des dogmes qui enseignent les grands faits chrétiens de la Révélation et cherche à inclure le christianisme dans une philosophie religieuse. En s’évadant ainsi de la réalité de l’Église on n’aboutit qu’à la dispersion et au morcellement, chaque penseur religieux recommençant pour son propre compte un nouveau point de départ. La réalité de l’Église (V.B) continue d’exister cependant, mais c’est au niveau des paroisses et des fidèles qui ne connaissent pas le libéralisme ni l’orthodoxie, et ignorent l’idéologie et ses divisions. Là, la réalité de l’Église vit dans la foi en la Parole prêchée et la réalité des sacrements.

Dans cet article, on voit combien philosophie et théologie sont intimement mêlées, et comment s’affirme le « réalisme » face à la pensée abstraite de l’idéalisme. Le mot réalité revient plus de 50 fois.

*« Qu’est-ce qu’une Église ? », Foi et Vie, 1927, XXX / 9, p. 478-487.

À l’occasion de la réédition de l’ouvrage de Tommy Fallot « Qu’est-ce qu’une Église » (préface par Marc Boegner), L.D. revient sur les grands thèmes de son ecclésiologie. Chez Fallot, il retrouve cet enracinement dans une « pensée chrétienne » ainsi que l’expérience sur le terrain paroissial. Dans la 1ère partie, L.D. salue le souci de Fallot de fonder sa réflexion sur une « doctrine de l’Église » qui à partir de Paul et en passant par les Pères et les réformateurs, a toujours mis en avant cette solidarité nouvelle entre les hommes et qui vient de la croix. Cette « réalité de l’Église » se concrétise dans la vie de la paroisse (L.D. regrette que Fallot n’ait pas abordé la question de l’Église universelle). C’est ce que développe la 2e partie. La prédication de la Parole (et pas seulement le dimanche !), les sacrements, les ministères (pas uniquement celui du pasteur !) en sont les éléments fondamentaux. Mais entre cette vision de l’Église locale et la réalité de l’Église universelle… viennent prendre place les Églises particulières (romaine, anglicane, luthérienne…). Elles ont leur importance bien que leurs disputes viennent souvent nuire à la vie de l’église locale. L’ouvrage se termine par une 3e partie où Fallot envisage le cas des Églises malades ou mortes.

L.D. conclut : « on est frappé du réalisme qui anime toute cette théorie de l’Église locale ». C’est bien le « réalisme protestant » qui s’inspire de St Paul, de Luther et de Calvin, et qui vient heureusement remédier à tous ces principes abstraits dont est pétri « notre protestantisme ». La pensée de Fallot est donc toujours bien d’actualité.

*« Le réveil et la doctrine. I. – L’union dans la piété », La Vie Nouvelle, vendredi 9 septembre 1927, p. 283-284.

Puisque de différentes façons un Réveil semble avoir lieu en France, il faut montrer en quoi la question de la doctrine ne peut être laissée de côté, comme trop souvent le protestantisme, par peur des conflits, a été tenté de la faire. La piété qui met l’accent sur la vie spirituelle, serait préférable au dogme qui est froid, statique, source de jugements et donc risque de nous éloigner de l’Évangile. Si le protestantisme a su heureusement trouver un modus vivendi entre libéraux et protestants, on peut toutefois souhaiter une étape autre, dont le Réveil est l’annonce. La doctrine peut contribuer à cet élan dont le protestantisme a tout à gagner.

*« Le réveil et la doctrine. II. – La nécessité présente de l’armature doctrinale », La Vie Nouvelle, vendredi 16 septembre 1927, p. 290-291.

Face à une déchristianisation croissante, il faut commencer par replacer la doctrine au cœur de l’enseignement de nos Églises où se trouvent de nombreux protestants qui ne connaissant plus les vérités de l’Évangile ne peuvent en tirer aucun profit. « Voici le fait auquel il nous faut être très attentifs : il se constitue fortement autour de nous un milieu qui, intellectuellement, philosophiquement, religieusement, prétend se suffire à lui-même, sans Jésus-Christ ». Donner une doctrine au fidèle, c’est l’armer pour tenir bon, avec d’autres, dans une société devenue athée. Le sentiment religieux ou l’action concrète ne suffisent pas.

*« Le réveil et la doctrine. III. – Piété et dogme », La Vie Nouvelle, vendredi 23 septembre 1927, p. 299.

Pour dépasser les réserves de beaucoup contre le dogme, L.D. propose de distinguer « théologie » et « dogme ». « Une théologie, c’est le système de pensée d’un auteur ou d’une école qui travaillent à tel moment, dans tel milieu, avec telles ressources d’érudition » (C’est ce qu’Harnack désigne lui, par dogme ; L.D. dénonce cette confusion). Le dogme n’est pas d’abord une élaboration philosophico-théologique, mais une affirmation ecclésiale, celle des croyants qui accueillent et vivent l’Évangile. « C’est le fruit dans la masse humaine de l’œuvre de Jésus-Christ, le soulèvement de la pâte sous l’action du levain de Dieu. Le dogme et l’Église (j’entends l’Église dans sa véritable conception, populaire et mystique), c’est l’Évangile trouvant une expression sur le double plan de la pensée et de la société ». La Réforme aussi liera dogme et Évangile.

Le dogme accompagne aussi la piété, en ce sens que ce dont nous parle le dogme, ce sont « des réalités de l’ordre invisible qui pénètrent dans l’homme par le moyen de l’expérience mystique ». Sans ces réalités, pas de Réveil et pas d’Église.

*« Le réveil et la doctrine. IV. – Les dangers de la théologie », La Vie Nouvelle, vendredi 30 septembre 1927, p. 306-307.

L.D. avec l’opposition entre « dogme » et « théologie », reprend sa distinction entre « peuple croyant » et élite religieuse tentée par les modes philosophiques. Dans l’histoire chrétienne on retrouve cela à propos des hérésies : « des théologies non soumises au dogme » et qui deviennent ainsi « anti-ecclésiastiques ». Il semble même que les divisions dans l’Église soient plus imputables aux théologies qu’au dogme. Cela est important pour le Réveil qui devra veiller à s’enraciner dans le dogme et à se garder des théologies. Parmi ces théologies il y a celle du méthodisme ! qui est trop individualiste. Il y a également Kant et ses héritiers

*« Le réveil et la doctrine. V. – La doctrine du réveil », La Vie Nouvelle, vendredi 7 octobre 1927, p. 315-316.

Renonçant aux théologies sectaristes et humanistes, l’Église réformée est invitée à renouer avec le dogme et à élaborer une « pensée chrétienne » enracinée sur S. Paul, Augustin et Calvin. Il faut cesser, sous prétexte que ces auteurs appartiennent au passé, de les scruter uniquement de manière critique. Au contraire, ils restent nos maîtres. Cela pris en compte devrait nous aider à sortir de nos querelles de chapelles, qui contribuent à morceler le protestantisme. Ces maîtres nous aideront aussi à relier notre présent et notre avenir à ce glorieux passé où coule aussi la sève de l’Évangile.

*« M. Aimé Pallière et le judaïsme », La Vie Nouvelle, vendredi 4 novembre 1927, p. 346-347.

Article rédigé à l’occasion de la parution du livre où M. Pallière raconte sa conversion au judaïsme. Encore faut-il préciser en quoi consiste cette « conversion ». D’abord elle n’est pas un changement subi mais le résultat d’un long cheminement ; ensuite, elle n’est pas conversion à la foi juive, mais plutôt adhésion aux thèses du rabbin Elie Benamozegh invitant les non-juifs à se conformer aux lois noachides et à devenir ainsi « prosélytes de la porte ».

Le parcours de M. Pallière est en fait révélateur de l’esprit moderniste et libéral qui en voulant retrouver l’essence du christianisme rompt avec les pratiques et les doctrines traditionnelles de l’Église. M. Pallière pense que cette essence de l’Évangile se trouve dans le judaïsme, et d’ailleurs Jésus n’était-il pas Juif ? C’est le christianisme et ses dogmes qui l’ont voilé. L.D. regrette que M. Pallière n’ait pas prêté attention au protestantisme qu’il n’évoque que de manière superficielle. Il y aurait sans doute trouvé d’une manière plus authentique, avec l’épître aux Romains, ce qu’il est allé chercher dans les doctrines de M. Benamozegh.

 

 


1928

*« Le réveil de la piété », La Vie Nouvelle, vendredi 13 janvier 1928, p. 12-13.

L.D. voit dans la publication de trois ouvrages protestants récents, le signe d’un « relèvement de l’Église protestante ». La Semaine du Chrétien du pasteur G. Bouttier propose un culte personnel en trois temps (lever, matin, soir) calqué sur les moments de la liturgie du culte. Avec Près des eaux courantes, le pasteur Causse propose pour chaque jour de l’année, un choix de versets bibliques organisés par thème et accompagné de prières. Enfin, depuis cette année, les Paroles et textes des frères moraves sont traduits en français. Même les plus occupés des protestants puiseront dans ces 2 versets quotidiens une nourriture spirituelle.

*« Pour les missions – Combat spirituel », La Vie Nouvelle, vendredi 6 avril 1928, p. 106.

À partir de l’expérience personnelle du combat spirituel où le chrétien découvre la victoire que Dieu lui donne sur son péché, L.D. tire une comparaison vers le combat que l’Église protestante doit mener. Un domaine immédiat où ce combat et la victoire s’impose, c’est l’aide à apporter aux missions. Si chacun entend l’appel, le risque de déficit sera évité. Donner c’est montrer que l’on est capable de passer de la théorie à la pratique.

*« Cartes idéologiques », Foi et Vie, 1928, XXXI / 9, p. 428-436.

Dans cet article, L.D. répond à T. Romain, un auteur catholique qui, à propos de l’ouvrage de M. Boegner consacré à « Tommy Fallot, sa vie et sa pensée », croit discerner dans ce qu’il appelle le « néo-protestantisme » (mouvement œcuménique, christianisme social, renouveau liturgique avec les Veilleurs de W. Monod) un mouvement de retour au catholicisme. Mais l’auteur surestime l’influence de Fallot sur le protestantisme français. Il ignore aussi que l’œcuménisme où il voit les prémices d’un retour à Rome, est avant tout lié aux missions, et qu’il s’agit d’un élargissement de la chrétienté protestante aux dimensions universelles, et non d’un déclin du protestantisme. Contrairement à l’idée reçue d’un protestantisme éclaté en « sectes et variations », L.D. souligne l’unité protestante dans les paroisses de terroir. S’il y a un néo-protestantisme, c’est celui issu de la Révolution et de l’influence de la pensée kantienne. Le christianisme social de Fallot et de Monod en a subi l’influence, mais a su aussi s’en écarter pour renouer avec « les sources de la piété et le trésor dogmatique qui sont le patrimoine commun de tous les protestants croyants… Tommy Fallot, si on le suit, sera comme le Réveil de 1820, comme Vinet, un retour au sol ferme de l’Église réelle, où se fonde en France depuis son origine, l’indissoluble unité du protestantisme ».

*« La tâche de l’apologétique », Foi et Vie, 1928, XXXI / 14, p. 782-793.

Cet article est une présentation de l’ouvrage de M. Boegner « Le Christianisme et le monde moderne » où l’auteur a rassemblé une série de conférences de Carême faites au temple de Passy. M. Boegner aborde la confrontation entre la science et la foi, entre un monde marqué par le matérialisme et où la spiritualité est mise de côté. Il se met aussi à l’écoute des écrivains français actuels qui d’un côté attestent l’émergence d’un nouveau paganisme et de l’autre l’aspiration à une nouvelle ère. Après avoir abordé les délivrances illusoires que les contemporains se donnent, M. Boegner entend montrer quelle réponse le christianisme pourrait apporter.

L’intérêt de l’ouvrage de M. Boegner est de déplacer l’apologétique protestante du combat contre le catholicisme à la confrontation avec les idoles modernes qui aujourd’hui posent question à tous les chrétiens. Il faut aussi renoncer à défendre le protestantisme en en faisant le chantre de la libre-pensée. Là aussi ce serait une manière de perpétuer l’anti-catholicisme et de réduire le protestantisme à une démarche politique.

Cela conduit L.D. à revenir sur la question du modernisme (« toute forme de pensée chrétienne qui admet comme absolument vrai un système de pensée non chrétien ») et son impact sur la pensée protestante. Il y a eu une apologétique moderniste qui a cherché à rendre le christianisme (ou le protestantisme) acceptable par la pensée moderne même si cela signifiait une modification profonde de la théologie traditionnelle. Au contraire, le protestantisme devrait revenir, avec les nuances nécessaires en raison des réalités actuelles, à une apologétique calviniste, elle-même en lien avec les pensées de Paul et d’Augustin. Face à la glorification de l’homme, à sa quête de puissance, à l’emprise déshumanisante de l’État, la pensée calviniste a des réponses à apporter. Par certains côtés, M. Boegner semble influencé par un langage moderniste (il cite Laberthonnière) alors qu’il aurait pu dire les mêmes choses dans la langue de Calvin. Le défi n’est pas pour l’Église d’adapter son discours aux oreilles modernes, mais de faire entendre à la société déchristianisée l’appel à la conversion.

*« De l’expérience à la métaphysique », Le Semeur, novembre 1928, 31e année / 1, p. 1-6 & décembre 1928, 31e année / 2, p. 45-55

I.    Si la religion a pu être considérée comme un système de croyances ou une institution sociale, aujourd’hui, pour de nombreux penseurs, elle est aussi envisagée sous le registre de l’expérience. Mais dans le protestantisme, l’exp. a souvent remplacé les doctrines traditionnelles (par ex. chez A. Sabatier ou W. James) et a entériné le fait que Dieu, en lui-même, est un objet extérieur à cette exp. On reconnaît ici l’influence de Kant qui a contribué à dissocier « la pensée humaine et le Dieu du christianisme ». Par principe subjective, l’exp. religieuse ne pourrait plus servir à fonder les vérités de la foi. Pourtant, l’exp. rel. est abordée dans une démarche qui se veut scientifique et rigoureuse. N’est-ce pas la preuve qu’il y a dans l’exp. rel. quelque chose d’objectif, et qu’à partir de ce substrat il serait possible de renouer avec la métaphysique ?

II.  C’est l’exp. de l’adoration qui servira à appuyer la thèse ci-dessus. Le 1er point important est de souligner le caractère impromptu de l’adoration, même si cette exp. a pu être préparée par un parcours religieux. Il y a dans l’exp. rel. quelque chose d’insoumis et d’incontrôlable, et par la raison, et par l’État. 2° Autant nous pouvons nous référer au monde physique, à la société ou à nous-mêmes, autant l’exp. rel. vient remettre en question tout cela et le relativiser. 3° Cette relativisation s’effectue au profit d’un dépassement vers Dieu ou l’absolu qui pour l’adorateur n’est pas une illusion.

III. À une époque où tant de voix affirment que l’exp. rel. est une illusion, comment expliquer que des personnes dont on ne peut pas mettre en doute l’intelligence vivent l’exp. de la conversion (Péguy, Claudel, Maritain…). Le philosophe américain Hocking propose une approche qui donne toute sa valeur à ce lien entre exp. rel. et affirmation métaphysique. Ceci confirme que pour celui qui prie, la réalité du monde et de sa propre personne ne devient plus la réalité dernière, mais relativisée par une réalité plus absolue qui est de l’ordre non pas de l’objet expérimenté mais de la présence. Contre Kant, il faut redonner toute sa valeur à l’argument ontologique.

 

1929

*« De la métaphysique au dogme », Le Semeur, janvier 1929, 31e année / 3, p. 121-132

I.     La réhabilitation de la métaphysique peut entraîner une réhabilitation du dogme car les deux démarches ont des points communs, notamment la notion de certitude. N’en déplaise au sceptique (qui s’il doute vraiment de tout n’aurait plus qu’à se taire), l’histoire de la philosophie est jalonnée de tentatives « héroïques » de systèmes de pensée dont le but n’est pas seulement de produire des maximes morales mais de chercher la vérité. De même, la pensée dogmatique chrétienne est habitée de cet élan optimiste vers le vrai. La notion de Dieu est également partagée par le dogme et la métaphysique. Malgré Kant (et Couchoud), l’Absolu et le Conditionné peuvent se rencontrer. Le dogme le dira en parlant de l’incarnation. C’est aussi ce que révélait l’exp. de l’adoration.

II.    Il y a cependant des différences fondamentales entre le dogme et la métaphysique. Le dogme est reçu à partir d’une révélation, la métaphysique s’élabore par le travail de l’esprit humain. Laquelle des deux démarches s’imposera ? Notons que la plus haute des métaphysiques ne pourra perpétuer l’adoration : « on n’adore pas le Dieu d’un système, mais un Dieu vivant ».

III.   Il faut ajouter maintenant un fait nouveau : la condition préalable de toute expérience religieuse chrétienne est la prédication d’un message. Ce message dit quelque chose sur Dieu que l’exp. n’avait pu saisir, et qui est la bonne nouvelle source de paix. « Or la bonne nouvelle, c’est le dogme…  Le croyant, en qui réside une expérience authentique, ne se contente pas d'adorer un Dieu dont la métaphysique peut reconnaître l'existence. Il adore un Dieu qui lui a parlé ». Ici la démarche philosophique trouve sa limite car seule la foi peut attester que Dieu nous a vraiment parlé.

*« Dogme et intelligence », Le Semeur, février 1929, 31e année / 4, p. 205-218

L’exp. rel.  n’est réductible ni à la science (non-démontrable) ni à la morale (la grâce déborde la loi), ni à l’art (l’émotion n’est pas tout).  Soit elle a un contenu spécifique et une réalité objective, soit elle n’est qu’une illusion (de nombreux auteurs ont défendu cette théorie de l’illusion. « Si l’on ne peut pas faire rentrer la métaphysique dans le sein de la religion, la religion au sens positif du mot doit disparaître. On ne saurait trop insister, en particulier sur cette conséquence du kantisme. Si cette philosophie est vraie, le christianisme est faux … Si le kantisme est vrai, il faut supprimer l’Église chrétienne, sa confession de foi, ses sacrements, ses liturgies, ses rites… Si le kantisme est vrai, il faut transformer du tout au tout la religion chrétienne, en la transposant du plan de l'absolu au plan du relatif ».

D’autre part, l’expérience religieuse comporte toujours la présence d’un dogme, et dans le cas du christianisme, le dogme est transmis par une Église à partir d’un point de départ qui est la révélation. Le dogme, au sens des Réformateurs, a pour fonction de réguler un sentiment religieux certes sincère mais souvent chaotique (cf. Gide). Pour le protestantisme, le dogme n’est pas un obstacle à l’intelligence, au contraire :

1.   Il est une réalité qui garantit l’authenticité de la foi et enrichit et féconde l’intelligence aussi bien que la volonté et le sentiment.

2.   Il est un agent de communion et de compréhension intellectuelle. Il assure la continuité et la continuation de la pensée chrétienne à travers les générations. Le mépris de certains auteurs actuels pour les penseurs chrétiens du passé qui s’appuyaient sur le dogme doit être interrogé : « Curieuse méthode que celle qui conclut de notre incompréhen­sion à la  sottise des autres ».

3.   Il est la source de l’expérience chrétienne qui dans l’histoire a su montrer sa valeur.

4.   Il nous affranchit de tout asservissement à une théologie particulière et de tout sectarisme. Il « nous oriente vers une conception œcuménique de la chrétienté ». Il est source d’illumination pour l’intelligence.

 

*« Réalité de la vie intérieure III : L’état de grâce », Le Semeur, mars-avril 1929, 31e année / 5-6, p. 358-398.

L’état de grâce, Paris : Fédération Française des Associations Chrétiennes d’Etudiants, 1929, 48 p.

Parler de l’état de grâce ne peut se faire ni du point de vue de l’apologie (comme une valeur désirable), ni de celui de la prédication (comme quelque chose qu’il faudrait atteindre) ou de l’introspection (le figer dans des mots le ferait disparaître). C’est en pasteur que L.D. veut l’aborder. L’état de grâce est le résultat de l’œuvre de Dieu dans une âme, et cette œuvre intérieure rejaillit dans les aspects extérieurs de notre vie. Il s’agira de remonter des manifestations extérieures (l’observation d’âmes contemporaines – en fait des paroissiens - qui sont ou paraissent en état de grâce) à la réalité intérieure. Un des critères de discernement sera l’œuvre de S. Paul. On laissera de côté la question des autres religions et on visera aussi à tirer des conclusions qui pourront être utile pour la cure d’âme.

I.     L’état de grâce se traduit par un sentiment de liberté intérieure. Et même si certaines âmes ont connu des tourments plus ou moins grands, une « fissure » s’est opérée en eux : la prise de conscience d’une incapacité à agir vertueusement les conduisant à recevoir d’ailleurs cet état de grâce. Au contraire, celui qui agit, même avec l’apparence de la vertu, en dehors de cet état de grâce, ne fait que multiplier mécaniquement la quantité des actes conformes à la Loi mais sans que cela ne change la qualité de son âme. « L’entrée même dans la vie chrétienne est la rupture du sortilège épuisant de la morale... Voilà pourquoi, dans la pratique du ministère, la prédication de Jésus-Christ me paraît beaucoup plus efficace que la prédication du péché... Si vous fixez l’attention sur les faits éminemment concrets de l’Évangile, alors la notion du manque d’être, du manque métaphysique, qui caractérise notre propre être, pourra peut-être commencer à poindre. C’est sur ce fond, que j’appellerai la conscience d’un manque d’être, que pourra utilement se développer la notion de culpabilité… La délivrance qui caractérise l’état de grâce est donc un passage de la médiation de la loi à la médiation de Jésus-Christ. ». La paix, la joie, la certitude que procure l’état de grâce ne sont pas des sentiments, liés aux circonstances, et qui nous remettraient sinon sous la Loi, mais des réalités découlant de notre relation nouvelle à Dieu. « Je ne suis plus sous la loi de la joie ; une seule chose m’est nécessaire : Dieu, et là est ma seule joie ».

II.    L’état de grâce se caractérise aussi par une puissance d’invention qui le rend profondément différent d’une morale de la conformité. Cette dernière a bien un sens du bien et du mal, mais sait cependant l’accommoder aux circonstances. Tant que les choses ne sont pas connues ou portée en justice, elles ne sont finalement pas très graves. Ce qui compte c’est de respecter les convenances et cela s’applique aussi au domaine religieux. Longtemps le pasteur était perçu comme celui qui rappelait du haut de la chaire les grands principes de cette morale de conformité. C’est tout le contraire avec la morale d’invention qui pose des actes liés à la foi, en rupture avec bien des convenances religieuses (L.D. prend l’exemple d’un baptême d’adulte d’une personne issue d’un milieu anticlérical ; exemple d’une veuve catholique qui a su refaire sa vie ; une jeune fille qui spontanément agit sans le souci premier d’elle-même mais avec une attention naturelle pour les autres). Cette morale d’invention est paradoxale, comme le révèle aussi la vie de S. Paul : humilité et en même temps assurance, vie organisée et capacité à se laisser surprendre, vies gagnées à l’Évangile et accumulation d’épreuves qui pourraient sembler des échecs.

III. L’état de grâce obéit à une loi qui se caractérise par un rythme équilibré entre deux états contraires qu’il réunit. « Ainsi apparaissent des couples dont les deux termes paraissent s’exclure, mais que le propre de la grâce semble être de maintenir en une unité supérieure. Tels sont les couples du culte et de la vie séculière (A), de la prière et du travail (B), de la connaissance et de l’ignorance, de l’Église et de la mission, de la vie et de la mort ». Dans tous ces cas, il y a bien alternance temporelle des activités, mais fondamentalement unité de l’être qui s’y investit. On retrouvera aussi dans bien des situations cette créativité propre à l’état de grâce et qui fait que les exaucements sont à la fois réels et en même temps inattendus et discrets. Si l’état de grâce induit une connaissance ferme de Dieu, cette connaissance n’est en rien démontrable. « La sagesse divine est possession et jouissance pour l’âme qui la possède. Elle devient ignorance et folie aux yeux de ceux qui l’entourent ». Dans l’expérience chrétienne de l’amour on retrouve aussi le paradoxe : attachement aux frères et sœurs de la communauté et détachement de tous les liens pour répondre à l’appel de Dieu au service ou à la mission. Le paradoxe ultime sera celui qui lie la mort et la vie dans l’existence du croyant. C’est le thème paulinien de la croix et de la gloire.

IV. Etant donné tous ces paradoxes, il est impossible de définir l’état de grâce en termes psychologiques. La seule approche possible est de l’ordre d’une théorie de la présence. Une présence est indiquée par des signes et de même les signes de l’état de grâce permettent de deviner qu’ils ont un auteur. Ainsi, derrière les paradoxes de la vie de la foi, on discernera la présence du Christ. De même la morale de l’invention ne dépend pas d’un impératif moral mais de cette certitude d’une présence. Enfin, la théologie protestante en mettant l’accent sur la foi, résout le paradoxe de la passivité et de l’activité en se centrant sur la présence du Christ qui « vit en nous » et dont nous pouvons aussi dire « je puis tout par celui qui me fortifie ».

*« W-E Hocking : la refonte de la nature humaine », Les Cahiers de Foi et Vie, Paris (trimestriel – sans date, ca. 1929), 71  p.[2]

Texte des conférences faites par L.D. pour présenter la pensée de ce philosophe américain contemporain totalement inconnu en France et dont il avait suivi les cours à Harvard. L.D. voit dans la pensée de ce philosophe un apport original à la problématique métaphysique. Malgré la méfiance des Français pour la société américaine qui n’a pas le riche passé culturel de l’Europe, L.D. entend montrer ce que peut apporter cette pensée aux questions qui traversent l’Église.

I.     La nature humaine : 1. La pensée de Hocking prend place dans le grand débat qui a agité le monde intellectuel américain dans la seconde moitié du 19e s, à savoir la lutte entre les penseurs se réclamant de l’idéalisme hégélien où ils pensaient trouver un appui au christianisme traditionnel, et ceux qui, prônant un néo-réalisme, semblaient menacer l’édifice des croyances chrétiennes. Avec le pragmatisme et le réalisme, Hocking reconnaît que l’homme est profondément mû par ses instincts. Mais avec l’idéalisme, il veut étudier à quoi tendent ces instincts, et pour lui, la visée des instincts est d’ordre spirituel. Ainsi (2.) Hocking souligne que l’homme parce qu’il est un être d’instinct n’est pas entièrement soumis à la raison (Bergson aussi distingue intelligence et intuition). Par une analyse minutieuse des instincts (3. & 4.), on peut aboutir à une donnée ultime qui peut être appelée « volonté de puissance » (mais dans un sens différent de Nietzsche). Parce que cette « volonté de puissance » est proche de l’amour qu’elle peut conduire à rejoindre les grandes affirmations de la religion. Mais l’exercice de cet instinct qui tend à mettre en branle et à ordonner tous les autres pour la réalisation de nos besoins les plus vitaux comme de nos projets les plus désintéressés, tend à se cristalliser et à se durcir, dans la mesure même où il réussit (c’est le principe d’alternation). Il faut alors que l’homme retourne à une source vitale par le moyen de la prière. La voie est ici ouverte à la métaphysique et au christianisme

II.    La refonte des instincts : Cette mise en ordre des instincts débouche nécessairement sur la question de l’état qui seul peut faire coexister les individus et leurs instincts. Mais l’État n’est viable que s’il ne s’absolutise pas (sinon, en vertu du principe d’alternation, il se sclérose) et reconnaît en Dieu un plus grand que lui. C’est aussi à cette condition que l’État évitera de réduire les citoyens à des numéros. Cette valeur accordée à l’individu provient aussi du fait que l’être humain est le seul qui en même temps qu’il modifie les circonstances extérieures travaille aussi sur sa propre réalité. Car l’être humain fait l’expérience de ses contradictions intérieures (c’est l’équivalent du péché) et c’est par un processus complexe où l’instinct découvre ce qu’il a à gagner ou perdre que s’opère la refonte de la nature humaine. On peut le montrer à partir d’une étude de l’instinct de combativité qui passe de la violence outrancière à la vengeance limitée avant d’envisager une possible réconciliation. L’État aura pour rôle de faciliter et d’accélérer cette évolution de l’instinct. Mais comme déjà signalé, l’État ne peut être une finalité. C’est ici que vient prendre place une réflexion sur la religion.

III.   Le christianisme : Le christianisme n’est pas d’abord une religion prescriptive (commandements) mais une invitation à aimer (sermon sur la montagne). En cela, il propose aussi une assomption de l’instinct. On peut le montrer à propos de l’instinct de combativité ou sexuel, également dans une observation de l’ambition. Pourtant, même parvenu à l’altruisme le plus pur, l’instinct se découvre incapable d’offrir à l’autre la rédemption qu’il lui souhaite : seul Dieu le peut. Pour l’expliquer, Hocking développe deux concepts : la théorie de la participation et l’agression divine. Par participation il exprime ce fait que notre réalité finie s’ouvre à l’infini sans toutefois s’y confondre. Notre vie imparfaite devient le lieu où la perfection se reflète pour autrui, et pas seulement pour nous ce qui serait le début de l’orgueil. Avec l’idée d’agression divine, Hocking veut expliquer comment sortir du cercle vicieux que génère le problème du mal. Au plan de la pensée, la réalité du mal rend l’affirmation du bien illusoire. Pourtant, nous faisons tous l’expérience de situation où notre état de faiblesse, de peur, de découragement, se renverse par l’arrivée de quelqu’un ou d’un événement. Dieu se donne le droit d’agir de même en faisant irruption dans le monde mauvais. D’ailleurs l’article se termine sur plusieurs longues citations ou cette « agression divine est développée », preuve que pour L.D. il y a là un apport essentiel à la pensée chrétienne.

*Recension de Hans Eibl, Augustin und die Patristik, Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuse, 1929, p. 399-403.

Dans ce livre, l’a. replace Augustin dans toute l’évolution de la pensée chrétienne depuis ses origines. Il adopte une approche qui se base sur les positions les plus consensuelles (essentiellement d’auteurs allemands) mais cela n’est cependant pas un gage de vérité. Mais cette histoire de la pensée chrétienne est essentiellement envisagée du point de vue philosophique. Cela peut soulever quelques réserves. Ainsi, l’a. fait d’Augustin une sorte d’idéaliste avant l’heure. Il ramène aussi le dogme au statut de synthèse philosophique de la pensée chrétienne. Mais en cela, le fait religieux est complètement occulté, comme si le christianisme n’était qu’une réalité d’ordre intellectuel.

Dans cet article, on retrouve des allusions à des thèmes qui intéressaient L.D. à cette époque : l’enracinement de la pensée chrétienne dans la lignée des Pères, la question du dogme et sa remise en question dans la théologie allemande du 19e s, et bien sûr, S. Augustin.

*Recension de Martin Dibelius, Geschichtliche und übergeschichtliche Religion im Christentum, Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuse, 1929, p. 404-406.

L’Église et la théologie vivent une période de crise et pour en sortir, il faudrait retrouver « le rapport vivant avec un monde surnaturel ». Car la grande question moderne n’est-elle pas celle de ce rapport complexe entre le transcendant et l’immanent ? C’est en somme la question du rapport qui se crée entre Jésus et le Christ. Pour l’a. l’histoire chrétienne et l’histoire des formes que ce rapport a pu prendre, avec le constat que chaque époque tend à figer dans des formes et des doctrines, le rapport vivant avec le surnaturel. L’a. en appelle à des personnalités qui sauront redonner ce rapport vivant au surnaturel. Mais pour L.D., l’approche de Dibelius dissocie trop radicalement transcendance et immanence, alors qu’il existe une tradition mystique qui a conçu la possibilité d’un rapprochement des deux réalités.

 

1930

*« L’Église et la mission », Le Semeur, janvier 1930, 32e année / 3, p. 149-159.

La situation déficitaire rencontrée par l’Église et par son œuvre missionnaire n’est pas d’abord conjoncturelle, mais appelle un renouveau de la pensée, notamment en se libérant de l’influence de l’idéalisme philosophique. L’idéalisme consiste à distinguer un domaine spirituel qui seul compterait et un domaine matériel où les réalités seraient contingentes. Transposé au plan religieux, cela aboutit à un christianisme qui considère aussi comme contingents les déficits, les manques de collaboration fraternelle mais cultiverait par ailleurs une spiritualité satisfaite d’elle-même. C’est oublier que tout ce qui fait la vie du croyant (les finances, la vie fraternelle) est sous le regard de Dieu. L’appel à la conscience morale des protestants n’y change rien. La situation le prouve.

L’enseignement du NT va dans un sens opposé à cette tendance idéaliste et individualiste. Le NT affirme la réalité de l’Église et c’est en elle que chaque croyant avec ses dons trouvera sa place. Tout ce que nous pourrions mettre en place avec nos Synodes et nos comités ne portera du fruit que si cela est au service de cette Église qui nous préexiste. Cette Église se manifeste par l’amour qui unit ses membres, tous ses membres au près et au loin.

Malheureusement, pour beaucoup, l’Église n’est qu’une réalité secondaire, et la mission est reléguée à un niveau encore inférieur. Centrée sur soi, la foi cherche à se faire bien voir du monde plutôt qu’à endurer l’opposition pourtant annoncée par Jésus comme le lot du disciple. Pourtant, celui qui vit la réalité de l’Église sera beaucoup plus à même de résister à la persécution. Citant une parole d’A. Monod, « aux croyants dans l’Église, le temps est venu de faire succéder l’Église des croyants », L.D. conclut en souhaitant la fin de l’influence de l’idéalisme dans le protestantisme.

*« La doctrine de la rédemption », Foi et Vie, 1930, 32 / 10, p. 481-495.

À propos du livre d’H. Monnier, Essai sur la rédemption.[3] Dans l’histoire chrétienne les interprétations ont été nombreuses et risqueraient de faire passer au second plan l’élément essentiel : la croix de J-C. Le terme grec traduit par « rédemption » a le sens de rachat. Pour le NT, la rançon c’est le sang du Christ. Sur cette base, se sont succédées les diverses théories théologiques : à la compréhension juridique (position classique : une réparation pour le péché est indispensable), succède la vision morale (sous diverses formes, c’est l’approche du libéralisme qui met l’accent sur le repentir) et enfin se développe la théorie « solidariste » (qui cherche à dépasser les limites des 2 approches précédentes).

Avec l’examen de la pensée de Jésus, de l’enseignement du NT, et de l’expérience chrétienne, l’a. souligne que la rédemption est un mystère spirituel dont cependant on peut faire l’expérience. Cela renforce la « nécessité d’un renouveau doctrinal » car la rédemption est d’abord, non une idée ou un sentiment de l’homme, « mais une pensée et un acte de Dieu ». Cela a pris vie en Jésus, dont la pensée n’est pas réductible à une philosophie. La rédemption et la croix peuvent être pensées mais à partir de ce que Dieu lui-même nous en dit dans sa révélation.

 

 

*« Le protestantisme de nos jours et la doctrine », Foi et Vie, 1930, 32 / 22, p. 1155-1170.[4]

Dès le début de l’article, L.D. pose une définition qui exprime sa conviction profonde, celle qu’il a déjà exprimée et qui reviendra encore : « Le protestantisme est à nos yeux non un principe, mais une réalité spirituelle, disons mieux, une réalité chrétienne, manifestée en un corps visible ». C’est pourquoi, malgré sa diversité apparente, le protestantisme n’est pas divisé : « on a affaire à des mouvements qui se développent selon des courbes dont la formule varie mais qui ne manquent pas de points de contact, et qui surtout sont tracés dans le même plan ». Si divergences il y a, elles trouvent leur origine au 19e siècle, particulièrement dans la querelle entre orthodoxes et libéraux. Pour échapper au conflit, des hommes comme T. Fallot prônèrent à la fois un renouveau de la spiritualité et un engagement social plus conséquent. Ce fut la voie du christianisme social (qualifié par L.D. de « modernisme pratique »). Mais malgré cet effort, la doctrine ne retrouva pas droit de cité.

Si on étudie les origines de l’orthodoxie protestante, on retrouve toujours ses liens avec le revivalisme qui non seulement a contribué à individualiser la foi mais aussi à la réduire à des vérités qu’il faut professer sous peine de damnation. Par opposition, le libéralisme veut retrouver la dimension universelle de la foi, son essence, et pour se faire il se place au point de vue de de la raison (Kant en est le meilleur exemple), même s’il conserve une forme de piété. Dans les deux cas, le protestantisme français a subi une forte influence étrangère. Il est aussi profondément marqué par le manque de grandes figures pour lui redonner un nouvel élan dès la fin des persécutions et au travers des turbulences de la Révolution (L.D. désigne cette période 1770-1820 comme « la grande cassure »). Pourtant, que ce soit pour l’orthodoxie avec la fondation des différentes sociétés missionnaires ou d’évangélisation, ou pour le libéralisme avec son souci de dialogue avec la culture ou encore pour le christianisme social qui vise à l’avènement d’un catholicisme apostolique, chaque courant renoue à sa façon avec un des aspects de la réforme française. Le défi présent n’est pas de se lier à une idéologie dont on espère son salut, mais de retrouver l’élan de la pensée protestante initiale et s’enraciner dans un réalisme spirituel. La doctrine « n’est pas la pilule à avaler pour être converti ; elle est la préhension, par l’esprit de l’homme en qui agit la grâce, de la réalité religieuse de Jésus-Christ ». Cela doit déboucher aussi sur une doctrine de l’Église, étape nécessaire à la reconstitution de l’unité chrétienne. Une doctrine de la Révélation sera aussi nécessaire. Tout cela pour redonner vie à un authentique protestantisme français.

*« Le renouveau Réaliste : Gabriel Marcel et son journal métaphysique », Études Théologiques et Religieuse, 1930, p. 404-421.[5]

Avec son Journal métaphysique, G.M. traverse les grandes problématiques de la pensée contemporaine quand trop de philosophes (et de théologiens) se cantonnent à tel ou tel système. Car G.M. est un chercheur qui joue toute sa vie, et c’est la sincérité de sa quête qui donne toute sa valeur à sa conversion. Au point de départ de ce parcours intellectuel (1ère partie), il y a la confrontation avec l’idéalisme absolu de Hegel et de ses disciples. Pour G.M., les objets sont saisis dans les catégories du temps et de l’espace et on peut les soumettre à la vérification alors que l’absolu (Dieu, les notions métaphysiques) y échappe. Cependant, on ne peut pas non plus nier son existence. « La négation qui porte à la fois sur la possibilité d’une théologie et sur la possibilité d’un athéisme, a donc en elle une valeur positive ». Ainsi la vie religieuse, par-delà sa réduction à une approche conceptuelle dialectique, garde sa réalité propre. « Au moment où l’idéalisme du savoir absolu fait sentir son insuffisance, c’est vers la religion que la pensée, d’instinct, se tourne, comme vers ce qui conserve irréductiblement un réalisme dont on pressent qu’on ne peut se passer sans courir le risque de faire faillite ».

Dans la 2e partie, G.M. s’attache à distinguer le plan de l’existence de celui de l’objectivité, la seconde s’enracinant dans la première (d’où la qualification d’existentialiste attribuée à la philosophie de G.M.). Cet ordre de l’existence, G.M. l’approche par différents côtés : par les expériences métapsychiques, par une phénoménologie de la sensation, par une méditation sur l’amour qui distingue entre le toi et le lui. Il y a donc place pour une métaphysique et celle-ci sera très proche du christianisme qui lui aussi se fonde sur l’affirmation d’une rencontre avec un Dieu qui n’est pas un objet mais une présence.

Pour L.D., l’œuvre de G.M. offre des perspectives séduisantes mais pas aussi fortes que celles de l’Évangile qui au travers du message de la Croix dépasse la relation souvent binaire de l’amour par une dimension triadique (aussi présente dans la Trinité comme l’a développé S. Augustin). Il aurait aussi été souhaitable que la critique de l’idéalisme aille plus au fond : réduire la pensée au criticisme, c’est postuler que la foi ne serait pas aussi une pensée. Il faudra bientôt y revenir.

 


*« Les déclarations de la conférence de Lausanne (1927) »[6]

Première conférence mondiale de « Faith and Order – Foi et Constitution », Lausanne, août 1927. Le rapport final auquel L.D. fait ici référence peut être consulté dans l’ouvrage de Lukas Vischer, Foi et Constitution. Textes et documents du mouvement « Foi et Constitution : 1910-1963, Neuchâtel : Delachaux & Niestlé, 1968, p. 27-39 [Bibliothèque Théologique].

 

Comment notre Église Réformée Évangélique accueille-t-elle ce document ? Comme calvinistes, nous sommes d’accord avec la définition de l’Église qui y est donnée. Le problème surgit à propos du fait de savoir pourquoi, dans l’Église visible, règnent tant de divisions ? On peut tenter une explication historique : chaque Église trouve son origine dans un effort missionnaire qui a pu être porté par une figure marquante. Le rôle de ce fondateur lié à l’influence de chaque culture évangélisée peut expliquer l’actuelle diversité. Mais quand l’autorité prend la place de la fraternité dans les relations entre communautés, l’harmonie est brisée. La rencontre de Lausanne traduit une volonté de retrouver cette fraternité sous la conduite du Saint-Esprit : convergence dans la recherche de la vérité de l’Évangile et possibilité de garder des formes différentes sur des points secondaires.

Se pose aussi la question des ministères et en particulier celui de l’épiscopat (présent chez certaines Églises de la Réforme et chez les Orthodoxes) peu compatible avec l’approche presbytérienne.

L.D. aborde ensuite la question du fonctionnement de l’église protestante en France. Il déplore que les fonctions d’autorité spirituelle (anciens, pasteurs, synodes) soient souvent réduites aux préoccupations de gestions. Attention au risque de centralisation et pour l’éviter revenir à une vie des églises organisée sur un plan local et centrée sur le partage et la prière. On peut souhaiter la mise en place d’un ministère de « superintendant » au niveau d’une circonscription afin de stimuler la vie des communautés sans se substituer à leur fonctionnement presbytéral.

 

 

1931

*« L’Église comme fondement de la réalité humaine », Le Semeur, février 1931, 33e année / 4, p. 202-222.[7]

La notion de réalité est complexe bien qu’elle fasse partie, sans trop y réfléchir, de notre vie quotidienne. Ce qui donne valeur au réel, « c’est qu’il se distingue du simple existant par une relation beaucoup plus directe avec le monde de nos valeurs ». L’existence de divers degrés dans la réalité nous renvoie à une réalité qui doit être plus vraie que toutes les autres et vers laquelle converge l’effort de la pensée et de la vie. Plusieurs réalités pourraient prétendre à ce statut ultime.

D’abord c’est le monde du sens commun qui pour beaucoup est le réel. Ainsi le souci du corps et de sa santé est une préoccupation importante pour l’humanité. Il y a ensuite le souci des biens matériels, nos relations aux autres, les objets du quotidien. Mais l’écoulement du temps et la conscience de la mort, nous obligent à reconsidérer tout cela : n’y aurait-il pas une autre réalité plus importante ? C’est cette voie que suivra la philosophie idéaliste. Désormais le fondement de la réalité est de l’ordre de la pensée. Le christianisme a pu estimer que cette philosophie était la plus adéquate à défendre les vérités spirituelles, mais au contraire, elle a sapé les bases de la foi en attribuant à l’esprit humain ce qu’auparavant on réservait à Dieu. En outre, la philosophie idéaliste contourne le problème de la réalité sensible en tentant de faire de la pensée une nouvelle réalité, alors que la pensée n’a rien d’éternel ou d’absolu.

Avec le christianisme c’est la participation à l’Église qui sera le fondement de la réalité. Sans l’Église, le christianisme risque de basculer dans la multiplication des individualismes qu’ils soient réalistes ou idéalistes. Il s’agit pour la pensée de retrouver le rôle du corps qui unissant chair et esprit permet de donner sens au monde qui nous entoure. La doctrine de l’incarnation trouve alors tout son sens : à la fois la réalité du sens commun est valorisée mais également affranchie de sa limitation ultime par la mort. Avec l’Église, corps du Christ, chaque homme voit son corps assumé et ouvert sur l’éternité. C’est ce qu’expriment aussi le sacrement du baptême et de la Cène : leur réalité visible ouvre sur une réalité invisible (L.D. développe ici ce qui distingue protestantisme et catholicisme).

En affirmant cette réalité fondatrice de l’Église, on relativise du même coup les prétentions de la philosophie. La vérité m’est donnée par le Christ et non par la lumière de la pensée.

 

 

*« Examen de l’idéalisme », Études Théologiques et Religieuses, 1931, p. 24-48, 137-160, 351-375.[8]

La philosophie idéaliste a été à l’origine d’une vision du monde qui non seulement a profondément marqué la culture occidentale mais aussi la théologie protestante. Mais ce monde façonné par l’idéalisme n’est pas le monde réel, ni celui de Dieu. (voir aussi p. 137-138 : « les principes du monde de l’idéalisme sont latents en nous »).

I. Que faut-il entendre par idéalisme ? Sans entrer dans le détail de chaque pensée, on peut cependant constater qu’entre 1780 et 1830, essentiellement en Allemagne, s’est développé un nouveau rapport de l’homme au monde, rapport qui sera initié par Descartes et déployé par Kant.

Descartes : Kant voit en lui un précurseur de l’idéalisme, même si Descartes à partir du Cogito cherche à refonder l’existence de Dieu et des choses. Mais ce qui change avec lui, c’est que désormais « la réalité du monde extérieur… a son point de certitude au centre même du sujet pensant. S’il en est ainsi, tous les siècles précédents apparaîtront comme des siècles plus ou moins avortés. Maintenant commence une ère nouvelle : celle d’une humanité qui connaît le secret ».

Malebranche et Berkeley : Ils vont plus loin que Descartes en réfutant qu’on puisse prouver l’existence des corps ; c’est seulement au plan de la pensée que la réalité trouvera un certain statut. Malgré tout, tous ces auteurs veulent rester de bons chrétiens et ils ne pensent pas que leur philosophie puisse saper le dogme. Au contraire, ils veulent apporter un appui plus sûr à la foi en se servant de la science et ainsi résister au scepticisme.

II. Avant d’aborder Kant, L.D. brosse un rapide tableau de la postérité idéaliste dans les différents pays. Malgré la variété des systèmes de pensée, l’idéalisme semble un « fait acquis » avec lequel bien peu osent rompre.

Kant : Comment contourner le scepticisme radical auquel aboutit Hume ? Au travers des différentes critiques, Kant passe d’un idéalisme empirique à un idéalisme transcendantal, lequel permet de fonder l’objectivité du monde, même si cette objectivité reste de l’ordre phénoménal et que la chose en soi nous reste inconnaissable. C’est la victoire de l’esprit mais la défaite de la révélation. Le christianisme n’aura de fondement que sur les postulats de la raison pratique.

Hegel : Malgré les divergences avec Kant, il est bien dans le même mouvement. Désormais l’esprit triomphant ne se manifeste pas seulement dans l’individu mais dans toute l’histoire qui par le processus dialectique doit manifester son caractère absolu.

Idéalisme et christianisme : Entre les deux les contacts seront nombreux. L’idéalisme semble une réponse appropriée contre la menace d’un matérialisme athée. Mais ce qui change après Kant, c’est que les théologiens vont commencer à remettre en question le dogme traditionnel. L’équilibre séculaire de la pensée chrétienne (articulation de la révélation et de la réflexion comme le montre l’apologétique, la théologie et la philosophie chrétienne, les trois démarches étant fondées sur le dogme saisi dans l’acte de foi) est rompu. « Le propre de la théologie post-idéaliste est de mettre en doute la validité de l’acte de foi qui adhère au dogme, exactement comme la philosophie avait mis en doute l’acte de la pensée qui adhère aux réalités du sens commun ». Là où l’acte de foi lié au dogme servait de socle c’est maintenant la philosophie critique qui sert de fondement à toute démarche. La pensée chrétienne laisse place à la philosophie de la religion.

III. Examen des grands principes du monde de l’idéalisme :

1.   La catégorie du périmé : Si on pense que le monde où nous sommes est radicalement autre que celui qui l’a précédé, cela s’accompagne aussi d’un jugement de valeur : seul ce qui relève de la modernité est digne d’intérêt ; avant c’est forcément la nuit et l’erreur. Certes l’histoire est faite de progrès successifs mais pour la première fois avec la fin du 18e s. on pose une rupture en-deçà de laquelle il ne sera plus permis de revenir. Appliquée d’abord à la métaphysique, la catégorie du périmé s’est ensuite étendue à tous les domaines de la vie. Deux citations de Descartes et de Kant soulignent cette volonté de rupture avec les pensées antérieures, même si pour beaucoup cette démarche est en germe depuis la Renaissance. Par contre, il faut dédouaner la Réforme d’une telle visée : elle ne prône pas la rupture mais le retour à l’Évangile. On ne trouve pas non plus chez les réformateurs cet orgueil de la pensée propre à la pensée moderne.

Il découle de cette catégorie du périmé : 1°) Le perpétuel point de départ : s’il faut faire table rase de toute pensée antérieure, cela oblige chacun à partir de zéro. « On peut dire que le monde de l’idéalisme commence au commencement de l’ère des recommencements absolus ». 2°) La philosophie religieuse remplace la pensée chrétienne : Ici Schleiermacher est le penseur incontournable, même si après lui ils seront nombreux à proposer leur propre approche de l’essence de la religion.

2.   La précarité du christianisme : Il vaut la peine de se demander pourquoi après tant de siècles où la science n’avait pas vraiment progressé et pendant lesquels les régimes autoritaires s’étaient maintenus, une telle rupture a pu se produire. C’est la confrontation avec le scepticisme (Montaigne, Hume) qui oblige à trouver une pensée qui échappe au doute et puisse aussi sauver la foi chrétienne. Mais cela n’a de sens que si le christianisme est compris comme incapable par lui-même de tenir le choc sans être soutenu par une philosophie. « Le monde moderne garde du christianisme la notion de vérité absolue. Mais il ne la garde que comme forme. Il la dépouille de tout contenu. Il veut en donner lui-même le seul contenu valable… Loin que ce soient les sciences ou les découvertes qui aient obligé la philosophie à douter du christianisme, c’est, au contraire, un doute initial, un refus de croire, une incapacité de croire, une rupture de la croyance millénaire, qui a poussé la philosophie dans cette recherche sans cesse renaissante d’une science, d’une vérité humaine, qui seraient une vérité absolue. ». Au niveau de la philosophie religieuse cela se traduira par une prise de distance avec les grands auteurs chrétiens du passé sous prétexte qu’ils n’auraient pas eu une intelligence suffisamment éclairée de la foi. Alors qu’auparavant le doute se résolvait par la foi, désormais c’est par le doute qu’on parvient à la foi.

3.   La révélation subjective : Le lieu de la certitude devient le sujet pensant. C’est lui qui devient constitutif de toute réalité et finit même par devenir, chez Hegel, la seule réalité. Que devient alors le monde du sens commun ? Il continue d’exister à côté du monde de l’idéalisme mais en perdant de plus en plus de terrain comme l’indique par exemple les progrès de la technique. Cette primauté du sujet influencera aussi la philosophie religieuse non seulement dans sa façon de privilégier la voie psychologique pour établir l’essence de la religion mais aussi dans la démarche historique qui fait passer les données de la révélation et de la foi au crible des méthodes définies par la raison. Ainsi se constitue une Église éclairée à côté d’une Église qui reste encore dans le sens commun.

Le protestant doit-il renoncer à la foi de ses pères pour adopter telle philosophie religieuse ou renoncer aux affirmations de l’Évangile pour se plier aux exigences d’une pensée incrédule ? Ou doit-il au contraire sortir du monde de l’idéalisme pour renouer avec une authentique pensée chrétienne ? Plus qu’un programme, c’est une tâche, tâche qui veillera cependant à garder le dialogue avec la culture.

IV. Mais comme l’ont souligné certains auteurs (Ralph B. Perry), cette philosophie n’est pas exempte de défauts dans l’argumentation. Plus grave est aussi la soumission de l’idéalisme aux exigences du scepticisme : « parce qu’il y a de l’erreur, on est tenu de supposer que tout pourrait être erreur ». Mais une telle affirmation peut être remise en cause à quatre niveaux. 1°) Tant Descartes que Kant fondent leur philosophie sur une affirmation initiale (cogito, principe de causalité) qui de manière arbitraire est posée comme non sujette à l’erreur. 2°) Le problème de la réalité de l’objet que soulève le scepticisme n’est pas résolu mais simplement déplacé par l’idéalisme qui ne s’occupe que de la manière dont l’objet est perçu et constitué par la raison. 3°) Quelle peut être la pertinence d’une philosophie qui répond aux questions du sens commun en disant que ces questions sont dépourvues de sens ? 4°) En limitant à la raison scientifique le cadre où une vérité peut être atteinte, on exclut de fait toutes ces questions existentielles qui ont pourtant été au cœur de la philosophie et de la religion depuis l’antiquité.

En faisant du scepticisme le fondement de sa démarche, l’idéalisme ne peut qu’aboutir à reléguer la vie dans le domaine du périmé et à lier la vérité aux jeux rationnels abstraits propres à chaque penseur. Même si plusieurs philosophes idéalistes ont voulu malgré tout faire place aux affirmations de la religion chrétienne, on peut estimer que cet effort n’est pas forcément cohérent avec les principes posés. Comme Hocking le montrera, il est illusoire de rétablir le fait religieux (et pas seulement l’essence de la religion) si l’on reste dans la catégorie du périmé.

Les religions qui se fondent sur une révélation supposent une certitude initiale et non un scepticisme méthodique. L’expérience de l’adoration le souligne : on ne peut adorer que ce à quoi l’on adhère sans conditions. Pour le christianisme, celui qui est au cœur de l’adoration, c’est Jésus-Christ. Mais si le Christ est connu selon les critères de l’idéalisme, tout le christianisme s’effondre. En effet, « il semble bien impossible de prouver ou de faire reconnaître la présence d’un Autre à qui refuse, par sa démarche initiale, la certitude de l’existence de l’Autre ». Pourtant, ce que le fait religieux atteste c’est que pour le croyant, « l’Autre s’impose à lui d’une manière telle qu’il est plus sûr de l’objet de son adoration que de soi-même ».

V.   Dans la dernière partie de son étude, L.D. va maintenant formuler ce qu’est pour lui la pensée chrétienne. La différence essentielle est qu’elle se fonde sur Jésus-Christ et pas sur le moi. Mais le moi n’est pas pour autant nié car l’homme, dans la démarche de la foi, est invité à rejoindre Jésus-Christ. Par l’incarnation celui qui est la Vérité nous permet d’y accéder et cela sous une forme qui n’est pas désincarnée. Car la vérité n’est pas seulement abstraite ou théorique mais vécue. Il découle de l’incarnation que le Christ se révèle par la présence dont les humains font l’expérience, non seulement pendant la vie terrestre de Jésus, mais aussi à travers le temps et l’espace. C’est dans la Parole, les sacrements et l’Église que cette présence se continue.

À cause de l’incarnation, nous devons affirmer la valeur du corps vivant (auquel l’âme ne vient pas se surajouter comme on le pense parfois) qui est création de Dieu. Le corps « est la réalité à laquelle nous avons affaire dans l’exercice de l’intelligence. Ceci doublement : d’abord parce que la présence d’un autre être au moins (c-à-d d’un autre corps vivant) est nécessaire pour qu’il y ait l’expérience de présence sur laquelle se fonde la connaissance ; ensuite parce que c’est avec tout le corps que le sujet pense ». Hocking et Marcel souligne aussi cet aspect. Par contre l’idéalisme semble une « philosophie de l’homme isolé, … coupé de l’ordre des présences ». Appliqué au domaine des objets, cela donne la technique froide et inhumaine. Pour autant le réalisme n’exclut pas la recherche scientifique mais en lui donnant une juste place.

En conclusion, il ne s’agit pas de rejeter dans le périmé l’idéalisme. À l’origine de son effort il y a une quête légitime, mais coupée de Jésus-Christ, elle ne peut aboutir. S’il y a une polémique nécessaire, elle ne doit jamais oublier l’exigence de l’amour.

 

 


 

*« Figures contemporaines : Gabriel Marcel », Foi et Vie, 1931, 33 / 32, p. 235-247.

Chez G.M. le théâtre n’est pas la transposition de sa philosophie, mais drame et pensée vont de pair. Cette combinaison est délicate à mettre en œuvre et toutes les pièces ne sont pas d’égale valeur. Il n’est pas simple de trouver les mots pour exprimer le mystère, lequel est la grande réalité auquel l’être humain doit se confronter et qui ne peut être circonscrit entièrement par la pensée. Pourtant, face au mystère s’amorce une quête d’harmonie qui, et c’est là l’aspect tragique, ne peut pas vraiment aboutir. Ce pessimisme de G.M. qui est le constat d’une humanité confrontée à ses limites, la philosophie ne peut pas le résoudre par l’appel optimiste aux mots à majuscules : Raison, Esprit, Science, Vie… Il faudrait l’expérience de la grâce mais avant sa conversion au christianisme, G.M. sans être anticlérical a cependant une vision peu sympathique des hommes de religion qui sont soit des fourbes soit des imbéciles. Depuis sa rencontre avec le Christ, une étape nouvelle s’ouvre pour lui. Mais il serait dommage que son adhésion au catholicisme la ramène à ce qu’il y a aussi dans cette religion de médiocre. Le défi qui l’attend est de proposer désormais des textes où une véritable pensée chrétienne saura s’affirmer et où l’harmonie si désirée s’épanouira par l’Évangile.

 

1932

*Traduction française de W. E. Hocking « Le droit légal à la liberté religieuse », Le monde non chrétien, 1932, 3. [9]

L’article s’ouvre par des considérations générales sur le droit, en distinguant le sujet et l’interlocuteur (celui qui applique le droit). Il faut aussi distinguer deux grandes théories du droit, l’une basée sur le droit naturel lié aux besoins du sujet et l’autre mettant en avant l’utilité sociale. C’est dans ce contexte que se pose la question du droit du missionnaire à évangéliser. En tant que sujet répondant à une vocation intime, on devrait le laisser agir, mais en tant qu’il bouscule un ordre établi on pourrait tout aussi bien l’en empêcher.

*« La culture de l’esprit et le ministère pastoral », Étude Théologiques et Religieuses, 1932, 5-6, p. 377-387.

Comment trouver le bon équilibre entre l’excès ou le manque de culture pour le pasteur ? Du côté de l’excès, on évitera la pédanterie qui n’est qu’un vernis de culture. L’érudition aussi louable soit-elle n’est pas la vocation du pasteur qui doit consacrer le meilleur de son temps au ministère. Il faut aussi se garder d’un intellectualisme qui laisserait de côté l’action divine. En ce qui concerne le manque, le premier piège est celui de la paresse. Cette paresse c’est aussi celle qui nous conduit à négliger notre vie intérieure ou à manquer de curiosité pour la culture de l’esprit. La culture ambiante nous abreuve de banalités ou nous laisse croire que l’essentiel consiste dans l’action. Mais quelle valeur peut avoir une action qui n’est pas portée par la réflexion ou instruites des expériences passées ?

Pour la théologie pratique, pensée et action doivent trouver comment « jouer » ensemble. Ainsi la pensée devra s’exercer de manière désintéressée et viser avant tout la question la plus haute, celle de la vérité (en s’informant de tout le trésor de la métaphysique et de la théologie). En même temps, le pasteur ne devra pas craindre de couler son action dans les tâches les plus simples. Enfin, il veillera à faire converger sa pensée et son action vers un but central : édifier le corps de Christ (évangélisation et formation spirituelle)

*Traduction et introduction de Donald Gee, Les dons spirituels, Valence : Imprimerie Charpin et Reyne, 1932, 94 p. [Dallière = p. 7] [10]

*« Réveils et expériences spirituelles », Christianisme au XXe siècle, 23 juin 1932 p. 348-349 & 30 juin 1932, p. 358-359

Publication de la lettre de L.D. envoyée aux autorités de l’Église et de la Faculté de théologie suite à sa nomination comme chargé de cours à Montpellier. Mais étant donné le soutien apporté par L.D. au récent mouvement de Pentecôte, il tient à clarifier sa position sur ce sujet. Il redit son désir de ne pas susciter de polémique et se dit prêt à renoncer à ce poste.

L.D. expose ensuite les principes essentiels du Réveil :

1. Le Réveil se veut biblique et centré sur la vie et l’œuvre de Jésus avec au cœur le message de la grâce.

2. Il faut redécouvrir le sens de la nouvelle naissance et en faire découler la réception des sacrements.

3. Pour autant, il ne s’agit pas de constituer des Églises de professants. Toutefois, faut-il se satisfaire de la situation présente où le lien à Christ passe souvent par l’adhésion aux statuts paroissiaux ou par le versement d’une contribution financière ?

4. Veiller à ce que les membres des Conseils presbytéraux soient des convertis. De même les questions d’argent doivent être liées à la vie spirituelle et pas réglées par des moyens humains. Ces exigences doivent être entourées de vigilance pour ne pas retomber dans les erreurs passées (hypocrisie, hérésie, fanatisme, orgueil). Mais ces écueils seront évités par la formation des pasteurs et pas en éteignant le Réveil. Cela suppose que le rôle du pasteur sera considéré autrement que comme celui qui préside les actes pastoraux, mais bien comme un conducteur d’âmes. Le pasteur devra même être l’évangéliste de ses paroissiens.

5. Il faut passer de l’Église association cultuelle à l’Église corps de Christ, car c’est cette Église qui pourra être victorieuse dans un monde qui s’enfonce dans l’incrédulité, le lucre et la violence. Chaque chrétien sera à même de mener le combat de la foi en étant revêtu de la puissance du Saint-Esprit. Cette expérience remise en avant par le Pentecôtisme s’enracine dans toute la tradition mystique de l’Église.

Le baptême du Saint-Esprit est une chance pour l’Église et l’accueil des dons ne doit pas susciter de craintes car ils apporteront un nouvel élan de puissance à l’Église. Il ne faut pas donc craindre de collaborer avec le mouvement de Pentecôte.

*D’aplomb sur la Parole de Dieu : courte étude sur le Réveil de Pentecôte, Valence : Imprimerie Charpin et Reyne, 1932, 56 p.[11]

CHAPITRE  I. Secte ou réveil ?

Dans l’histoire du christianisme, les temps de relâchement spirituel ont souvent été suivis de temps de réveil. Il peut arriver que ces mouvements de réveil développent parfois l’esprit de secte, mais c’est alors la fin du réveil. Il faut donc préciser ce qu’il en est ;

1. Le réveil est un mouvement de l’Église et pour l’Église ; la secte est un mouvement hors de l’Église et contre l’Église.

2. Le réveil remet en lumière les doctrines fondamentales de l’Église ; la secte se cristallise autour d’un point spécial de doctrine.

3. Le réveil produit normalement un courant d’amour dans la chrétienté ; la secte au contraire.

CHAPITRE  II. Origine du Réveil de Pentecôte.

Il n’y a pas d’origine précise à ce mouvement même si on peut indiquer quelques événements convergents : réveil du Pays de Galles (1904) ; Azuza street à Los Angeles (1906) ; Pandita Ramabai aux Indes (1907).

1. Apparente étrangeté des dons surnaturels : le don des langues est attesté en dehors du christianisme même si actuellement beaucoup enseignent que ce don était pour l’époque apostolique. Mais peut-on estimer, bibliquement, que ce que Dieu a donné aux Apôtres ne le soit plus aux croyants d’aujourd’hui ?

2. Le Réveil de Pentecôte n’a pas de fondateur. En effet, il y a un événement inattendu et personne n’en est à l’origine ; il y a une expérience et pas une doctrine qui aurait voulu s’imposer.

3. Le Réveil de Pentecôte doit-il être rejeté parce qu’il est né loin de nous ? Il faut que le christianisme occidental accepte de n’être plus le centre. Dieu choisit les choses faibles : étrangers, pauvres, personne sans instruction.

CHAPITRE  III. Progrès du Réveil

Le développement du mouvement ne correspond pas à une œuvre concertée. On le voit aux USA, en Grande-Bretagne ou dans les pays scandinaves. La plupart de ces communautés, quand elles s’organisent, développent un réel souci missionnaire. La fin du chapitre propose un rapide survol des développements du mouvement dans le monde.

CHAPITRE  IV. Elim

Aperçu sur ce mouvement pentecôtiste anglais lié aux frères Jeffreys. L. Dallière s’était rendu sur place à Londres pour découvrir cette œuvre (voir l’article suivant). Elim a ouvert une trentaine de « tabernacles » à Londre, dispose d’une école biblique et d’une maison d’édition avec imprimerie.

Le fondateur d’Elim a très tôt compris que l’accueil des charismes devait s’accompagner d’une discipline fondée sur la Bible et de ministères organisés. L.D. compare ici Jeffreys à Antoine Court : les ministères avec ou sans les dons. L’autre élément marquant d’Elim est l’accent mis sur l’évangélisation : les charismes ne sont pas tournés vers le Moi mais vers tous ceux qui ne sont pas encore acquis au Christ.

L.D. écrit quelques pages sur l’organisation du mouvement Elim tant sur le plan des communautés locales qu’au niveau national. Pour Elim, le baptême est donné par immersion aux personnes en âge de confesser la foi. Les charismes peuvent s’exprimer dans le culte. On prie pour la guérison avec imposition des mains.

Le chapitre se termine par quelques remarques sur l’organisation des Assemblées de Dieu en Grande-Bretagne.

 

CHAPITRE  V. L’Évangile Foursquare

Avec ces 4 affirmations, il s’agit avant tout d’être d’aplomb sur la Parole de Dieu.

1. Jésus sauve : ce point souligne l’importance de la conversion (et questionne le baptême des enfants) qui est comprise comme un miracle opéré par l’Esprit-Saint et qui unit étroitement la repentance et la grâce.

2. Jésus guérit : cet élément est souvent critiqué comme risquant de mettre Dieu au service des attentes égoïstes de l’homme. Mais ce souci de la guérison rappelle la valeur du corps pour Dieu et le risque à se limiter à ce qui serait purement spirituel. C’est aussi un moyen d’ouvrir les cœurs fermés. Cela conduit aussi à remettre à sa juste place la valeur sanctifiante accordée à la maladie et à redécouvrir la compassion du Seigneur pour les malades.

3. Jésus baptise du Saint-Esprit : développé dans le chapitre suivant

4. Jésus revient bientôt : l’intérêt pour les prophéties a été remis en avant par les Darbystes. Mais les Pentecôtistes, au-delà leur attachement à toute la Bible et donc aussi à ces questions de prophéties, ont cru discerner dans l’effusion actuelle un signe particulier en lien avec le retour de Jésus : les pluies de l’arrière-saison. Cette espérance n’a rien de catastrophiste mais est au contraire joyeuse qui culminera dans la résurrection des morts.

CHAPITRE  VI. Le baptême dans le Saint-Esprit

Ce point fonde tout le mouvement. S’il n’est pas bibliquement fondé, tout s’écroule comme une supercherie. C’est Jean-Baptiste qui évoque 2 baptêmes : l’un avec l’eau et l’autre de feu. Par le baptême d’eau on devient membre du corps du Christ, par le baptême de feu, on devient un témoin puissant de Christ.

Ce baptême de feu était-il provisoire ? Le livre des Actes indique qu’il n’y a aucune frontière ni dans le temps ni dans l’espace au baptême de feu. Contre cette idée, certains invoquent 1 Cor 13/8 « Les langues cesseront ». Pour d’autres, le baptême dans l’Esprit serait identique à l’expérience de sanctification. D’autres encore objectent à la nouveauté de cette spiritualité, mais c’est souvent par méconnaissance de l’histoire de l’Église. La tradition mystique offre de nombreux exemples d’expériences « pentecôtistes » qui est avant tout expérience d’union à Dieu (exemple du Mémorial de Pascal ; distinction de la grâce qui sauve et de la grâce qui unit à Dieu).

CHAPITRE  VII. Hommes frères, que ferons-nous ?

1.     Les protestants historiques doivent se réjouir de ce que le mouvement de Pentecôte suscite des conversions en France et lui donner la main d’association.

2.     Les missions pentecôtistes sont prêtes à collaborer avec les églises protestantes et à ne pas mettre en avant telle ou telle doctrine controversée.

3.     Pour les Églises historiques qui aspirent au Réveil, le baptême du Saint-Esprit semble une réponse de Dieu. L.D. est cependant d’avis que les pasteurs en premier l’expérimentent avant que vienne le tour des fidèles. Il ne faut jamais qu’il y ait des charismes sans ministères. Si des fidèles reçoivent une conviction par rapport au baptême du Saint-Esprit, ils ne doivent pas chercher à ce que cela se passe à l’insu ou en opposition avec leur pasteur. Que ce point soit l’objet de leur prière. De même que les pasteurs par excès de scrupules n’en viennent pas à mépriser l’œuvre de Dieu.

4.     Si des réformés reçoivent ce baptême d’Esprit, peuvent-ils rester dans leur Église ? Il ne faut pas ignorer les questions que cela pose mais ne pas craindre d’aller de l’avant.

*« Quelques impressions d’un voyage en Angleterre », Viens et Vois, 1932, 7, p. 134-135.

À l’occasion d’un séjour à Londres où il a rencontré les frères Jeffreys, responsables du mouvement Elim, L.D. en tire quelques conclusions pour le Réveil en France. D’abord, l’accueil du Saint-Esprit ne conduit pas forcément à des extravagances. Ensuite, même si les circonstances ont parfois poussé les Pentecôtistes hors des Églises, leur vision n’est pas sectaire. Dans certains pays, des pasteurs d’Églises historiques ont accueilli le baptême dans l’Esprit sans rompre la communion. La prière pour les malades a toute sa place et ne doit pas être considérée avec suspicion. La personnalité de G. Jeffreys est remarquable : grande autorité apostolique et simplicité dans l’exercice du ministère. La conclusion de ce voyage est que cette réapparition des dons du Saint-Esprit est une grâce venant de Dieu pour notre temps. 

*« Le mouvement de Pentecôte », Le Semeur, 1932, 35 / 1, p. 1-19.

L’article commence par un bref résumé historique des antécédents et du développement du mouvement de Pentecôte. L.D. souligne particulièrement le développement du mouvement dans les pays scandinaves et leur impact sur les autres pays européens. Quelques paragraphes sont aussi consacrés au Royaume Uni où coexistent deux mouvements : celui des Assemblées de Dieu et Elim.

Tant sur le plan de la doctrine, que des sacrements ou des ministères, le mouvement de Pentecôte reste dans la ligne du protestantisme. Même si le mouvement se développe en dehors des Églises historiques on ne peut pas pour autant le qualifier de secte.

Contrairement à la conception classique qui lie la réception du Saint-Esprit à la conversion et à l’entrée dans l’Église, le Pentecôtisme avec toute une tradition mystique, parle d’une seconde expérience qui « est une grâce d’union avec Dieu, différente de la grâce initiale par laquelle on accède au salut ».

Cette expérience peut être précédée d’un temps de préparation intérieure. Quant à la forme, elle s’apparente beaucoup au récit de la Pentecôte dans le livre des Actes et cela s’exprime le plus souvent par le signe des langues (L.D. cite le témoignage de Donald Gee). Le don peut être reçu immédiatement mais le plus souvent il y aura l’intervention d’un tiers qui dans la prière demandera que Dieu accorde l’Esprit à celui pour qui il prie.

Que se passe-t-il ensuite ? Tout d’abord la communion avec Dieu est renforcée et un plus grand discernement est donné, ce qui permet d’être plus efficace dans l’évangélisation ou le ministère. Ensuite, l’Esprit renforce l’élan de sanctification en faisant éclore le fruit de l’Esprit. Enfin, l’Esprit révèle en chacun tel ou tel don pour l’édification du corps de Christ.

Sans entrer dans un long développement quelques indications sont proposées sur le don des langues (différent du signe qui est donné au moment du baptême de l’Esprit) et sur le don de guérison (différent de la prière pour la guérison) qui est donné à certains en vue de l’évangélisation.

 

1933 [12]

 *« L’imposition des mains », Esprit et Vie, 1933, 11, p. 55-58.

   Son fondement scripturaire : Chez Jésus, le geste de l’imposition des mains (IM) est en général lié à la pratique de la guérison ou en signe de bénédiction. Les Apôtres suivront l’exemple de Jésus. Toutefois les textes du NT indiquent trois usages particuliers de l’IM : a) en vue de recevoir le baptême du Saint-Esprit ; b) pour conférer un don spirituel particulier ; c) pour consacrer certains à une tâche particulière. Plusieurs textes indiquent que cette pratique de l’IM était destinée à se perpétuer dans l’Église.

    Sa signification spirituelle : La méfiance actuelle de certains vis à vis de l’IM (geste hypnotique !) n’a pas lieu d’être si l’on reste fidèle à l’enseignement biblique.

a)     L’IM rappelle aux chrétiens qu’ils sont membres les uns des autres et qu’ils forment un seul corps. Celui qui impose les mains aux autres, le reçoit aussi des autres ce qui entretient une humilité effective dans les corps de Christ.

b)     L’IM est un rite qui favorise l’amour fraternel puisque par ce geste nous nous faisons proches les uns des autres.

c)     L’IM est un acte décisif de foi qui, beaucoup plus que nos paroles, révèle le sérieux de nos dispositions.

Y a-t-il une action réelle, une influence qui s’exerce dans ce geste ? On peut le croire sans chercher à l’expliquer.

   Quelques problèmes pratiques :

a)     Qui doit imposer les mains ? Pour l’IM aux malades, tous les chrétiens sont habilités. Pour le baptême du Saint-Esprit ou pour une consécration spéciale, cela doit être réservé à ceux qui ont une charge. C’est un acte solennel. Ce rite ne doit jamais devenir mécanique. Il faut y être conduit par l’Esprit.

b)     L’IM doit-elle avoir lieu en public ? L’IM n’a pas de raison d’être en l’absence de témoins. Ce qui pose aujourd’hui problème, c’est l’IM à tous les malades qui se présentent à une réunion.[13] « S’il faut s’attendre aux signes, il est légitime de pratiquer l’IM, qui fait normalement partie de la prière pour ces signes et de leur attente. » Si un serviteur de Dieu se sent poussé par Dieu à pratiquer l’IM, que l’assemblée, au lieu de critiquer et de rester incrédule, le soutienne par sa prière. Négliger l’IM, c’est se priver de grands biens spirituels. « Ici comme dans toutes les questions qui ont trait au Réveil spirituel, la voie où Dieu nous appelle est pleine de sécurité pourvu que nous réglions toujours notre conduite sur une étude sérieuse de l’Écriture, en même temps que sur les directions précises et actuelles qui sont données par le Saint-Esprit à tous ceux qui les demandent au nom de Jésus ».

 

*« Un Évangile total », Esprit et Vie, 1933, 13, p. 72-73 & 1933, 14, p. 79-81.[14]

     L.D. veut développer ici « quelques (4) aspects du message chrétien dont les églises protestantes de langue française ont spécialement besoin en ce moment […] et montrer au sujet de chacun d’eux 1° la nécessité de remettre en lumière cet aspect du message ; 2° le danger qu’il y aurait à isoler chaque aspect des trois autres ; 3°  l’harmonie qui s’établit quand chacun de ces quatre aspects du message est rapproché des trois autres. »

1.     L’autorité de la Parole de Dieu : Affirmée par la Réforme, elle est contestée au sein même du protestantisme par une approche rationaliste et critique. L’alternative n’est pas une orthodoxie morte qui aboutirait à un esprit de parti et à de vaines polémiques. Seule la conversion des cœurs et le renouvellement de l’intelligence nous permettra de demeurer fidèle à l’évangile total et de convaincre paisiblement et par la prière ceux qui « mettent l’intelligence au-dessus de la Bible ».

2.     La nouvelle naissance : « Comment peut-on développer en Christ, des gens qui ne sont pas nés en Christ ? » C’est le défi posé aux églises multitudinistes (L.D. dit « organisées ») qui trop souvent réduisent la foi à un formalisme où l’on se concentre sur la morale, l’éducation, la pédagogie. Il est vrai que le Réveil à parfois isolé l’appel à la conversion des autres aspects du message chrétien (autorité de la Parole, dons du Saint-Esprit, doctrine de l’Église). Pour éviter cet écueil, il faut comprendre que la conversion est « un seuil que l’on franchit » (souvent avec émotion) mais ce pas doit être suivi d’un engagement dans l’église où l’on recevra tout ce qui est utile à la vie de foi.

3.     Le baptême et les dons du Saint-Esprit : Cette expérience se manifeste en plusieurs pays depuis les débuts du 20e siècle. Même si on peut parler de déviations du Réveil cela est dû au fait que l’homme garde sa liberté. Notre vigilance doit être à la mesure de la grâce.

4.     La doctrine biblique de l’Église : L.D. conçoit « l’église de multitude » surtout comme une église « très confuse et comportant une multitude de problèmes très embrouillés », mais très éloignée de ce que doit être l’Église de Jésus. Les églises de professants n’ont pas eu non plus, pour la plupart, une vraie doctrine biblique de l’Église. La doctrine de l’Église que prône le Réveil, c’est « Christ d’abord, ensuite SON Église qu’Il édifie par le Saint-Esprit ». Le principe de cette Église est l’amour tel que le définit 1 Cor. 13 : l’amour, c’est Christ lui-même demeurant en nous. « Etre en Christ, être dans l’amour, être dans l’église, sont trois expressions bibliques équivalentes. […] L’Église dans l’amour est la plus haute réalisation du christianisme sur la terre, en attendant que Jésus revienne. C’est pour fonder et maintenir cette Église, que Dieu accorde, à la prière de son Fils, le baptême des croyants dans le Christ-Esprit. […] C’est à l’Église, unie dans l’amour, et non au croyant isolé, que Dieu accorde les dons spirituels. […] L’Église visible doit être l’Église du Seigneur Jésus. L’Église du Seigneur Jésus doit être visible. » Cette doctrine de l’Église est le lien qui unit toutes les vérités du Réveil.

 

*« Les faux cultes », Esprit et Vie, 1933, 15, p. 87-88.

Les faux cultes (FC) ne nient pas ouvertement les grandes vérités chrétiennes mais ils les expliquent à leur manière, ou leur surajoutent des erreurs et de soi-disant nouvelles révélations.

1.     Vérités bibliques au sujet des FC : Les FC sont prédis par le Seigneur et par d’autres textes du NT. Ils existaient au temps de l’Église primitive. Ils seront florissants dans les temps de la fin.

2.     Multiplication de FC au 19e s. et à notre époque : L.D. cite quelques-uns de ces nouveaux mouvements. Ces FC prônent un autre évangile ; ils ajoutent de nouvelles révélations à la Bible ; ils ont souvent une femme comme fondatrice à qui ils reconnaissent une autorité d’enseignement ; ils encouragent des comportements contraires à la Bible. Il faut juger les FC à leurs fruits : l’amour, la joie…

3.     Le Réveil de Pentecôte est-il un FC ? : Ce n’est pas parce que le Réveil, comme certains FC, encourage les dons spirituels qu’il en est un. Les manifestations spirituelles et les miracles existaient au temps des Apôtres sans que l’on pense que cette Église était un FC. Le Réveil n’ajoute rien à la Bible et veille à cultiver le fruit qu’est l’amour.

4.     Les critiques adressées au Réveil sont salutaires : Le Réveil peut dévier s’il met en avant les dons spirituels et laisse d’autres choses importantes de côté ; s’il ajoute à ces dons des innovations venues d’ailleurs. L’avertissement est particulièrement nécessaire pour tous ceux qui ont une responsabilité dans le Réveil.  Puissent-ils rester humbles.

*« Pourquoi le Réveil ? », Esprit et Vie, 1933, 16, p. 95-97  & 1933 (18), p. 111-112.

Cet article est un enseignement et une exhortation sur la nouvelle naissance.

1.     Les textes fondamentaux : Jean 3-4 et Rom 1-8. L’auteur signale les divers termes employés dans la Bible.

2.     Ce qu’est la nouvelle naissance : une grâce, c-à-d un don qui vient du cœur de Dieu. « Sans doute avez-vous été baptisés enfant ? C’est un fait qui nous prouve que Dieu veut pour vous la nouvelle naissance. Car s’il a permis que vous ayez le signe extérieur, à combien plus forte raison veut-Il pour vous la réalité intérieure et spirituelle ».

3.     Qui est Jésus : bref rappel de la christologie classique avec insistance sur la résurrection (4 arguments).

4.     Etes-vous né de nouveau ? Cela revient à faire une alliance personnelle une fois pour toutes avec le Seigneur.

5.     Les fruits de la nouvelle naissance : Sans nous appuyer sur nos sentiments, nous pouvons croire que Jésus nous donne a) le pardon complet ; b) une vie nouvelle ; c) la certitude de la vie éternelle.

6.     La confession du nom de Jésus : Partager sa foi est une condition indispensable pour ne pas régresser. Rechercher l’encouragement d’autres chrétiens et s’attacher à une Église de Réveil est conseillé (allusion au baptême reçu enfant : par la nouvelle naissance on est né d’eau et d’Esprit).

7.     Les moyens de grâce : Prendre garde à l’orgueil spirituel, ne pas se reposer sur une expérience passée, éviter la dissidence. Nous serons aidés par la prière, l’étude spirituelle de la Bible, le ministère des pasteurs et les réunions, la Sainte-Cène.

8.     Quelques mots sur la Sainte-Cène : elle est le sacrement par lequel votre foi sera nourrie et fortifiée. Dans une Église de Réveil, la Sainte-Cène doit être célébrée fréquemment, et tous les croyants nés de nouveau doivent se retrouver sans exception à la Table de leur Père. « Sans la nouvelle naissance, la Sainte-Cène n’est qu’une forme vide. Communier indignement c’est avant tout communier sans avoir répondu à l’appel de la nouvelle naissance ».

(suite)

1.     Parce que Dieu ne change pas : Dieu veut que son Église soit vivante ; que les âmes soient sauvées ; que les vies soient transformées. Si cela ne se produit pas ce n’est pas la faute à la société mais aux croyants qui ne se confient plus en la puissance de Dieu.

2.     Parce que Dieu a le formalisme en horreur : ce formalisme, culte extérieur où le cœur n’est pas donné à Dieu, est le grand péché des Églises protestantes. Il s’explique parfois par l’ignorance qu’ont les fidèles de la grâce. Cela conduit souvent au relâchement dans la vie spirituelle et ecclésiale et aboutit au mensonge quand on promet d’être fidèle à Dieu sans y donner de suite (comme si souvent lors de la première communion). « Cela n’explique-t-il pas pourquoi la bénédiction de Dieu ne repose pas sur les Églises protestantes ? »

3.     Parce que Dieu veut que les âmes soient sauvées : « La religion chrétienne n’est pas une vague croyance ; elle n’est pas une morale. Elle est la révélation de Dieu en Jésus le Sauveur […] Le Réveil consiste à quitter le formalisme pour venir à Jésus. […] Sans Jésus, la vie est toujours finalement un échec. » L’article se conclut par un appel.

*« La Sanctification », Esprit et Vie, 1933, 17, p. 103-104.

1.     Le principe de la sanctification (S) : La S est l’œuvre de Dieu dans le fidèle, au travers du Sang, de la Parole et de l’Esprit.

2.     Le but de la S : Elle ne consiste pas à faire le bien par nos propres forces mais à nous rendre la ressemblance avec notre Père.

3.     La sanctification exclut-elle toute chute ? : La S consiste à nous éloigner du péché mais cela se poursuit à travers même les résistances et les chutes de l’homme.

4.     Y a-t-il une « expérience » de S ? : La S n’est pas une expérience, ni une suite d’expériences, mais une marche. Elle consiste non seulement à reconnaître Jésus comme Sauveur des péchés passés mais aussi comme Seigneur de sa vie nouvelle. Sans ce don de soi total au Seigneur (c’est en principe ce que l’on vit à la nouvelle naissance), on risque une vie spirituelle médiocre.

5.     La part de l’homme dans la S : a) La Foi – La mort à nous-mêmes ne consiste pas en préceptes que nous nous imposerions mais en une communion de foi avec Jésus. La S progresse donc dans la mesure où le fidèle demeure en Jésus par un usage intelligent des moyens de grâce.

b) L’obéissance – Celle-ci n’est pas conformité sèche et froide à une Loi mais amour brûlant de Dieu et du prochain. Ce but de vie ne sera pas forcément compris du monde, mais il nous apportera une vie abondante.

6.     Comment connaître la volonté de Dieu : «  Dieu a un plan précis pour la vie de chaque croyant né de nouveau. Si nous contrarions ce plan par une désobéissance, notre Père reforme, pour ainsi dire, un nouveau plan, où il y aura place pour la souffrance, mais où notre S et notre joie se développeront ». a) par la prière ; b) par la Bible ; c) par les signes d) par notre bon sens sanctifié. Cette recherche de la volonté de Dieu est indispensable pour les décisions importantes de notre vie ou de la vie de l’Église.

7.     À quoi on reconnaît une vie sanctifiée : a) vigilance à rejeter le péché ; b) la vie du croyant est séparée du monde ; c) le croyant que Dieu sanctifie accepte les grandes épreuves et les petites contrariétés ; d) la note dominante de sa vie est l’amour et la joie paisible.

*« L’Église de Jésus-Christ », Esprit et Vie, 1933, 19, p. 119-120

1.     L’Église (E) d’après l’Écriture : L.D. utilise 3 images néotestamentaires pour définir l’E. : un édifice, un corps, une épouse.

2.     Le principe de l’E : c’est l’amour de Jésus, reçu de Dieu et qu’aucun effort humain ne peut produire.

3.     La réalisation de l’E : se fait à travers l’imperfection des hommes. l’E est réalisée « là où la Bible est prêchée, là où le baptême et la Sainte-Cène sont pratiqués avec foi. […] Quand l’E. est en état de Réveil, elle est conforme au modèle du livre des Actes et des Epîtres. On reconnaît l’E. de Réveil en particulier à ceci, qu’elle est missionnaire, c-à-d qu’elle s’accroît sans cesse de nouvelles âmes sauvées ».

4.     La vie de l’E. de Réveil : Elle doit rester humble et servante de tous. Ses membres sont unis par l’amour et se fortifient par le culte d’adoration (et de Sainte-Cène) et des réunions d’étude biblique et de prière. Place est faite aux dons spirituels. Les pasteurs sont les conducteurs spirituels.

*« La sanctification de l’argent », Esprit et Vie, 1933, 19, p. 127

1.     L’argent doit-il être sanctifié ? : Tout notre être est appelé à la sanctification donc aussi notre vie matérielle et notre argent. L’A est une des idoles du monde moderne que nous devons briser.

2.     Principes bibliques de la sanctification de l’argent :

-    Dieu est le propriétaire réel de tous nos biens.

-    L’homme est gérant et est appelé à faire valoir les dons spirituels et matériels que Dieu lui confie.

-    Tout gain est pour le chrétien une occasion de rendre grâces et de prier.

-    Dieu manifeste son droit de propriété en nous demandant de consacrer une part de tous nos revenus (dîmes).

-    Le chrétien fixe librement la part de Dieu, dans la prière. « En règle générale, il est rare que Dieu demande au chrétien une dîme inférieure à celle que donnait le Juif ».

-    La part de Dieu doit être faite sur toutes nos ressources.

-    La part de Dieu est mise de côté à la maison et mise en commun à l’église qui priera pour déterminer son utilisation.

-    Certains peuvent renoncer à tout bien matériel et vivre par la foi. Pour les autres, l’argent qui reste doit être utilisé pour le bien et non des vanités. Des offrandes peuvent être faites sur la part de bien qui nous reste.

-    Cette obéissance à la Parole de Dieu est source de bénédiction.

 

*L’argent, Valence, Fédération Protestante de Drôme et Ardèche, 22 p.[15]

I. L’idolâtrie de l’argent (l’A)

1. L’argent est-il une chose mauvaise ? Pas en soi car il n’est qu’un signe qui permet les échanges commerciaux. C’est le cœur mauvais de l’homme qui peut pervertir l’A.

2. Rapports entre l’argent et le péché : Le péché est la rupture fondamentale avec D. (d’où découle les fautes que nous commettons). Séparé de Dieu l’homme tombe dans l’idolâtrie.

    -  L’idole est une chose qui n’a par elle-même ni valeur, ni supériorité spirituelle.

    -  L’idole est investie par l’homme d’une puissance, d’une force obscure à laquelle dès lors il se fie.

    -  L’homme projette sur l’idole ses propres passions, aussi l’idole est-elle dure, cruelle, sanguinaire et impudique.

-  L’idole ne peut rien faire pour l’homme car elle est un dieu mort. Mais pris dans son mensonge, l’homme refuse sa reconnaissance au Dieu vivant.

    L’A. présente tous ces caractères de l’idole.

L.D. évoque alors plusieurs situations qu’il a connues comme pasteur où l’on voit bien l’emprise de l’A. sur les cœurs. Cela se vérifie aussi malheureusement dans le protestantisme : « Quel est le but du ministère pastoral aux yeux de nos masses détachées ? Le pasteur fait les cérémonies quand on en a besoin… et le reste du temps, il se débrouille pour faire rentrer l’argent […] S’il y a de l’argent, l’église est sauvée. Qui se préoccupe de savoir s’il y a de la vie spirituelle ? »

3. Rapports entre l’argent et le réveil : Le Réveil de l’âme consiste à adorer J-C. Pour que Jésus soit adoré, il faut que l’idole soit brisée.

-  Le Réveil signifie la prédication, par les pasteurs, du message de la nouvelle naissance. En naissant de nouveau, mes rapports avec les hommes et les choses sont transformés (par ex., renoncer à l’avarice qui est une idolâtrie). Être chrétien ce n’est pas adhérer à une institution mais devenir une âme qui possède au fond du cœur le germe de la vie divine.

-  Le Réveil signifie, pour les chrétiens, l’obéissance à la Parole de D. dans tous les domaines. « Si votre argent est un domaine réservé, à côté de votre vie religieuse, ne prétendez pas avoir l’assurance de votre salut […] Il n’y a donc aucun autre remède à l’idolâtrie de l’argent qu’une vraie nouvelle naissance, suivie d’une vie sanctifiée par grâce ».

II. La sanctification de l’argent.

Le chrétien est mis à part pour être saint, par un décret divin. Nous le vivons en recherchant la sanctification, c-à-d en nous livrant entièrement à D. qui agit en nous par sa Parole et par son Esprit.

1. Premier principe : Dieu, seul propriétaire. Tous nos biens appartiennent à D., en tant qu’Il est le Créateur et le Rédempteur. Cela ne peut être accepté que par ceux qui sont entré dans l’alliance de D.

2. Deuxième principe : l’homme gérant. De même que les dons spirituels nous sont donnés pour les faire valoir, de même les biens matériels sont des dépôts dont il nous sera demandé compte. Vivre en sachant que nous dépendons de D. nous libère de la quête effrénée de l’argent, nous fait reconnaître la valeur du travail et nous entraîne à l’action de grâce. Cette gérance nous conduit à utiliser l’argent avec sagesse, c-à-d non en vue de mes désirs égoïstes mais d’abord pour les autres. C’est malheureusement souvent le contraire qui se passe et cela a des conséquences sociales graves. Les chrétiens sont appelés au partage fraternel et pas seulement à compter sur l’assistance de l’État.

3. La question de l’épargne. Epargner est une démarche raisonnable et louable mais qui peut aussi basculer dans l’hypocrisie d’une idolâtrie déguisée. « Il n’y a de véritable épargne que là où l’on a l’intention d’utiliser l’argent épargné ». D. reste maître de notre capital épargné ; ne pas vouloir y toucher c’est lui désobéir. C’est aussi souvent le signe d’un manque d’amour du prochain qui à cause de notre refus de toucher à notre épargne ne sera pas aidé.

4. La part de Dieu. La nouvelle alliance n’abolit pas la dîme, mais désormais elle se vit sous le régime de la grâce et découle d’un cœur nouveau.

-   Le montant de la dîme se détermine dans la prière (« Il paraît difficile que l’amour du chrétien la fasse descendre au-dessous du dix pour cent que donnaient les Juifs »). Pratiquer la dîme s’est s’exercer à la générosité et cela pourra varier selon les situations ou les revenus. Cette part est mise de côté à l’avance.

-  À côté des dîmes il y a aussi les offrandes volontaires, souvent offertes de manière imprévues.

-   Par un appel spécial de D. certains peuvent choisir de vivre par la foi. Ces personnes deviennent des témoignages vivants de la fidélité divine et reçoivent aussi de D. une grande puissance pour sauver les âmes.

Brève conclusion où L.D. souligne que le sérieux du réveil s’éprouve aussi dans le sérieux par rapport à l’A. À plusieurs reprises dans cette brochure, L.D. sait faire preuve d’ironie mordante (p. 8, 16)

 

 

1934

*Neff  Félix, Lettres de direction spirituelle inédites (Complément à la biographie de l’apôtre des Hautes-Alpes, avec une préface de Louis Dallière, Nouvelle société d’éditions de Toulouse,  Dieulefit, 1934, 161p. (préface = p. 5-10).

« Il y a une grande beauté dans une vie achevée. Tant que la vie se fait, nul n’en discerne le plan, que Dieu seul connaît. Quand la fin est venue, plus encore le recul du temps, tout s’éclaire dans la destinée de celui qui a vécu en communion avec son Dieu. Par la foi et par l’obéissance, il a suivi un plan mystérieux encore pour lui. Dieu est fidèle, et la vie de l’homme qui s’est confié en lui, est un chef-d’œuvre, réalisé par l’architecte divin, malgré les faiblesses et les chutes de son enfant. »

Ces lettres sont la seule œuvre écrite laissée par le grand évangéliste des Hautes-Alpes. Elles nous révèlent que Neff est « un chrétien sans titres ni diplômes qui va droit au but, au cœur de l’homme à qui il parle ». La manière d’agir de Neff rappelle celle d’autres figures des Réveils : fidélité au message de la Bible mais sans excès doctrinaires afin de privilégier une foi vécue et engagée. De même le Réveil dont Neff fut l’artisan s’est fait au-dedans de l’Église et pas en rupture avec elle. Il nous offre aussi l’exemple d’un serviteur de Dieu courageux et désintéressé malgré les oppositions rencontrées et qui ne chercha rien d’autre que de glorifier son Seigneur.

*« Études bibliques sur l’Epître aux Ephésiens », Esprit et Vie, 1934, 20, p. 141-142 ; 21, p. 153-154 ; 22, p. 165-166 ; 23, p. ; (2) p. 177-178 ; 24, p. 189-190 ; 25, p. 201-202 ; 26, p. 213-214 ; 27, p. 225-226 ; 28, p. 237-238 ; 29, p. 249-250 ; 30, p.261-262 ; 31, p.273-274. (Cette série sera rééditée ultérieurement sans pagination).

N° 1 : Introduction sur l’Église d’Ephèse (à partir des Actes). § sur la question du rebaptême.

N° 2 : Caractères généraux de l’Epître : Est-ce une lettre circulaire ? Elle se présente comme un exposé systématique de pensée chrétienne et est centrée sur l’exposé d’un « mystère », celui de l’Église composée de Juifs et de Païens.

N° 3 : Chap. 1 – Construit sur une structure trinitaire qui, sous forme de louange, met en avant le projet éternel de Dieu, comment il se réalise dans la croix du Christ, et comment l’Esprit l’accomplit aujourd’hui en unissant Juifs et Païens.

N° 4 : Chap. 1 (suite) – La louange du début prépare la prière d’action de grâces de Paul en lien avec la foi et l’amour des Ephésiens. Mais il souhaite que cette église développe aussi les dons de sagesse et de connaissance.

N° 5 : Chap. 2 – Explication des expressions difficiles, notamment ce qui touche à la culture juive. Reprise des différents § de ce chapitre en lien avec des thèmes semblables dans d’autres écrits de Paul.

« La doctrine de ce passage apporte la pensée nouvelle, qui caractérise l'épître aux Ephésiens : celle de la réconciliation des êtres en Christ (2/15-16, 1/10). Aussi ce qui est dit des Juifs et des Païens s'applique à toutes les séparations que les hommes ont dressées entre eux par leur péché. En Christ les barrières de nation tombent : la seule vraie Société des Nations est celle des disciples unis par la communion du Saint-Esprit. Les barrières de race tombent : la seule vraie colonisation est la Mission où Noirs, Jaunes et Blancs ne forment plus qu'un seul corps, en Christ, par l'Esprit. Les barrières de classe tombent : le seul vrai socialisme est celui des églises de Réveil où le pauvre et le riche, l'ignorant et le savant, prient tous comme des enfants qui reçoivent le pain de leur Père. Les barrières du cœur tombent : la seule vraie paix, au foyer, au village, dans tous les groupes humains, est celle qui se trouve au pied de la Croix, dans le pardon reçu de Dieu, et qui a pour conséquence le pardon mutuel de tout un passé mauvais ».

N° 6 : Chap. 3 – 2 parties. V. 1-13 La doctrine de l’Église c’est toute la vie de Paul depuis la rencontre de Jésus sur le chemin de Damas jusqu’à son emprisonnement. Pour unir par l’Évangile les Païens aux Juifs, Paul est prêt à tout. V. 14-21 Invocation de la Trinité qui débouche sur une plénitude d’amour ici-bas, par Christ

N° 7 : Chap. 4 – Début d’une partie plus pratique et pastorale : marcher en enfants de lumière. Mais cette obéissance n’est pas légaliste mais vient du cœur qui communie avec le Seigneur. Cet amour rend possible dans l’Église (qui est d’abord une réalité locale) l’unité (v. 1-6) dans la diversité (d’origine non pas naturelle mais surnaturelle car accordée par l’Esprit).

N° 8 : Chap. 4 : Suite d’exhortations. 1° (4.17-24) Une vraie nouvelle naissance qui rend possible une Église réellement vivante car composée de personnes régénérées par Dieu. 2° (4.25-30) Quatre attitudes à surveiller et à changer : mensonge, colère, improbité, paroles méchantes. Se livrer à cela attriste l’Esprit.

N° 9 : Chap. 4-5 : 1° (4/31-5/2). Imitateur du Dieu d’amour en aimant les frères, en leur pardonnant. Cet amour vient de Christ par l’Esprit. 2° (5/3-14) La pureté doit être recherchée mais à la lumière de Christ. 3° (5/15-21) La paix et la joie par l’Esprit (note sur le catéchuménat).

N° 10 : Chap. 5-6 : femme, enfant, esclave (chrétiens) doivent se soumettre au mari, père, maître. Ces derniers ont cependant des responsabilités importantes dans un esprit de soumission à Christ et de service. Ces remarques sur la famille soulignent que l’Église est aussi une famille dont Christ est l’Epoux.

N° 11 : Chap. 6 : L’Église est aussi une armée qui combat dans les lieux célestes et sa victoire lui vient de sa communion avec Christ. Le chrétien n’a pas à combattre avec violence ou en paroles, mais par la prière. Accepter que nous vivons dans des temps mauvais. Description de l’armure en lien avec l’œuvre de Christ.

N° 12 : Conclusion – 1. Le Saint-Esprit dans l’épître ; 2. Actualité de l’épître ; 3. Quelques sujets d’études bibliques.

*« La prière + les réunions de prière  », Esprit et Vie, 1934, 20, p. 132 & 132-133.

1.     Importance de la prière : « Nos études ont abordé maintenant les quatre points principaux du Réveil : nouvelle naissance, sanctification, baptême du Saint-Esprit, Église de Jésus-Christ. Au cœur de toutes ces choses, nous retrouvons sans cesse la prière. Par la prière vraie se manifeste la vie spirituelle. On apprend à prier par l’étude des Écritures (Luc 11/1, c’est Jésus qui seul peut enseigner à prier) et par la pratique, sous l’action du Saint-Esprit (Rom 3/26, Ephés 6/18, soulignez par l’Esprit). »

2.     Le maître : I. Quelques enseignements de Jésus. II. La vie de prière du Seigneur. III. Jésus priant. (3 listes de passages bibliques)

3.     Qu’est-ce que la prière ? : La prière est avant tout un état de communion du cœur avec Dieu. « C’est pourquoi la prière ne peut exister qu’au nom de Jésus = sous le sang de Jésus = par le Saint-Esprit qui nous donne cette communion. La prière est donc avant tout un acte de repentance et de foi » en la grâce du Père. Dans cette communion, Dieu nous éclaire et nous commençons à nous voir et à voir les choses comme Dieu les voit. Cela doit nous pousser à la louange et oriente notre intercession. Cette prière de la foi – qui ne consiste pas à nous forcer de croire – est formée en nous par l’Esprit.

4.     La prière est-elle toujours exaucée ? : Oui, dans le cas de la prière véritable, celle qui est nourrie de l’Écriture et inspirée par l’Esprit.

 

*Les réunions de prière (RP) :

1.     Le principe des RP : est attesté dans le NT. « Ces réunions constituent le cœur d’une église de Réveil ».

2.     Résultats des RP :

-    C’est là que les chrétiens apprennent à s’aimer (citation de Finney).

-    C’est là que les chrétiens apprennent à prier, que peuvent se manifester des dons spirituels.

-    C’est là que les victoires sont remportées et que se prépare la croissance de l’Église.

-    C’est là que les nouveaux-nés de la foi peuvent commencer de confesser le nom de Jésus.

-    C’est là que les chrétiens réunis peuvent vraiment intercéder pour leur frère en la foi.

3.     Pourquoi faut-il intercéder ? : « Quand l’Église prie ainsi en commun, il y a sur elle une puissance de l’Esprit qui rayonne d’elle, et fraye les voies à l’action de Dieu sur les autres […] La prière d’intercession agit en vertu de la solidarité qui unit les hommes : je prie : et un autre est béni. Je reçois une bénédiction parce qu’un autre a prié pour moi […] La prière d’intercession est la grande puissance du chrétien et de l’Église ».

 

4.     Quelques recommandations pratiques :

-    Dans les RP, priez à genoux (Luc 22/41), tout en laissant une grande liberté aux autres.

-    Priez tout de suite, sans attendre la fin de la RP ou laisser trop de silence. Jetez-vous dans la prière comme un nageur se jette à l’eau.

-    Priez sans crainte, comme si vous étiez seul devant Dieu, tout en gardant une grande disposition intérieure d’amour pour ceux qui sont dans la réunion.

-    N’ayez pas peur de répondre « amen ».

-    La réunion de prière n’est pas réservée à quelques personnes pieuses. Toute âme née de nouveau doit faire partie d’au moins un groupe de prière en commun.

-    Pour que chacun puisse prier, il ne faut pas être plus de 25-30 personnes. Ne pas craindre de multiplier les groupes selon les besoins (citation de Finney).

 

 

 

*« Que faites-vous de Calvin ? », Esprit et Vie, 1934, 21, p. 143-145.

Les positions de Calvin et du Réveil sur les dons du Saint-Esprit et sur le baptême sont si différentes que se pose la question de savoir quelle place accorder à l’enseignement du réformateur.

Depuis la 1ère Guerre Mondiale, on note un regain d’intérêt pour les écrits de Calvin, notamment chez K. Barth. L.D. se rallie à ce mouvement qui a le mérite de ne plus chercher à fonder la théologie sur la philosophie ou la psychologie, mais sur la Parole révélée de Dieu, porteuse d’absolue vérité. L.D. salue tous ceux qui dans le protestantisme de son temps ont mené ce combat contre un humanisme religieux qui ne prêche plus la recréation de l’homme par la Parole de Dieu incarnée en Jésus-Christ.

Revenir à Calvin ce n’est pas cependant croire que son enseignement soit à mettre au même plan que la révélation divine dans l’Écriture. Calvin a écrit à une époque où les questions étaient différentes de celles qui se posent aujourd’hui. À son époque, il existait encore une chrétienté et la question de la conversion ne se posait pas. Sur certains points, Calvin doit être complété, voire même abandonné ou corrigé. Il faut toutefois retenir un enseignement central de Calvin : la gloire et l’honneur de Dieu.

« Conduits à la Parole de Dieu par Calvin, nous apprécions Calvin à la lumière de la Parole de Dieu et non la Parole de Dieu à la lumière de Calvin ». En observant comment se présente dans le Nouveau Testament le ministère apostolique, on peut reconnaître en Calvin un don de connaissance et de foi au travers duquel Dieu, à son époque, a pu agir puissamment. Mais à chaque époque Dieu suscite des hommes différents pour répondre à des besoins différents. En regardant l’histoire passée, nous voyons que ces ministères se complètent les uns les autres.

« L’unité de notre pensée se fait, au sommet, par la Parole de Dieu. Elle est l’autorité absolue et infaillible vers laquelle nous conduisent tous les apôtres de Jésus. Les parties de leurs doctrines qui n’étaient pas de Dieu mais des hommes, tombent peu à peu avec le temps. Ce qu’ils ont reçu de la Parole éternelle par le Saint-Esprit, c’est le roc de leur œuvre. De ce roc est pavé le chemin qui nous conduit nous-mêmes au service de leur Maître, et notre Maître, notre Seigneur Jésus-Christ. »

 

*« Quelques conditions du Réveil », Esprit et Vie, 1934, 21, p. 146-147.

1.   « Le Réveil ne peut éclater que là où des hommes reçoivent la Parole de Dieu pour ce qu’elle est, c-à-d la parole même d’un Dieu vivant, qui est toujours le même. » Cela oblige à prendre le contre-pied de la pensée moderne pour qui Dieu ne parle pas et ne peut pas parler. On cherchera même à expliquer de manière psychologique le fait que certains croient que Dieu leur parle.

2.   « Les hommes qui ont été saisis par le Dieu qui parle s’appliquent en retour à Lui parler par la prière ». Prier c’est accueillir au présent les promesses de Dieu et ne plus les repousser au futur en y mettant toutes sortes de conditions préalables pour qu’elles s’accomplissent. Le Réveil n’est pas question de théorie et de bavardages mais de prière.

3.   « Parmi les sujets de prière des ouvriers du Réveil, il en est un, particulièrement important, qui ne doit jamais être négligé : c’est la prière d’intercession pour les pasteurs ». Prier pour les pasteurs déjà acquis au Réveil, pour ceux qui doivent encore l’être mais que diverses raisons retiennent, pour les pasteurs qui masquent leurs problèmes derrière un voile de religiosité. Prier aussi pour que soient suscitées de nouvelles vocations.

4.   « La prière fondée sur la Parole de Dieu est exaucée à condition que ceux qui en vivent, vivent aussi dans l’obéissance. On ne croit pas sincèrement au Dieu qui parle si on ne Lui obéit pas ». Le Réveil est une guerre et le Seigneur ne pourra remporter des victoires que s’il dispose de fidèles prêts à obéir. Le plan du Seigneur se révèle au fur et à mesure et notre obéissance sera donc une nécessité de tous les jours.

 

*« Baptême de souffrance », Esprit et Vie, 1934, 22, p. 155-156.

Méditation sur le verset de Luc 12.50 : « Il est un baptême dont je dois être baptisé et combien il me tarde qu’il soit accompli ». Ce baptême, après le baptême d’eau et d’Esprit, ce sera l’expérience de la souffrance et de la mort. Cela aurait pu lui être épargné comme à Hénoc ou Elie, mais par là Jésus révèle son amour infini pour l’humanité. Ce que nous nous voulons éviter à tout prix, Jésus le recherche. Par ce baptême Jésus nous révèle aussi son courage. Par là, il révèle sa pureté puisque ce baptême, sa mort sur la croix où il a été fait péché pour nous, devient le seul remède efficace contre le péché qui se niche en notre cœur.

Quand à notre tour nous ferons l’expérience de la souffrance, souvenons-nous de son amour, de son courage, de sa pureté.

[Ce texte de L.D. est écrit avec beaucoup de lyrisme]

*« Toi aussi tu es de ces gens-là ? Luc 22/58 », Esprit et Vie, 1934, 23, p. 167-169.

Article biographique où L.D. donne un aperçu de son cheminement spirituel. Il souligne le fait que son adolescence s’est passée avant 1914. Parle de l’influence de la lignée paternelle, du rôle de son pasteur (Edouard Rayroux) et de sa mère dont l’exemple mit toujours en avant que la foi se résume à l’amour. Désireux de travailler « dans la réalité concrète de la vie des hommes », L.D. renonce à une carrière de professeur de mathématique pour devenir pasteur. Vont suivre dix années de labeur intellectuel (notamment l’étude de la philosophie et l’influence de W. E. Hocking et d’Augustin) et d’expériences diverses, avec malgré tout le sentiment  d’une « morsure d’inquiétude et de tristesse » lui faisant souhaiter une plus grande plénitude dans sa vie spirituelle. En 1924, c’est l’arrivée comme pasteur à Charmes-sur-Rhône. L.D. est un pasteur zélé mais toujours en quête « de l’union de l’âme avec Dieu, de la plénitude de la joie, et de l’amour des âmes entre elles dans la vraie Église de Christ ». Au bout de cinq ans, L.D. s’abandonne à Dieu à la Croix : « tout ce que j’avais compris dans la tête, descendit dans le cœur … Ce fut une alliance éternelle, sur laquelle je risquai tout mon être … Depuis ce jour-là, le ministère fut guidé pas à pas. Je n’étais plus un bon pasteur, ni un mauvais, mais un serviteur de Jésus pour un Réveil venant de lui ».

À la lecture d’un livre de Torrey, L.D. comprend qu’il doit demander le baptême du Saint-Esprit. Il s’enferme un jour dans le temple et saisit par la foi cette promesse de l’effusion de l’Esprit. « Il ne se passa rien en apparence. Mais je fus conduit de transformation en transformation intérieure … C’est dans cette période que je compris, par une sorte de révélation, qu’en accomplissant le plus consciencieusement possible le ministère d’un bon pasteur, je n’étais pas forcément dans le plan de Dieu. Souvent au contraire, j’endormais par mon zèle, les âmes, dans des formes qui n’avaient plus, pour elles, aucun rapport avec l’Évangile ». Suit une période de vingt mois d’attente où L.D. approfondit sa réflexion sur le Saint Esprit, le pentecôtisme, le réveil, jusqu’à sa rencontre avec Douglas Scott en janvier 1932. L.D. demande l’imposition des mains et une semaine plus tard, « une nuit étant seul au presbytère… Il y a ici un mystère sacré ». Tout son ministère s’en trouve alors transformé.

*« Le baptême de Jean, d’où venait-il ? Matthieu 21/23-32 », Esprit et Vie, 1934, 23, p. 173-175.

L’article commence par une reprise du récit pour en faire ressortir la question posée en titre. C’est aussi un moyen de poser la question du baptême (B) en lien avec le réveil. Jésus devait être convaincu que le B de Jean était du ciel, ce qui revient à dire que le B d’eau est de Dieu et s’appuie sur l’autorité de la Parole plus que sur les raisonnements humains. Ce B était un B de repentance traçant la « ligne de démarcation entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance… Ce baptême exprime les réalités fondamentales du salut (Rom 6) ; le croyant couché dans le fleuve meurt à lui-même parce que son Sauveur est mort, couché sur la Croix, baptisé de souffrance : il sort de l’eau en nouveauté de vie, comme Christ ressuscité est sorti du tombeau ». En rejetant le B de Jean, les prêtres juifs ont repoussé la voie de la nouvelle naissance. De même, « quand l’Église abandonne le B de Jean, n’est-ce pas parce qu’elle a cessé de prêcher la nouvelle naissance ? Elle se met à judaïser, appuyant le salut sur la naissance naturelle et sur la bonne religion… Quand l’Église revient à prêcher la nouvelle naissance, n’est-elle pas conduite à revenir au principe du B de jean ? » Si Jésus lui-même a reçu le B, tout disciple est appelé à le recevoir de même. De cet acte d’humble obéissance découle ou non la compréhension du plan de Dieu et l’entrée dans la plénitude de la vie spirituelle.

*« Église de Réveil et Judaïsme », Esprit et Vie, 1934, 24, p. 181-183.

1.   Le mot « église » : différents termes pour désigner le lieu où les chrétiens se rassemblent (église, temple, tabernacle). En accord avec le NT, l’expression qui s’impose est celle de « maison de prière ».

2.   Une église d’après l’Écriture : elle est le fruit de l’œuvre du Christ à la Croix. Les liens qui lient ses membres sont d’une autre nature que ceux qui existent dans tout autre groupe social.

3.   L’église est une réalité universelle et chaque petite église est une cellule de ce corps.

4.   Les religions chrétiennes : « Les religions résultent de la réapparition naturelle et inévitable d’un élément judaïque ou judaïsé au sein du christianisme. Qu’est-ce que le judaïsme, sinon la forme la plus élevée de religion que l’humanité ait connue avant l’apparition du Christ ? ». Deux traits du judaïsme : l’observation de la Loi ; transmission par la naissance. Sur ces deux points, l’église primitive s’est distinguée du judaïsme. Se pose alors la question du statut des enfants de ces premiers chrétiens : « Ils ne sont pas disciples eux-mêmes, tant qu’ils ne rencontrent pas personnellement le Christ. Mais le christianisme de leurs parents se transforme pour eux en une sorte de nouveau judaïsme… Il y a analogie entre le petit Israélite d’avant Jésus, et le petit enfant de parents chrétiens… Si la nouvelle naissance est refusée par cet enfant, il gardera toute sa vie le judaïsme christianisé de son enfance ».

5.   Conséquences pour le Réveil : « Si une confession chrétienne s’endort, elle se contentera de reproduire ce genre de Juifs plus ou moins christianisés… L’église du Seigneur Jésus se retrouve à chaque époque, en présence de la même situation que l’église du NT. Elle a devant elle l’équivalent des Juifs en la personne des âmes religieuses christianisées ; elle a l’équivalent des païens en la personne des gens sans religion. En prêchant l’Évangile aux uns, puis aux autres, elle unit les hommes dans la nouvelle naissance, et, une fois de plus, il n’y a plus ni Juifs ni Païen, mais tous sont un en Christ… L’église normale est celle qui absorbe son Judaïsme à mesure. L’église anormale, que nous avons en général sous les yeux, est celle qui s’est laissée absorber par son Judaïsme ».

6.   « Tout ce qui est dit dans le NT, s’applique à la lettre aux choses et aux gens d’aujourd’hui… C’est pourquoi l’église du NT est, non seulement possible, mais la seule normale ».

 

*« Le Chrétien de Réveil et sa Bible », Esprit et Vie, 1934, 25, p. 194-196.

1.   Avoir sa Bible à soi : Traduite dans un langage moderne, pratique à emporter. Objet personnel où l’on peut noter des choses. Autant que possible, et sans en faire un fétiche, garder la même le plus longtemps possible.

2.   Pratiquer le culte de famille : Une pratique simple. Veiller à être bref pour ne pas ennuyer les plus jeunes. Il est recommandé de suivre une liste de lectures. Même si plusieurs dans la famille sont entrés dans le Réveil, ne pas faire de ce culte une réunion de prière.

3.   Lire la Bible : Non seulement pour le culte quotidien mais aussi de manière à bien la connaître. Ne pas lire de la Genèse à l’Apocalypse mais aller du plus simple au plus complexe (une classification est proposée).

4.   Etudier la Bible : Travailler des thèmes convaincus du principe que la Bible s’éclaire et s’explique par elle-même. Eviter les ouvrages qui échafaudent des théories sur la Bible sans nous mettre directement face au texte. Suggestions d’ouvrages utiles : Bible avec parallèles, concordance, études bibliques.

*« À nos amis isolés », Esprit et Vie, 1934, 26, p. 204-206

Quelques conseils à ceux qui vivent le Réveil de manière isolée, sans pouvoir s’insérer dans une église locale.

1.   Le Réveil est pour l’Église de Jésus-Christ et il se réalise par des églises plantées à sa gloire : Aucun argument ne justifie de se couper de l’église locale. « Un bon soldat de Jésus-Christ ne se retire pas de la ligne de combat, sous prétexte qu’il y souffre ». L’argument selon lequel un chrétien de Réveil a besoin d’être nourri n’est pas pertinent : Dieu peut nous nourrir par sa Parole et dans la prière.

2.   La participation à la vie d’une église locale qui n’est pas encore dans le Réveil, ne contraint personne à des compromis contre sa conscience. Exemples pour la première communion, le baptême.

3.   La participation à la vie d’une église locale non réveillée a une très grande importance : car qui sait si cette église n’est pas destinée à entrer dans le Réveil ? Cette fidélité dans la prière est exigeante mais elle prépare une église glorieuse en France et en Belgique.

4.   Dans ce Réveil, nous ne devons pas nous engager dans des problèmes et des discussions ecclésiastiques : « Il vaut mieux être un homme sans religion, qu’un homme religieux qui a mis son cœur dans les querelles ecclésiastiques ».

5.   Cette situation du croyant de Réveil isolé malgré le prix à payer peut être une vie de bonheur. On pourra comparer le Réveil à une société secrète qui accepte de rester cachée car elle fait confiance au Seigneur.

 

*« La Mission Évangélique du Congo Belge », Esprit et Vie, 1934, 27, p. 219-220.[16]

Compte-rendu du livre « God Working with them » relatant les débuts et la croissance de la Mission Évangélique du Congo (Belge). Exemple d’une mission liée au Réveil de Pentecôte. Exemple d’un ministère dont le financement repose sur la foi et la prière. Le témoignage de ces missionnaires rappelle aussi aux personnes entrées dans le Réveil, que de la même manière que Zébédée a laissé partir ses fils à la suite de Jésus, nous pourrons être amenés à laisser plusieurs de nos enfants partir au loin pour le service de l’Évangile.

*« La lenteur dans l’œuvre de Dieu selon Saint Vincent de Paul  », Esprit et Vie, 1934, 28, p. 227-229.

À partir de plusieurs extraits de la correspondance entre St Vincent de Paul et un de ses disciples, Bernard Codoing, L.D. souligne l’importance de la patience pour qui veut servir l’œuvre de Dieu. La précipitation traduit souvent un manque dans la recherche de la volonté divine et un désir de plaire aux autres. Le temps de Dieu n’est pas celui des hommes, et ce ne sera jamais notre activisme qui hâtera l’accomplissement du dessein divin.

*« Maintenons le Scandale de la Croix », Esprit et Vie, 1934, 28, p. 234-235.

Comment se manifeste aujourd’hui le scandale de la Croix et de quelle manière cherche-t-on à y échapper ? La problématique de Paul envers les Galates reste pertinente, et pas seulement parmi les chrétiens traditionnels mais aussi parmi les adhérents du Réveil. Eviter le scandale de la Croix, c’est minimiser l’œuvre de l’Esprit et revenir à la Loi. C’est ce qui arrive, chaque fois que l’on estime que l’expérience spirituelle reçue par grâce, serait en fait due à notre mérite. S’avancer pour la conversion, recevoir le baptême, accueillir une guérison ne signifient jamais que notre foi serait plus grande ou meilleure que celle des autres. Le penser, c’est en faire une circoncision, un résultat de nos mérites. Sur le plan collectif, le risque est plutôt de croire que le Réveil aboutirait à constituer une Église meilleure que les autres. Notre vocation est pourtant d’être en bénédiction à toute l’Église et cela en acceptant de mourir à nous-mêmes. Maintenir le scandale de la croix, c’est rester humble et caché, laissant à Dieu le soin d’agir au travers de nous, sans nous glorifier de rien.

*« Pas de Réforme des Formes », Esprit et Vie, 1934, 29, p. 240-242.

Le livre d’Esdras nous montre que pour réussir une œuvre de réveil, il ne faut pas s’appuyer sur l’homme mais sur l’Esprit de Dieu (aussi Zach 4.6 « ni par puissance, ni par force, mais par mon Esprit »).

1.   Ainsi, en ce qui concerne l’autorité de la Bible, contestée par certains, il ne s’agit pas de chercher à convaincre intellectuellement les prédicateurs ou les théologiens. Seul le Saint-Esprit peut convaincre celui qui doute. Notre rôle est de rester humble, de prier, d’accepter de ne pas être compris.

2.   Cela est aussi vrai pour le culte. Vouloir imposer une prétendue réforme liturgique pour laisser place à l’Esprit ne conduira à rien de bon. Mieux vaut proposer autre chose à côté, où se rassembleront ceux qui aspirent à un culte en esprit et en vérité. C’est ce que nous montre le récit de la Pentecôte : l’Esprit ne s’est pas manifesté dans le temple où était célébrée la liturgie traditionnelle mais dans l’humble rassemblement de la chambre haute.

3.   La pratique du baptême dans le Réveil n’est-elle pas cependant une réforme des formes ? Non. La compréhension du baptême par le réveil est quelque chose de neuf. C’est plutôt l’aspersion des nouveaux-nés dans le protestantisme qui est une réforme de la forme catholique sensée opérer la nouvelle naissance. Malgré tout, gardons-nous de toute polémique stérile.

*« Heures graves dans l’Armée du Salut », Esprit et Vie, 1934, 29, p. 245-247

Informations sur une prochaine question de succession à la tête de l’Armée du Salut au niveau international. Occasion de souligner toute la sympathie du Réveil pour cette œuvre de foi pour laquelle les lecteurs sont invités à prier. Il ne faut pas en effet que s’ouvre de polémique entre le mouvement du Réveil et l’Armée du Salut en cherchant les failles dont cette dernière serait victime. Au contraire, il faut entendre l’appel de l’Armée du Salut à évangéliser non seulement la France et la Belgique, mais le monde entier. Le réveil aussi veut « la France pour Christ », et tous ceux qui ont ce souci – y compris certains catholiques – doivent être respectés. L’Armée du Salut peut apporter au protestantisme ce zèle pour l’évangélisation et une vision supra nationale de cette mission. D’un autre côté sa vision plus globale peut parfois l’entraîner à méconnaître les particularités locales. Cela souligne l’importance des collaborations dans l’avancement du règne de Dieu.

*« L’Église de Réveil et les enfants », Esprit et Vie, 1934, 30, p. 253-254.

L’Église de Réveil actuelle n’est ni une église de multitude qui ignore l’appel à la nouvelle naissance, ni une église de confessants qui se replieraient sur des doctrines mais sans réelle vie spirituelle. C’est dans ce contexte que l’on peut poser la question des enfants nés de parents chrétiens.

I.     L’église de Réveil pratique la bénédiction des enfants sans en faire un nouveau rite. Vis-à-vis des enfants de ses membres, elle développe un amour particulier qui n’est pas encore l’amour des disciples entre eux, mais pas non plus l’amour des perdus. Mais un amour plein d’espérance en leur adhésion à Jésus-Christ.

II.    La faute de l’église de multitude est de ne pas avoir voulu pour ses enfants leur nouvelle naissance et de se retrouver aujourd’hui peuplée et dirigée par des personnes qui ne connaissent pas la vie de Christ. « Même une société de pêche à la ligne n’ira pas demander des directives à un professeur de géographie fluviale qui n’a jamais pris un goujon ».

L’église de Réveil n’accordera d’autorité spirituelle et ne confiera la célébration des sacrements qu’à des croyants nés de nouveau. Elle veillera à ce que les personnes qui en son sein ne sont pas encore converties soient entourées d’amour et de prière pour qu’ils passent aussi par la nouvelle naissance. Elles pourront alors participer aux sacrements en connaissance de cause.

III.   L’évangélisation des multitudes offre une situation semblable à celle des enfants de parents chrétiens : les auditeurs dans ces réunions sont comme des enfants dans l’église sans être encore de l’église. De même que nous aimons nos enfants en voulant pour eux la nouvelle naissance, aimons ceux qui ne connaissent pas encore le Seigneur. Et de même que dans une église de Réveil on rappellera aux nouveaux convertis les exigences liées aux sacrements, on fera de même pour les enfants des membres afin que ces sacrements ne redeviennent pas des rites vides de sens.

 

*« La présentation des petits enfants », Esprit et Vie, 1934, 30, p. 255-256 & 254.

I.     Rappels historiques à propos du baptême des enfants (Augustin, Luther, Calvin, Wesley) et ses diverses significations théologiques.

II.    Sens donné au baptême des enfants dans la foi des fidèles : Mettre l’enfant au contact des réalités saintes, mêmes s’il ne les comprend pas encore ; se mettre en règle avec Dieu à cause du péché et de son châtiment.

III.   Pratique biblique de la présentation des enfants : En quoi elle répond aux besoins du cœur de l’homme.

1. L’enfant est présenté à Dieu comme un sacrifice d’actions de grâces et de louange : On reconnaît la souveraineté de Dieu sur toute la vie de l’enfant. Son corps même constitue un sacrifice de louange.

2. L’enfant est incorporé à une église qui subsiste par la bénédiction de Dieu : « Avant de vivre l’Évangile, nos enfants seront nourris de la tradition chrétienne, qui sera pour eux la prophétie de leur foi à venir ».

3. L’enfant est présenté à Jésus comme héritier d’une race pécheresse : En le présentant, les parents reconnaissent l’impuissance de l’enfant à se sauver lui-même. Mais ils le présentent à Jésus qui a accepté de souffrir pour le salut de cet enfant. Le serviteur de Dieu en imposant les mains accomplit le même geste de bénédiction que Jésus envers les enfants. Dès lors, l’enfant en grandissant sera invité à revenir, par la nouvelle naissance, dans les bras de Celui qui l’a déjà béni enfant.

 

*« Étude biblique sur la sainteté », Esprit et Vie, 1934, 31, p. 265-267.

I.     La sainteté est l’être même de Dieu qui rend saint tout ce qui entre en contact avec lui. À l’exemple d’Israël, toute l’humanité et particulièrement les croyants sont appelés à (re)devenir saints.

II.    La sainteté dans l’ancienne alliance : la sanctification se fait par le moyen de la Loi. Tout objet, tout être qui répond aux exigences de la Loi est saint ; tout ce qui s’en détourne perd cette sainteté, d’où des rites de purification qui redonne leur sainteté aux êtres et aux choses (cf. Lévitique).

III.   Usage du verbe sanctifier dans l’A.T. : Seul Dieu sanctifie, même si dans certains cas, des humains en observant la Loi peuvent contribuer à sanctifier certaines réalités. Se sanctifier signifie donc se conformer à tous les rites prescrits par la loi.

IV.  La sainteté dans le N.T. : Dans la majorité des passages, la sanctification ne vient pas par la Loi mais par un don de Dieu, à savoir le sacrifice de Jésus à la Croix. Ce don  a été opéré une fois pour toute et de manière gratuite. Il est reçu par la foi. Pour le croyant, la sanctification accompagne la nouvelle naissance mais sans que cela soit le fruit de nos efforts.

V.   L’étude du verbe sanctifier dans le N.T. confirme que la sanctification est opérée par Dieu en référence à Jésus et que l’homme en est l’objet. Ainsi l’homme n’est jamais celui qui se sanctifie.

VI.  Si l’homme reçoit la sainteté de Dieu par la foi en l’œuvre expiatoire de Jésus, il est malgré tout appelé à collaborer à cette sanctification. Encore faut-il que notre foi soit sincère et que notre cœur obéisse à la volonté de Dieu.

      Quelques remarques pour les croyants du Réveil : éviter l’expression « se sanctifier » ; veiller à demeurer dans une foi vraie ; prendre garde à ne pas réintroduire une forme de légalisme par nos attitudes ou nos propos. Cette sainteté ne se commande pas du haut de la chaire, elle se reçoit de Dieu.

*« Les fautes dans l’Église », Esprit et Vie, 1934, 31, p. 268-270.

I.     Comment peut-on être baptisé du Saint-Esprit, avoir pris le chemin de la sanctification et pourtant retomber dans des œuvres mauvaises ?

II.    Quelques textes du N.T. nous montrent qu’une telle chose est possible.

III.   Cela est possible car « Dieu n’anéantit jamais la liberté de l’homme même en faisant le don du Saint-Esprit ». Pour éviter ce genre de déconvenue, la seule solution est de demeurer en communion avec Jésus. « Dès que le croyant cesse de demeurer en Christ, toute sa faiblesse reprend le dessus ».

IV.  Une nouvelle repentance reste possible.

V.   L’Église ne devrait pas se laisser troubler par de telles situations. Quelques conseils :

1.   Une personne pourra être invitée, avec douceur et amour, à se retirer dans l’attente d’un changement.

2.   Avant cela, les réunions spirituelles devraient offrir un cadre approprié pour que ceux qui ont perdu leur communion avec Christ la retrouvent.

3.   Les conducteurs spirituels doivent veiller à apporter un enseignement biblique sur les sujets où, par expérience, on sait que les fautes sont nombreuses (la langue, l’argent, les fréquentations).

4.   Dans certains cas, utiliser la répréhension fraternelle. Ne pas négliger l’entretien pastoral.

5.   Les fautes des autres nous permettent de grandir dans l’amour fraternel. Cela nous amène à recevoir de Dieu un cœur de père prêt à porter dans les larmes et la prière le souci de ceux qui faiblissent.

 

*« Nos raisons de pratiquer le baptême des croyants », Esprit et Vie, 1934, 31, p. 271-272.

Le pasteur De Worm ayant dû justifier devant le synode de l’Union des Églises Protestantes sa pratique du baptême des adultes, L. Dallière apporte à son tour quelques remarques sur cette question.

1.   Le baptême d’eau a été voulu par Jésus et le pratiquer n’est pas une forme de légalisme.

2.   En privilégiant l’expression « baptême des croyants », nous rappelons que c’est la foi qui sauve et pas le baptême.

3.   Dans les églises de Réveil, on ne veut faire aucune différence entre ceux qui ont reçu le baptême des croyants et les autres. Ce qui compte avant tout c’est la conversion pour chacun.

Le baptême d’eau n’est qu’un préalable au baptême du Saint-Esprit. Il n’est pas sage de proposer le baptême d’eau si la personne n’est pas déjà au clair sur le baptême du Saint-Esprit. D’ailleurs, c’est la redécouverte du baptême de l’Esprit qui a entraîné une approche renouvelée du baptême d’eau.

 

1935

*« Le vieil homme », Esprit et Vie, 1935, 1, p. 6-8.

I.     Base biblique : Cet adjectif signifie ce qui relève de la vie d’autrefois.

II.    Le vieil homme existe-t-il ? : Les textes bibliques indiquent que c’est une fois pour toutes que nous nous sommes dépouillés du vieil homme, pas besoin d’y revenir sans cesse !

III.   Le vieil homme et le baptême d’eau : En vertu du changement qu’opère le baptême entre la vie ancienne marquée par le péché et la vie nouvelle d’union avec Christ, il semble légitime de dire que le baptême marque la mort du vieil homme (même si on peut envisager le même résultat sans le baptême, mais alors c’est une démarche intellectuelle bien plus complexe ; le réalisme du baptême est beaucoup plus simple). L.D. donne ici quelques lignes personnelles : « Le 25 août 1933, j’ai pu sceller par le sacrement du baptême l’alliance avec Christ qui avait commencé secrètement dans mon cœur le 9 novembre 1929 ».

IV.  Le vieil homme et les chutes du chrétien : Dans l’homme nouveau la faiblesse demeure. « Si le péché se manifeste… la cause en est… dans la liberté du nouvel homme, du chrétien qui n’a pas su rester uni à son Maître et rempli de son Esprit… Ce n’est pas le vieil homme qui pèche. C’est bel et bien l’homme nouveau qui agit comme s’il était encore le vieil homme ».

V.   Le vieil homme et Christ : C’est Christ qui a fait cet admirable échange pour nous en prenant sur lui le vieil homme et en nous donnant l’humanité nouvelle. C’est en revêtant Christ que nous revêtons l’homme nouveau.

*« Les douze premiers chapitres de l’Évangile selon S. Jean  », Esprit et Vie, 1935, 1, p. 11-12 ; 1935, 2, p. 23-24 ; 1935, 3, p. 35-36 ; 1935, 4, p. 47-48 ; 1935, 5, p.59-60 ; 1935, 6, p. 71-72 ; 1935, 7, p. 83-84 ; 1935, 8, p. 95-96 ; 1935, 9, p.107-108  ; 1935, 10, p. 119-120 ; 1935, 11, p. 131-132 ; 1935, 12, p. 143-144.

N° 1 : Chap. 1 – Plan du chapitre en 4 parties. Note sur l’ensemble du chapitre : à la fois précis (lieu et heure) et vague (détails sont connus par les synoptiques). Le but de Jean est de montrer que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu. Jean nous montre le côté intérieur des choses. Suivent 2 plans d’étude biblique, l’un centré sur le thème de l’Agneau de Dieu, l’autre sur Jean-Baptiste. Quelques brèves propositions pour étudier cet Évangile.

N° 2 : Chap. 2 – V. 1-12 : Début du ministère en Galilée ; le miracle de Cana et quelques remarques sur la réponse étonnante de Jésus à sa mère. V. 13-22 : Séjour à Jérusalem et importance du temple que Jésus appelle la maison de son Père. V. 23-25 : Les charismes du Saint-Esprit. Ce chapitre apporte une révélation très précieuse sur la place des miracles dans l’Évangile de Jésus. « L’Église doit accomplir des miracles, mais prêcher la Croix et vivre une vie de communion avec Jésus ressuscité ». Quelques pistes pour étudier ce chapitre, notamment un parallèle entre ce chap. et le récit de la tentation de Jésus.

N° 3 : Chap. 3 – V. 1-21 : Jésus et Nicodème. Remarques sur le verset « naître d’eau et d’esprit » et L.D. refuse de prendre ce texte pour polémiquer sur le baptême. V. 22-36 : Effacement de Jean-Baptiste. Importance du noyau des disciples par apport à la foule (aussi pour la future Église). Dans ce chap. contraste entre le docteur Nicodème et Jésus. Danger d’une foi qui devient purement intellectuelle. Suit un plan de prédication et des notes d’étude biblique.

N° 4 : Chap. 4 – Jésus et la Samaritaine. Remarquer que Jésus accepte de lui révéler qu’il est le Christ. V. 43-54 : guérison du fils de l’officier royal. Sujets à étudier : Jérusalem dans le ministère de Jésus ; Les Samaritains et l’Évangile. Deux plans de prédication : « Il fallait » ; les degrés de foi.

N° 5 : Chap. 5 – V. 1-16 : Guérison à la piscine de Béthesda et opposition des chefs religieux juifs à Jésus qui a accompli cette guérison pendant le sabbat. V. 17-47 : Débat avec les chefs religieux à propos du fait que Jésus se déclare fils de Dieu. Ce chapitre nous enseigne « qu’il y a deux manières de croire en Dieu et de servir Dieu. […] On peut servir Dieu sans recevoir Jésus comme le Fils unique du Père ». Article se conclut avec deux études : 1. Rapports du péché et de la maladie ; 2. Les sens du mot mort.

N° 6 : Chap. 6 – Ce chap. se situe à la fin du ministère de Jésus en Galilée et dans un temps de transition avant la dernière Pâque à Jérusalem. Comme chez les synoptiques, le texte commence par la multiplication des pains (avec des détails propres à Jean). Noter que si la Transfiguration n’apparaît pas chez Jean, elle transparaît malgré tout dans le fait que Jésus se révèle comme le pain vivant descendu du ciel et aussi comme le pain qui sera rompu à la croix. V. 16-21 : Jésus marche sur les flots (« la mer agitée est dans la Bible, la représentation habituelle des peuples avec leurs révolutions et leurs guerres ») V. 25-59 : Discours du pain de vie dans la synagogue de Capernaüm. Les versets 53-58 se rapportent à la Sainte-Cène. Le titre du journal Esprit & Vie vient du v. 63 !

N° 7 : Chap. 7 – I. Sujets que le lecteur doit étudier : la fête des Tabernacles, son sens historique et spirituel : Christ est le rocher qui a été frappé pour que jaillisse les eaux vives. II. Contenu du chapitre : V. 1-13 Plus Jésus se rapproche de la Passion, plus son succès populaire décroît. V. 14-36 : Au milieu de la fête Jésus souligne que si la Loi ne peut donner la vie lui, comme Messie, le peut. V. 37-52 : Les propos de Jésus le dernier jour de la fête provoquent à nouveau la division parmi les auditeurs. III. Plan de prédication : les fleuves d’eau vive.

N° 8 : Chap. 8 – I. V. 7.53-8.11 : Récit femme adultère est absent de certains manuscrits. Face au piège, Jésus refuse de se poser en juge même s’il connaît la Loi. Mais il n’est pas venu pour juger mais pour sauver. II. Autour du thème de la lumière lié à la fête des Tabernacles, nouveau débat très vifs entre Jésus et les chefs religieux. La parole « Je suis » se trouve au début et à la fin (v. 12 et 58) III. Remarques sur l’ensemble : Souligne que Jésus est l’égal de Dieu. Ce point est rejeté par les juifs religieux « Tout Réveil résulte de la volonté de trouver Jésus dans sa plénitude, en laissant de côté les paroles religieuses non fondées en Lui ». L.D. établit un parallèle entre ce texte et Romains 6 : l’union avec Christ = la liberté à l’égard du péché. « Le chrétien ne peut vaincre le péché que s’il plonge les racines de son être dans la Croix, tout en tendant de toutes ses forces vers l’avènement du Seigneur ». IV. Études bibliques : La personne et les œuvres du diable ; la lumière dans l’Évangile ; le Père.

N° 9 : Chap. 9 – I. Contenu du chap. Guérison de l’aveugle-né. V. 4-5 : la nuit vient « N’y aurait-il pas là une prophétie de l’état de choses qui s’établit quand les formes religieuses sont vides de la présence du Fils de Dieu ? Longue nuit des siècles chrétiens. Le Maître n’est pas revenu vers l’Église pour la reprendre pendant les veilles de la nuit. Ne serions-nous pas maintenant au chant du coq, peut-être au matin ? » V. 6-7 : « La foi est une certitude qui se traduit par l’obéissance […] La foi demandée à l’aveugle-né n’est pas l’adhésion de son intelligence à une doctrine, mais le don de sa volonté pour obéir à Jésus ». Face à cela, il y a le doute des témoins et des Pharisiens. L’aveugle guérit, lui, voit de plus en plus clair sur Jésus. II. Sujets d’étude biblique. III. Notes sur l’ensemble du chap. Tout est concentré sur une seule personne (cf. chap. 3 et 4).

N° 10 : Chap. 10 – I. Contenu du chap. : le bon berger ; pendant la fête de la Dédicace ; séjour au-delà du Jourdain de Jésus qui ne cherche pas à être un nouveau Judas Macchabée. II. Jésus, le bon berger à comparer avec les textes de l’AT. Interprétation des différents éléments de l’allégorie en lien avec la perspective de la croix.

N° 11 : Chap. 11 – I. Contenu du chapitre : Résurrection de Lazare. II. Sujets d’études bibliques : 1. Le lieu de l’action : Béthanie ; informations sur cette localité. 2. Les sœurs de Lazare (Luc 10.38-42) 3. La personne de Lazare. Peut-on l’identifier avec l’homme riche ? 4. Guérison et résurrection. 7 résurrections dans le NT. Pour la majorité d’entre elles, c’est un « cas extrême de la guérison ». Par le baptême d’eau et d’esprit, on entre dans la vraie mort mais on reçoit aussi le germe de la vie éternelle. 5. L’amour de Jésus. Ce thème sera développé dans les chap. 13-17. « Le vrai amour n’est pas celui de l’agitation humaine, mais celui que donne la communion avec Dieu, dans l’obéissance parfaite à sa volonté ».

N° 12 : Chap. 12 – Chap. structuré en 3 parties : 1. Le peuple juif (v. 1-19) : Jésus fut le 1er apôtre du peuple d’Israël et c’est en ce sens qu’il faut comprendre le récit des Rameaux où il est acclamé comme roi. 2. Les nations païennes (v. 20-36) : « Ces paroles sont prophétiques et prédisent, décrivent spirituellement l’entrée des païens dans l’Église [..] Jésus est le grain de blé semé en terre pour porter le fruit qu’est l’Église ». L’église de Jésus (v. 37-50) : Identité de Jésus avec le Père qui se manifeste dans son absolue obéissance en vue du salut du monde. III. Sujets d’études bibliques. IV. Conclusion de nos douze études.

 

*« Négatif et positif dans la ressemblance avec Dieu », Esprit et Vie, 1935, 2, p. 14-15.

I.     Négatif et positif : Ce que Dieu apporte à l’homme ne peut qu’être positif, même si à cause du péché il y a des aspects négatifs à retrancher. Le positif c’est cette croissance qui nous rend toujours plus conforme à Dieu.

II.    Application biblique : « La sanctification est l’œuvre de Dieu en Christ qui a pour effet d’enlever le négatif en l’homme ». Il semble plus difficile de trouver un terme pour décrire le côté positif de notre rapport à Dieu, mais L.D. propose la croissance dans l’amour et la vérité par laquelle nous portons du fruit comme une telle démarche. Cela s’apparente à l’imitation de Jésus-Christ.

III.   Solution d’un petit problème : On peut envisager une sanctification instantanée si on la comprend comme déployant une fois pour toute dans la vie du croyant le bénéfice de l’expiation à la Croix. Le positif sera lui quelque chose de croissant. Ceci est important pour que nous ne restions pas obnubilés par le négatif en nous qui doit encore disparaître : regardons à Christ. « Celui qui, sous le soleil de Christ, croit dans l’amour, reste d’une manière constante dans la sanctification ».

IV.  Attitude courante des religions : L’état normal de croissance dans l’amour qui était le propre des premières générations de chrétiens semble aujourd’hui l’exception ! Les Églises ne vivant pas sous le soleil qu’est Christ « la croissance dans l’amour reste proche de zéro » (au thermomètre qui indique le positif et le négatif) et « les jours de gel sont fréquents ». Le Réveil n’est-il pas l’occasion de renouer avec l’élan des débuts ?

*« Père, pardonne-leur ! », Esprit et Vie, 1935, 2, p. 19-21.

Méditation lyrique sur le drame de la Passion. Chacun des acteurs (les soldats, Pilate, la foule, Caïphe) est envisagé avec sa responsabilité propre mais aussi à partir de ce qui explique son geste ou son attitude propre. Derrière eux, c’est Satan qui est à la manœuvre. Il manipule toute l’humanité, sauf Jésus qui est le seul être libre.

Cette scène est transposée à notre époque. Il y a aussi la troupe, les chefs qui manigancent et Satan en chef d’orchestre. Mais sur les hommes de notre temps, Jésus pose aussi son regard.

L’exaucement de la prière de Jésus, « c’est l’effusion du Saint-Esprit … en vue de constituer une Église pleinement unie à son Maître ». Le Réveil, comme Jésus, se confronte aux compromissions du temps, y compris dans l’Église. Si le Réveil est incompris et même persécuté par les Églises, il doit dire comme Jésus : Père, pardonne-leur ! L.D. ajoute ici une note personnelle sur le rôle de la prière et du Réveil face à la menace d’une nouvelle guerre afin qu’elle soit évitée. Il prend des distances avec une vision trop catastrophiste.

 

 

*« Sources d’eau vive », Esprit et Vie, 1935, 3, p. 25-26.

Extrait d’un discours de Jean Tauler. Invitation à aller à Dieu lui-même plutôt que de recourir aux dévotions ou aux guides spirituels. Prendre garde aussi à tout ce qui pourrait nous détourner de cette source qu’est Dieu pour nous. À l’exemple de l’apôtre Jean, notre communion avec Dieu suppose trois étapes : rompre avec le monde, reposer auprès de Jésus, recevoir l’Esprit Saint.

*« Les manifestations spirituelles et leurs contrefaçons », Esprit et Vie, 1935, 3, p. 27-28.

Ces contrefaçons ne doivent pas jeter la suspicion sur les manifestations spirituelles authentiques. 1. Dans le souci de clarifier cette question il faut d’abord faire remarquer que le mot « don » pour désigner l’action de l’Esprit (l’E.), n’apparaît pas dans le NT. Jésus nous est donné (Jean 4/10) ; les ministères sont donnés à l’Église (Eph 4/8, 11). Les chap. 12-14 de 1 Cor. parlent plutôt des « choses spirituelles (1 Cor 12/1, 14/1) ; on trouve aussi le terme qui donne « charisme » en français et ceux-ci sont désignés de manière précise (parole de sagesse, prophétie, les langues…). 2. Conditions d’une manifestation de l’E. : Cette précision de vocabulaire est essentielle car en ce qui concerne l’action de l’E. « il ne s’agit pas de dons qui soient en l’homme, mais de manifestations de l’E. à travers l’homme ». Les manifestations ne dépendent pas de la qualité de la personne car Dieu agit au travers des choses faibles, mais l’intensité et la profondeur de ces manifestations dépendra toutefois de la sanctification de la personne (avoir un cœur droit devant Dieu). Un pasteur veillera à ne pas laisser des manifestations se produire par l’intermédiaire d’une personne qui vit ouvertement dans le péché. 3. Comment savoir si l’on a un cœur pur ? Il faut combattre le doute, surtout si l’on a suivi le cheminement normal de la vie chrétienne (conversion, baptême, imposition des mains…). Dieu ne peut donner de fausses manifestations ; celles-ci viennent d’un cœur qui s’est éloigné de la communion avec Dieu. 4. Inspiration et vie d’Église : L’Église est la meilleure garantie contre les contrefaçons. Si le Réveil reste lié à l’Église, il sera à l’abri de ce problème. De même les pasteurs du Réveil doivent cultiver la communion avec d’autres serviteurs de Dieu. C’est pourquoi il faut éviter les manifestations en dehors d’un cadre ecclésial sérieux ou en présence de personnes dont on ne connaît pas l’engagement de foi. Le texte se termine par un double appel : à recevoir les manifestations de l’E. ; à les vivre dans le cadre d’une Église de réveil.

*« Lettre ouverte », Esprit et Vie, 1935, 4, p. 38-39.

Article abordant la question du voile couvrant la tête des femmes pour le culte (1 Cor 11/5). Cette question n’a rien de ridicule car l’Évangile a contribué à redonner une place aux femmes que les cultures juives et païennes avaient reléguées au second plan. Mais il ne s’agit pas non plus d’exagérer dans l’autre sens. L’enjeu est ici de se conformer à l’ordre que Dieu a voulu pour ses créatures. Le vêtement exprime cet ordre et c’est ce que Paul veut rappeler. Pour une femme, prier sans porter de voile, c’est se mettre à la place de l’homme et c’est donc un désordre. Aujourd’hui, ce qui compte, c’est notre cœur devant Dieu. On peut porter une coiffe pour se plier à un usage sans pour autant le vivre avec conviction. On peut aussi ne pas en mettre pour suivre une mode. C’est devant Christ qu’il faut discerner ce qui est séant ou non, en prenant garde à ne pas aller dans le sens du dénudement caractéristique de l’époque. Selon les lieux où l’on prie, on se conformera aux usages locaux, sans s’abandonner à des jugements sur ce que feraient ou non les autres sœurs. En un mot chacune est libre mais veillera à ne pas vivre selon la chair.

*« Après le baptême du Saint-Esprit  », Esprit et Vie, 1935, 4, p. 43-45.

Le baptême du S-E est une des trois étapes de la vie chrétienne avec la repentance et le baptême d’eau (ces trois points se retrouvent dans plusieurs récits des Actes).

1.   Le fruit de l’Esprit (Gal 5/22-23) : L’E. veut nous rendre semblable au Seigneur Jésus et nous lier à lui et les uns aux autres par l’amour. Ceci n’a rien de tapageur car « toute manifestation surnaturelle se produisant hors de l’atmosphère d’amour d’une église qui porte le fruit de l’E., ne saurait provenir de l’E-S. On devra en chercher la source dans le psychisme humain ou dans quelque autre puissance ».

2.   Le culte en Esprit : Quand ils se réunissent, les disciples forment alors le corps de Christ sur terre et le temple de Dieu où le culte sera avant tout célébré en Esprit. Le Réveil contribue à rétablir ce culte en E. en particulier au travers de la Cène, à condition toutefois que cela se fasse au temps de Dieu et comme lui-même le donnera.

3.   Les charismes du Saint-Esprit : Ces manifestations découlent du rétablissement du culte en E. « Ces charismes sont autant de rayons qui émanent du Seigneur de gloire. Quand nous l’adorerons pleinement, chacun de nous sera un de ces rayons émanés de Lui pour le bien des autres ». « Il ne faut pas se représenter la puissance du S-E comme une qualité visible sans cesse dans la personne du disciple. Quelle erreur ! Ce qui est visible dans une vie réellement remplie de l’E. c’est la ressemblance avec J-C, principalement la douceur, la joie, la paix ». D’ailleurs, les manifestations ne sont vraiment données en plénitude que par le biais de l’Église, laquelle n’est pas qu’une assemblée de croyants mais le projet même de Dieu.

*« La pension de Charmes », Esprit et Vie, 1935, 5, p. 58.

Une dame engagée dans le Réveil ayant fait l’acquisition d’une pension dans le village, propose ce lieu pour y accueillir toute personne qui voudrait y séjourner. Le pasteur Dallière soutient ce projet tout en précisant qu’il est indépendant financièrement et ne dépend donc pas de la paroisse.

*« Le charisme prophétique », Esprit et Vie, 1935, 6, p. 61-63.[17]

1.   Définition : Ce charisme existe dans toutes les églises mais pas toujours sous une forme plénière. Le Réveil actuel (Pays de Galles, Elim, Assemblées de Dieu…) lui redonne sa place.

2.   Dangers de ce charisme : Dans l’histoire certaines églises (celle du livre des Actes) ou certains hommes ou femmes de Dieu (Ste Thérèse d’Avila) ont bénéficié de la plénitude de ce charisme mais en général il n’est accordé que de façon moindre à cause de notre faiblesse spirituelle.

3.   La prophétie chrétienne n’est pas extatique : Sur Base de 1 Cor 14/32, on doit affirmer ce point. Les phénomènes de transe ou d’hypnotisme sont à proscrire. Le prophète reste maître de lui-même. Ce fut l’erreur du Montanisme au 2e siècle.

4.   La prophétie chrétienne est spontanée : L’homme ne doit pas utiliser la prophétie pour répondre à ses propres questions. C’est Dieu qui décide quand il parle aux hommes et le prophète ne peut qu’attendre dans l’obéissance et l’humilité d’être le canal divin. Ceci est confirmé par un auteur ancien comme Hermas.

5.   La prophétie laisse à l’Église sa liberté : Il peut arriver que des prophéties concernent des événements futurs (mais si ce qui est annoncé n’arrive pas, le prophète n’est pas authentique, Deut 18/21-22), mais son but premier est d’édifier l’Église en vue du retour de Jésus. La prophétie encourage l’action de l’Église, mais cette dernière reste libre de ses choix. Le prophète ne commande pas et n’intervient pas dans le choix des ministères.

6.   La prophétie est dans l’Église : Le prophète doit avoir un enracinement ecclésial et ne pas être « une étoile filante ». Le cadre normal de la prophétie est le culte de Sainte-Cène et est destinée d’abord aux fidèles. La prophétie n’a pas à être divulguée vers ceux du dehors.

7.   Jugement des prophètes : 1. C’est le prophète qui est faux, pas sa prophétie car c’est dans le cœur de l’homme que tout se joue. 2. Le faux prophète sera jugé par les fidèles uniquement. 3. Si le faux prophète était un faux converti, il n’a pas sa place à la Cène. 4. Si le faux prophète est un chrétien, il doit être repris dans l’amour et s’abstiendra d’exercer la prophétie jusqu’à ce qu’il ait retrouvé la communion avec le Seigneur. 5. L’Église doit valoriser la prophétie sans oublier que la gloire appartient à Jésus-Christ et jamais au prophète.

*« Les maximes de Jésus-Christ », Esprit et Vie, 1935, 7, p. 74-76.

Suivre les maximes du Christ est la meilleure manière de ne pas voir le Réveil s’éteindre. L.D. veut ici prolonger une intuition de St Vincent de Paul (cf : La lenteur dans l’œuvre de D. ; sept 1934).

1.   La vie cachée : De même que la vie de Jésus fut discrète pendant 30 ans bien que complètement consacrée à Dieu, le chrétien de Réveil ne se distingue en rien des autres hommes sinon par l’amour qui transparaît à travers lui.

2.   La dernière place : Notre seul titre de gloire est celui de serviteur, comme Jésus qui n’a reçu aucun titre qui l’aurait placé au-dessus de quiconque.

3.   L’obéissance constante : Par obéissance, Jésus n’a pas vécu son ministère dans l’activisme. C’est Dieu qui lui a amené ses disciples, les foules pour l’écouter et permis ses nombreuses rencontres.

4.   Une exigence absolue : Jésus n’a appelé et envoyé qu’un petit nombre de disciples car Dieu travaille souvent avec peu de moyens humains. De même il suffira de peu d’ouvriers pour le Réveil à condition qu’ils soient entièrement soumis à Dieu. Chercher à s’appuyer sur les qualités ou compétences humaines de telle ou telle personne risque de compromettre l’œuvre de Dieu.

5.   Ne jamais reculer : Comme Jésus, nous devons obéir à Dieu plutôt que de suivre les conseils des hommes. Pour cela nous devons rester à l’écoute du Père et faire sa volonté. Sinon on risque de se fourvoyer et de compromettre l’annonce de l’Évangile.

6.   Confier sa faiblesse à Dieu : Parce qu’il était homme, Jésus a été confronté à la tentation d’écouter d’autres voix que celle du Père. Pour nous l’obéissance à Dieu pourra signifier la souffrance et la mort ; cette obéissance est plus importante que tout autre acte de piété et c’est par elle que nos faiblesses seront surmontées.

*« L’Église des derniers temps », Esprit et Vie, 1935, 8, p. 87-88.

1.   Premiers et derniers temps : Analogie entre l’église primitive et celle des derniers temps, cette dernière « sera, à l’échelle du monde entier, ce que l’église des premiers temps fut à l’échelle du bassin méditerranéen ».

2.   Situation du peuple juif : Dans la première église, il y avait une majorité juive rejointe par des païens ; dans la dernière église il y aura une majorité de païens rejoints par des Juifs car l’église normale est composée de ces deux groupes.

3.   Situation de la Parole de Dieu : A. Avant d’être mise par écrit (notre NT), cette Parole était pour les 1ers disciples une réalité vivante. De même dans les derniers temps, la Parole doit redevenir vivante et s’écrire dans les cœurs de chair plus que dans des traités de théologie. B. Le livre des 1ers disciples était l’AT  mais ils ne lisaient pas à la lumière de la Loi mais à la lumière de Christ en qui toutes les promesses étaient accomplies.

4.   Les charismes surnaturels : C’est l’effusion de l’Esprit qui caractérise le mieux l’église des premiers et des derniers temps, mais ce faisant l’église apparaît comme une folie aux yeux du monde. Pourtant c’est par l’Esprit que nous découvrons que la folie de la croix est la sagesse de Dieu.

5.   La persécution : Aux deux époques, la persécution est généralisée et vise tous les disciples et pas seulement quelques martyrs. Cette persécution a pour effet de raffiner la foi et l’amour des membres de l’église. Le témoignage des disciples persécutés gagne aussi en force.

7.   Conclusion : On peut trouver des avantages à rejoindre le Réveil mais ce serait oublier le caractère incontournable de la souffrance pour tout disciple.

*« Connaissance et charité », Esprit et Vie, 1935, 11, p. 127-128.

1.   Le charisme de connaissance : Ce charisme (1 Cor 12/8) est à la source des plus profonds enseignements chrétiens. Mais s’il s’exerce dans la charité il peut conduire à l’orgueil.

2.   Qu’est-il donné de connaître ? C’est par un renouvellement spirituel de l’intelligence qu’il nous sera donné de connaître les mystères divins et d’approfondir l’Évangile.

3.   Dangers de la connaissance : À cause de la chute, l’intelligence est toujours liée à l’orgueil et cela peut aussi affecter le charisme de connaissance.

4.   Signes de la connaissance dans l’orgueil :

A.   Dans l’Église : Les discussions et les raisonnements ne doivent jamais prendre le pas sur l’obéissance au Seigneur « commencer à raisonner quand nous avons fini d’obéir ». On peut retrouver cette tendance aux explications dans la prière ou dans la prophétie quand on veut en profiter pour faire la leçon aux autres. La charité est donc ici hors-jeu et freine l’œuvre de Dieu dans les cœurs.

B.   Entre les Églises : Chaque église peut aussi sombrer dans cet orgueil en se croyant détentrice de vérités meilleures ou en voulant dénoncer les erreurs des autres. Mais ici aussi l’amour est absent.

C.   Envers les non-croyants : Nous ne devons pas chercher à propager des doctrines en cherchant à convaincre les intelligences mais à amener les cœurs à Jésus-Christ. Le but n’est pas de faire grandir nos églises respectives mais d’amener chacun à trouver sa place dans le corps de Christ.

5.   Le bon usage de la connaissance : c’est celui qui humblement s’accomplit dans l’amour et accepte le dépouillement de la croix.

*« Patiente persévérance », Esprit et Vie, 1935, 12, p. 136-139.

1.   Ils restèrent à Bérée (Actes 17/14) : Ce verbe « rester » en grec signifie « être prêt à supporter ». Dans le NT, il a souvent un sens spirituel : cette patiente persévérance (PP) est donc une vertu à recevoir par grâce.

2.   Encore un peu de grammaire : Examen des différentes occurrences du verbe hypoménô et de son dérivé hypomonè. Dans tous les passages cités, et malgré la diversité des traductions, il faudra comprendre : rester là malgré la souffrance, ne pas varier au gré des circonstances.

3.   La PP en Jésus : Hébr 12/2 nous montre cette PP à propos de la croix : Jésus ne fait pas que souffrir, mais il endure volontairement ces souffrances malgré la tentation qui l’invite à descendre de la croix. Il agit à l’image du « Dieu de la PP » (Rom 15/5) et montre que « la charité supporte tout » (1 Cor 13/7).

4.   PP dans la vie chrétienne : 1° « La vie chrétienne s’accompagne de beaucoup d’afflictions », mais la PP en nous rapprochant du Christ crée en nous une force qui « vient parfaire les trois vertus fondamentales : la foi, l’espérance et l’amour ». 2° « La foi vraie, celle que Dieu donne, se reconnaît à ceci qu’elle dure lorsqu’elle endure la souffrance ». 3° C’est l’espérance du retour de Jésus qui dans la PP nous permet de surmonter les afflictions. 4° La PP dans l’amour (1 Cor 13/7) n’existe pas naturellement mais se reçoit par grâce, notamment dans la Sainte-Cène. Cette charité patiente se traduit d’abord envers les frères et sœurs.

5.   PP dans le ministère : Au centre de toute mission chrétienne et de tout ministère, il y a cette exigence de porter au monde l’amour de Dieu manifesté en J-C. Comme cet amour n’est pas d’emblée reçu, il faudra demeurer dans la PP. C’est cette PP plus que les prodiges qui pourraient s’accomplir par l’intermédiaire des envoyés, qui attestera l’authenticité de la mission.

6.   Nécessité de la PP : Cette PP n’est pas un ornement secondaire mais la marque d’une foi éprouvée. Il y a pu y avoir dans notre passé des actes de foi (conversion, baptême, appartenance à une église) mais ce que Dieu recherche c’est une foi qui dure dans le temps et jusqu’au bout de notre course. La PP est une obéissance qui nous garde constamment dans cette mort à nous-même initiée dans le baptême.

 

 


 

1936

*« La Sainte Cène selon la Parole de Dieu », Esprit et Vie, 1936, 1, p. 147-148.

1.   Les textes essentiels : Dans les Évangiles y compris Jean (13-17) même s’il n’y a pas de récit de l’Institution ; 1 Cor 11 à relier aux chapitres 12-14.

2.   Où se célèbre la Sainte-Cène : Là où il y a un groupe de disciples baptisés d’eau et d’Esprit. Le modèle est le dernier repas de Jésus qui se reproduit dans les premières communautés groupées autour de leurs conducteurs.

3.   L’adoration : Ce culte en Esprit et en vérité doit être collectif, et même si, en attendant l’avènement du Royaume, l’Église n’est encore qu’un corps imparfait elle apporte dans la foi et par Jésus son adoration au Père. C’est dans la Cène que cette adoration reçoit sa plus belle expression.

4.   Charismes : C’est aussi dans le cadre de la Cène que les charismes s’expriment. Ils n’auront rien d’éclatant au regard du monde ou de la raison. Cette pauvreté apparente de l’Église se reflète dans ses membres : peu de gens influents et une place de la femme qui est celle que Dieu veut et sans mépris de la part des hommes.

5.   Amour : La Cène comme la croix révèlent la réalité de l’amour divin lequel se traduira entre les communiants. L’esprit répand en nous l’humilité du Christ et s’oppose à toute exaltation du Moi.

6.   Amour entre vous : La Cène est le lieu du pardon et de la réconciliation entre les disciples. La force spirituelle donnée par ce repas rend inutile d’autres moyens plus coercitifs pour assurer la cohésion de l’Église.

7.   Amour envers ceux du dehors : Parce que Christ est mort pour toute l’humanité, « l’Église des sauvés est infiniment plus vaste… que l’église des communiants visibles ». Le cercle visible restreint des communiants doit grandir par le témoignage de la Bonne Nouvelle.

8.   Le corps de Christ : « Je crois que la Sainte-Cène est le but du dernier réveil que Christ donne à l’Église avant son retour sur la terre […] La communion conforme au N.T. ne peut pas être enfermée dans le cadre étroit d’une section quelconque de l’Église ».

*« Douze études bibliques sur le retour du Seigneur », Esprit et Vie, 1936 (1), p. 155-156 ; 1936 (3), p. 179-180 & 178 ; 1936 (4), p. 190-192 ; 1936 (5), p. 203-204 ; 1936 (6), p. 215-216 ; 1936 (7), p. 227-228 ; 1936 (8), p. 239-240 ; 1936 (9), p. 249-252 ; 1936 (10), p. 263-264 ; 1936 (11), p. 275-276 ; 1936 (12), p. 287-288.

A.   Le fondement biblique

N° 1 :   Introduction générale : Une question actuelle dans un contexte politique et sociale de plus en plus violent. L’esprit prophétique manifesté dans les Réveils du début du 20e s. ramène la question du Retour du Seigneur (RS) à l’avant-plan. Malgré cela, des objections et des doutes se manifestent car le RS a été souvent prédit et ne s’est jamais réalisé. Il faut revenir à l’étude de la Bible dans son ensemble et non pas à quelques textes prophétiques choisis. Cette étude ne se voudra pas prédictive même si on peut, a posteriori, reconnaître qu’un événement correspond à une annonce prophétique.

N° 2 :   L’attente du Royaume dans l’A.T. : Gen 2 indique le projet initial. Es 52/13-53 un serviteur de Dieu restaurera, par un chemin de souffrance et d’expiation, ce Royaume voulu par Dieu. Ps 22 reprend l’idée des souffrances mais conclut sur une note victorieuse qui aura un impact sur toutes les nations. En conclusion : l’humanité et la création doivent être unifiées en un seul royaume sous un seul roi : le Christ. La royauté de Jésus sera surtout marquée par la souffrance. Le triomphe reviendra-t-il à l’Église ? Cela ne semble pas le cas. Seul le retour du Christ réalisera pleinement cette royauté. Gen 13/14-17 et Ez 36 souligne l’importance des Juifs et de la Palestine dans l’accomplissement des promesses qui concernent aussi toute l’humanité.

N° 3 :   Les Paroles du Seigneur : Jésus est bien le Roi annoncé par l’A.T. même si des traits nouveaux s’ajoutent (Fils de Dieu). Sa prédication porte essentiellement sur le Royaume dont voici les caractéristiques : l’humanité est aimée du Père ; dans ce Royaume d’amour nous sommes délivrés du péché et de la maladie ; on entre dans ce Royaume par une nouvelle naissance. Face à ce tableau nous restons perplexes : ce Royaume est-il déjà là ou non ? Le mystère du Royaume exprimé dans les paraboles est qu’il est préparé par un temps de maturation. En Jésus, il y a un avant-goût du Royaume, mais depuis la Pentecôte nous vivons un temps intermédiaire où Dieu associe les disciples à l’annonce du Royaume à toutes les nations.

N° 4 :   Les paroles des Apôtres : Paul – explication des termes « parousie », « le jour (du Seigneur) synonyme de son avènement, « attendre » sans passivité mais en menant le combat de la foi. Il est faux de penser que Paul se soit trompé dans son attente. Jean – le ton spirituel de ses écrits n’implique pas que Jean ait minimisé la dimension historique. Jean insiste (Ev. Chap. 13-17) sur la recherche de l’unité, celle-ci « n’est pas une chose qui a été donnée parfaite au commencement et qui se serait perdue. C’est une réalité qui ne peut apparaître qu’à la fin ». Pierre – Le Royaume de D est le salut dans sa plénitude. Mise en garde contre les fausses prophéties du retour. Jacques (5/1-12) et Jude.

B.         La situation des hommes

N° 5 :   Le peuple Juif en rapport avec le RS : Lien étroit entre les promesses aux Juifs et la terre (Palestine). Mais cette promesse était conditionnée par l’obéissance à la Loi. L’exil a été une conséquence de l’infidélité. Deut 28/36-67 décrit les 3 exils dont celui actuel. Le Sionisme annonce-t-il un dernier retour des Juifs sur leur terre ? Il faut rester prudent mais ne pas fermer cette question avec une lecture uniquement spirituelle. Note sur la date de 1917 (prise de Jérusalem par les Britanniques). Ce qui importe c’est la destinée spirituelle d’Israël et la reconnaissance par eux de Jésus en qui la Loi est pleinement accomplie. Il y a donc un lien entre le RS et la conversion des Juifs à Jésus.

N° 6 :   Les nations en rapport avec le RS : I. Les nations ce sont tous ceux qui ne sont pas Juifs (= Gentils). L’élection d’Israël avait pour finalité de faire connaître à toute l’humanité l’amour de Dieu. II. Face à l’échec de l’élection, Dieu déploie une nouvelle stratégie qui cependant ne renie pas le projet initial annoncé à Abraham. Selon la prophétie de Daniel, Dieu permet que la suprématie passe aux nations sous la forme de différents empires. III. Instruments de Dieu pour châtier Israël, les nations se sont enorgueillies et ont été à leur tour punies. IV. L’élément commun à Israël et aux nations est leur péché ; de même le pardon et le salut seront pour l’un et l’autre. Ce salut passe par la croix. Mais l’attitude des nations envers les Juifs demeure essentielle car les Juifs sont pour Jésus « les plus petits de ses frères ». « Le sort terrestre de nos pays, la paix et la guerre, la prospérité et la misère, dépendent d’une attitude juste à l’égard des Juifs ».

N° 7 :   Le monde en rapport avec le RS : I. Qu’est-ce que le monde ? L’ensemble des humains et l’ordre qui s’établit entre eux. II. Dieu aime le monde, car il veut le sauver. III. Le disciple n’aime point le monde sinon au travers de la croix. IV. Le RS c’est le salut du monde, salut après lequel la création soupire et qui a été inauguré par la croix et sera réalisé par le RS. V. Le monde n’aime pas les disciples. Accepter la tribulation. VI. Courir vers le but : l’évangélisation et la mission sont de beaux motifs, mais le but à poursuivre est le RS.

N° 8 :   L’Église en rapport avec le RS : Jean 17 – prière fondamentale. Elle évoque la nécessité d’être gardé du malin, de rechercher l’unité et ainsi d’apporter un puissant témoignage au monde. Même si les apparences semblent contraires, la prière de J a été exaucée. « Un exaucement est une chose qui est donnée à l’instant même dans le cœur de Dieu et qui se réalise ensuite progressivement sur la terre ». Dieu a montré sa fidélité en gardant ses disciples du mauvais jusqu’à ce jour. Il donnera aussi l’unité que les disciples ont voulu réaliser par leurs propres forces et enfin il permettra que le monde reconnaisse Jésus.

C.         Questions pratiques pour le temps présent

N° 9 :   La prière en rapport avec le RS : I. prophétie et prière : « En priant, l’homme reçoit le don de communier avec celui qui a dit les Paroles éternelles. De cette prière sortira une action qui concourra à la réalisation des plans divins […] Tant que Jésus n’est pas revenu, il reste quelque chose à demander au Père. On ne peut pas s’accommoder du monde sans son Roi ». II. L’enseignement du maître : Notre Père relu à la lumière du RS. Cette prière de l’Église est le parallèle de la prière de Jésus en Jean 17. III. Persévérance dans la prière : « La persévérance dans la prière n’est donc point enseignée comme une sorte de mérite qui obtiendrait enfin l’objet demandé. […] La persévérance dans la prière est le signe de la foi à la vérité du RS ». IV. Vigilance dans la prière : « Le RS est un événement de date imprévisible Mais c’est un événement qui s’annonce, se prépare ; il est précédé de signes certains, qui, en un sens, font déjà partie de ce retour même, comme le ministère de Jean-Baptiste fait partie de la première venue de Jésus ».

N° 10 : Le travail en rapport avec le RS : L’attente du RS ne doit pas être source de désordre (ce qui a pu arriver dans le passé). Le travail fait partie de l’ordre de la vie et est nécessaire à la préparation du RS. La mise en commun des biens au début des Actes n’est pas l’indice d’un refus du travail mais une redistribution des biens pour aider les plus pauvres. Des serviteurs de Dieu, comme Paul, peuvent être amenés à travailler. La vision du travail dans la société moderne (centré sur le profit et générateur de désordres sociaux) et selon la Bible (centré sur le partage et régi par un principe d’ordre) n’ont souvent plus rien de commun.

N° 11 : Les charismes et les ministères en rapport avec le RS : 1. La pluie de l’arrière-saison (Jacques 5/1-8) : L’effusion de l’Esprit au début du 20e s. est un signe de l’approche du RS ; cela permet à l’Église de renouer avec le culte charismatique après tant de siècles d’un culte essentiellement liturgique. 2. Valeur prophétique des charismes : Les charismes sont liés au RS et doivent le moment venu rendre possible l’unité de l’Église, épouse que Jésus vient chercher.

N° 12 : Le culte et l’adoration en rapport avec le RS : Méditation sur 1 Cor 11-15. Le rétablissement des rapports de l’homme et de la femme, selon la pensée primitive de Dieu au jour de la création, est un des éléments capitaux du combat spirituel de l’heure actuelle. Importance de la Cène et des charismes dans l’église locale en lien avec RS. Brèves remarques sur les 9 charismes de 1 Cor 12 : 3 charismes de communion avec Jésus (langues, interprétation et prophétie) ; 3 charismes d’édification de l’église (parole de sagesse, de connaissance, discernement des esprits) ; 3 charismes pour le témoignage (foi, puissance pour proclamer la délivrance, guérison). La charité sert de lien au corps ecclésial (1 Cor 13). Le chap. 14 définit le lien entre les langues (risque d’individualisme) et la prophétie (édifie le corps). Le chap. 15 sur la résurrection rappelle que le but du disciple c’est un jour de célébrer le culte éternel.

*« La Sainte Cène dans la Didachê », Esprit et Vie, 1936, 2, p. 167.

L.D. propose ici quelques extraits de la Didachê ayant traits à la Sainte-Cène. Il s’agit des §§ IX, X et XIV.

*« Notes sur l’adoration », Esprit et Vie, 1936, 2, p. 167-168.[18]

Jésus est le modèle de l’adorateur en « esprit et en vérité » (Jean 4/23-24). L’adoration est proche de l’amour mais le dépasse en nous tournant à la fois vers Dieu et vers notre prochain. Pour cela il nous faut la révélation de la Croix car c’est en elle que l’amour s’est révélé. C’est ainsi que nous recevrons la paix en toutes circonstances et c’est par l’adoration confiante que Dieu, s’il le veut, pourra alors accomplir des prodiges. Et s’il ne répond pas à nos attentes, nous resterons malgré tout dans l’adoration.

*« Qui est le prochain ? », Esprit et Vie, 1936, 3, p. 169-170.[19]

Luc 10/25-37 : Savoir qui est notre prochain n’est pas si évident qu’on le pense et c’est ce que nous apprend la parabole du bon Samaritain. Aimer le prochain, c’est « aimer celui qui t’a fait du bien ». Ce Juif qui interroge Jésus au début de notre texte, devrait entendre dans cette parabole qu’il est cet homme blessé au plus profond de lui-même, que la religion n’a rien fait pour le guérir de cette blessure du cœur et que Jésus vient maintenant à lui comme le Samaritain. « Notre prochain c’est Jésus et tu l’aimeras comme toi-même car il t’a aimé le premier... Cet amour a sa source en Dieu. Et cet amour nous a été manifesté en Jésus sur la Croix… Prends l’amour à sa source et ne cherche pas à faire un effort d’amour ».

*« Notes sur les prophéties dans la vie de l’Église », Esprit et Vie, 1936, 4, p. 181-182.[20]

1 Sam 3.1 : Il y a des périodes où le S-E n’est pas suffisamment à l’œuvre et la foi devient un légalisme. Le Réveil donne au S-E toute sa place et celui-ci nous guide dans la vie de la foi. V. 7 : Il faut passer du Dieu dont on nous parle au Dieu qui nous parle. Le S-E rend Jésus vivant, notamment dans la Cène. V. 18 : Une prophétie peut être difficile à donner. Comment être sûr de sa véracité ? Attendre les fruits de cette parole et se placer sous l’autorité du Seigneur : une telle prophétie ne peut être fausse même si elle peut être plus ou moins bonne.

*« Le pardon », Esprit et Vie, 1936, 6, p. 205-206.[21]

I.    Le pardon est un attribut divin (choix de versets bibliques).

II.   Que signifie pardonner ? 1) Ce n’est pas un sentiment mais un acte de renoncement 2) Le pardon suppose l’oubli de l’offense.

III.  Pardon et perfection : le pardon de Dieu à la croix est parfait. En pardonnant nous approchons cette perfection.

IV.  1) Pardon à l’égard de ceux qui sont dans la communion : découle du Notre Père et se vit en particulier dans le culte. 2) pardon à l’égard des autres : pardonner en priant que le Seigneur change la personne qui nous a offensé.

Conclusion : pardonner est surhumain mais nous pouvons demander à Dieu la grâce de pardonner.

 

1937

*« Communiqué », Foi et Vie, 1934, 4, p. 378 :

« M. le pasteur Louis Dallière a demandé, pour des raisons personnelles, à ne plus faire partie du Comité de Rédaction de Foi et Vie, auquel il ne pouvait d’ailleurs apporter son concours en raison de son éloignement ».

*« L’au-delà », Esprit et Vie, 1937, 1, p. 5-7.

La Bible parle clairement de la perdition. Elle indique aussi le moyen du salut : la croix. Mais la perdition est-elle possible après le salut ? 1) Le rejet du salut équivaut à un choix volontaire de la perdition. 2) Le salut demeure possible jusqu’au dernier souffle. 3) La prédication ne doit pas user de la menace de la perdition. 4) La perdition vise surtout les apostats. 5) Nous n’avons pas à spéculer sur ce que peut être l’état de perdition.

En quoi consiste le sommeil de la mort ? Pour les défunts croyant, le corps est au repos et l’esprit veille en Christ. C’est un état de félicité. Nous ne prions pas les morts mais eux, en Christ, prient pour nous.

Le but final de l’Évangile est la résurrection des morts et le triomphe de Dieu sur le mal et la mort. Tant que le péché n’est pas anéanti, Christ souffre et avec lui tous ceux qui sont déjà dans la gloire. Par la résurrection, la séparation des vivants et des morts, de l’Église de la terre et de celle du ciel, sera anéantie. Mais malgré tout, tous ne trouveront pas la porte ouverte. Ce mystère doit être déposé dans celui de l’amour de Dieu.

*« Qu’est-ce qui empêche que tu sois baptisé ? », Esprit et Vie, 1937, 2, p. 13-16.[22]

I.     Le fondement : La Bible. Le Réveil pose la question du (re)baptême. « Il est inévitable qu’une effusion nouvelle de l’Esprit de Jésus vienne heurter les traditions des hommes […] il n’y a pas double baptême, mais il y a complément, accomplissement, d’un baptême bibliquement inachevé. […] Nous ne pouvons baptiser que des fidèles qui se soumettent à l’autorité de la Parole de Dieu.».

II.    Le chemin : Venir à Jésus. Le baptême nous unit au cœur de Jésus et pas à une religion. Il faut passer par la conversion sans se préoccuper de la forme qu’elle peut prendre (pas d’introspection psychologique ou d’imitation d’autrui). Les pasteurs de Réveil ne doivent baptiser que des personnes qui ont passé par la conversion, au sens que nous venons de dire. Ce n’est pas le baptême qui sauve mais la foi en Jésus, foi que Dieu dépose en nous. Le baptême du Réveil en lui-même n’est pas meilleur. Il n’a de valeur que s’il exprime la vie reçue de Christ (Image du baptême comme d’un harnais : « Un cheval qui n’a jamais été harnaché est pourtant un cheval vivant. II a la vie, parce que Dieu la lui a donnée, et ce n’est pas le harnais qui lui donnera la vie, ni la force de porter l’homme. Mais, sans le harnais, l’homme ne pourra le monter ni le conduire où il veut. […]S’il y a des chevaux vivants, que chacun soit libre de recommander le harnais qui, en toute conscience, lui paraît voulu de Dieu et conforme à sa Parole. Mais si la cavalerie est morte, on ne la ressuscitera pas en discutant sur la forme de harnais à recommander ».

 

*« Baptisés en un seul Esprit pour former un seul corps », Esprit et Vie, 1937, 3, p. 25-29.

Le baptême que pratiquent les apôtres est une identification du croyant avec Christ ; du même coup il est une incorporation du croyant au corps de Christ. Le baptême est plus qu’une cérémonie ; il est un élément d’un tout à savoir le projet de salut de Dieu. Au baptême d’eau est lié le baptême de l’Esprit afin de constituer le corps de Christ. Par le baptême nous sommes entièrement consacrés à J-C, même si cela semble au-dessus de notre portée (souvent on se consacre à défendre des traditions religieuses). Se consacrer à J-C c’est accepter que toutes les circonstances de ma vie seront l’expression de la volonté de Dieu. Comme Jésus, le baptisé se soumet à la volonté de son Père. Il faut croire que Dieu nous fera connaître sa volonté pour conduire nos vies. Cela pourra passer par la Bible éclairée par le S-E ou par les paroles d’autres croyants. Nul légalisme dans cet abandon à la volonté du Père car chacun saura, au moment voulu, à quelle obéissance il est appelé. Cette consécration si personnelle du baptisé va de pair avec l’insertion dans un corps, l’Église. Dans le Réveil, il y a la conviction que la marche de ce corps est conduite par le S-E et donc se dévoile au fur et à mesure. Mais on peut penser que toutes les branches séparées (les Églises, confessions, dénominations) vont être rattachées à l’unique tronc de la croix. Les adeptes du Réveil doivent entrer dans ce processus emplis d’amour pour l’œuvre de Dieu dans toutes ses Églises.

*« S’asseoir d’abord et calculer la dépense », Esprit et Vie, 1937, 5, p. 51-54.

Le titre de cet article est tiré de la parabole de Luc 14/28-30. L’homme qui veut construire une tour, c’est Jésus quand il songe à son Église. Il en a posé le fondement au prix de sa vie et a préparé des disciples, pierres vivantes, pour qu’ils soient dans tous les siècles le matériau et les artisans de cette construction. Par le baptême, nous entrons dans ce processus et nous en acceptons le coût. Le sérieux de cette démarche (« s’asseoir d’abord ») implique que le baptême généralisé des enfants doit être remis en question. Pour autant, le baptême du Réveil ne serait qu’une réforme imparfaite si les baptisés ne comprenaient pas l’exigence de la croix qui découle de cet acte. « La croix du disciple peut se définir ainsi : la solitude absolue de l’être par rapport à tous les êtres de la terre afin d’être uni à Jésus-Christ avant d’être uni à aucune autre créature par Jésus-Christ lui-même ». Sommes-nous prêts, au cœur de nos années de maturité, à abandonner à Jésus tous ces liens (conjoint, enfants, collègues, projets, biens matériels…) ? C’est aussi renoncer à tout ce qui dans la religion ou nos églises est mêlé d’emprunts au monde, renoncer au succès ou à la fierté d’appartenir à telle ou telle branche du christianisme. Cette rupture est nécessaire pour que Jésus nous replace ensuite dans le réseau des relations humaines. Devenu une pierre choisie, nous trouvons notre place dans l’Église (berger ou brebis), dans le couple (l’homme accepte son rôle de chef de la femme en étant prêt à donner sa vie pour elle). Toutes ces remises en question de nos façons de voir n’ont pour seul objectif que de donner à Christ des pierres « qui ne s’effriteront pas au premier vent de difficulté, au premier poids de souffrance […] Avez-vous calculé la dépense ? ».

*Le baptême en vue du Retour de Jésus-Christ, Cuesmes (Belgique) : Esprit et Vie, 1937 (?), 37 p.[23]

*« Le chapitre premier de S. Matthieu et le retour de Jésus-Christ (Étude biblique) », Esprit et Vie, 1937, 6, p. 65-67.

Invitation à relire la généalogie inaugurale qui est « le portique royal par lequel il faut passer pour entrer dans le Temple du Nouveau Testament ».

I.     La paternité de Joseph : La révélation de Dieu ne passe pas à travers une philosophie réservée aux sages, mais à travers des vies réelles. « L’AT n’est point spéculation abstraite, mais chair et sang et sur le chaos produit par le péché plane l’Esprit de Dieu. L’Esprit, doucement, lentement, avec une maîtrise souveraine, modèle les vies de ceux que Dieu a élus pour collaborer à son grand œuvre. Au temps marqué, ces vies aboutissent elles aussi, non point à une doctrine mais à un homme, Joseph, et à un acte spirituel, sa paternité […] Tout l’AT est transmis à Jésus par la paternité adoptive de Joseph ». C’est parce qu’il est pleinement fils de l’homme et fils de Dieu, parce qu’il demeure dans l’intimité du Père, que toutes les promesses vont s’accomplir en Jésus. De même, c’est en s’approchant de Jésus que nous recevons toutes les bénédictions.

II.    La descendance d’Abraham : (Rom 4 et Galates) « La postérité d’Abraham, ce sont tous les êtres qui sont bénis de Dieu à travers Jésus-Christ, le Fils de l’homme et le Fils de Dieu. Ainsi, dans son grand combat spirituel pour ouvrir aux païens par la seule foi la porte de l’Église, saint Paul avait pour lui, et c’était une arme décisive, la généalogie de Jésus-Christ. ».

III.   Le retour de Jésus et la conversion des Juifs : « Le mystère de l’Église ne remplace pas l’élection du peuple juif […] L’œuvre de salut faite par Jésus-Christ, est une œuvre qui se fait sur la terre, dans l’économie présente. Rejeter l’accomplissement de l’œuvre de Jésus-Christ après l’enlèvement de l’Église, dans une autre économie, ce serait admettre la victoire de Satan, donc la défaite de la Croix, pour l’économie présente. […] Nous entrons actuellement dans l’époque de la réalisation totale de la Parole dite à Joseph. Il fallait d’abord l’élection du reste du peuple juif (les premiers apôtres et leurs disciples, d’origine juive) ; il fallait ensuite l’endurcissement d’Israël, pendant lequel la totalité des païens devait entrer dans le Corps de l’Église (le ministère de l’apôtre Paul et de tous ses continuateurs d’origine païenne) ; il faut maintenant l’entrée du peuple juif dans sa totalité, dans l’Épouse de Jésus-Christ en vue de son retour.»

*« Il sera appelé Nazaréen », Esprit et Vie, 1937, 7, p. 78-79.[24]

Matthieu 2/23. « Nazareth » veut dire « ville du rameau » et le seul texte de l’AT qui s’en approche est Esaïe 11/1 : « Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï ». Si on considère tous ceux qui agissent dans ce chap. 2 de Matth. on constate qu’il leur est laissé « une parfaite liberté dans toutes leurs actions ». Les mages auraient pu ne pas se mettre en route ; Hérode aurait pu se montrer moins retors ; Joseph aurait pu ne pas suivre les directives indiquées en songe. « Les hommes ont agi en pleine liberté, mais Dieu a réalisé son plan ». Par sa vie cachée à Nazareth Jésus nous rappelle la valeur de nos vies simples et cachées qui comme des rameaux, porteront tôt ou tard leur fruit.

*« Un fils indocile et rebelle », Esprit et Vie, 1937, 8, p. 91-95.

Deut 21/18-21. Ce texte est dur et il n’est pas évident de trouver comment il pourrait s’appliquer.

I.     Les Juifs et les Gentils : Si l’humanité depuis Abraham est divisée entre le peuple élu et les autres, l’unité du genre humain demeure en raison du péché et de la volonté de Dieu de sauver toutes ses créatures. Dieu accepte la révolte des humains mais permet leur souffrance dans l’espoir qu’ils renouent une relation d’amour avec lui. La souffrance doit rappeler à l’homme qu’il n’est pas tout-puissant. Mais Dieu souffre aussi de voir l’humanité souffrir. La pensée du châtiment dans l’AT fait partie de la révélation de l’amour de Dieu envers les humains. « Entre le Juif et Dieu il y a sans cesse cette contestation : Si j’étais vraiment le peuple élu, et si la Parole de Dieu était vraie, tu ne me frapperais pas. Entre le païen et Dieu il y a sans cesse cette contestation : Si le Créateur était un Dieu d’amour, il ne permettrait point la souffrance ».

II.    Le Seigneur Jésus : Après le châtiment qui reste motivé par l’amour, vient la punition qui est liée à la dimension de justice. Mais Dieu ne punit pas sa créature mais fait retomber la punition sur son Fils. Ceux qui vont juger Jésus et le condamner, c’est nous, l’humanité et Satan.

III.   L’Église : « Les hommes qui entrent comme matériaux dans la construction de l’Église du Seigneur Jésus, sont ceux qui reconnaissent l’amour de Dieu le Père, manifesté dans le Fils crucifié. Ils reconnaissent la justice et la miséricorde dans la punition du Fils : justice, parce qu’il fallait que le mal fût expié ; miséricorde, parce que c’est Jésus seul qui a été puni pour toute l’humanité, en sorte qu’il demeure parfaitement vrai que Dieu ne punit pas ses créatures, mais qu’il leur pardonne ». Le baptême nous associe à cette punition de Jésus afin de nous rendre docile. Il nous faut accepter ensuite les châtiments que Dieu jugerait nécessaires pour que notre volonté aime Dieu librement.

Conclusion : Les trois formes de la souffrance : celles des Juifs et des gentils encore rebelles ; celle expiatoire du Fils ; celle du disciple qui nous forme pour le Royaume.

 

*« Jésus le rendit à sa mère », Esprit et Vie, 1937, 9, p. 101-103.[25]

Luc 7/15. Cet article aborde la question du rapport de l’homme avec ses parents. Comment surmonter contradiction entre le commandement d’honorer ses parents et l’invitation de Jésus à les haïr ? Le fait d’honorer ses parents est un commandement universel lié à la création mais à cause du péché, nous ne le faisons pas. Par contre ce que dit Jésus sur la haine envers les parents est un appel particulier lié à l’invitation à le suivre en abandonnant tout. C’est seul que nous devons répondre à Jésus (le baptême est aussi une démarche à vivre seul avec Dieu) et accepter d’être à la place qu’il nous assignera. Cet appel ne sera pas toujours compris par nos proches (croyants ou non). Ce temps de la séparation doit nous préparer à vivre l’union avec tous ceux qui ont été sauvés. Pour le jeune homme de Naïn, la mort est la séparation mais ensuite Jésus le redonne à sa mère. Mais l’union qu’il faut espérer, c’est celle qui sera accordée avec le retour de Jésus. Il réconciliera le Juif et le Païen, l’homme et la femme, les nations entre elles. En conclusion on peut dire : 1° le commandement d’honorer ses parents demeure ; 2° Haïr ses parents est lié à la conversion qui nous lie à Jésus seul ; 3° Dieu veut ultimement réunir toutes ses créatures.

*« La parabole du fruit », Esprit et Vie, 1937, 11, p. 125-127.

I.     La parabole de la fécondité : en hébreu, peri (fruit) désigne le produit de tout ce qui est fécond. L’arbre qui apparaît dès le récit de la création en est l’exemple par excellence. Mais l’homme est aussi appelé à porter du fruit (« soyez féconds = portez du fruit », Gen 1/22, 28). « La bénédiction contenue dans la Loi de Moïse, pour un Israël fidèle, c’est la fécondité, la capacité de porter du fruit » (Dt 28/ 1, 11 ; Ps 1/3 ; Jér 17/8).

II.    La parabole de la nourriture : La fécondité en elle-même ne signifie rien. Il faut que le fruit produit puisse être mangé. Un arbre sans fruits ou dont les fruits sont mauvais est voué à la destruction.

III.   La parabole de la mort : Jean 12. Le grain de blé doit mourir dans la terre. Le blé semé semble perdu puisqu’il ne sert pas à faire le pain qui nourrit. « Le fruit qui meurt, c’est le Seigneur Jésus, lui seul pour tous les hommes, expiant le péché sur le bois de la Croix. L’arbre nouveau qui sort de cette mort, c’est son Église, le peuple qui reçoit de lui la vie éternelle ».

IV.  Le fruit de la vie en Christ : Par le baptême d’eau et d’Esprit, le disciple doit désormais porter du fruit (Jean 15/16) et cela sur un plan spirituel. « Ces fruits ce sont les actes et les paroles qui nourrissent les autres. […] Porter du fruit c’est donner. C’est unir notre volonté à celle du Christ pour donner aux autres sa vie qu’il met en nous ». Ce fruit consiste donc à aimer et pour cela être fort comme l’est un arbre tout en étant doux comme le fruit qu’il porte.

 

1938

*« On vous persécutera », Esprit et Vie, 1938, 2, p. 9-15.

I.        De quoi s’agit-il ? Au sens courant ou historique du terme « persécution » (P) il faut ajouter le sens biblique du terme diôkô qui signifie « porter plainte contre quelqu’un ». Le disciple de Jésus se retrouvera tôt ou tard dans la position d’être poursuivi par l’opinion publique ou par la loi.

II.       L’exemple du Maître : Lui qui a voulu manifester l’Amour et le Bien a été calomnié. On a voulu le lapider. Le pouvoir religieux et politique cherche à l’éliminer. La Passion est le résultat d’un procès où l’on ac-cuse Jésus de s’être fait l’égal de Dieu. Jésus accepte volontairement la Croix qui n’est donc pas une P.

III.      La persécution des disciples : Jésus a été clair sur ce point (Matth 5/11 ; 10/24-25 ; 24/9 ; Jean 15/20 ; 2 Tim 3/11-12). Paul rappelle qu’il a été souvent sur le point de mourir (1 Cor 4/9 ; 2 Cor 11/22) et le livre des Actes nous montre comment les disciples sont traités. Aujourd’hui dans notre pays la P semble peu probable à beaucoup.

IV.     Diverses formes de P : Pour les chrétiens du Réveil, la P fait partie du programme. Même si certaines accusations peuvent se justifier en raison de nos imperfections, il y en a d’autres qui sont des accusations mensongères portées contre nous alors même que nous cherchons à pratiquer le bien.

V.      Que faire dans la P ? La prière est le 1er réflexe. Parfois il faudra fuir (Jésus et Paul l’ont fait). Ce peut être le signe que l’œuvre initiale est terminée et qu’il faut poursuivre ailleurs. Si on est arrêté, ne pas chercher à se défendre mais profiter de cette situation pour témoigner (Paul averti par des prophètes des tribulations qui l’attendent ne les fuira pas ; la révélation est donnée ici pour le fortifier). « Toute P marque un pas en avant de l’œuvre de Jésus »

VI.     Injustice de la P : Si la P favorise le témoignage, n’est-elle pas alors quelque chose de juste ? Pas vraiment puisqu’elle fait passer pour mauvais ceux qui veulent pratiquer le bien. Un cas particulier de la P est celle qui est le fait des autorités religieuses qui parfois s’associent avec le pouvoir civil.

VII.    La justice de la P : Voulue de Dieu, la P est juste. C’est une souffrance qui nous aide à vouloir cet absolu qui est au cœur de la foi et dont notre nature ne veut pas. La compréhension radicale du baptême dans le Réveil nous vaudra peut-être la P. Face à la P nous ne devons pas chercher à nous défendre ni à révéler la fausseté de l’accusateur. Il faut se confier à la volonté de Dieu.

VIII.   La fin de la P : La vérité finit toujours par triompher et la force apparente des persécuteurs n’est que faiblesse. Paul et d’autres disciples ont fait l’expérience de la délivrance de la P. Même si la P peut déboucher sur le martyre, elle reste une occasion de témoignage. Mais cela reste l’exception.

IX.     Le dernier mot sur la P : L’amour étant le cœur de la foi, il se révèle aussi dans la P. En acceptant la P nous manifestons à celui qui nous persécute la réalité du pardon qui est en Jésus. « Les disciples, par leur compréhension de l’Évangile et leur obéissance à ses conseils, sauront-ils permettre à Dieu de réaliser ses voies d’amour ? Ou bien, l’amour-propre, la sagesse terrestre reprenant le dessus, Dieu sera-t-il frustré du but d’amour qui était le sien ? »

*« Notes sur l’apostolat », Esprit et Vie, 1938, 3, p. 21-23 & 1938, 4, p. 34-39.

La question de l’autorité et des ministères est cruciale pour que le Réveil demeure une bénédiction.

I.        Les Douze : Ils ont été investis par Jésus d’une autorité unique qui est plus spécifique que la mission (aussi confiée au 70). Jésus les a choisis pour qu’ils soient avec lui et reçoivent son enseignement, en particulier celui sur la Cène. Ce nombre de 12 est immuable (pour preuve Matthias qui est choisi pour  remplacer Judas).

II.       La primauté de Pierre : Pendant le ministère de Jésus et après la Pentecôte, Pierre apparaît comme le chef des 12. Paul qui se dira aussi apôtre, reconnaît cette primauté de Pierre qui fonde l’Église.

III.      L’héritage spirituel des apôtres : Dans le NT il y a de nombreux textes ou le titre d’apôtre n’est pas réservé aux 12. Il désigne alors des personnes envoyées pour annoncer l’Évangile et cela en conformité avec la mission donnée par Jésus avant l’Ascension. Apôtre signifiant « envoyé », Jésus est l’apôtre par excellence, envoyé par le Père. À son tour il envoie les 12 et ces derniers envoient tous les chrétiens. Si au terme d’un ministère fécond il semble légitime de parler d’apostolat, ce titre n’est jamais un privilège.

IV.     L’héritage des Apôtres dans le gouvernement des Églises : Dès le début des Actes nous voyons apparaître des Églises (Jérusalem, Antioche), « sociétés » de personnes baptisées. Toute société suppose un gouvernement. Actes 14/23 ; 15/22-23 évoque la présence d’Anciens. Pour L.D., ces Anciens sont ceux qui plus tard seront appelés évêques : « ce sont des hommes mis à part pour le travail de Dieu ; ils ont une tâche d’instruction, d’exhortation, de direction. Il leur appartient de maintenir la saine doctrine, de séparer le vrai du faux, de protéger les brebis contre les ruses de l’ennemi. Ils consacrent tout leur temps à leur œuvre, n’ont pas d’autre métier à côté de leur travail spirituel, et vivent sur la portion des biens matériels que les fidèles mettent à leur disposition ». Une fois les 12 morts, seul le ministère des Anciens s’est poursuivi, même si certains croyants ont pu recevoir un appel de type apostolique hors de ce cadre (mais avec alors une lourde responsabilité spirituelle devant Dieu). La charge d’Ancien (ou d’évêque) est octroyée par une nomination humaine et fait l’objet d’une consécration. Ils devront rendre compte de leur gouvernement.

V.      La condition de l’unité de l’Église : Dans l’histoire, cette forme de gouvernement a pu se durcir en cherchant à copier le fonctionnement du pouvoir temporel (centralisation) et en laissant de côté l’esprit de service. Il faut rappeler que les 12 furent aussi des inspirés et que c’est à ce titre qu’ils conduisirent l’Église. La responsabilité pastorale des Anciens implique le petit nombre de ceux qu’ils accompagnent et donc l’impossibilité de grands systèmes ecclésiaux centralisés. « Plus la puissance spirituelle est grande dans un serviteur de Christ, plus il a besoin de susciter autour de lui des collaborateurs, des aides, comme nous le voyons faire à saint Paul. Celui-ci au lieu de concentrer dans sa main un grand gouvernement, se décharge au contraire le plus possible du gouvernement sur un très grand nombre d’anciens […] plus les serviteurs de Dieu seront remplis de l’Esprit plus se multiplieront les hommes de gouvernement se consacrant à des troupeaux réels et petits en étendue, pour un service vraiment spirituel, plus aussi le Christ, du haut du ciel travaillera à unir en un seul Corps, par la puissance de sa Croix les enfants de Dieu dispersés ».

VI.     La soumission à l’autorité des Anciens : Hébr 13/17 invite à l’obéissance toute simple pour autant qu’il s’agisse d’un groupe où l’Esprit peut agir. En cas de problèmes, ne pas user de contrainte. C’est le conducteur qui doit prendre alors sur lui cette souffrance.

VII.    Autorité des conciles : Les Anciens peuvent être amenés à se réunir pour discerner là où Dieu veut conduire son Église (L.D. rejette ici le congrégationalisme). Ils le feront avant tout dans la prière et en recherchant l’unanimité. Le vote à majorité est une forme humaine. Les décisions conciliaires valent pour les troupeaux qui sont représentés par leurs Anciens ; pas plus.

VIII.   Autorité déléguée par l’État à des corps ecclésiastiques : Quand Pierre est face au Sanhédrin, il est en fait face à une autorité d’État. De même pour le Réveil, il est légitime de désobéir si l’autorité d’Église, se détournant de la Bible, agit comme une autorité d’État. Car l’œuvre de Dieu se fait aussi avec ceux qui osent prendre des initiatives individuelles. Comment concilier l’accueil des innovations spirituelles et le respect de la structure conciliaire ? 4 cas de figure : 1° Le concile et le novateur cherchent ensemble la volonté de Dieu et arrivent à une conviction commune (Actes 15) ; 2° Le concile estime que l’innovation n’est pas de Dieu ; le novateur accepte la décision ou s’y oppose ; 3° Le concile n’est pas spirituel mais l’innovation vient de Dieu ; le concile condamne le novateur qui se soumet en attendant que Dieu juge ; 4° Le concile n’est pas spirituel et accepte une innovation qui ne l’est pas : cela finira par s’écrouler.

L.D. est conscient d’être un novateur. Son garde-fou c’est de demeurer dans l’amour. « Non point défendre une vérité abstraite comme dans les écoles philosophiques mais agir dans une obéissance quotidienne : telle est la base des innovations qui viennent de Dieu ».

*« La perle de grand prix », Esprit et Vie, 1938, 3, p. 27-30.[26]

Méditation sur le verset de Matth. 13/46.

*« Aux serviteurs de Dieu », Esprit et Vie, 1938, 4, p. 33.[27]

Bref éditorial pour expliquer l’envoi du journal à un grand nombre de pasteurs. « Nous avons un témoignage à rendre et, à travers ce témoignage, nous voulons manifester constamment une volonté d'amour envers tous les hommes au nom de Jésus-Christ. Jésus revient bientôt. Il veut pour son retour une préparation, non point intellectuelle et théorique, mais spirituelle et réelle dans les cœurs ».

*« La vie d’Edouard Irving (1792-1834) », Esprit et Vie, 1938, 5, p. 48-51 & 1938, 6, p. 65-68.[28]

I.     Enfance, jeunesse et débuts du ministère (1792-1822) : Il grandit en Ecosse dans l’Église presbytérienne. Étude de théologie et devient assistant du pasteur Thomas Chalmers à Glasgow. Fait preuve d’une foi simple et nourrie de la Bible. Est proche des milieux populaires malgré des opinions assez conservatrices. Ministère peu fructueux.

II.    Ministère à Londres – réveil, succès et luttes (1822-1830) : Sa prédication attire de plus en plus de monde. Se marie en 1823. Publie divers ouvrages qui font polémique (Un écrit sur le jugement dernier). S’intéresse à la question du retour du Christ et aux prophéties (notamment les écrits de Ben Ezra, Juif espagnol converti ; 18e s.). 1827, construction d’une nouvelle chapelle pour accueillir des auditoires croissants. Tournées de prédication où il expose ses vues sur l’Apocalypse et la parousie. Oppositions des églises établies. Débat autour de sa christologie influencée par un souci pastoral de présenter un Christ proche des soucis des humains.

III.   Apparition des charismes surnaturels. Expulsion hors de l’Église nationale (1831-1832) : Irving estimait que pour le Retour de Jésus il fallait une réapparition des charismes (même si lui, ne les pratiqua pas vraiment). Les premières manifestations (glossolalie, guérison) se produisent chez de simples fidèles dans la région de Glasgow. Puis Irving encourage à ce que ses paroissiens recherchent aussi cette effusion. Mais il vérifie que tout se passe selon la Parole de Dieu. Pourtant, cela sème le trouble dans la communauté et aboutit à un procès devant les autorités ecclésiastiques. Irving est révoqué.

IV.  L’Église Irvingienne séparée. Fin de la vie d’Irving (1833-1834) : La nouvelle communauté s’organise avec des ministères calqués sur ceux du NT et discerné par les inspirés. Mais cela aboutit à ce qu’Irving lui-même soit relégué à un ministère de diacre puis réinstitué. Epuisé par ses tâches d’évangéliste, il meurt à 42 ans.

*« Le mariage », Esprit et Vie, 1938, 7, p. 72-75.

1 Cor 7 servira de texte de référence.

I.     Coup d’œil sur l’ensemble du chapitre : V. 1-24 sont clairs ; 2e partie beaucoup moins ! « Vierge » peut désigner aussi bien des femmes que des hommes. Il est possible qu’à Corinthe, deux jeunes gens aient vécus ensemble mais sans intimité sexuelle. Cette 2e partie ne sera pas étudiée.

II.    Analyse de 1 Cor 7/1-24 : Diviser le passage en 5 parties.

III.   Le principe du mariage (V. 1-7) : les 2 voies du célibat et du mariage (monogame) sont possibles. Dans le processus de la révélation, le mariage devient de plus en plus strict. « Le mariage n’est pas un lien de chair ; il est un lien moral et spirituel basé sur une parole de fidélité que les époux se donnent l’un à l’autre » (une cérémonie n’est donc pas indispensable).

IV.  Autres questions concernant le mariage : V. 8-16. L’enseignement de Jésus n’autorise pas le divorce ni le remariage tant que l’un des conjoints est encore vivant. Cela est aussi valable pour la personne qui se convertit et dont le conjoint ne partage pas la nouvelle foi : la séparation est possible mais pas le remariage (cela interpelle le Réveil : que ce ne soit pas prétexte à diviser les couples). Si une personne convertie envisage de se marier, sa seule option est de choisir un conjoint croyant (mais L.D. n’en fait pas une loi).

V.   Principe pour trouver la volonté de Dieu : V. 24 demeurer dans l’état où chacun était quand Dieu l’a appelé. Le baptême est une mort aux préoccupations terrestres. C’est en cherchant la volonté de Dieu que le chemin de chacun se dessinera et il faut avancer avec prudence.

VI.  Conclusion : Les catholiques valorisent la virginité et le célibat, les protestants le mariage, en particulier pour les pasteurs. L.D. veut malgré tout plaider pour la possibilité du célibat : « la solitude dans un plein repos des sens, est une part très belle pour le service de Dieu ». Cela prend d’autant plus de sens que l’on veut hâter la venue du Seigneur. La solitude permet de se centrer sur cette prière (un couple peut aussi renoncer pour un temps à une vie plus intime pour se concentrer sur cet objectif). L’article se conclut sur une note à propos de la jouissance : le chrétien ne devrait pas la mettre trop haut car ce serait minimiser la croix.

*« L’amour et le mariage d’après les Saintes Écritures », Esprit et Vie, 1938, 8, p. 87-90.

Jean insiste sur le fait que l’amour est de Dieu et que Dieu est amour. L’amour humain a une part de sentiment et peut conduire à des actions coupables.

I.     Dieu est amour : cette vérité ne peut qu’être révélée car à cause de la souffrance la raison s’y oppose. C’est pour cela que la révélation de l’amour s’est faite à la Croix.

II.    L’amour est de Dieu : « Dans le sentiment de l’amour au sens humain, il n’y a aucune révélation de Dieu ». L’amour maternel aussi noble soit-il reste imparfait. L’AT nous donne de nombreux exemples d’hommes qui ont succombé à la pulsion amoureuse (Hamor, Samson…)

III.   Christ a aimé l’Église : et il s’est donné pour elle. Nous retrouvons le lien entre l’amour et la Croix. L’amour de Christ pour l’Église n’a rien de sentimental. Il faut comprendre que les maris doivent aimer leur femme non pas en raison de sentiments mais en se donnant pour elle.

IV.  Maris, aimez vos femmes comme… : Paul écrit dans un contexte nouveau : celui de l’Évangile. La Croix nous délivre de l’égoïsme propre au cœur pécheur pour vivre un amour qui cherche le bien de l’autre.

V.   Le danger des fausses mystiques : Les propos de Paul font référence à ce qu’il a compris du mystère de l’Église tel qu’il l’a exposé dans les 1ers chap. de sa lettre. Mais la lecture spirituelle doit rester prudente.

VI.  1er principe : Le mariage n’a aucune valeur religieuse ou mystique en lui-même : Le mariage est une réalité terrestre et donc appelé à disparaître dans le Royaume. Prétendre qu’il faut être marié pour comprendre le mystère de l’Église est aussi faux que de dire « que celui qui n’est pas vigneron ne pourrait rien comprendre au mystère de Christ et de l’Église, tel que l’explique Jean 15, par la parabole du cep et des sarments ». Le sens profond du mystère de l’Église vient de la Croix, pas du mariage.

VII. 2e principe : Christ n’est pas époux de l’âme individuelle : Le Cantique des cantiques n’est pas un livre qui soutiendrait cette thèse. Dans l’image de l’Église comme épouse, il y a un enseignement sur le paradoxe de la liberté : toutes nos libertés se limitent en entrant dans le corps de l’Église ; nous acceptons l’obéissance. La meilleure image du rapport de Dieu à ses créatures, est celle du père avec ses enfants.

VIII.   3e principe : Le nom d’épouse, appliqué à l’Église, est purement céleste : « Si donc le mystère de Christ et de l’Église, contemplé par la foi, peut projeter une merveilleuse lumière sur le lien du mariage, quand celui-ci est formé par l’obéissance à Dieu, en revanche, les choses du mariage ne peuvent projeter absolument aucune lumière sur le mystère de Christ et de l’Église. C’est un mystère qui descend d’En Haut, d’auprès de Dieu. Ce n’est pas un mystère qui monte d’en bas, des choses de la terre ».

*« La vie du curé d’Ars (1786-1859) », Esprit et Vie, 1938, 9, p. 93-101.[29]

Mise au point dans l’avant-propos : « Nos lecteurs comprendront que nous ne voulons pas les convertir au catholicisme, pas plus qu’à l’Irvingisme. Mais tout en leur donnant des récits qu’ils ignorent peut-être, nous espérons que leur cœur sera porté à mieux aimer Dieu, en entendant parler de ses merveilles, dans les serviteurs si divers où il se glorifie ».

I.     Avant l’arrivée à Ars (1786-1818) : Il reçoit la vocation à l’âge de 17 ans. Les études au séminaire sont laborieuses et c’est seulement à 29 ans qu’il est ordonné.

II.    Le réveil d’Ars ; la Providence : Très exigeant avec lui-même, il veut ramener ses paroissiens aux valeurs de la foi qu’ils ignorent pour la plupart. Mais il se consacre aussi à une maison, « La Providence » qui recueille les jeunes filles abandonnées. Parfois il manque du nécessaire mais des miracles pourvoient aux besoins.

III.   Ministère élargi – La fin du curé d’Ars : Sa renommée s’étend et l’essentiel de son ministère se passe au confessionnal. Il sait toucher les âmes par des paroles inspirées. Cela lui vaut la jalousie d’autres prêtres. Mais il reste humble face aux attaques. Avec le temps, il cherche à quitter la paroisse pour vivre dans la solitude, mais cela ne lui sera jamais permis. Il poursuit donc son ministère à Ars où il mourra en 1859.

IV.  Les charismes surnaturels dans la vie du curé d’Ars.

1.     Puissance d’accomplir des miracles : nous avons évoqué ceux qui l’aidèrent dans sa maison de jeunes filles (multiplication du blé ou de la farine). Il lutta aussi beaucoup contre le diable qui le harcelait jusque dans sa chambre.

2.     Charismes prophétiques : Parole de connaissance, révélation sur la vie des confessés… Citations d’exemples.

3.     Charisme des langues : L.D. le devine dans un récit.

4.     Charismes de guérisons : « Il n’est pas difficile de reconnaître, dans ces guérisons, les charismes apostoliques. Pratiquement, les guérisons étaient données en réponse à la prière. J.M. Vianney connaissait et pratiquait l’imposition des mains. Il voyait le plus souvent dans la maladie une occasion d’amener une âme plus près du Sauveur. Il exigeait la foi de la part du malade, et souvent il ne peut faire aucun miracle à cause d’obstacles d’ordre spirituel ». L.D. souligne l’usage que le curé d’Ars faisait de Sainte Philomène (martyre des 1ers siècles) : il disait que c’était elle qui accordait les miracles, pas lui ! L.D. aurait préféré qu’on invoque le nom de Jésus, même s’il comprend l’humilité foncière de la pratique du curé d’Ars.

*« De la prière continuelle », Esprit et Vie, 1938, 10, p. 109-110.[30]

Mise au point dans l’avant-propos : « Nous savons que parmi les protestants et les amis du Réveil, les avis sont partagés au sujet de l'Église catholique, les uns lui sont foncièrement hostiles et ne pensent pas qu'il puisse venir rien de bon de ce côté, d'autres sont dans une grande ignorance sur la vie intérieure catholique ».

La prière continuelle ne peut être ni vocale, ni mentale. C’est la prière du cœur. Dieu connaît nos cœurs. Mais nos cœurs doivent aussi être disposés à cela. Description du processus qui conduit à cette pureté du cœur.

*« Demande en mariage et virginité », Esprit et Vie, 1938, 11, p. 117-120.

Même si les commandements évangéliques ne s’appliquent pas aux situations vécues avant la conversion, une foi baptisés nous y sommes tenus. Il n’y a que 2 options : virginité (ou continence pour les veufs/ves) ou mariage.

I.     Prendre pour femme : L’initiative d’une demande en mariage appartient à l’homme (ex. bibliques). Mais après le baptême et dans le Réveil, il faut entendre l’appel de Paul à ne pas forcément se marier (1 Cor 7/7). Pour cela il faut se demander si l’on n’a pas reçu le don de continence et même oser le demander. La femme attendra une demande en mariage ou que son père lui prenne un mari. Mais elle reste libre de dire non. « Par sa liberté morale, la femme est pleinement l’égale, la semblable de l’homme. Sa place, ses fonctions, son ministère sont différents ; et la femme en Christ se subordonne à l’homme dans une hiérarchie dont la base est l’amour de la Croix. Mais ces principes d’ordre et de hiérarchie n’empêchent pas, - ils supposent, au contraire, - que la femme est une créature libre qui a la pleine disposition de sa volonté et de son corps ».

II.    Dangers de sorcellerie : « Pour les jeunes gens et jeunes filles, les veufs et les veuves qui se font baptiser, la question du mariage ne se pose plus, à moins qu’il n’y ait dans leur chair un danger réel d’impureté. Le signe qu’il faut songer à se marier, c’est le manque réel de continence. […] Il faut dire oui de tout son cœur à cette simple vérité biblique. Ce qu’on y ajoute vient du Malin. (…] une attitude fausse concernant le mariage mène tout droit à des manifestations de la puissance satanique déguisée en ange de lumière ».

Étude de cas : 1. L’amour romantique ne peut être pour le chrétien une justification du mariage car il idéalise la femme et en fait une idole ce qui pervertira notre vie spirituelle. 2. Certaines personnes pensant qu’un jeune homme et une jeune fille sont faits l’un pour l’autre peuvent chercher à les faire se marier. C’est oublier que chacun est responsable devant Dieu et nous n’avons pas à nous en mêler. 3. Un jeune fille baptisée nourrit la conviction qu’elle est faite pour tel jeune homme et demande à Dieu de le lui confirmer. C’est oublier le principe posé de la continence et les signes reçus ne seront pas de Dieu mais des démons.

III.   Baptême et virginité : « Le Retour de Jésus n’est pas un calcul fantastique de l’intelligence, en suite de quoi il faudrait se livrer à un ascétisme aussi stupide, et par surcroît faux. Mais c’est l’inverse qui est vrai : quand Dieu attirera davantage l’attention des disciples de Jésus sur ce don de continence, et quand Dieu se montrera disposé à le dispenser d’une manière authentique et pure dans toutes les églises, en la personne de quelques-uns de leurs membres, alors il y aura là un signe très manifeste de la proximité du Retour de Jésus ». Si ayant fait le choix de la virginité par obéissance à Christ on se rend compte que l’on ne peut garder la continence, alors on est autorisé à se marier mais en veillant à le faire selon les consignes bibliques.

*« La vie de Georges Fox (1624-1691) », Esprit et Vie, 1938, 11, p. 123-127 & 1938, 12, p. 134-138.

Fondateur des Quakers (ou Société des Amis). L.D. s’intéresse aux débuts du mouvement car « les premiers Quakers, les compagnons de Fox, sont les précurseurs des prophètes cévenols ; et, comme notre église huguenote, ils vécurent sous la persécution, non pas cependant de la part des catholiques (eux aussi persécutés en Angleterre) mais de la part du protestantisme officiel de la Cour et des Églises d’Angleterre. Fox a été, a-t-on dit avec raison, le premier grand prophète que l’Angleterre moderne ait fourni. […] Avec Fox paraît une puissante personnalité religieuse, une vie, un message ».

I.     Récit abrégé de la vie de George Fox : Enfance modeste à la campagne. En 1643 quitte les siens pour une vie d’errance à la recherche de réponses spirituelles. Dès 1647 commence à prêcher et en 1649 est emprisonné pour la 1ère fois, notamment pour son refus de porter les armes. Dès 1652 le mouvement s’organise malgré l’opposition du pouvoir et des autorités religieuses (Fox est emprisonné plusieurs fois). En 1671 il passe 2 ans en Amérique. Il est à nouveau emprisonné à son retour mais continue d’organiser le mouvement depuis Londres où est établi le quartier général.

II.    Charismes spirituels dans la vie de Fox : 1. Guérison : il l’expérimente dans sa propre vie, notamment après avoir été violemment molesté par des foules. Son Journal rapporte aussi des témoignages de guérison et de délivrance. 2. Discernement des esprits : il devine les pensées de certains interlocuteurs ; il se laisse guider dans son ministère par les directives qu’il reçoit de Dieu. 3. Prophétie : Il s’attache d’abord à rappeler que les Écritures qui ont été inspirées ne peuvent véritablement être comprise que si le St-Esprit les éclaire pour nous. On rapporte que Fox avait prédit 2 semaines à l’avance la dissolution du parlement anglais, ce qui arriva.

III.   La personnalité de George Fox : Homme de grande stature mais vêtu sobrement. Très strict à l’égard de l’argent et critique du fait que les pasteurs étaient salariés. Marié en 1669 avec une veuve (après avoir prié et demandé l’avis des Amis) il donne cependant la priorité à son ministère itinérant et ne passera pas beaucoup de temps avec son épouse (5 ans sur 21 ans de mariage) mais sera étroitement en lien avec elle par sa correspondance. Refuse les clivages de classe et adopte le tutoiement généralisé. Son refus de prêter serment sera incompris. Malgré les épreuves et les critiques il garde une attitude aimante.

IV.  L’expérience personnelle de Fox : Refusant tout compromis avec une vie de facilité, il cherche en Jésus celui qui peut le libérer de toutes les tentations. Sa propre expérience spirituelle le convainc qu’il y a en tout être humain une « semence de Dieu » qui ne demande qu’à germer (il refuse la prédestination). Il refuse aussi toute forme de cléricalisme (il appelle les églises des « maisons à clocher »). Il estime que l’autorité spirituelle doit être reçue de Dieu et pas des diplômes en théologie.

Conclusion de L.D. : « Quoique l’annonce du Retour du Seigneur n’ait jamais été partie essentielle de son message, on peut dire que sa vie toute entière en fut une prédication vivante ».

 

1939

*« Le Père », Esprit et Vie, 1939, 1, p. 5-7.

Esaïe 63/16 « C’est toi, Eternel, qui est notre Père ! »

I.     Comparaison ou révélation : Souvent nous partons de la paternité terrestre pour essayer de comprendre la paternité de Dieu. Il faudrait plutôt partir du modèle divin pour l’appliquer à notre réalité. C’est par une révélation que Dieu se présente à nous comme Père, en particulier au travers de son Fils.

II.    Que fait le Père ? 1. Il donne la vie car il est notre créateur par sa Parole. 2. Il donne la mort en ce qu’il fait mourir les ténèbres et la souillure. Adam a vu mourir son fils ; Abraham fut appelé à sacrifier son fils ; Dieu leva sur Jésus le couteau de sa justice. Dieu fait mourir par la Parole de la Croix. 3. Il donne la vie éternelle : À cause de la désobéissance, l’homme n’est pas passé de la vie primitive à la vie éternelle. Mais en Jésus une nouvelle chance est donnée car nous sommes créés en lui.

III.   Comment l’homme est-il père ? Spontanément nous pensons que la paternité est liée au mariage et aux enfants alors que pour la Bible, c’est par la Parole que nous exprimons cette paternité et cette parole fait vivre. Mais le père humain est aussi celui qui fait mourir, en particulier en le conduisant au baptême. « Ici encore, comme dans la transmission de la vie c’est Dieu qui agit par sa parole. Et l’homme est son collaborateur par sa volonté et sa parole, qui s’allient à la Parole du Très-Haut ». Il reste encore aux pères humains à donner à leurs enfants la vie éternelle : ils le font en leur donnant la foi au retour de Christ.

*« Une poignée de rubans et une Bible », Esprit et Vie, 1939, 3, p. 22-23.[31]

Comment s’organiser pour développer une lecture sérieuse de la Bible ? Il ne suffit pas de l’ouvrir au hasard, ni d’essayer de la lire en commençant par la Genèse jusqu’à l’Apocalypse. L’a. propose de préparer six rubans de couleurs différentes et de les répartir ainsi sans sa Bible : Mettez le premier ruban au début de la Genèse, le 2ème à Josué, le 3ème à Job, le 4ème à Esaïe, le 5ème à S. Mathieu, le 6ème aux Actes. De cette manière vous marquez toutes les grandes divisions de la Bible.

Le 1er ruban vous servira pendant la lecture du Pentateuque ;

Le 2ème pendant celle des Livres historiques ;

Le 3ème pendant celle des Livres poétiques ;

Le 4ème pendant celle des Écrits prophétiques ;

Le 5ème pendant la lecture des Évangiles, et

Le 6ème pendant la lecture des Actes et des Epîtres, jusqu’à la fin du Nouveau Testament.

Lundi vous prendrez une partie du Pentateuque, Mardi de la section historique, mercredi des Livres poétiques, et ainsi de suite pendant les 6 jours de la semaine, gardant votre Dimanche libre pour lire un passage à votre choix dans la Parole de Dieu. Vous ne terminerez pas toutes les différentes paroles dans la même semaine ou en même temps, car vous aurez lu entièrement les 5 Livres de Moïse avant de terminer les Livres prophétiques ; mais chaque fois que vous arrivez à la fin d’une section, vous replacez votre ruban au 1er chapitre et vous recommencez votre lecture à nouveau.

*« La volonté de Dieu », Esprit et Vie, 1939, 3, p. 27-30.[32]

Brève méthode pour connaître la volonté de Dieu. Le texte se compose de 5 § qui rappellent que pour les choses de la vie ordinaire il ne faut pas trop se torturer l’esprit pour savoir quelle direction suivre car le temps pris à tergiverser aurait pu être utilisé à l’œuvre de Dieu. Mais pour les grandes décisions, l’examen personnel, l’avis d’un directeur de conscience et la prière sont utiles.

L.D. donne ensuite quelques remarques sur ces §. Pour les grandes décisions ayant une portée spirituelle il faut aussi apprendre à persévérer dans le choix, même si on rencontre des difficultés et des oppositions.

*« Lettre ouverte à M. de Worm », Esprit et Vie, 1939, 4, p. 33.

L.D. Rappelle quelques traits qui ont marqué la rédaction du journal : indépendance de toute structure d’Église, étroite communion de pensée des auteurs, refus de tout appel financier et confiance en la fidélité des lecteurs… L.D. estime que le temps est venu pour le grain de tomber en terre et de mourir afin qu’il porte plus de fruits.

Le pasteur H. de Worm répond à cette lettre ouverte en soulignant tout ce qu’il a reçu de cette collaboration et est heureux que cet arrêt n’ait pas été causé par des mésententes. Il est trop tôt pour dire si le journal pourra continuer ou non mais pour le moment tout sera fait pour le maintenir.

 

À partir de ce dernier article publié dans Esprit et Vie, le pasteur Dallière ne publiera plus d’écrits destinés à une diffusion publique. Il continue néanmoins son travail de réflexion et, à ceux qui lui en font la demande, il diffuse en quelques exemplaires, manuscrits ou ronéotypés, certains de ses travaux.

 

Nous intégrons aussi dans cette bibliographie les indications d’un cahier manuscrit intitulé « Répertoire des travaux manuscrits ». L.D. y donne la liste chronologique avec de brèves explications des cahiers manuscrits (numéroté selon l’ordre de l’alphabet grec) où il consignait des enseignements, des conférences, des exposés destinés à certaines personnes. Certains de ses cahiers ont disparu des archives, d’autres ont été par la suite dactylographiés. Nous indiquons par un * les articles qui sont intégrés à la compilation des textes que nous avons réalisée.

 

1933-34

Études bibliques sur l’Ancien Testament.[33]

Études livre par livre, de Genèse à Néhémie inclus, faites à des réunions du soir à Charmes.

 

1937

Catéchisme de l’Église Réformée de Charmes.[34]

Commencé en 1937 pour les catéchumènes de la paroisse. Continué en 1938-39 avec la collaboration de M. Eldin. Repris seul à Avignon en 1930-40. Corrigé et remanié depuis lors jusqu’au texte actuel fixé en août 1944. Nouvelle révision en octobre 1945.

 


 

1941

*Le mystère de l’Église composée de Juifs et de païens, exposé fait le 19 octobre à la pastorale de l’Eyrieux à la demande du pasteur Marc Boegner.[35]

L’introduction rappelle l’importance de parler des Juifs dans le contexte de l’époque.

I.     Au début, les Juifs ont toute la place dans l’Église. Vient le ministère de Paul qui l’ouvre au Païens. Le rapport s’inverse et les non-juifs deviennent majoritaires. Pourtant la marque de l’Église selon Ephésiens, c’est Juif + Païen = 1. Après la destruction de Jérusalem en 70, commence le temps de la dispersion pour les Juifs et de la « synagogue souffrante ». Mais selon la prophétie de Paul (Rom 9-11), un temps viendra où les Juifs en grand nombre reconnaîtront Jésus et se joindront aux pagano-chrétiens pour être à nouveau cette Église Une.

II.    Pour que cet événement inouï ait lieu, il faut que la « totalité des Nations » soit entrée (Rom 11.25). Cela n’est pas à comprendre dans un sens arithmétique comme s’il fallait convaincre tous les membres de tous les peuples l’un après l’autre. Croire cela c’est vouloir un Royaume de Dieu qui aboutisse à christianiser la terre et c’est une espérance qui demeure purement historique comme celle que nourrissaient les Juifs à l’époque de Jésus. Ce nombre est un nombre d’élus que Dieu seul connaît, reste qui vit intensément et dans la souffrance sa vocation comme Jésus lui-même qui n’avait rallié à lui qu’un petit nombre de disciples qui se réduisit encore avec la réalité de la Croix. À l’approche de ce jour, l’Église recevra, par l’action du Saint-Esprit, un désir ardent de prier pour les Juifs et comprendra l’urgence de ce regreffage.

III.   Conditions spirituelles nécessaires : « La première condition de la prière en faveur de la conversion d’Israël est une plénitude de la doctrine chrétienne, puisant sa sève très profondément dans l’Incarnation et la Rédemption, et se projetant en avant vers la résurrection finale et le Jugement dernier d’un élan, qui transcende tout sectarisme ». La 2e condition, c’est l’unité des chrétiens qui finalement n’ont jamais pu s’entendre. Pourquoi les Juifs voudraient-ils se joindre aux Païens quand ils les voient si divisés ? La 3e condition c’est d’éliminer de l’Église les aspects juifs qui nous lient trop aux réalités d’ici-bas.

IV.  Conclusion : Les solutions humaines du problème juif ne peuvent aboutir (émancipation, sionisme…). La seule solution est spirituelle. Vouloir la conversion d’Israël, c’est accepter que l’Église se remette d’abord profondément en question quant à sa vie spirituelle. Sans cela les Juifs continueront de souffrir.

« Un Juif descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi-mort. Un païen converti au Christianisme, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre en disant dans son cœur : "N’ai-je pas à perpétuer une liturgie et un enseignement traditionnels ?" Un autre chrétien d’origine païenne, qui arriva aussi dans ce lieu, passa outre, en disant : "N’ai-je pas à mettre au point une théologie qui est loin d’être achevée ?" Mais un Samaritain, qui voyageait... vous savez la suite, mes frères. Puisse notre petite ÉGLISE d’Ardèche être ce Samaritain, au cœur rempli de la miséricorde de CHRIST, à l’esprit puissamment fortifié par l’esprit de CHRIST, le Bon Samaritain, qui sonde nos cœurs en cet instant du haut du ciel ! »

 

1942

*Les mystères du Royaume de Dieu dans les paraboles, exposé fait le 4 mai à la rencontre du Comité national de UCJF [Union Chrétienne de Jeunes Filles] (à Saint-Georges-les-Bains, Ardèche).[36]

I.     Le Royaume de Dieu est déjà venu : Jésus présent comme roi dans son peuple signifie que le Royaume est là. Dans de nombreuses paraboles, cette présence est indiquée car par bien des traits on y reconnaît Jésus. Mais cette royauté n’a rien de politique et d’ailleurs le roi sera mis à mort. Pourtant sa parole portera du fruit car ce Royaume c’est aussi un message : celui du sermon sur la montagne.

II.    Le Royaume de Dieu doit venir : Les paraboles parlent aussi du Royaume au futur et nous exhortent à la patience dans la prière. L’unité entre les deux aspects est établie par Jésus qui d’un côté est d’abord venu comme roi serviteur et sauveur et reviendra en roi glorieux pour le jugement (avec exemples tirés de plusieurs paraboles).

III.   Le royaume de Dieu est une réalité actuelle : même si cela ne nous semble pas évident. La solution sera pour nous de vivre à la fois dans l’Évangile et dans l’Apocalypse. Ainsi, l’accueil de la prédication apostolique nous rend contemporain des 1ers auditeurs de Jésus et nous sommes au bénéfice des bienfaits du Roi. Mais nous devons aussi redécouvrir la dimension apocalyptique (sans nous laisser séduire par une conception trop matérialiste de l’apocalyptique juive). De manière paradoxale nous vivons comme si le Royaume était caché et il ne se dévoile que par la foi. Mais dans l’Église qui est une réalité visible, il se laisse pourtant voir car il en est comme la sève.

 

Cahier d’études sur le baptême.[37]

-          Figures et prophéties (du baptême) : liste de textes de l’AT qui annoncent le baptême.

-          Étude sur le mot baptême et le verbe baptiser.

-          Enumérations des problèmes posés.

-          Réflexions personnelles sur les rapports entre le baptême de Jean et le baptême chrétien (mai 1942, 7 §).

*La doctrine paulinienne du baptême.[38]

Introduction : « Le baptême (B) est un acte si décisif que, s’il était modifié dans sa teneur, toute l’économie de l’Église en serait bouleversée. Le B fait partie de l’Évangile de l’apôtre, qui prend appui sur lui pour développer la doctrine de l’unité du Corps de Christ ».

Les textes : liste des textes qui seront pris en compte dans l’exposé.

Exposition : « Rechercher le rôle de la foi dans le B. Nous nous trouverons ici en présence d’une autre synthèse, je veux dire celle que s. Paul réalise entre ce qu’on pourrait appeler l’élément objectif du B, le rite, et l’élément subjectif, la foi, mais que je préfère nommer l’action de Dieu et la soumission de l’homme ».

Questions non étudiées : le B pour les morts ; lien entre B d’eau et baptême d’esprit ; le sort des non-baptisés.

I.     Le baptême passage de la mort à la vie : Epître aux Romains est plus un écrit apologétique que systématique. Le B nous libère du péché en nous faisant mourir et nous introduit dans une vie nouvelle. Il serait fou de vouloir retourner à notre état antérieur de pécheur. « Entrée effective dans l’Alliance de la Loi nouvelle, le B donne donc à l’enfant adoptif du Père céleste tous les biens du Royaume de Dieu, pour qu’il en vive désormais. On peut les résumer en trois mots : justification (ou pardon), sanctification et Résurrection corporelle, sans laquelle Paul ne conçoit pas de vie éternelle […] L’Apôtre se mesurera sans cesse avec les difficultés pratiques de la sanctification, comme nous le voyons dans la partie parénétique des épîtres. Mais, quelles que soient les lenteurs, les faiblesses et les résistances de l’homme, la vérité du B demeure : le pardon lui a été donné, effaçant la vie païenne et tout ce qui le séparait de Dieu ; la sanctification lui a été donnée avec la vie nouvelle passée désormais sous le regard du Père ; et la vie éternelle est plus qu’une hypothèse, elle est, à partir du moment où l’on est baptisé, une réalité certaine où l’ancre l’espérance ».

II.    Le baptême, clé de l’unité de l’Église : Résumons la position de Paul sous forme de syllogisme : « La majeure : La Croix de Christ crée l’unité. La mineure est que qui est baptisé est mis en relation personnelle avec la mort de Christ. S. Paul en conclut l’unité du corps, et nous, qui nous intéressons aujourd’hui au B, nous en retenons que le B, par sa relation avec la Croix de Christ, est un élément constitutif de l’unité de l’Église ». Cela amène à se demander ce que Paul entend par « baptisé dans le nom de Christ » : « Qui est baptisé revêt Christ, non tant au sens d’un vêtement, qu’au sens, si l’on veut, d’une forme qui informe une matière, d’un milieu qui s’approprie des éléments nouveaux ».

III.   Le baptême et la croix : Le texte de Col 2.6 développe la question de la circoncision. Par ce biais, Paul pose la question du rôle de la loi à laquelle il oppose la folie de la croix. « Le changement de l’ancienne à la nouvelle Loi n’est pas le remplacement du signe du prépuce par le signe de l’eau. Le changement est un changement de ministre ; d’une part l’homme, d’autre part évidemment Dieu, et, par suite, un changement dans la nature du signe, d’une part prophétique et inefficace, d’autre part signe actualisé et efficace […] Nous retrouvons la pensée de l’épître aux Romains, de l’ensevelissement avec Christ, mais dans une fresque beaucoup plus vaste, où vient prendre place l’Ancienne Loi ; puis son abolition à la Croix, et la circoncision nouvelle dans cette Croix. Sur ce plan, la circoncision de Christ s’opère une fois pour toutes sur le Calvaire, mais elle est opérée dans le croyant à son B. »

IV.  Conclusion, le baptême et la foi : La foi est une condition du baptême. « Sautons pour l’instant l’acte même du B, et venons à la vie ultérieure du croyant. C’est par la foi qu’il s’approprie chaque jour les grâces de justice, de sanctification et de vie éternelle, qu’il a reçues au B. […] La vie donnée par le B, ne se réalise, elle aussi que par la foi. Le déclin total hors de la foi, l‘apostasie, demeure pour le baptisé comme une redoutable possibilité, figurée par les Israélites qui n’entrèrent pas en possession de la Terre Sainte. Condition antécédente du B, la foi est donc une condition subséquente de sa fécondité spirituelle ». Mais le texte de Tite 3.5 souligne aussi la valeur salvifique du B. « Il faut reconnaître l’antithèse et la dominer. Nous sommes sauvés par la foi, donc par une réalité d’ordre intérieur et invisible, éminemment personnelle et incontrôlable. Et nous sommes sauvés par le B, donc par une réalité d’ordre extérieur et visible, éminemment sociable et contrôlable. Pourtant les deux choses n’en font qu’une seule ». La démarche de la foi touche la dimension spirituelle en moi, mais mon corps a aussi besoin d’être renouvelé : « Si je crois de tout mon être, ne croirai-je pas aussi avec mon corps ? Ne prendrai-je pas ce corps exorbité de l’ordre divin par le péché, pour le remettre dans l’ordre divin, en le plaçant pour ainsi dire dans la Croix de Christ ? Ainsi donc, ma foi ne sera vraiment foi que lorsqu’elle s’incarnera en un acte de mon corps, qui est non pas le baptême, mais la remise de ce corps entre les mains de Dieu pour recevoir de lui le baptême. Dans l’acte même, ma volonté, librement, se soumettra tout entière à la volonté divine, souverainement manifestée dans la Croix de Christ. Ainsi, dans le baptême que je reçois, ma volonté et la volonté divine se rencontrent en une parfaite réconciliation : le corps baptisé est le lieu où viennent affleurer, dans leur harmonie reconquise, la volonté de Dieu et celle de l’homme. C’est pourquoi, vu sous l’angle humain, le baptême est foi et n’est que foi, sans aucune œuvre ; vu sous l’angle divin, il est plénitude de l’œuvre divine dans la Croix ».

 

1943

L’imposition des mains.[39]

Travail rédigé pour M. le pasteur P. Rozier, à la suite du Synode régional de 1943 où la question de la consécration des diaconesses évangélistes avait été discutée et où des avis contradictoires s’étaient fait jour.

 

Catéchisme pour les adultes : Dogmes, Vertus, Mystère.[40]

Rédigé au fur et à mesure pendant l’année 1943-44 pour un groupe d’adultes se réunissant au temple de Charmes le 1er et 3e dimanches, de 9h à 10h. Ce catéchisme a préparé la Sainte-Cène du 5 novembre 1944. Repris en 1963-64.

 

1944

*Étude sur le mariage texte présenté aux membres du Consistoire de l’Eyrieux le 11 janvier.[41]

I :   L’Ancien Testament : 1. Le mariage a Dieu pour auteur. 2. Le mariage a pour but principal la transmission de la vie. 3. Le mariage est constitué par un contrat mutuel des époux. 4. L’indissolubilité et l’unicité du mariage. 5. Le mariage a pour but le plus élevé de figurer l’union de Christ et de l’Église

lIa :   Le Nouveau Testament, enseignement de Jésus-Christ : 1. Le divorce. 2. Les secondes noces. 3. La virginité.

Ilb :   Le Nouveau Testament, enseignement de saint Paul : 1. Le mariage est un lien de la charité. 2. La morale de l’état de mariage. 3. Le mariage est-il un sacrement ?

 

*Lettre sur le baptême à une chrétienne qui a été baptisée dans sa première enfance.[42]

I.     Raisons théologiques et sociales en faveur du baptême (B) des enfants au 5e siècle : lutte contre le pélagianisme et établissement d’une société christianisée. Le baptême des enfants n’a pas à être contesté pour la période du 5e au 20e s. Mais aujourd’hui un basculement a lieu, qui appelle une révision de la pratique du B. Le sacrement du B n’est plus toujours pratiqué et compris comme il le devrait ; le lien du B à la croix est aujourd’hui plus manifeste chez de nombreux croyants qui aspirent à une consécration de tout leur être au Seigneur. On peut aussi regretter le peu d’importance accordée au B dans l’Esprit qui dans le NT est toujours lié au B d’eau.

« Voici donc le chemin dans lequel je vous guiderai, si du moins il correspond à votre appel intérieur. Je placerai devant vous un acte d'immersion totale, sous l'invocation de la Sainte-Trinité. Pour éviter le renouvellement d'un sacrement accompli une fois pour toutes, je n'emploierai pas les mots "je te baptise", mais ceux-ci : "je te confirme dans ton baptême au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit". Dans mon intention la plus ferme, ces mots signifient que si, par hasard, vous n'aviez pas reçu le sacrement du baptême, vous le recevez maintenant ; et si, comme nous le pensons vous l'avez reçu, il est complété et confirmé par une consécration destinée à vous armer dans les luttes actuelles de l'Église chrétienne, dont vous êtes membre. À cet acte d'immersion s'ajoutera l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit ; ce que l'Église catholique appelle le sacrement de la confirmation, et que je prends dans mon ministère de serviteur de Jésus-Christ, sur la base de la Parole écrite, règle suprême de la foi de l'Église réformée ».

II.    Importance d’un catéchuménat : Pour se préparer à cette confirmation de baptême, L.D recommande la lecture de catéchismes (protestants et catholiques), la lecture de livres de piété (y compris la vie de saints), l’examen de conscience. Il faut réaliser que cet engagement nous place seul face à Dieu et que ce sera un acte d’entière consécration à Jésus (cela touche nos relations, notre vie affective, nos biens, notre carrière…). C’est aussi un acte de renoncement à Satan.

III.   Quelle vie après le baptême ? 1. Obéissance totale à Dieu : sa volonté sera recherchée dans la Parole mais aussi en étant liée à une Église et à ceux qui y ont autorité. Cela implique une discipline de vie quotidienne (usage du temps, nourriture, vêtement, argent) 2. Croître dans la grâce en reconnaissant que le baptême ne nous rendra pas parfaits. Pour éviter les chutes graves nous disposons des moyens de grâce. L.D. donne quelques indications sur sa conception du baptême dans l’Esprit (où l’aspect extérieur des charismes n’est pas primordial) et sur sa façon d’envisager la direction spirituelle. 3. Accepter les souffrances, qu’elles soient passées ou à venir, ou visible chez les autres. Sans cette acceptation on doute de la bonté de Dieu dans la conduite de nos vies.

 

 

1945

*La théologie du vêtement.[43]

Introduction : La théologie du vêtement (V) est avant tout une question métaphysique et pas de morale. Les réalités visibles, même les plus banales, reflètent des réalités invisibles. Le V relève aussi du langage social (fonction, hiérarchie) même si à l’époque moderne les codes sont renversés. Dans ce contexte, comment se pose la question d’un « vêtement chrétien » (VC) ?

I. Y a-t-il un vêtement chrétien ? L.D. soulève d’abord les objections. 1. Le VC serait l’équivalent de la clôture monastique et donc peu compatible avec la vision protestante. 2. Le VC refuserait les codes sociaux en vigueur. 3. Le VC risque de voir le mal où il n’y en a pas. 4. Le VC conduit au légalisme et relativise la portée de la grâce. Sed contra : C’est la prise en compte de notre baptême qui résout les objections : à corps nouveau, V nouveau (symbolique du V blanc).

Question de la nudité : Rappel que les baptisés étaient initialement immergés nus mais que cela n’était pas public. Dans un monde sans convoitise on pourrait envisager que les croyants vivent nus, mais tel n’est pas le cas de la société qui reste pécheresse et soumise au règne de l’argent. La nudité peut être aussi un moyen d’avilissement (cf. Christ en croix). La théologie de la grâce sera plus parlante dans le V blanc que dans la nudité. Le VC est un V nouveau signe de la vie nouvelle et cela d’autant plus que nous ne vivons plus en chrétienté. Adopter le VC n’a rien de légaliste mais exprime le besoin d’accepter un minimum de règles (ici L.D. envoie une pointe aux néo-barthiens !) sans lesquelles la vie serait un chaos. Le VC appartient à ces œuvres qui découlent de la grâce selon la « loi de liberté ».

II. Description du vêtement chrétien :

1. Le vêtir. Le V doit aider le corps à être lui-même mais en même temps doit le voiler. Le VC exprime le pardon et la sanctification et annonce le corps ressuscité : « C’est le chrétien revêtu qui forme un nouveau corps, vivant d’une vie déjà surnaturelle ». Question du maquillage et des bijoux qui peuvent être des pièges spirituels. Le nudisme du monde (aussi les V trop courts) s’apparente à la quête d’un paradis perdu mais sans passer par Christ. Beaucoup l’acceptent car ils suivent les mouvements de masse ; la question concerne aussi les hommes même si c’est chez la femme que le rejet du VC est le plus manifeste ; le VC n’impose pas de couvrir tout le corps (comme dans l’Islam) ni de le découvrir quand il y en a la nécessité. Le VC ne s’impose qu’à l’Église et pas au monde 

2. La matière. Privilégier les matières naturelles et durable (L.D. critique ici les dérives de la société marchande) ; la couleur blanche et la recherche de simplicité (« Le noir sera peut-être pour nous, dans la société moderne, le meilleur équivalent du blanc ») ; le V exprime notre vocation d’être au service sans ostentation même si l’on doit avoir le souci de la beauté et de la fonctionnalité. 

3. Masculin et féminin. L’homme et la femme sont à la fois semblables et distincts. Cela se reflète dans leur V. « L’ère moderne accentue plus que de raison, dans le vêtement, l’opposition de l’homme et de la femme… Le VC tendra à maintenir une certaine ressemblance entre les hommes et les femmes ». Ce qui marque leur différence ce sera la coiffure et le voile (par obéissance à l’Écriture).

Conclusion : une morale traditionnelle sur le V peut servir de digue contre les excès du laxisme moderne.

III. Esquisse d’une casuistique (application aux cas pratiques) : Il n’y a de catéchèse du V que pour les membres de l’Église et en particulier pour les adeptes du Réveil.

1. Une femme ne coupera pas ses cheveux et n’ira pas chez un coiffeur.

2. Une femme baptisée devrait trouver une manière adéquate d’avoir la tête couverte

3. Une femme chrétienne ne suivra pas la mode. Son vêtement sera sobre.

4. Rejet du maquillage et des bijoux ostentatoires. On peut porter la croix, avoir une alliance au doigt.

5. Les vêtements devront être suffisamment couvrants (épaules, bras, jambes).

6. Les robes au-dessus du genou : « Ce ne sont pas des robes mais des pagnes ».

7. Pantalon féminin dans certaines circonstances.

Pour les catéchumènes et les élèves on fera preuve de souplesse tout en suivant le principe biblique de la « maison chrétienne » (1 Tim 3.4) qui veut que les parents, autant que possible, donnent aux enfants des règles qui se fondent sur l’enseignement de la foi.

Dans les réunions religieuses, en particulier à Charmes, on veillera à suivre les règles édictées.

Pour l’école qui ouvrira à Charmes, on cherchera aussi à mettre cela en pratique avant tout chez les enseignants mais aussi pour les élèves.

 

Étude sur le silence.[44]

Rédigée à l’intention de Mlle V. H. qui résidait à Paris. Terminée le 16 janvier 1945.

Instructions pour une jeune catéchumène.[45]

Remis à Nelly Manson à la suite de sa demande de communion à Pâques 1945. Rédigé le lundi Saint, 26 mars 1945.

Résumé du catéchisme de l’E.R. de Charmes.[46]

Rédigé pour Paul Robert et Odette Pourtin [?] qui l’ont suivi pendant l’année 1944-1945. 24 leçons au lieu de 36 (divisées en 3x8 ; ni lectures bibliques ni devoirs). Ajouté des lectures et révisé en octobre 1945. Adapté pour l’enseignement à tous les catéchumènes.

Catéchisme pour les adultes : 21 leçons sur les vertus.[47]

Enseigné à un petit groupe d’auditeurs, le dimanche matin, à  9h, avant chaque culte de Charmes, au cours de l’année de grâce 1944-1945. [Ajouté en marge : « avec un texte nouveau de 60-61]

*Patiente persévérance.[48]

Reproduction d’un article paru en Déc. 1935 dans Esprit & Vie avec une légère correction nécessitée par une erreur typographique.

Le catéchisme et le pasteur.[49]

Travail présenté au Consistoire de l’Eyrieux le 21 mars 1944.

Pour une réception dans la communion de la Sainte-Cène.[50]

Pour la réception de Madeleine Dallière et Denise Comboroure.

Extraits de Grégoire de Nysse.[51]

Juillet 1945. À l’occasion du cours d’adulte sur les Pères = 18 entretiens du cours 1945-46.

 

1946

L’Union de prière de l’Église Réformée de Charmes.[52]

Rédaction commencée en août 1945, après le retour de M. Eldin. Communiquée en l’état à MM. Eldin, Serr, Blanc, de Richemond, Schaerer. Repris le 11 janvier 46 et terminé le mercredi 16 janvier 1946.

 

*Causerie sur l’œuvre de Charmes.[53]

Au sortir de la guerre et alors qu’il a prévu de démarrer le Cours Isaac Homel et l’Union de prière, L.D. tient à en informer ses collègues et les églises voisines.

1.     L’école : Elle sera mixte et non-confessionnelle. De la 6e à la 3e et d’abord pour les enfants du secteur.

2.     L’union de prière (initialement appelée « l’œuvre de Charmes ») : Ce mouvement de prière veut éviter tout sectarisme et sera donc lié à l’ERF autant que possible. Exposé des 4 sujets et du fonctionnement de cette structure.

 

*Réunions en vue de la fondation de l’Union de prière

30 janvier :             I. Les réunions de prière (Actes 12.1-19)

À partir de 6 caractéristiques de cette réunion de prière, L.D. tire des conclusions pour la future Union de prière. « Mon ambition est de voir fleurir de telles réunions en France, en Ardèche, ici. Je crois que c'est la volonté de Dieu qu'il y en ait. Dieu veut, je crois, qu'il y ait des réunions de prière privées. Privées, car nous sommes dans une période de persécution. Pas sanglante, mais une persécution de séduction ». Ces réunions ne remplacent pas le culte et doivent se vivre en toute transparence avec l’Église.

30 juin :                  II. Jésus au temple à douze ans (Luc 2.41-52)

Introduction : La guerre de 1939-45 a été une mort pour beaucoup dans le Réveil. Mais quelle forme doit prendre la résurrection ? Pour L.D. la forme modeste d’un groupe de prière.

La discrétion n’est pas l’invisibilité. Jésus enfant était dans le temple même si sa présence fut discrète. De même l’UP veut être présente dans l’ERF mais en restant discrète. Mais cette présence implique que l’on accorde de la valeur à l’église visible et à sa doctrine. Le Réveil a permis que les émotions s’expriment mais il ne peut pas y avoir que cela : il faut connaître la Bible, nourrir sa culture chrétienne, s’investir dans la vie d’une communauté locale. Il faut aussi accepter l’humble soumission à ceux à qui Dieu a donné autorité. Et ainsi, l’Église pourra croître en sagesse comme Jésus enfant.

11 septembre :      III. Les vêtements (Nombres 6.1-12)

Il en va de l’enseignement sur le vêtement comme de celui sur le baptême. C’est d’abord l’incompréhension et le mépris, puis les choses peuvent évoluer et être acceptées. Si nous attachons tant de poids à cette question c’est parce que la société par le vêtement revient à un nouveau paganisme. Il faut résister à cela (un peu à l’exemple du Nazir dans l’AT). La question du vêtement peut être argumentée à partir de nombreux textes du NT. Même si l’ERF ne se soucie pas de cette question, l’UP doit montrer l’exemple.

« Si nous lâchons sur ce point, il me semble que nous serons comme Samson quand ses cheveux lui ont été coupés. Il y a là quelque chose de tragique. Sur ce tout petit point, le diable peut tout faire échouer ».

18 septembre :      IV. L’argent (Nombres 13.16-23 ; Luc 12.13-16)

L’argent est le grand Dieu du monde moderne. Cette question a déjà été abordée dans le Réveil et par l’ERF dans notre région. Mais nous pouvons malgré tout aborder la question de l’avarice qui peut prendre des formes subtiles (L.D. en donne une liste). Ensuite il explique comment lui-même gère les dons reçus pour les différents aspects de son ministère (il n’y a eu aucun enrichissement personnel plutôt le contraire). L’exposé se termine par quelques recommandations pour les futurs membres à propos des offrandes et des dîmes.

25 septembre :      V. Appartenance à l’Église Réformée (Hébreux 9.1-14)

Le pasteur Dallière explique les raisons personnelles qui le poussent à mettre cette fidélité à l’ERF en avant. Ce texte comporte un certain nombre de détails biographiques et liés à son cheminement spirituel.

29 septembre :      Fondation de l’Union de prière

I.     Explication de ce qu’est le « membre responsable » : c’est une fonction visant à aider L.D. qui ne peut à lui seul assurer le suivi spirituel de tous les membres, surtout si l’UP devait se développer. Ces « membres responsables » seront répartis selon les besoins. Cette fonction se vivra dans l’humilité et sans autoritarisme.

II.    Membres et amis : explication de ce point

III.   Lecture de la liste des membres et remise d’une carte de membre.

IV.  Message sur Jean 12/23-26, Actes 4/23-31 : L.D. revient sur l’image du grain de blé qui doit mourir. C’est cette mort qu’a signifié les années de guerre. Maintenant vient le temps de la floraison encore modeste. Notre mission sera d’être au service de l’ERF et à travers elle de toute l’Église.

Le service de Conseiller presbytéral.[54]

Reprise d’une étude sur les ministères présentée aux pasteurs du Consistoire, réunis à Vernoux en juin 1946. Cette 1ère étude n’est pas entrée telle quelle dans les Travaux manuscrits.[55]

La présente étude sur le service de Conseiller presbytéral a été tracée en vue de la réunion des conseillers presbytéraux du Consistoire à Royas le 15 août 1946. L’allocution a toutefois été prononcée de vive voix en s’inspirant de ce cahier, sans s’astreindre au texte.

[N.d.E : Royas est un hameau du village de St-Laurent-du-Pape. Le 15 août, fête de l’Assomption de la Vierge, était une date à laquelle les protestants profitaient du jour férié pour tenir des rencontres religieuses]

Le Cours Isaac-Homel.[56]

Texte adopté par le comité de patronage réuni à Boissier le Dimanche 25 août 1946 après-midi. Étaient présents : MM. Dallière et Eldin, Chalamet, Jarjat, Léorat, Saint-André, Saint-Cierge.

21 leçons sur les mystères.[57]

Cours établi et enseigné pendant l’année 1945-46 avec deux réunions par mois, le mercredi soir. Il forme la 4e partie du catéchisme pour les adultes.

1.   Dogmes – vertus – Mystères  B’

2.   21 leçons sur les dogmes (non encore rédigé) / Pour (2) voir N’ et OB’

3.   21 leçons sur les vertus  IΓ’

4.   21 leçons sur les mystères  KB’

Les Pères de l’Église.[58]

Texte établi et enseigné pendant l’année 1945-46 avec 2 réunions par mois le mercredi soir, intercalées entre celles du catéchisme d’adultes (ci-dessus).

Dix études bibliques pour les Conseillers presbytéraux.[59]

Suite du travail présenté à Royas (Travaux manuscrits K’) le 15.VIII.46, rédigé en oct. et nov. 46, achevé dans la journée du 25 novembre 1946 et la nuit suivante, pour être mis à la disposition des pasteurs du Consistoire.

Catéchisme de l’E.R. de Charmes.[60]

Cours de 2 années. 1ère année : texte d’octobre 1946 enseigné par Rose Jourdan dans le cadre du Cours Isaac-Homel.

La vie chrétienne fidèle.[61]

Catéchisme supérieur. Cours Isaac Homel, 1946-1947 (repris 1951-52)

 

1947

*La signification du sacrement dans le Baptême et la Sainte-Cène pour l’Église qui les administre et pour celui qui les reçoit.[62]

Texte sous forme de 12 thèses qui seront chacune développée.

I.       Le Baptême et la Sainte-Cène ont été remis par J-C, à l’Église, en tant que celle-ci est un corps social visible et hiérarchisé : ils font partie, avec la Parole, du dépôt tangible confié à l’Église.

II.      Le Baptême et la Sainte-Cène comportent un signe visible composé de choses (res) et de paroles (verba).

III.     Ils sont administrés à tel homme particulier, lequel tombe du fait de leur réception sous la juridiction de l’Église. En même temps, cet homme est mis au bénéfice des grâces surnaturelles qui sont en J-C.

IV.     Toutefois si le baptême et la Sainte-Cène n’étaient saisis que sous les deux aspects que présente la Thèse III, l’essentiel nous échapperait encore, et nous irions au-devant d’une sclérose de l’Église où se juxtaposeraient d’une part une hiérarchie dont le caractère juridique et politique s’accentuerait, d’autre part un chrétien dont le salut tendrait à revêtir un aspect de plus en plus individualiste et comme mécanisé.

V.      Le point essentiel du Baptême réside dans la consécration qu’il effectue, laquelle établit un rapport nouveau entre le Christ et l’homme appelé à faire partie de son Corps.

VI.     Le Mystère de l’Église est la réalité du Corps de Christ, lequel constitue comme un « moyen terme », un milieu surnaturel, entre le donné juridique et l’individu sauvé.

VII.    C’est par la Cène que la vie du Christ se répand dans l’Église – Corps du Christ, qui est dans sa réalité intime un organisme vivant et surnaturel. Il y a lieu de noter ici que tout baptisé est normalement un communiant, et que les deux actions sacrées forment elles-mêmes un organisme.

VIII.   Le Baptême et la Cène couronnent l’action de la parole, et ils supposent chez ceux qui les reçoivent la foi, par laquelle ils sont préparés, et dans laquelle ils s’épanouissent.

IX.     Par le Baptême et la Cène la vie surnaturelle du fidèle est mise dans la dépendance de la vie du Corps de Christ. Le salut de l’individu ne se sépare pas du salut du Cosmos, qui se réalise par l’Église - Corps du Christ.

X.      La prédication de la parole et l’édification du Corps de Christ ayant toujours un sens eschatologique, le Baptême et la Sainte Cène sont toujours ordonnés au Retour de Jésus-Christ.

XI.     Il est possible que le Baptême et la Cène soient comme rejetés par celui qui les a reçus, dans le cas où il y a non seulement absence ou sommeil de la foi, mais rejet volontaire de celle-ci : ainsi se constitue l’apostasie.

XII.    Reprenant le mot traditionnel de Sacrement pour désigner l’organisme Baptême - Cène, il paraît légitime de dire que :

         Les Sacrements de la Nouvelle Alliance sont des signes composés de « choses » et de « paroles »; remis en dépôt par Jésus Christ à son Église visible et hiérarchisée ; en vue de maintenir en elle jusqu’à son retour la vie organique surnaturelle de son Corps, au sein duquel les fidèles qui en sont les membres reçoivent les grâces apportées par l’Évangile, chacun selon la mesure de foi qui lui est départie.

 

Note sur mariage et continence.[63]

Rédigé pour M. de Richemond, Président du Consistoire, le 8 août 1947. Cahier égaré.

*Le vêtement chrétien de la femme.[64]

1.   L’Église a un enseignement sur le vêtement (V) : Il se fonde sur la Bible et est lié à la théologie du baptême. Il se déploie en 4 exigences. Cet enseignement est avant tout destiné aux membres de l’U.P.

2.   L’exigence de la liberté : l’U.P. n’a pas d’uniforme et laisse à ses membres la liberté du V. Cette liberté se vit en obéissance et soumission au Seigneur et refuse donc la loi de la mode ou des convenances sociales.

3.   L’exigence de la vraie beauté : comme créatures créées bonnes nous restons attachés à ce qui manifeste la beauté. Cette beauté sera d’abord intérieure et le V doit la rendre visible.

4.   L’exigence de la fidélité : Le V chrétien refuse la glorification de la nudité (lien avec la prostitution). Le fait que des V soient banalisés ne les justifie pas pour le croyant. La femme chrétienne doit savoir résister à la tendance au dénuement. Même chose pour la chevelure car l’avis de Paul (1 Cor 11.6, 15) reste valide. Le maquillage et les bijoux doivent aussi être rejeté (cf. avis des Pères de l’Église) comme favorisant l’impudicité.

5.   L’exigence de la simplicité : le chrétien manifestera sa liberté par rapport à l’argent en choisissant des V sobres, résistants, adaptés à ses conditions de vie et de travail.

La consécration pastorale.[65]

25 sept. 1947. Cette étude a été lue le matin de la consécration de M. Tartier, à St-laurent-du-Pape, devant un groupe de pasteurs comprenant : MM. Rozier, Président de la XIIIe Région de l’ERF ; de Richemond, Président du Consistoire de l’Eyrieux ; Tartier, pasteur à St-Laurent, en instance de départ ; Massias, pasteur aux Ollières ; Mours, pasteur au Teil ; Morel, pasteur à Devesset ; Tissot, pasteur, frère de Mme Tartier ; Maillot, pasteur à Lamastre ; Réb[ ?], pasteur à Valence ; Vernier, pasteur à Gluiras ; Zay, pasteur honoraire.

MM. Maurice Gaillard, Schneider, Eldin, pasteurs non encore consacrés.

M. Delizy, pasteur à Freycenet (Haute-Loire), pasteur consacrant.

*La situation de l’Église par rapport au monde sécularisé.[66]

I.        L’Église se constitue en greffant des Gentils sur un reste d’Israël. Le baptême et non plus la circoncision sera le signe d’unité de ce peuple nouveau.

II.       La vocation de ce peuple nouveau est de rendre un culte à Dieu. Le catéchuménat qui apparaît très tôt prépare aussi à cela. Qu’en est-il des enfants des catéchumènes ? Il semble qu’ils aient aussi dû passer par le catéchuménat pour être admis au baptême et à la Cène. Plus tard avec la généralisation du baptême des enfants on note qu’ils recevront aussi la Cène (en Occident jusqu’au 13e s.)

III.      Origine historique du baptême des enfants. Question du baptême des enfants en danger de mort. L.D. souligne le fait que plusieurs Pères de l’Église, nés dans des familles chrétiennes, n’avaient pas été baptisés enfant.

IV.     S. Augustin justifie le baptême des enfants en lien avec la doctrine du péché originel. Dès le 4e s, le baptême devient une pratique de masse et le catéchuménat s’en ressent. Baptême des enfants comme signe de l’appartenance à la chrétienté.

V.      Valeur de la chrétienté médiévale. L.D. affirme son attachement à la royauté qui par le biais de l’onction acquiert une dimension spirituelle.

VI.     Le baptême des enfants est une forme amenuisée du sacrement. La plénitude serait que la parole prononcée au moment du baptême soit perçue par le baptisé et qu’il puisse lui accorder sa foi.

VII.    La chrétienté médiévale perd l’élan missionnaire et considère l’espérance eschatologique manifestée par certains mouvements comme dangereuse. Ce qui compte, c’est le salut de l’âme après la mort.

VIII.   La scolastique avec toute sa finesse perd la dimension de profondeur spirituelle que l’on avait chez les Pères. Cet intellectualisme ne fera pas le poids face aux mutations profondes qui s’annoncent.

IX.     La Réforme veut proposer une nouvelle synthèse chrétienne. C’est par la prédication de la Parole qu’elle apporte un renouveau de la foi. Pourtant ni Luther ni Calvin ne veulent rompre avec la notion de chrétienté et ils maintiennent le baptême des enfants.

X.      Les temps modernes vont marquer le triomphe du rejet de Dieu. « Juifs et descendants des anciens païens s’agglutinent à l’époque moderne pour former un monde du légalisme scientifique et politique d’où la grâce soit bannie. »

XI.     L’effondrement de la chrétienté menace la vie sacramentelle. La Bible et les Réveils ont maintenu une forme de vie spirituelle quasi-sacramentelle mains le maintien du baptême des enfants a mystérieusement contribué au développement de l’apostasie. « Nos contemporains ont rejeté le vêtement surnaturel de la foi, ils rejettent toute grâce posée sur eux. »

XII.    Cet examen historique permet de conclure que : « la réalité à la fois la plus scripturaire et la plus profondément traditionnelle, du sacrement du Baptême est le Baptême des catéchumènes. » Malgré tout, le baptême des enfants est une forme correcte du sacrement. L.D. plaide donc pour l’adoption d’une double pratique : baptême des catéchumènes et des enfants. Il termine en redisant son souci d’offrir ainsi au Juifs un témoignage fort en vue de l’accomplissement des temps.

*Le retour de Jésus.[67]

I.     Rejet de l’individualisme et du rationalisme – Objections au schéma darbyste. L’espérance concrète du Retour de Jésus : la présence de Jésus-Christ ; la victoire sur la mort ; le siècle à venir.

II.    Le temps de la préparation – Les données scripturaires. L’enseignement de Jésus : la vigilance ; de Jean : l’unité ; de saint Paul : le combat. L’Église du Retour : le petit nombre ; l’œuvre exemplaire ; l’œuvre construite.

III.   Le mystère Juif – Principe d’interprétation de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les prophéties. Solution du problème. Le Mystère de l’Église : le texte clé, Romains 9-11. Qui convertira les Juifs ? La réconciliation des Juifs et l’Unité.

IV.   Le Retour de Jésus et le temps de l’Église – Le temps et l’éternité. Fausses annonces du Retour de Jésus : le montanisme, le joachimisme, les dissidences protestantes.

La lutte du chrétien contre ses péchés.[68]

21 leçons données en catéchisme d’adulte 1947-48. À compléter.

 

 

1948

La prière dans le ministère du pasteur.[69]

Réunion pastorale, Gluiras, 13.IV.1948.

*Mémento de l’Union de prière.[70]

1er essai d’une Charte abrégée en mai 1948.

*Le baptême : étude de théologie biblique.[71]

Nous donnons ici uniquement le titre de chaque § et le résumé envoyé par L.D. aux autres membres de la Commission.

I.-      LA CIRCONCISION ET LE BAPTEME : La tradition patristique latine depuis S. Ambroise et S. Augustin ; la scolastique avec S. Thomas ; Calvin, dans l’Institution chrétienne, considèrent la circoncision comme un véritable sacrement de l’Ancienne Loi. Elle confère la rémission du péché originel (Augustin, Thomas d’.Aquin) – elle signifie la promesse de la rémission des péchés, de la morti­fication et nouveauté de vie, de la vie éternelle (Calvin). Cette opinion ne semble pas avoir une base exégétique solide.

Elle présente l’inconvénient de faire de la circoncision une sorte de rite chrétien diminué (la même chose que le baptême, mais révélé seulement en partie) - et non pas une pré­paration et une figure prophétique de la Nouvelle Alliance (une chose autre que l'antitype, orientée vers celui-ci et l’annonçant figurativement).

II.-     LA CIRCONCISION ET LE BAPTEME (Suite) : Reçue dans la Parole comme un type (Τυπος), la circoncision ne figure pas directement le Baptême, mais elle figure le Christ, né de la postérité d’Abraham, et le Christ crucifié, dépouillé de son corps de chair.

Ce n’est donc qu’indirectement que la circoncision figure le Baptême, en tant que celui-ci est dans le Christ, qui est préfiguré par elle.

Loin que la circoncision puisse éclairer le Baptême, l’inverse la révélation de la Nouvelle Alliance permet seule de situer avec exactitude le rite ancien dans l’économie du plan divin.

III.-    LES ABLUTIONS ET LE BAPTEME DE JEAN : Les ablutions des prosélytes juifs ont pu servir, plus ou moins, de modèle pour l’initiative de Jean, le Baptiste. Fais le donné révélé ne procure pas, dans les ablutions, une typologie du Baptême. L'œuvre  du Baptiste fut de poser un acte nouveau dans la tradition prophétique d'lsraël : c'est cet acte, et non son soubassement historique, psychologique, social, qui est proposé à notre foi.

 

IV.-   LE BAPTEME DE JEAN EST-IL LE BAPTEME CHRETIEN ? Le Baptême de Jean est la préparation directe de la manifestation publique du Christ venu dans l’abaissement de l'Incarnation. Il constitue le lien, et comme la charnière, entre l'Ancien Testament et le Nouveau. Il n'est donc pas le Baptême chrétien, mais l’ultime préparation de l’Évangile en qui sera contenu le Baptême chrétien.

V.-    L’INSTITUTION DU BAPTEME CHRETIEN : Jésus-Christ a institué le Baptême en deux temps :

1.   en se faisant baptiser par Jean-Baptiste,

2.   en ordonnant aux apôtres, après la résurrection, de baptiser les nations.

L’Écriture ne satisfait pas notre curiosité sur le point de savoir comment les Douze ont reçu le Baptême chrétien ? Il est parfaitement clair, en revanche, que les Apôtres ont confirmé par leur pratique l’institution du Sauveur. Mais nous repoussons avec force toute doctrine selon laquelle le Baptême serait d'origine apostolique seulement, et aurait été "prêté'' au Christ lui-même après coup, sans avoir fait partie de l’Évangile proprement dit.

VI.-   L’ENSEIGNEMENT DU SEIGNEUR SUR LE BAPTEME D’APRES LES SYNOPTIQUES : Jésus-Christ n’a pas donné un enseignement théologique sur le Baptême, pas plus que sur la Cène ou sur les dogmes que formuleront les grands Conciles. Cela ne signifie pas qu’il faut réduire l'Évangile à une morale ou à une mystique sans armature de la pensée. Par ses actes mêmes, plus que par ses paroles, le Seigneur Jésus a mis le Baptême dans un rapport très étroit (a) avec sa propre personne, (b) avec sa mort sur la Croix.

VII.- LA DOCTRINE JOHANNIQUE DU BAPTEME : Moins explicitement exposée que la pensée de S. Paul, la théologie du Baptême dans les écrits johanniques unit égale­ment par un lien étroit la nouvelle naissance du fidèle à la mort rédemptrice du Sauveur : "Voici l’agneau de Dieu" (Baptême de Jésus). "Il faut que vous naissiez de nouveau." {Baptême du fidèle). Les textes de S. Jean permettent de préciser en par­ticulier l’action de l'Esprit dans le Baptême.

VIII.- LA THEOLOGIE PAULINIENNE DU BAPTEME : La théologie paulinienne du Baptême consiste essen­tiellement en ceci : que l’acte sacré achève ce qu’a commencé la prédication de la Parole et y imprime le sceau divin : le néophyte est enseveli, par pure grâce, dans la mort du Christ, et il en ressort en nouveauté de vie. Ces bienfaits, qui constituent le don de Dieu, sont reçus dans la foi. Le fidèle baptisé est ainsi incorporé au Christ, et le Baptême est le fondement de la constitution intime de l'Église, ainsi que de l'unité de cette dernière.

IX.-   LA PRATIQUE DES APOTRES : La pratique apostolique, clairement attestée, fut de baptiser les néophytes, juifs ou païens, après leur avoir fait entendre la parole de la foi.

Le Baptême des "infantes" inclus soit (a) dans les familles de prosélytes, soit (b) dans les familles déjà chré­tiennes, n’est attesté par aucun texte décisif sur le plan his­torique. Il ne fait l’objet d'aucun enseignement théologique particulier.

Il est loisible de soutenir comme possible, ou vrai­semblable, l'existence de tels Baptêmes dans la pratique apos­tolique. Toutefois, il ne s'agit là que de constructions exégétiques, aux bases fragiles ou changeantes, et non pas d’un donné révélé.

L’importance de ces hypothèses est de montrer que le Baptême des infantes n'est l’objet d’aucune interdiction qui puisse être formulée au nom des saintes Écritures.

Quant au Baptême d’infantes dont les parents ne seraient pas dans la foi, nul ne soutient qu'il puisse être historiquement attesté à l'époque apostolique.

X.-    BASE THEOLOGIQUE DU BAPTEME DES INFANTES : La base théologique donnée au Baptême des infantes par ses promoteurs, est la doctrine du péché originel (Jean 3, Romains 5). Systématisée à l’extrême par S. Augustin, elle peut être amendée de diverses manières : elle n’en demeure pas moins dans ses lignes essentielles. C’est à cette théologie que se rattachent les Réformateurs.

La doctrine du péché originel est bibliquement fondée. Par suite le Baptême des infantes se justifie bibliquement, non pas d’une manière directe (comme la théologie propre du Baptême qui, elle, est directement donnée), mais d’une manière indirecte, par l’intermédiaire du donné biblique sur le péché originel.

XI.-   CONCLUSIONS THEOLOGIQUES : La doctrine biblique du Baptême se constitue par une référence directe à la mort et à la résurrection du Sauveur qui sont proposées à notre foi, et sans aucune référence directe au Baptême des infantes.

Il a pu y avoir, pour l’Église post-augustinienne, une exigence de sagesse à joindre la pratique du Baptême des infantes à l’affirmation de la doctrine du pèche originel. Cette liaison ne s’impose ni dans tous les temps ni dans tous les lieux, comme le confirme l’exemple de l'Église pré-augustinienne.

Ce pourrait être une faute contre la prudence de renoncer, en tel lieu ou à tel moment, en tout ou en partie, è la pratique du Baptême des infantes. Ni Calvin ni les Églises Réformées à sa suite, n’ont cru devoir faire ce pas.

Mais l’Église Réformée de France, si elle est conduite aujourd’hui, par des indications sûres de l’Esprit de Fieu, à desserrer le nœud augustinien qui a joint la pratique du Baptême des infantes a la prédication du péché originel, pour replacer plus directement le Baptême dans la Mort et la Résurrection du Sauveur, cette Église ne saurait en cela errer dans la foi.

Tout au contraire, elle replacerait ainsi, le Baptême au cœur de sa prédication et contribuerait à lui donner la plénitude de sa signification biblique et théologique.

XII.- PROPOSITIONS DISCIPLINAIRES.

*La prière.[72]

Introduction : définition et formes de la prière.

I.     La prière et la Sainte Cène – L’erreur fondamentale : la prière individualiste. Caractère distinctif de la prière chrétienne : Jésus. Du Christ à l’Église. La prière dans la Sainte Cène. Rapport de la prière commune et de la prière privée. Le mystère de l’Amour.

II.    La prière et le culte – Culte et réunion de prière. Le plan du culte réformé. Caractères distinctifs du culte public. Fondements bibliques de la liturgie. Avantages spirituels de la liturgie. La prière pour l’unité.

III.   La prière récitée – Origines chrétiennes de la prière récitée. Origines juives. Usage des prières récitées dans l’Église. Qualité spirituelle des prières récitées. Usage des prières récitées dans le culte personnel. La prière récitée et la conversion d’Israël.

IV.  La prière spontanée ou libre – Définition et place de la prière spontanée. Les parties de la prière libre. Importance de la demande. Conditions d’exaucements. Les réunions de prière. Diverses formes. La prière spontanée et le Réveil des âmes.

 

*Introduction sur le baptême.[73]

Réunion pastorale, Tournon, 30.IX.1948.

Ce Cahier présente un plan détaillé de l’exposé mais pas de texte suivi et rédigé.

1.   Position actuelle de la question du membre d’Église dans l’E.R.F. L.D. souligne la confusion qui existe dans les textes officiels et donc le fait que cohabitent dans l’ERF des personnes avec différents statuts.

2.   Source des difficultés : le Baptême des enfants. Par le baptême, l’enfant est incorporé à l’Église, mais est considéré comme ne l’étant pas. Quand le sera-t-il ?

3.   Ce qu’est le Baptême. « C’est un signe opérant dans la foi ». L.D explique chaque terme.

4.   Position du baptisé dans l’Église. Le baptisé est membre par le baptême ; rien à y ajouter !

5.   Sens de la présentation. Elle signifie la consécration des infantes au rang des catéchumènes. Les enfants de chrétiens ont un privilège : ils sont reçus dans l’Église comme catéchumènes dès leur naissance, élevés dans l’Église en vue du Baptême et de la Cène.

6.   L’état de la question dans l’E.R.F. Retrouver une approche du baptême beaucoup plus conséquente.

 

*La question que posent à l’Église les structures du monde moderne.[74]

I.     Les structures du monde moderne – Les structures cela signifie « le bain », le contexte où nous sommes plongés. L’État développe une tendance totalitaire. La technique devient omniprésente et révèle son aspect monstrueux. Une société qui massifie les populations. L.D. ajoute la tendance au dévêtement : le corps n’est plus le signe de la personne mais une chair malléable. Le légalisme moderne impose sa vision du monde teintée d’orgueil. Le monde moderne ne construit rien mais se révèle une entreprise de démolition.

II.    Comment les structures du monde moderne posent une question à l’Église ? – Christ a comme projet de bâtir l’Église mais celle-ci est menacée par la séduction ambiante et par l’œuvre de la mort (en particulier 2 guerres mondiales). L’Église ne doit pas chercher à répondre à cette menace en inventant des réponses supposées pertinentes. Il faut accepter la faiblesse de l’Église car Dieu aime cette Église fragile.

III.   Quelle est la question que posent à l’Église les structures du monde moderne ? – Dieu a déjà répondu. Il répond par l’élection de la grâce qui fait de nous des élus envoyés pour servir. Ils forment la communauté militante de l’Église, et par cette communauté militante, l’Église reçoit la vie du Ciel et triomphe dans le monde, selon les desseins de Dieu. Cette Église n’est pas inventée, ni le fruit d’efforts, mais reçue de Dieu quand elle se rassemble autour de la table de la Cène.

 

1949

Le pouvoir des clés.[75]

Réunion des pasteurs de la XIIIe Région. Lamastre, mars 1949.

*La vie de communauté.[76]

I.     La communauté en Jésus-Christ – En quel sens l’Union de Prière est-elle une communauté ? Le fondement biblique de la communauté. Pourquoi réaliser la communauté dans l’Union de Prière ? La hiérarchie dans la communauté. Le principe de la maîtrise de soi. La primauté de la sanctification.

II.    Le mur de séparation – La Dame élue. Présence de la communauté. Le mur de séparation. Les oppositions à surmonter. L’obéissance en Jésus-Christ : ce qu’elle ne doit pas être, ce qu’elle doit être.

III.   Rachetez le temps – Une communauté de type mixte. La place du travail. Le principe du service et du salaire. La sclérose du service. Souplesse organique de la notion de place. Racheter le temps.

IV.  Deux ou trois d’accord – La prière pour le retour de Jésus. Le signe de l’accord. Le progrès dans l’accord. Le don de l’accord. L’Église du Retour. La destinée de l’Union de Prière.

*Quelques versets sur le vêtement / « Pour un vêtement chrétien ».[77]

Petit travail fait en 1949 ou 1950 pour des personnes souhaitant que l’on parte de textes bibliques. Repris en 1956 et tiré à la ronéo en 310 exemplaires.

 

1950

Lors de la Retraite de 1950, les études ne furent pas apportées par L.D. mais par 4 pasteurs de l’U.P : P. Blanc : La mort ; J. Serr : Le ciel ; L. Schneider : La Vierge marie ; M. Eldin : Les Saints.

1951

*À propos du baptême (Témoignage au Synode national du Chambon-sur-Lignon, mai 1951).[78]

L.D. commence par dire sa gratitude pour l’attitude « maternelle » de l’ERF pendant toutes les années difficiles qui précédèrent ce synode.

I.    L.D. ne veut pas rouvrir de controverse sur le baptême (B) mais souligner combien cet acte a pour lui un sens sacramentel et une portée prophétique. Par le B, Dieu « opère » dans l’Église dans la foi qui le reçoit. « Je suis persuadé d'occuper non une position individualiste et séparatiste, mais de mettre au service de l’église la force qu'apporte un B opérant dans la foi de celui qui le reçoit.- J'ajoute ici après coup à mon témoignage écrit que ma pensée n'est pas de souligner l'élément subjectif au détriment de l'élément objectif, mais d'affirmer les deux et de souligner le lien qui les unit dans l'ensemble de la Révélation où nous voyons, partout, indissolublement joints, et l'œuvre divine et la foi que Dieu donne : "Vous êtes sauvés par le moyen de la foi et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu" (Ephésiens 2/8). »

II.   Confronté à la réalité de parents qui prennent des engagements qu’ils ne tiendront pas, L.D. estimait que cela fragilisait l’autorité de son ministère. Il redit aussi sa conviction que depuis la guerre de 1914, la chrétienté a cessé d’exister et qu’il faut donc en tirer les conséquences. C’est le sens prophétique du B des catéchumènes au sein d’un monde où l’humanité, masse apostate, est le jouet de l’Anti-christ. Pour l’Église, il s’agit aussi de retrouver la dimension de l’espérance eschatologique et par là d’œuvrer pour l’unité de l’Église et la conversion des Juifs. En conclusion L.D. affirme : « je ne saurais concevoir de prophétisme authentique contre l'Église ou hors d'elle. » Il plaide pour que le Synode accepte de mettre à l’étude une liturgie de présentation. Il invite aussi à reprendre la question de la confirmation.

 

*Les sacrements en vue du retour de Jésus.[79]

I.     Définition du sacrement – Quels sont-ils ? Origine du mot « sacrements ». Ils nous viennent de Jésus-Christ lui-même. Action de Jésus dans le sacrement aujourd’hui. Lien entre Parole et sacrement.

II.    Le sacrement est-il opérant ? Rapport entre sacrement et foi. Les sacrements en vue du Retour de Jésus. Le baptême en vue du retour de Jésus.

III.   La Sainte Cène en vue du retour de Jésus. La Sainte Cène, le baptême et le Saint-Esprit.

IV.  Le baptême du Saint Esprit. La consécration des pasteurs.

 

1952

*La parole de Dieu et les sacrements.[80]

I.     Le grand mystère de la Bible – La Bible et Jésus-Christ. Le mystère chrétien. Comment la Bible est-elle à la fois un Livre et Jésus-Christ. Définitions.

II.    De l’Incarnation au sacrement du Baptême – L’incarnation (Jean 1). L’incarnation, source du mystère de la Bible. La prédication de la Bible, Parole de Dieu. Le sacrement du baptême.

III.   La Sainte Cène, sacrement de l’édification – 1 Pierre 2.5 : but de l’édification. Comment Jésus édifie-t-il cette maison. Le don mystérieux de la Sainte Cène. Manière dont se fait l’édification du corps de Christ dans la Sainte Cène. Action du Saint-Esprit dans la Sainte Cène.

IV.  Actions qui rehaussent la beauté de la maison spirituelle – Les 3 étapes de l’Exode : 1 Corinthiens 10.1-4. Le baptême du Saint-Esprit. Trois autres actions : le mariage, la confession des péchés, l’onction d’huile.

V.   Les pierres enterrées – Jésus pierre de base et de faîte. Les pasteurs, pierres de base. Tâche propre des pasteurs. La consécration pastorale. Le sacrifice.

 

1953

*Communauté de l’espérance.[81]

I.     La préparation du retour de Jésus – Dans le ciel : préparation ; sur la terre : vigilance. L’évangélisation et la guérison en vue du Retour. Le choc sur les Juifs. La soif de l’unité. Les sacrements pour le Retour. Juste avant le Retour.

II.    La vertu de l’espérance – Unité et distinction des trois vertus. Foi et espérance, espérance et amour. Description de l’espérance. L’espérance de Dieu. L’espérance dans l’histoire de l’Église. L’espérance dans les derniers temps.

III.   Une communauté de l’espérance – Emploi du mot communauté. L’espérance dans l’Église. Une communauté sans clôture ? Le lieu des sacrements en vue du Retour de Jésus. Insertion des communautés de l’espérance dans l’Église. En quel sens les communautés de l’espérance sont des communautés ouvertes.

Travaux sur l’argent.[82]

Du petit comité théologique de la XIIe Région.

 

1955

*La communauté et les vœux.[83]

I.     Du caché au visible – Notre point de départ caché. Notre point de départ visible. La notion de vœu. Les œuvres visibles de l’Église. La réalité cachée de l’Église. Conclusion et appel.

II.    L’enrayage du christianisme – Les origines du vœu. Dans l’Ancien Testament. Dans le Nouveau Testament. L’enrayage du christianisme. L’enrayage des vœux et leur rejet par la Réforme. Le raccourci.

III.   La Réforme et les communautés – Une seule perfection pour tous. Les communautés paroissiales. Enrayage de la Réforme. Les instituts de Diaconesses. Ampleur actuelle du mouvement des communautés. La tentation des communautés.

IV.  Une doctrine des vœux – Le vœu du baptême. Un vœu triple. Les engagements postérieurs au baptême. Vœux privés, semi-privés ou solennels. Le corps des vœux. Le caché et le visible.

Schémas d’études automne – hiver 55.[84]

Causerie sur le Retour de Jésus à Valence, 21.X.55

Causerie pour un groupe de la Rue Fénelon venu à Charmes, 3.XII.55

1956

Petite étude sur la destinée des Juifs.[85]

Lundi de la semaine Sainte, 26.III.56. Saint-Fortunat.

*Consécration du pasteur Philippe Blanc.[86]

Thème de la prédication : « Vous êtes morts et votre vie est cachée avec Christ en Dieu » (Col. 3.3). L.D. souligne d’abord l’importance de l’évangélisation qui est annonce du salut en J-C. [L’évangélisation restait un élément fort de cette église de Fives-Lille dont la salle de culte s’appelait « Foyer du peuple]. Le prédicateur insiste ensuite sur la Seigneurie de J-C car c’est elle qui fonde les ministères et permet  aux églises d’être l’Église de J-C par-delà ses divisions. Mourir avec Christ signifie accepter de servir dans une église visible imparfaite et ne pas aspirer à recréer une église ou un ministère idéalisés. Le dernier point du message souligne la royauté de Christ et l’espérance de son règne qui verra la réconciliation des Juifs et des non-juifs.

*L’Église et l’évangélisation.[87]

I.     La dualité actuelle – Faible puissance de l’Église. Faible bienveillance de l’Église. L’évangélisation en-dehors de l’Église. Le risque d’erreur dans l’évangélisation. Défauts qui guettent la piété d’expérience. Christ est annoncé.

II.    Étude biblique et historique – Jésus-Christ évangéliste. L’initiation chrétienne. L’évangélisation apostolique. Il n’est pas bon que l’homme soit seul. La Christianisation. L’œuvre du clergé.

III.   L’unité reconquise – L’évangélisation en vue du Retour de Jésus. La maternité de l’Église. La tâche des communautés. Une source d’inspiration. Les guérisons de Jésus-Christ. La repentance.

*Petite Charte du travail en commun.[88]

Pour la rentrée de septembre 56. [message destiné à l’équipe du Cours Isaac-Homel]

I.     Le corps est plus que le vêtement (Mt. 6/25) L.D. constate que dans différents aspects du travail paroissial ou de l’école, les choses se font dans l’urgence. On s’affaire pour ce qui est extérieur (le vêtement) et on néglige la vie intérieure (le corps). Oser prendre du temps pour se recentrer sur Dieu.

II.    Louez l’Eternel (voir les Psaumes et le fronton du temple) Le stress de la rentrée pourrait nous inciter à murmurer contre les autres ou contre le Seigneur, mais nous sommes invités à la louange. L.D. donne quelques exemples de situations présentes qui invitent à l’action de grâces : arrivée du pasteur Cornette comme pasteur-auxiliaire, locaux supplémentaires pour la paroisse, personnel pour l’école.

III.   Le corps est pour le Seigneur (1 Cor 6.13) Invitation à faire des lectures spirituelles (Imitation de J-C, auteurs catholique…) mais surtout à vivre l’intimité avec le Seigneur dans la solitude et le silence. Eviter les bavardages inutiles, la médisance.

IV.  Pendant six jours tu mangeras des pains sans levain (Deut 16.8) La masse de travail liée à la rentrée scolaire est comme un géant. C’est avant tout notre attitude intérieure qui permettra de le surmonter. L.D. donne 3 conseils : 1. Agir comme si Marie était là et observait votre travail ; 2. Ne pas accaparer les 3 sœurs qui assistent le pasteur Dallière mais chercher de l’aide ailleurs ; 3. Rester en paix avec chacun.

V.   Accomplir tout ce qui est juste (Mt. 3/15) Dans le travail, une partie est vécue de manière contractuelle et donne des droits et des devoirs auxquels il est juste de se soumettre. Il y a place aussi pour le bénévolat, pour faire mieux encore ce qui relève de nos tâches. Ici chacun est libre mais en le faisant restons humbles et joyeux.

VI.  Quiconque reçoit en mon nom un petit enfant (Mt. 18/5) Notre amour pour les enfants s’inspire de l’amour de Jésus à leur égard. Mais comme Jésus obéissait à ses parents, la discipline est aussi nécessaire. Elle sera d’autant plus acceptée que nous saurons respecter les enfants et les aimer de manière désintéressée.

 

1957

*L’Église du ciel et celle de la terre.[89]

Assemblée trimestrielle, 17 juin 1956.

1.   La Jérusalem céleste : Cette ville céleste est à la fois déjà et pas encore notre patrie (Remarque de L.D. sur la nature de la vie de l’âme après la mort : déjà auprès de Dieu en attendant la résurrection des corps). Jésus parce qu’il est esprit-et-corps et parce que nous vivons en Lui, unit l’Église de la terre à celle du ciel.

2.   Le culte de l’Église du ciel : Comme le montre le début de l’Apocalypse, « les événements de notre histoire terrestre sont liés à un Culte qui est à la fois vivant et éternel, dominant tous les changements et tous les jugements qui se déroulent ici-bas ». Le cantique de l’Agneau est l’hymne national de la Jérusalem céleste !

3.   Le culte de la terre associé à celui du ciel : Pour l’AT, la gloire divine est liée au Temple (Esaïe 6, Ezéchiel 3.12). Avec Jésus, la gloire repose sur le Christ (Jean 1.14). L’hymne de la gloire est le « trois fois saint » et il se déploie dans la liturgie réformée de la Cène, unissant ainsi l’Église de la terre à celle du ciel

4.   Le ciel sur la terre : Union de la Sainte-Cène avec le culte céleste. Pour les Pères de l’Église, ce lien s’établit par le ministère des anges

5.   Première application : Mariage et célibat : Le célibat nous rappelle qu’un jour nous serons comme les anges, ne prenant plus ni mari ni femme ; le mariage exprime, lui, l’union de Christ avec l’Église-Épouse.

5.   Seconde application : l’évangélisation : « Le Culte ne retarde pas l’Évlisation ; il lui donne son fondement céleste, il dévoile et communique les richesses spirituelles que l’Évlisation annonce aux hommes. Le Baptême du Saint-Esprit nous constitue prêtres et rois dans le Culte de la Jérusalem céleste. Nous ne prêchons pas les richesses de ce Baptême, mais les richesses du Culte, les splendeurs de notre Cité. […] L’Évlisation fait entrer les âmes sauvées dans la Cité qui est dans les Cieux. »

 

*La maladie et la guérison.[90]

I.     La maladie et le mystère révélé – L’homme avant la chute. Entrée en scène de la maladie et de la médecine. Maladie et guérison dans l’Ancien Testament. La Croix de Jésus-Christ et la maladie. Le triple absolu de la foi chrétienne. Qu’advient-il des conséquences du péché ?

II.    La guérison apostolique – Le ministère du Seigneur Jésus. La guérison divine et la foi qui guérit. La guérison apostolique. La guérison apostolique à travers les âges. Le renouveau de la guérison divine. La guérison apostolique au niveau de l’Église actuelle.

III.   La vie cachée de Jésus dans l’Église – Les maux auxquels les chrétiens ont part. La vie de Jésus cachée dans la Sainte Cène. La vie de Jésus-Christ et les remèdes de la nature. La vie de Jésus-Christ et les médecins. La prière pour la guérison. Le fruit spirituel de la maladie.

IV.  La guérison de la mort – L’onction d’huile et la mort. L’onction d’huile et la guérison. Le fruit de la maladie à la lumière de l’onction d’huile. La visite des malades et le mystère de l’unité de l’Église. Les limites de la guérison divine et le martyre. La consolation de la maladie et de la mort.

L’Église et les malades.[91]

Synode régional Clermont-Ferrand, 10.XI.57

 

1958

*Le Saint-Esprit réconciliateur.[92]

I.     Le Père, le Fils et le Saint-Esprit : 1. Elévation vers Dieu ; 2. Court aperçu historique ; 3. Les images augustiniennes ; 4. Le S-E et l’amour ; 5. Le sacrifice du S-E ; 6. Le S-E réconciliateur.

II.    Les dualités terrestres : 1. La création et le créateur ; 2. Les dualités terrestres ; 3. La division du péché ; 4. Le S-E et l’incarnation ; 5. Le S-E et le ministère de Jésus ; 6. La pentecôte.

III.   La réconciliation dans l’histoire : 1. La place de l’échec dans l’œuvre du Paraclet ; 2. Le ciel et la terre réconciliés ; 3. L’homme et la femme réconciliés ; 4. Le maître et le serviteur réconciliés ; 5. Le Païen et le Juif réconciliés ; 6. L’achèvement de l’Église.

*L’Église devant les Réveils, en particulier les mouvements de Pentecôte.[93]

Introduction. Que répondre au problème que suscite dans la région l’évangélisation entreprise par des Tziganes pentecôtisants ?

I.    Schéma historique : La vie chrétienne repose sur un trépied : La Bible, les sacrements et l’œuvre du S-E (inspiration). La Réforme a uni les 2 premiers points. Face à cela, de nombreux mouvements vont privilégier l’inspiration en lien avec la Parole mais au détriment des sacrements. « L’opposition entre l’Église et le Réveil, c’est la rivalité de deux trépieds qui n’ont chacun que deux pieds, ou dont tout au moins le troisième pied est plus court que les deux autres ». La solution viendra des grandes sociétés dont le protestantisme se dotera au 19e s. (biblique, missionnaire, d’évangélisation…) car là se réconcilie l’Église et le Réveil. Cela marquera aussi la piété : cantiques, conventions spirituelles, mouvements de sainteté. C’est le terreau où vont naître le Réveil du Pays de Galles et le pentecôtisme. Se pose les questions du « parler en langues » comme preuve de la « seconde expérience », l’imposition des mains aux malades, le refus du baptême des enfants. Le mouvement de pentecôte n’ayant pas de chef, il y a un risque plus grand d’anarchie et de dérives.

II.   Témoignage personnel : L.D. raconte sa rencontre avec D. Scott en 1932 et ce qui en a découlé pour lui sur le plan de la vie spirituelle. Il redit aussi sa volonté de ne pas créer de dissidence et c’est dans cette perspective que l’Union de prière a été initiée en tant que lieu où se réconcilie l’Église et le Réveil. L’école créée à Charmes se veut aussi un témoignage d’une vie spirituelle enracinée dans la quotidien.

III. Prises de position : On soupçonne l’UP de pratiquer le rebaptême et de donner trop d’importance au parler en langues. L.D. redit son accord avec le pédobaptisme mais justifie la pratique de confirmations du baptême par immersion à la place de la confirmation classique. La glossolalie est permise dans l’UP mais sans être recherchée outre mesure ni imposée. Elle est le signe de notre participation à la vie divine. On donne plus d’importance à la prophétie (L.D. établit une filiation avec le prophétisme cévenol). Dans le mouvement Tzigane il y a une fraîcheur de la foi qui mérité l’intérêt mais leur insistance sur le parler en langue et l’obligation de l’immersion à l’âge adulte sont des marques d’intolérance qui rejaillissent sur ceux qui les suivent. L.D. invite à prier pour eux mais à refuser de les cautionner en se tenant avec eux sur leurs estrades !

Conclusion : Plaidoyer pour l’Église confessante qui s’associe au projet divin de bâtir l’Église et pas une juxtaposition de dénominations. Cette Église prépare l’avènement du Christ et la réconciliation avec les Juifs.

 

1959

*Les mystères du salut.

I.     Le petit nombre des élus – 1. Introduction. 2. La perdition selon l’enseignement des Écritures. 3. La perdition conséquence de la liberté. 4. La perdition rempart de la sainteté de Dieu. 5. Les essais de mitigation. 6. La perdition intériorisée.

II.    Le salut universel – 1. C’est la révélation qui parle. 2. Le salut universel dans l’Écriture. 3. La mort de l’être aimé. 4. L’évangélisation du Christ : le Reste. 5. L’apocatastase. 6. Les inconciliables.

III.   Les Mystères du Royaume – 1. Notions d’un mystère pressenti. 2. L’urgence du Royaume. 3. Le sérieux de l’évangélisation. 4. Le refus de juger : l’Église / Reste. 5. La puissance de l’unité. 6. L’espérance invincible.

 

*Le fruit de l’Esprit : Amour – Joie – Paix.

I.     L’Amour / Agapé – 1. Commence, petit enfant. 2. Dieu, notre Père. 3. La vie livrée. 4. La communauté dans l’Église. 5. Le réveil de toutes les Églises. 6. Le centre local de Charmes.

II.    La Joie / Xara – 1. Les joies du Réveil. 2. La joie dans l’Ancien Testament en Israël. 3. La joie de la Nouvelle Alliance. 4. « J’achève en ma chair… ». 5. L’Église sous la Croix. 6. La joie de l’Union de Prière.

III.   La Paix / Iréné – 1. La paix cessation de la guerre. 2. La paix est-elle dans l’Église ? 3. Où est Iréné, fruit de l’Esprit ? 4. L’élection source de la paix.5. Iréné dans les cœurs. 6. Iréné, lumière croissante.

 


 

1960

*Lueurs de l’Orient.[94]

Préambule : En 1960 les pasteurs J. Serr et A. Brémond ont accompagné une délégation de l’ERF en Russie à l’invitation du Patriarcat de Moscou. L’UP a voulu se laisser enseigner par cette tradition orthodoxe.

I.     Introduction – 1. L’Église et les trois Églises. 2. L’occident et l’Orient. 3. L’orthodoxie. 4. Une théologie liturgique. 5. Une prière surprenante. 6. L’orthodoxie et la parousie.

II.   Conclusion – 1. Une tâche terminée. 2. Un enrichissement certain. 3. Le Réveil des Églises par la conversion des âmes. 4. Le salut des Juifs. 5. L’unité visible du Corps de Christ. 6. Le Retour de Christ et la résurrection des morts.

Au sujet de la discipline.[95]

Pasteurs du Consistoire, 29 mars 60.

 

27 leçons sur les dogmes.[96]

Catéchisme supérieur, cours de IIIe, année 1959-60 (voir N’)

 

1961

*L’Union de Prière et le prophétisme : Esaïe.[97]

I.   Le livre d’Esaïe – 1. Le livre. 2. Y a-t-il un seul prophète Esaïe ? 3. L’auteur du livre. 4. Un livre issu de la chair et du sang d’Israël. 5. Un livre de l’espérance. 6. La communauté dans l’Église.

II.   Le Germe – 1. Le Saint d’Israël. 2. L’Emmanuel. 3. Le Serviteur. 4. Esaïe et l’Évangile. 5. La plénitude messianique. 6. La croissance dans la grâce.

III. Les Pierres – 1. La pierre d’achoppement. 2. Sion est un désert. 3. Les pierres de la destruction. 4. L’auteur de l’adversité. 5. La pierre rejetée. 6. La fidélité dans la prière : les pierres vivantes.

IV. La Cité – 1. La cité de David. 2. Jérusalem sauvée. 3. Jérusalem reconstruite dans l’Évangile. 4. Les moments prophétiques de l’Exode. 5. L’Exode vers la Jérusalem céleste. 6. La sobriété dans la vie quotidienne.

Catéchisme élémentaire.[98]

48 leçons en 5 [?] refait avec M. Cornette vers 1960.

 

1962

*Promesse et exigence du Saint-Esprit.[99]

I.    Promesses : 1. Promesse du Père par le Fils. 2. Promesse donnée à l’Église, Corps de Christ. 3. Promesse d’un baptême personnel dans l’Esprit. 4. Promesse d’une certitude du Baptême dans l’Esprit. 5. Promesse d’une assistance dans les combats. 6. Promesse qui a un but défini.

II.   Exigences : 1. Exigence de la consécration personnelle. 2. Exigence de la fidélité ecclésiale. 3. Exigence d’une fidélité de cœur. 4. Exigence d’une vie communautaire. 5. Exigence d’une bonne conscience envers le Mouvement de Pentecôte. 6. Exigence d’une bonne conscience envers toutes les Églises.

*L’Église et le retour du Seigneur.[100]

I.    L’Évangile et l’Église : 1. L’Évangile aux « quatre angles ». 2. Dans les lieux célestes. 3. Jésus baptise d’eau et d’Esprit. 4. Jésus convie à la Sainte Cène. 5. Christ et l’Église. 6. Jésus revient pour l’Église.

II.   L’Union de Prière : 1. Situation historique : Le retour du Seigneur hors de l’Église. 2. Faire revivre l’Église primitive ? 3. Mettre le retour de Jésus dans l’Église. 4. Succès et insuccès de l’Union de Prière. 5. Pourquoi une communauté ? 6. La résistance à l’Antéchrist.

En 1962 la Retraite à Charmes sera considérablement réduite en raison de la maladie de Madame Dallière qui décèdera le 20 septembre. Ces funérailles seront les dernières que le pasteur Dallière présidera puisqu’en automne 1962 il accèdera à la retraite.

 

1963

Le pasteur Dallière en raison de problèmes de santé n’avait pas rédigé d’études pour la Retraite annuelle. Il reprend le texte de sa conférence de 1941 sur le thème : Le mystère de l’Église composée des Juifs et des Païens.

 

1964

*Le rejet d’Israël.[101]

Causerie assez libre à partir du texte de la parabole des vignerons (Matth. 21). L.D. cherche à débusquer les « idées toutes faites » en particulier tout ce qui touche à la théologie de la substitution d’Israël par l’Église. Il ne faut pas lire cette parabole comme un jugement implacable sur Israël. Même chose à propos de la notion de « peuple déicide » : comme si Dieu n’avait plus désormais compassion de son peuple ! La malédiction, c’est Jésus qui la porte (ne pas changer la croix en malédiction) !

Les Juifs sont constitutifs de l’Église puisqu’ils en sont les membres fondateurs. La prédication des Apôtres leur est d’abord adressée dans l’espérance de leur accueil de l’Évangile. Le rejet d’Israël n’est pas dû à la crucifixion mais au fait de ne pas reconnaître Jésus. Un incroyant moderne est donc aussi rejeté ! Dieu n’est pas en colère contre ceux qui rejettent son Fils ; il est simplement déçu et blessé. La souffrance des Juifs depuis 2000 ans est la conséquence de cette situation, mais dans cette souffrance pointe aussi l’attente de la rédemption et la victoire sur la mort.

 

*L’État d’Israël.[102]

L’État d’Israël est-il voulu de Dieu ? Dans les églises, les avis sont divers. Pour répondre, L.D. ne veut prendre que les textes du NT. Les références dans l’AT sont trop problématiques. Si les Juifs sont une nation, peuvent-ils l’être sans un pays ? Nous pouvons être sensible à la détresse du peuple juif si longtemps apatride. S’ils ont aujourd’hui un État et que cela apaise un peu leur longue souffrance, devrions-nous y être insensibles ? La question des frontières est secondaire, d’autant plus qu’il faut tenir compte du sort des populations arabes. Ce qui importe c’est de replacer tout cela dans la perspective ultime de l’avènement du Royaume.

 

1965

Présentation de la nouvelle édition de la Charte.

 

1966

*Un renouveau spirituel : Quatre études sur Actes 13, 14, 15, 16.

Introduction : 4 feuilles avec des indications exégétiques sur chacun de ces 4 chapitres (plan de chaque chapitre, date, question importante).[103]

I.     Actes 13 : Un nouveau point de départ. Antioche de Syrie offre l’exemple d’une église visitée par l’Esprit. C’est l’image de ce que l’UP désire pour aujourd’hui : non pas des villes mais d’abord des églises profondément bouleversées par l’action de Dieu. Pour cela, il ne faut pas se replier sur ce qui a été vécu, sur les acquis, sur les certitudes fussent-elles religieuses. L’Esprit pousse en avant et l’église d’Antioche ose aller de l’avant sans en référer d’abord aux Apôtres à Jérusalem. Pour nous, nous demandons le renouveau, le Saint-Esprit, comme en 46, comme si rien n'était fait encore.

II.    Actes 14 : Le Saint-Esprit et le corps. L’annonce de l’Évangile est profondément « charnelle » : les apôtres subissent dans leur corps les rigueurs des voyages, des privations, de la persécution. C’est « par leurs mains » que les miracles se produisent. Le baptême concerne aussi tout le corps et fait entrer Juifs et Païens dans le corps ecclésial dont Christ est la tête. L.D. poursuit avec des remarques sur la théologie du vêtement puisqu’elle concerne le corps. Le vêtement est signe de l’alliance. Ne pas négliger cet enseignement sur le vêtement même s’il doit susciter l’incompréhension.

III.   Actes 15 : En lisant ce chapitre nous pouvons penser à l’épître aux Galates. L’arrivée des judaïsants vient bousculer la vie de l’église d’Antioche en voulant soumettre la foi de l’Évangile à la Loi de Moïse. C’est à Jérusalem que tout va se régler et chacun y met du sien tout en cherchant la volonté de Dieu. Notons que la décision est rédigée et communiquée : cela justifie l’ordre dans l’église et le devoir de se plier aux décisions justes que l’institution ecclésiale peut prendre (contre le chacun pour soi de certaines dénominations). Les 4 interdits donnés en conclusion sont de portée universelle ; ce n’est pas un retour à la Loi. L.D. fait aussi un parallèle entre ce chapitre et le concile Vatican II. Il invite les membres de l’UP à ne pas juger trop sévèrement les doctrines catholiques qui pour beaucoup sont aussi rattachées à la Bible. C’est l’Esprit qui doit nous révéler Toute l’Écriture en attendant un futur concile de Jérusalem II.

IV.  Actes 16 : C’est un nouveau départ. Paul a désormais une légitimité plus grande, reçue des autres Apôtres. Le « nous » (Luc et d’autres) apparaît et souligne la dimension ecclésiale de l’entreprise missionnaire. Cette communauté spirituelle est importante. Elle permet de faire face à l’imprévu et de suivre les directives de l’Esprit. En même temps, Paul s’était préparé pendant 14 ans. De même ne nous lançons pas trop vite dans nos entreprises religieuses. Pour cela, se mettre seul à l’écoute du Seigneur qui donnera à chacun sa place.

 

1967

*Méditation sur les charismes (dons) de guérison.[104]

Cet enseignement prolonge celui qui avait été donné sur les charismes (glossolalie) dans les deux rencontres précédentes. Il doit préparer aussi à l’onction d’huile qui sera faite pour un des participants qui l’a demandée en raison de ses graves soucis de santé.

Jean 9 : La guérison implique la présence de Jésus ; aujourd’hui il est présent par son Esprit. Mais dans l’accueil de l’Esprit il faut prendre garde aux enfantillages : s’amuser avec les charismes pour leur côté plaisant ; en faire un prétexte de légalisme et vouloir que l’Esprit agisse toujours selon les mêmes critères (imposer à tous la glossolalie). Cela est vrai aussi pour l’exercice du don de guérison. Il n’exclut pas le recours au médecin. Les dons spirituels impliquent une maturité dans la grâce. Jésus aussi a montré l’exemple de cette maturité et depuis l’Ascension il agit pour que son Église grandisse aussi en maturité. Accueillir la gloire de Dieu, c’est recevoir une réalité qui a du poids (remarque sur K. Barth et la dimension prophétique de ses écrits). De même nous devons vivre la prière pour la guérison en recevant non seulement le poids de la souffrance mais surtout le « fardeau » de la guérison.

*Le livre de Job et la prophétie.[105]

Les amis de Job offre l’exemple de ce que la prophétie n’est pas ! La prophétie « édifie, exhorte, console » (1 Cor 14.3). Ils n’écoutent pas l’Esprit mais ils raisonnent et accusent. Job aussi reconnaîtra : « Oui, j’ai parlé sans le comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas » (42.3). Mais peu à peu il progresse et peut exprimer certaines intuitions fortes, notamment celle de la vie plus forte que la mort.

*Le livre de Job et la guérison divine.[106]

« Celui qui souffre a droit à la compassion de son ami, Même quand il abandonnerait la crainte du Tout-Puissant ». Job 6/14.

Cette parole est-elle inspirée de Dieu ou simplement humaine ? Elle est de Dieu car Dieu se révèle dans sa compassion et ne nous broie pas par des logiques théologiques : la maladie est le jugement du péché.

Cela permet de fonder plus justement la pratique de la guérison divine. 1. On ne peut pas prier pour les malades si nous n’avons pas de compassion. 2. La maladie n’est pas forcément la punition d’un péché. 3. L’épreuve de la maladie est souvent l’occasion d’apprendre et de nous corriger intérieurement. 4. La maladie peut être longue et nous devons apprendre la patience tout en étant certain que Dieu reste souverain sur toutes les circonstances. 5. L’espérance de la résurrection est aussi une réponse pour le malade et cela doit nous faire désirer d’autant plus l’avènement de Jésus et sa victoire sur la mort.

*Quelques indications sur le livre des Juges.[107]

Nous pourrions être tentés de laisser ce livre de côté en raison des nombreux textes très violents qu’il contient. Mais notre époque n’a-t-elle pas connu aussi bien des horreurs ? Ce livre nous rappelle que la violence se tapit aussi dans le cœur des croyants. Jésus a été un descendant  du peuple des Juges, les Israélites ! Hébreux 11 cite plusieurs personnages du livre des Juges et les appelle des héros de la foi. Ce livre nous montre les dangers à transgresser l’alliance mais aussi qu’une réforme reste toujours possible. Les grands noms de l’histoire de l’Église sont un peu des « Juges ». Mais le travail des Juges resta provisoire et fragmentaire jusqu’à ce que paraisse David. Par Jésus, entrons dans une œuvre qui dure.

*Petite étude sur l’épître aux Hébreux.[108]

1. – Le sujet de l’épître aux Hébreux

2. – Les destinataires de l’épître aux Hébreux

3. - L'auteur de l’épître aux Hébreux

Conclusion

*L’Église présente sous l’action du Saint Esprit : Quatre études sur 1 Corinthiens 11 à 15.[109]

I.    1 Corinthiens 11 : Introduction. 1. 1ère partie : versets 1-16. 2. Seconde partie : versets 17-34. Conclusion.

II.   1 Corinthiens 12 : Introduction. 1. L’Esprit et la multiplicité. 2. Liste de ce qui nous est donné par l’Esprit. 3. L’amour, principe d’unité.

III.  1 Corinthiens 14 : Introduction. 1. L’harmonie des dons et la guérison. 2. Le parler en langue. 3. La prophétie.

IV. 1 Corinthiens 15 : Introduction. 1. La question de la résurrection. 2. Le comment de la résurrection. Conclusion.

 

1968

*Trois études.

I.    Soif du Saint-Esprit dans toute l’Église : 6 §

II.   Prière pour le salut d’Israël : 6 §

III. L’unité de l’Église dans l’amour – agapé : 6 §

 

1969

*Qu’elle heure est-il ?

I.    L’heure du mystère de Christ – Le mystère de Christ. Temps de la terre et temps du mystère. Le temps de l’apôtre Paul. Qu’elle heure est-il ?

II.   La porte s’ouvre – Quand la porte était fermée. Le peuple juif au temps de la porte fermée. La porte s’ouvre. L’attente du Messie.

III. Le messie et l’Église – Au 12e siècle et au 20e siècle. Le mouvement de Pentecôte et les dons du Saint Esprit. La Sainte Cène.

 

1970

*Le réveil et le renouveau du Saint-Esprit.

I.    Le Messie qui vient – Le départ du mont des Oliviers. La marche du peuple juif et celle de l’Église. Rencontre des Juifs et des chrétiens.

II.   Les coups d’état de Dieu – L’Exode. Jésus qui est venu et qui vient. Nous replacer dans le baptême.

III. Le renouveau du Saint-Esprit – Chez Corneille et au 20e siècle. La foi, l’amour et l’espérance. Le dedans et le dehors.

 


 

1971

*La greffe judéo-chrétienne.

I.    Notre péché : Romains 11.16-24. Mon péché. Nos divisions. Les chrétiens et les Juifs.

II.   Le Messie : Luc 15.20-32. Jésus, le Messie. Israël, le peuple du Messie. Maranatha.

III. Le don de l’Esprit : Joël 2.21-32. L’Esprit de Dieu sur l’Église. L’Esprit sur Israël. L’Esprit de Dieu sur Israël et sur les païens.

 

1972

*Le Christ et son Épouse.

I.    Le Christ et son épouse – L’amour terrestre. L’amour – agapé. Les noces de l’Agneau.

II.   Le père et ses deux fils – Le fils aîné. L’exil du fils aîné. Le second fils.

III. Des deux, Il n’en a fait qu’un – Le fils unique. L’union des deux fils désunis. L’union des deux fils unis.

 

1973

« Un Évangile total », Foi et Vie, 1973, N° 4-5, p. 75-83. (Cf Esprit et Vie, 1933)

« Le Charisme prophétique », Foi et Vie, 1973, N° 4-5, p. 90-96. (Cf. Esprit et Vie, 1935)

 

*La victoire sur la mort.

I.    Le combat contre la mort – Problème, Mystère, inconnaissable. Le combat dans la Bible : Satan. Le combat depuis la 1ère venue de Jésus : les antichrists.

II.   La défaite de la mort – Jésus-Christ a détruit la mort (2 Timothée 1.10). L’Église sur la terre. L’Église du ciel.

III. La destruction de la mort – La fin est-elle proche ? La mort triomphera-t-elle ? Ecoutez-le ! (Matthieu 17.5)

 

*Protocole d’accord avec l’ERF & La vocation de l’Union de Prière au sein de l’Église universelle.

 

 

1974

*L’Epître aux Hébreux.

I.   Le Réveil des Églises par la conversion des âmes – Le Réveil par la conversion des âmes. Le Réveil par la conversion des Églises.

II.  Le salut du peuple juif – Auteur et destinataires de l’Epître. Jésus, souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisedek. Le salut du peuple juif.

III. L’unité visible du corps de Christ – Homo viator. La marche de l’humanité dans la foi. La prière pour l’Unité.

IV. L’avènement de Jésus-Christ et la résurrection des morts – Melchisedek. Le mystère. Les temps difficiles.

 

 

 



[1]  L’intitulé des 3 questions avait paru dans le numéro du 16 janvier 1925. L.D. fait allusion à cet article dans « Soyons une Église », La Vie Nouvelle, 2 oct. 1925.

[2]  J. Serr date cet écrit de 1929. Ceci est confirmé par une note dans le n° 21 du 16 décembre de Foi et Vie (p. 1216 & 1221). Dans un article qui annonce des changements dans la présentation et l’organisation de la revue, on signale la parution au 3e trimestre de 1929 d’un article de L.D. sur la philosophie de Hocking ainsi que ses conférences sur le même sujet.

[3]  J. Serr précise à propos de cet article: « Rappelons que H. Monnier a été le professeur de L.D. à la faculté de Paris, et que c’est lui qui a présidé sa consécration le 12 janvier 1925 dans le temple de Charmes. Aussi l’article est-il emprunt du sentiment le plus respectueux et affectueux envers l’auteur de l’Essai sur la rédemption, tout en restant parfaitement libre en ce qui concerne les idées et convictions et leur interprétation ».

Texte en ligne : https://archive.org/stream/MN41634ucmf_0#page/n5/mode/2up

[4]  Compte-rendu par A. Aeschimann dans La Quinzaine Critique, 10 janvier 1930 (1931 ? exemplaire corrigé à la main sur le site Gallica), n° 25, p. 91. Texte dans les archives à la suite de l’article.

[5]  Bref compte-rendu par A. Aeschimann dans La Quinzaine Critique, 1931, p. 325. Texte dans les archives à la suite de l’article.

[6]  Document manuscrit (18 grandes feuilles numérotées) sans date mais probablement de l’année 1930 selon les indications du début du texte.

[7]  Compte-rendu par A. Aeschimann dans La Quinzaine Critique, 1931, p. 260. Texte dans les archives à la suite de l’article.

[8] Compte-rendu par A. Aeschimann dans La Quinzaine Critique, 10 décembre 1931 (41), p. 349.

[9]  Texte original de W. E. Hocking, « The Ethical Basis Underlying the Legal Right of Religious Liberty as Applied to Foreign Missions », International Review of Missions, 1931, 20, p. 493-511.

[10]  Original : D. Gee, Concerning Spiritual Gifts, London : Assemblies of  God Publishing House, 1928, p. L’original et sa traduction se trouvent dans la bibliothèque de l’Union de Prière. La version française connaîtra plusieurs éditions.

[11]  Recension de cette brochure par A.S. dans Christianisme social (1933/7), p. 112-113. La brochure a été rééditée par l’Union de prière en 1996. Recension par J. Ansaldi, Études Théologiques et Religieuses, 2 (1997), p. 325.

[12]  À partir de 1933, L.D. ne publiera plus aucun autre article en dehors de ceux qu’il rédige pour Esprit et Vie. Noter que la pagination de la revue se poursuit d’un numéro à l’autre sur l’ensemble de l’année.

Tous les articles originaux d’Esprit et Vie et une version photocopiée sont dans les archives de l’Union de Prière. La collection de cette revue est quasi complète. Les quelques numéros manquants ne comportent pas d’articles de L. Dallière.

[13]  Il semble que c’est cette question qui ait motivé la rédaction de cet article.

[14] Réédité avec quelques changements mineurs dans le numéro spécial de Foi et Vie sur le Renouveau Charismatique (1973, N° 4-5, p. 75-83).

[15] Ce texte fut édité la même année dans une autre brochure : L’argent et le réveil, rapports présentés aux « Journées du Christ » de Loriol (les 16 et 17 octobre 1932), par MM. Les pasteurs D. Loux, L. Dallière et J. Cadier, Fédération Protestante de Drôme et Ardèche, 16-09-1933, 57 p. [Dallière : p. 21-42]

[16]  Recension de W.F.P BURTON, God Working with Them : Being Eighteen Years of Congo Evangelistic Mission History, London : Victory Press, 1933, xiv + 264 pp . [Ouvrage dans la bibliothèque de l’Union de Prière]

[17]  Réédité avec quelques changements mineurs dans le numéro spécial de Foi et Vie sur le Renouveau Charismatique (1973, N° 4-5, p. 91-96). Egalement repris dans la revue Esdras (juillet 1981 ; journal interne des pasteurs des Assemblées de Dieu de France).

[18]  Cet article n’est pas signé de L. D. mais porte la mention « Notes prises à l’étude biblique, Charmes 8-1-36 ». Il se peut que ces notes aient été prises pas son épouse car elle le faisait souvent pour les prédications. En général, L. D. n’utilisait, ni pour les études bibliques, ni pour les prédications, de texte suivi mais plutôt un canevas de notes.

[19]  Cet article n’est pas signé de L. D. mais porte la mention « Notes prises au Temple de Charmes 26-1-36 ».

[20]  Cet article n’est pas signé de L. D. mais porte la mention « Notes prises à l’étude biblique, Charmes, 22-1-36 ».

[21]  Cet article n’est pas signé de L. D. mais porte la mention « Notes prises à l’étude biblique, Charmes, 19-2-36 ».

[22]  Article dédié à « A.C., mon frère Israélite » (très probablement André Chouraqui qui était venu rencontrer L.D. à Charmes)

[23]  Cet opuscule reprend les trois articles parus dans Esprit et Vie au début de 1937. La conclusion est légèrement différente de celle du dernier article. Selon D. Bundy, l’ouvrage a été réimprimé en 1978 : Le baptême en vue du Retour de Jésus-Christ, avec une introduction de Jean Neusy, Quévy-le-Petit, l’Église Chrétienne de Pentecôte de Belgique.

[24]  Cet article n’est pas signé de L. D. mais porte la mention « D’après un sermon prêché à Charmes le 2 mai 1937 ».

[25]  Cet article n’est pas signé de L. D. mais porte la mention « D’après un sermon prêché à Charmes le 11 juillet 1937 ».

[26]  Introduction et traduction d’un texte de E.C.W. Boulton de Elim Ministries. L.D. s’intéresse à Irving car par certains côtés, parfois excessifs, il annonce des aspects importants du Pentecôtisme et du Réveil.

[27]  Article en collaboration avec H. de Worm.

[28]  D’après l’ouvrage de Mrs Oliphant, The Life of Edward Irving, London : Hurts and Blackfont, 1862.

[29] D’après l’ouvrage de l’abbé Trochu, Le curé d’Ars, Saint Jean-Marie Baptiste Vianney (1786-1859), Paris : Librairie Catholique Emmanuel Vitte, 1935.

[30]  Extrait du Manuel des âmes intérieures du Père Grou (père Jésuite, 1731-1803).

[31]  Traduction d’un article de P. N. Corry, paru dans le journal Elim Evangel en décembre 1938.

[32]  Texte extrait du Traité de l’amour de Dieu de St. François de Sales, Livre 8, chap. 14 (1616).

[33]  Travail numéroté Γ’ (gamma) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[34]  Travail numéroté A’ (alpha) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[35]  Travail numéroté Δ’ (delta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Voici ce qu’écrit le pasteur J. Serr dans une lettre du 3 février 1980 :

« Le titre de cette conférence avait été suggéré, je pense, par le petit livre d’Erik Peterson paru en 1937 : Le mystère des Juifs et des Gentils dans l’Église. Certes, M. Dallière n’avait pas besoin de cela pour aborder le sujet. Mais comme il avait en grande estime E. Peterson, ce n’est pas impossible.

Cette étude était l’embryon de la thèse de doctorat en théologie que M. Boegner avait demandé de faire à M. Dallière, à cette époque. […] M. Dallière s’y est mis ″par obéissance″. Il en a tracé le plan et rédigé le 1er chapitre, un chapitre d’introduction qui n’aborde pas vraiment le fond du sujet. Puis M. Dallière a renoncé définitivement à la thèse. Il a écrit à ce sujet à M. Boegner en 1944. »

Un dossier comprenant les cahiers préparatoires à cette thèse, le texte manuscrit et dactylographié de la conférence de 1941 ainsi que la lettre de 1944 à M. Boegner, se trouve dans les archives de l’Union de prière à Charmes.

[36]  Ce travail ne figure pas dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[37]  Le 23 mars 1942, les pasteurs Dallière, Courthial, Tartier et Massias se retrouvent à La Voulte pour aborder les questions liées à la remise en question du pédobaptisme. Ce cahier qui couvre plusieurs mois, donne un aperçu des échanges. Plusieurs textes sont des exposés détaillés (voir la compilation des textes, Dossier sur le baptême)

[38]  Travail numéroté E’ (epsilon) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Exposé présenté à la réunion des pasteurs du Consistoire de l’Eyrieux, 28 avril.

[39]  Travail numéroté ς’ (sigma final ; L.D. utilise cette lettre entre epsilon et zêta !) dans le répertoire des travaux manuscrits. Cahier égaré.

[40]  Travail numéroté B’ (bêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Le terme « Dogmes » sera remplacé par l’expression « Vérités chrétiennes ».

[41]  Travail numéroté Z’ (zêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. L.D. indique ici « Lu au Consistoire de St-Sauveur, le 18 janvier 1944 ».

[42]  Travail numéroté H’ (êta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Écrit pour Mme D., de Y., qui avait exprimé le désir d’être baptisée à Charmes. Terminé le jeudi Saint 4 avril 1944.

[43]  Travail numéroté Θ’ (thêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. L.D. s’inspire ici du bref opuscule d’Erik Peterson, Pour une théologie du vêtement, Lyon : Éditions de l’Abeille, 1943, 23 p. (La Clarté-Dieu VIII)

[44]  Travail numéroté I’ (iota) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[45]  Travail numéroté IA’ (iota alpha) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[46]  Travail numéroté IB’ (iota bêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[47]  Travail numéroté IΓ’ (iota gamma) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[48]  Travail numéroté IΔ’ (iota delta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[49]  Travail numéroté IE’ (iota epsilon) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[50]  Travail numéroté Iζ’ (iota zêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Madeleine Dallière était la fille unique et adoptée de Louis et Marie Dallière.

[51]  Travail numéroté IΘ’ (iota thêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[52]  Travail numéroté Iς’ (iota sigma final) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[53] Travail numéroté IH’ (iota êta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Présentée au Consistoire de l’Eyrieux le 12 mars 1946. Deux versions dactylographiées de ce texte sont conservées dans les archives de l’Union de prière.

[54]  Travail numéroté K’ (kappa) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[55]  Plus loin dans le Répertoire des travaux manuscrits elle sera référencée comme ΛZ’ (lambda zêta) : Note sur la doctrine des ministères dans le N.T.

[56]  Travail numéroté KA’ (kappa alpha) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[57]  Travail numéroté KB’ (kappa bêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Ajouté dans la marge : « Avec un texte nouveau de 61-62 que Marie a lu pendant sa maladie [N.d.E. = allusion à Marie Dallière, épouse de L.D. qui devait mourir d’un cancer. Cette lecture date de l’année 61-62 et pas de 1946].

[58]  Travail numéroté KΓ’ (kappa gamma) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[59]  Travail numéroté KΔ’ (kappa delta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[60]  Travail numéroté KE’ (kappa epsilon) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[61]  Travail numéroté MA’ (mu alpha) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[62]  Travail numéroté Kς’ (kappa sigma final) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

Rapport lu à la Commission du Baptême de l’ERF, 47 rue de Clichy Paris, le vendredi soir 21 mars 1947.

Présents : MM. Le pasteur Lestringant, Président de la Commission

                                                Babut, secrétaire

                                                Conord, secrétaire pour l’ERF

                                                Herdt, membre de la Commission

                                                Cadier            ‘’

                 MM. Mangue, diacre de l’Église

                         Rognon           ‘’

M. le pasteur Maury, membre de la Commission, absent, en a pris connaissance le samedi 22 matin.

Les notes n’ont pas été lues en séance.

[63]  Travail numéroté KZ’ (kappa zêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[64]  Travail numéroté KH’ (kappa êta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Il comporte cette note : Août 1947. Pour les sœurs de l’U.P. qui ont de la peine à se dégager des séductions anti-christiques.

[65]  Travail numéroté KH’ (kappa êta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Cahier égaré.

[66]  Travail numéroté Λ’ (lambda) dans le Répertoire des travaux manuscrits. (Voir K ς’) Rapport lu à la Commission du Baptême le samedi 22 mars 1947. Parmi les présents : M. Lestringant (Prés.), Conord, Babut, Maury, Cadier, Herdt.

[67]  Travail numéroté ΛA’ à ΛΔ’ (lambda alpha à lambda delta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Études lues à la Retraite du mardi 16 au vendredi 19 septembre 1947. L.D. indique les noms de quelques pasteurs présents : de Richemond, Roberts, Blanc, Schneider, Serr, Eldin, Verdier. Il indique que Mme Dallière était à Paris auprès de sa sœur, l’épouse du philosophe Gabriel Marcel.

[68]  Travail numéroté ΛE’ (lambda epsilon) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[69]  Travail numéroté ΛH’ (lambda êta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[70]  Travail numéroté ΛΘ’ (lambda thêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. La version diffusée sera datée de 1949 (cf. compilation des textes).

[71]  Travail numéroté M’ (mu) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Texte pour la Commission du Baptême de l’ERF. Réunion de juin 1948 à Paris.

[72]  Travail numéroté ME’ (mu epsilon) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Retraite de Septembre 1948.

[73]  Travail numéroté MB’ (mu bêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[74]  Travail numéroté MΓ’ (mu gamma) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Conférence publique au Synode régional d’Annonay, novembre 1948. L.D. avait dû remplacer en dernière minute M. Ch. Westphal l’orateur initialement prévu et qui devait parler sur la conférence d’Amsterdam.

[75]  Travail numéroté MΔ’ (mu delta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[76]  Travail numéroté Mς’ (mu sigma final) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Retraite de septembre 1949.

[77]  Travail numéroté MH’ (mu êta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Placé à l’année 1956 dans la compilation des textes de L.D.

[78]  Travail numéroté MΘ’ (mu thêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[79] Travail numéroté NB’ (nu bêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. L.D. ajoute : Non rédigé, notes seulement. Dans la compilation nous avons donné le texte rédigé après-coup par J. Serr et F. Lovsky.

[80]  Travail numéroté NΓ’ (nu gamma) dans le Répertoire des travaux manuscrits. L.D. indique dans ce répertoire : Rédigé. La version des archives de l’UP indique au contraire : Texte rédigé par Jacques Serr d’après des notes détaillées prises pendant la Retraite de 1952 par Fadiey Lovsky et Lucien Schneider.

[81]  Travail numéroté NΔ’ (nu delta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Texte rédigé par Jacques Serr d’après des notes détaillées prises pendant la Retraite de 1953.

[82]  Travail numéroté νη’ (nu êta minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[83]  Travail numéroté NE’ (nu epsilon) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[84]  Travail numéroté Nς’ (nu sigma final) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[85]  Travail numéroté νζ’ (nu zêta minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[86]  Travail numéroté νθ’ (nu thêta minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Lille, 22 mai 1956. La paroisse lilloise est celle de Fives, banlieue ouvrière où le pasteur Henri Nick avait exercé un travail pionnier au début du 20e siècle. Cette église adoptera les 4 sujets de prière dans son règlement intérieur.

[87]  Travail numéroté ξα’ (xi alpha minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Ces études avaient été présentées de manière plus brève lors d’une pastorale du Consistoire de l’Eyrieux les 23.IV et 4. VI 1956 (Travail numéroté ξ’).

[88]  Travail numéroté ξβ’ (xi bêta minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[89]  Travail numéroté ξγ’ (xi gamma minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Les 4 premiers § de cette étude suivent de très près et reproduisent parfois textuellement : Le livre des Anges d’Erik Peterson (Paris : Desclée de Brouwer, 1954, 138 p.).

[90]  Travail numéroté ξδ’ (xi delta minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[91]  Travail numéroté ξε’ (xi epsilon minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[92] Travail numéroté ξς’ (xi sigma final minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Retraite à la communauté de Grandchamp, Suisse du vendredi 23 au lundi 26 mai. Le Répertoire mentionne un autre texte intitulé : Les grâces du Saint-Esprit (ξζ’ (xi zêta final minuscules).

[93]  Travail numéroté ξθ’ (xi thêta minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Rapport présenté au Synode Régional de Tournon le 10 Novembre  1958.

[94]  Travail numéroté o’ (omicron minuscule) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[95]  Travail numéroté oα’ (omicron alpha minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[96]  Travail numéroté oβ’ (omicron bêta minuscules) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[97]  Travail numéroté OΓ’ (omicron gamma) dans le Répertoire des travaux manuscrits.

[98]  Travail numéroté OΔ’ (omicron delta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Un catéchisme divisé en 48 leçons se trouve dans les archives de l’UP. Il a pour titre : Le culte et la Bible. Il est précédé de 5 textes de référence : 1. Les dix commandements et le sommaire de la Loi ; 2. La confession des péchés ; 3. Le symbole des Apôtres ; 4. La prière : oraison dominicale et Psaume 23 ; 5. Les engagements de l’Église Réformée. Il est suivi de 5 leçons : 1. La réception dans l’Église ; 2. La conversion et les sacrements ; 3. Le chrétien dans le monde ; 4. La vie de l’Église Réformée ; 5. Les fins dernières.

[99]  Travail numéroté OE’ (omicron epsilon) dans le Répertoire des travaux manuscrits. L.D. indique : zone Suisse Romande, réunion d’hommes, vendredi 27 avril 1962.

[100]  Travail numéroté Oς’ (omicron sigma final) dans le Répertoire des travaux manuscrits. L.D. indique : zone Suisse Romande, assemblée trimestrielle, samedi 28 avril 1962.

[101]  Lundi 31 août. Texte établi à partir des notes de F. Lovsky. En 1964, le pasteur Thomas Roberts avait conduit un voyage en Israël. Il en donnera un compte rendu dans le 1er enseignement de la Retraite.

[102]  Mardi 1er septembre. Texte établi à partir des notes de F. Lovsky. Étude présentée à deux voix avec le pasteur T. Roberts.

[103]  Ces feuilles avaient été rédigées par L.D. Le texte des 4 études qui suivent se base sur les notes de F. Lovsky.

[104]  Réunion de continuation du 29 janvier 1967.

[105]  25 février 1967.

[106]  1er mars 1967.

[107]  Réunion de continuation - Dimanche 28 mai 1967.

[108]  Ascension 1967.

[109]  Travail numéroté Oζ’ (omicron zêta) dans le Répertoire des travaux manuscrits. Dernière entrée du Répertoire.


Date de création : 24/04/2018 @ 15:40
Dernière modification : 24/04/2018 @ 15:40
Catégorie : Ecrits de Louis Dallière
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